Étiquette : Fleuve noir
Les lunatiques par Christopher Stork

Fiche de Les lunatiques
Titre : Les lunatiques
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les lunatiques
« — Plutôt chouette comme spectacle, hein, doc ? cria le pilote ; et on arrive juste pour le lever de rideau !
Le docteur Chris King approuva de la tête en souriant. Les rayons du soleil étaient en train de poindre sur la crête des montagnes lunaires et en éclairaient peu à peu les versants. Un à un, les cratères se mettaient à étinceler, certains d’entre eux, tels Copernic, Tycho et Kepler, lançant d’étranges éclairs d’une luminosité presque insoutenable. Et, au milieu de l’un de ces cratères — que l’on continuait à nommer la mer de la Tranquillité comme les anciens astronomes —, au pied des monts Haemus, l’immense coupole transparente du Lunar Health Center brillait de toutes ses facettes comme un diamant titanesque.
— Ça fait une paie que je m’offre l’aller retour entre la cité orbitale Victory et la Lune, reprit le pilote ; mais, chaque fois, j’ai le même choc en voyant cette coupole ! Elle dégote tout ce qu’on a pu bâtir sur la Terre, même le pont entre l’Europe et l’Amérique. »
Extrait de : C. Stork. « Les Lunatiques. »
Les enfants du soleil par Christopher Stork

Fiche de Les enfants du soleil
Titre : Les enfants du soleil
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les enfants du soleil
« Ils avaient trouvé la caverne juste à temps. Le ciel pâlissait déjà et la chaleur devenait insupportable. De plus leur fatigue était grande d’avoir ainsi marché, toute une nuit, dans le désert. Plusieurs fois, des femmes et des vieux s’étaient jetés par terre en pleurant, en criant qu’ils préféraient mourir aveugles et pourris plutôt que de continuer ainsi. Rod les avait relevés à grands coups de pied dans les fesses, sans dire un mot, avant d’aller reprendre sa place à la tête du groupe. Un peu plus tard, il avait annoncé qu’on arrivait à la caverne.
C’était toujours pareil, avec Rod. On aurait cru qu’il les reniflait, les cavernes ! Dav prétendait même qu’il les voyait, à travers le sol, qu’il avait des yeux spéciaux qui lui permettaient de deviner les galeries et les grottes cachées sous les rochers. Mais Dav racontait beaucoup de bêtises… N’empêche que Rod avait toujours découvert le refuge qu’il leur fallait.
Celui-ci était un des meilleurs qu’il leur avait dénichés depuis le début du voyage. Pas trop humide, merveilleusement frais et très grand, pour ce qu’ils avaient pu en voir à l’aide des torches et des lampes à graisse. Le tunnel qui y descendait était plutôt étroit mais cela n’en valait que mieux, au cas où des Survivants auraient été sur leurs traces. Il leur avait suffi d’empiler quelques blocs pour le reboucher. »
Extrait de : C. Stork. « Les Enfants du Soleil. »
Les derniers anges par Christopher Stork

Fiche de Les derniers anges
Titre : Les derniers anges
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les derniers anges
« L’arrivée des Anderson passa presque inaperçue à Ballynagall. Même les voisins les plus proches de la villa – dont moi – ne surent qu’ils étaient là qu’en voyant leurs volets ouverts et une voiture dans le garage. Et pourtant on les attendait, les Anderson. Pour ne pas dire qu’on les guettait.
Il faut reconnaître que les habitants de Ballynagall ont de solides raisons de se méfier des locataires de la villa Seagull. Depuis que les propriétaires, les vieux O’Brien, sont morts et que leurs neveux la louent meublée, par l’intermédiaire d’une agence, chaque été à n’importe qui, cette villa a vu défiler en quelques années une incroyable collection de farfelus ou de fous à lier qui ont sérieusement troublé la paix de notre village.
Quand je dis « notre village », j’exagère. Ballynagall a été un village de pêcheurs il y a plus d’un siècle. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un gros bourg qui se refuse obstinément à devenir une ville et surtout une ville balnéaire. »
Extrait de : C. Stork. « Les Derniers anges. »
Le XXIe siècle n’aura pas lieu par Christopher Stork

