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Révolte en 2100 par R. A. Heinlein

Fiche de Révolte en 2100

Titre : Révolte en 2100 (Tome 3 sur 5 – Histoire du futur)
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1953
Traduction : F. Straschitz, P.-P. Durastanti
Editeur : Gallimard

Première page de Révolte en 2100

« Oiseau de passage

Je m’appelle Holly Jones et j’ai quinze ans. Je suis très intelligente, mais ça ne se remarque pas parce que j’ai l’air d’un ange mal cuit. Insipide.

Je suis née ici, à Luna City, ce qui semble surprendre ceux de la Terre. En réalité, je suis de la troisième génération ; mes grands-parents faisaient partie des pionniers qui ont fondé le Site n°1, où se trouve maintenant le Mémorial. J’habite chez mes parents, à l’Artémis, le nouvel immeuble en copropriété dans Pression Cinq, deux cent cinquante mètres sous la surface, près de l’Hôtel de ville. Mais je n’y suis pas souvent – trop occupée.

Le matin, j’assiste aux cours du collège supérieur technique. L’après-midi, j’étudie ou je vais voler avec Jeff Hardesty – mon associé. Ou bien, chaque fois qu’un astronef de tourisme arrive, je guide les rampants. Ce jour-là, le Gripsholm a aluni à midi, et je me suis allée tout droit de l’école à l’American Express. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Histoire du futur – Révolte en 2100. »

Les vertes collines de la Terre par R. A. Heinlein

Fiche de Les vertes collines de la Terre

Titre : Les vertes collines de la Terre (Tome 2 sur 5 – Histoire du futur)
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1951
Traduction : P. Billon, J.-C. Dumoulin
Editeur : Gallimard

Première page de Les vertes collines de la Terre

« Jockey de l’espace

Juste au moment où ils partaient, il entendit le téléphone l’appeler par son nom.

« Ne réponds pas, supplia-t-elle. On va manquer le lever de rideau.

— Qui est à l’appareil ? » lança-t-il. L’écran s’illumina ; il reconnut Olga Pierce et, derrière elle, le bureau de Colorado Springs du Transit Translunaire.

« On demande M. Pemberton. On demande… Oh ! c’est vous, Jake. Vous êtes de corvée. Vol 27, de Supra-New York au Terminal spatial. Un hélicoptère vous prendra dans vingt minutes.

— Comment ça se fait ? Je suis le quatrième sur la liste de départ.

— Vous étiez le quatrième. À présent, vous êtes le pilote remplaçant de Hicks… et le psy vient de le recaler. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Histoire du futur – Les vertes collines de la Terre. »

L’homme qui vendit la Lune par R. A. Heinlein

Fiche de L’homme qui vendit la Lune

Titre : L’homme qui vendit la Lune (Tome 1 sur 5 – Histoire du futur)
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1950
Traduction : P. Billon, J.-C. Dumoulin
Editeur : Gallimard

Première page de L’homme qui vendit la Lune

« Ligne de vie

Le président tapa du maillet pour obtenir le silence. Les cris et les huées s’apaisèrent à mesure que le service d’ordre autoproclamé obtenait des excités qu’ils se rassoient. Debout à son pupitre près du président de séance, l’orateur semblait inconscient du charivari. Son visage d’une neutralité qui confinait à l’insolence restait de marbre. Le président se tourna vers lui et l’interpella sur un ton de colère et d’ennui.

« Docteur Pinero, dit-il en appuyant légèrement sur le titre, je dois vous présenter mes excuses pour le vacarme indécent suscité par vos remarques. Je m’étonne que mes collègues oublient la dignité qui convient aux hommes de science au point d’interrompre un orateur…» Il marqua un temps, l’air pincé. «…quel que soit le caractère provocateur de son intervention. » Pinero lui adressa un sourire proprement insultant. Le président se domina visiblement. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Histoire du futur – L’homme qui vendit la Lune. »

Un coup de tonnerre par R. Bradbury

Fiche d’Un coup de tonnerre

Titre : Un coup de tonnerre et autres récits sur le temps
Auteur : R. Bradbury
Date de parution : 1981
Traduction : ??
Editeur : Gallimard

Sommaire d’Un coup de tonnerre

  • Un coup de tonnerre
  • Le passé merveilleux par O. Béliard
  • La patrouille du temps par P. Anderson

Première page d’Un coup de tonnerre

« L’écriteau sur le mur semblait bouger comme si Eckels le voyait à travers une nappe mouvante d’eau chaude. Son regard devint fixe, ses paupières se mirent à clignoter et l’écriteau s’inscrivit en lettres de feu sur leur écran obscur :
 
Soc. La chasse à travers les âges.
Partie de chasse dans le Passé.
Nous vous transportons.
Vous le tuez.

 
Un jet de phlegme chaud s’amassait dans la gorge d’Eckels ; il se racla la gorge et le cracha. Les muscles autour de sa bouche se crispèrent en un sourire pendant qu’il levait lentement la main et qu’au bout de ses doigts voletait un chèque de dix mille dollars qu’il tendit à l’homme assis derrière le guichet. »

Extrait de : R. Bradbury. « Un coup de tonnerre et autres récits sur le temps. »

Les machines à bonheur par R. Bradbury

Fiche de Les machines à bonheur

Titre : Les machines à bonheur
Auteur : R. Bradbury
Date de parution : 1964
Traduction : J.-P. Harrison
Editeur : Gallimard

Sommaire de Les machines à bonheur

  • Les machines à bonheur
  • Celui qui attend
  • Tyrannosaurus Rex
  • Vacance
  • Le petit tambour de Shiloh
  • Jeunes amis, faites pousser des champignons dans votre cave !
  • Presque la fin du monde
  • On s’en va peut-être
  • Retour de la mer
  • El dia de muerte
  • La dame tatouée illustrée
  • Certains vivent comme Lazare
  • Un miracle d’architecture
  • Ainsi mourut Riabouchinska
  • Le mendiant de O’Connell Bridge
  • La jeune fille et la mort
  • Un vol de corbeaux
  • Le meilleur des mondes possibles
  • L’oeuvre de Juan Diaz
  • L’abîme de Chicago
  • Les Sprinters à l’antienne

Première page de Les machines à bonheur

« Le père Brian s’attarda un peu avant de descendre pour prendre son petit déjeuner. Il avait cru entendre le père Vittorini qui riait en bas. Comme d’habitude, Vittorini déjeunait seul. Alors avec qui riait-il ? et de qui ? de nous, pensa le père Brian, c’est nous qui le faisons rire.
Il écouta de nouveau.
Le père Kelly aussi était en train de se cacher quelque part, ou bien plutôt était-il dans sa chambre plongé dans une méditation.
Ils ne laissaient jamais Vittorini finir son déjeuner, non. Ils s’arrangeaient toujours pour le rejoindre à l’instant même où il attaquait son dernier morceau de tartine grillée. Autrement ils n’auraient pu supporter leur culpabilité de toute la journée. »

Extrait de : R. Bradbury. « Les machines à bonheur. »

L’homme illustré par R. Bradbury

Fiche de L