Fiche de Le XXIe siècle n’aura pas lieu
Titre : Le XXIe siècle n’aura pas lieu
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le XXIe siècle n’aura pas lieu
« J’ai appris la mort de mon père, par hasard, plusieurs semaines après son décès. L’événement m’a d’ailleurs laissé, je dois le dire, tout à fait indifférent. Ce père était un inconnu pour moi. J’avais à peine deux ans quand il était parti et ne l’ai plus jamais revu depuis. Il n’était donc, à mes yeux, qu’un personnage mythique dont le peu que je savais provenait des quelques commentaires tendancieux qui échappaient de temps en temps à ma mère. D’après elle, ce Russe émigré était un paresseux, un buveur, un coureur de jupons qui ne se plaisait que dans la compagnie de ses compatriotes et ne s’était jamais donné la peine d’apprendre correctement le français.
J’avais donc déjà oublié cette mort et ne m’étais même pas soucié de savoir où mon père était enterré quand, un jour, j’ai reçu d’une banque une lettre m’informant qu’il avait un coffre chez elle et me priant de procéder aux démarches nécessaires pour faire ouvrir ledit coffre et prendre possession de son contenu. »
Extrait de : C. Stork. « Le XXIe siècle n’aura pas lieu. »
Le trillionnaire par Christopher Stork

Fiche de Le trillionnaire
Titre : Le trillionnaire
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le trillionnaire
« Qu’est-ce que c’est qu’un trillionnaire ? Quelqu’un qui possède un trillion. Et que signifie un trillion ? Voyons cela d’un peu plus près car ce n’est pas si simple.
Un million égale mille fois mille, soit 1 suivi de six zéros, soit encore 10 exposant 6. Un milliard vaut mille millions, 1000000000, en abrégé 10 exposant 9. Et, en continuant sur cette lancée, voici le trillion qui, logiquement, devrait représenter mille milliards, s’écrire 1000000000000 ou 10 exposant 12, n’est-ce pas ? Eh bien, pas du tout ! Car, depuis 1948, le trillion a changé de valeur et cette valeur n’est pas la même selon les ouvrages que l’on consulte.
Pour les uns il s’agit d’un million de milliards (1015) et d’un milliard de milliards (1018) pour d’autres. Certains auteurs assurent même que le trillion français ou américain (1012) est différent du trillion allemand ou britannique (1018). De quoi donner la migraine au comptable le plus averti. »
Extrait de : C. Stork. « Le Trillionaire. »
Le rêve du papillon chinois par Christopher Stork

Fiche de Le rêve du papillon chinois
Titre : Le rêve du papillon chinois
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le rêve du papillon chinois
« Michael Swain se laissa aller contre le dossier de son fauteuil et considéra avec une grimace écœurée ce qu’il venait d’écrire : dans l’angle supérieur droit de la page, le chiffre « 1 » et, quelques lignes plus bas, bien au centre, les deux mots « Chapitre premier ». Après, rien. Du blanc. Un blanc de brouillard, de banquise, de suaire pour fantôme, un blanc comme ceux qui figuraient jadis sur les cartes de géographie pour désigner les terres encore inconnues.
Et c’était bien cela le problème de Michael Swain. Il avait devant lui deux cents feuillets immaculés qu’il allait devoir noircir de mots, de phrases, de paragraphes, deux cents rectangles de papier (21 x 29,7 cm), à découvrir comme autant de territoires inexplorés, à peupler de personnages, d’intrigues, de décors, de dialogues, de péripéties, de rebondissements. Un monde à faire, en somme, un monde dont il était le dieu. Exaltant, non ?
« Pas du tout, pensa Swain en allumant une cigarette ; accablant, terrifiant, insurmontable !
Même Dieu a dû paniquer devant le gigantesque 7 tohu-bohu qu’il s’agissait de mettre en ordre. »
Extrait de : C. Stork. « Le Rêve du papillon chinois. »
Le passé dépassé par Christopher Stork

Fiche de Le passé dépassé
Titre : Le passé dépassé
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le passé dépassé
« Rome s’étendait au pied du Janicule, somptueusement belle sous les rayons du soleil couchant qui doraient les façades ocre jaune ou rose des palais, faisaient luire les dômes et les coupoles des églises et transformaient le Tibre en une longue coulée sinueuse d’argent bruni.
Louis Bombourg eut un frisson de bonheur. Il était arrivé exactement à l’instant qu’il avait choisi. À cette heure, dans cette lumière presque irréelle, si pure qu’elle serrait le cœur, la ville s’offrait à lui dans toute son étendue et laissait même deviner, bien au-delà de ses faubourgs, à l’horizon, les courbes harmonieuses des collines albaines.
Puis il eut envie de revoir les arbres et les prairies de la villa Doria Pamphili, toute proche. D’une pression des doigts sur les poignées de son fauteuil, il se dirigea lentement vers la porte Saint-Pancrace et, quelques minutes plus tard, il remontait l’allée qui menait à l’arc de triomphe d’où l’on dominait l’ensemble de l’énorme parc. »
Extrait de : C. Stork. « Le passé dépassé. »
Le lit à baldaquin par Christopher Stork

Fiche de Le lit à baldaquin
Titre : Le lit à baldaquin
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le lit à baldaquin
« Il se nommait Benjamin Orp. Mais, sauf quelques rares personnes qui l’appelaient Ben, tout le monde l’avait baptisé « Pot de colle ».
Ce sobriquet, prononcé à la va-vite, était devenu Potkol et conférait à son porteur un faux air cambodgien. Orp s’y était si bien habitué qu’il répondait indifféremment à l’une ou l’autre de ces identités.
C’est aussi qu’il était d’un tempérament débonnaire et placide, pour tout dire un de ces « pauvres en esprit » auxquels le royaume des cieux appartiendra un jour mais qui, en attendant, ne possèdent pas grand-chose et surtout pas l’estime de leurs contemporains. Situation navrante et d’autant plus injuste qu’Orp mourait d’envie de mieux comprendre le monde où il vivait et les êtres qui peuplaient ce monde. Il harcelait ces derniers de « pourquoi », de « comment », de questions ingénues et donc embarrassantes, identiques en cela à l’enfant qu’il était resté sous l’apparence d’un adulte. »
Extrait de : C. Stork. « Le lit à baldaquin. »
Le bon larron par Christopher Stork
Fiche de Le bon larron
Titre : Le bon larron
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le bon larron
« Le 3 mars 1972, le vaisseau spatial Pioneer 10 était lancé depuis le cap Kennedy en direction de Jupiter. L’engin devait d’abord explorer les abords de la planète puis quitter le système solaire pour aller se perdre quelque part dans l’univers. Il était porteur d’un « message » destiné à d’éventuels Extraterrestres.
Ce « message », imaginé par l’astronome américain Carl Sagan, était gravé sur une plaque d’aluminium recouverte d’or fixée à l’antenne de Pioneer 10. Cette plaque de 15 cm sur 22,5 comportait un certain nombre de symboles, de dessins et de chiffres
destinés à faire savoir aux Extra-terrestres d’où provenait le vaisseau spatial et à leur donner quelques indications sur notre planète et l’état de notre civilisation.
Sur la droite de la plaque figurent deux êtres humains, un homme et une femme entièrement nus. Le sexe de l’homme et les seins de la femme sont bien visibles, ce qui provoqua d’ailleurs de nombreuses protestations aux États-Unis. L’homme lève la main droite en signe de salut. La femme se tient à ses côtés, les bras le long du corps, dans une attitude que certains, et notamment les féministes, ont jugée trop passive. »
Extrait de : C. Stork. « Le bon larron. »
La quatrième personne du pluriel par Christopher Stork

Fiche de La quatrième personne du pluriel
Titre : La quatrième personne du pluriel
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de La quatrième personne du pluriel
« La première personne du singulier se dit : je.
La deuxième personne du singulier se dit : tu.
La troisième personne du singulier se dit : il ou elle.
La première personne du pluriel se dit : nous.
La deuxième personne du pluriel se dit : vous.
La troisième personne du pluriel se dit : ils ou elles.
La quatrième personne du pluriel se dit :
Là, vous êtes coincés, mes jolis, tellement habitués à vos deux testaments, vos trois vertus théologales, vos quatre points cardinaux, vos cinq sens, vos six semaines de congés payés, vos sept péchés capitaux, vos huit clos, vos neuf muses, vos dix doigts, vos onze novembre, vos douze plaies d’Égypte, vos nombres d’or, vos comptes ronds, vos 3,1415926… et la suite.
Que peut bien être, représenter, signifier, la quatrième personne du pluriel ? Pour le comprendre, il va falloir sérieusement vous secouer les méninges et astiquer vos microtubules. »
Extrait de : C. Stork. « La quatrième personne du pluriel. »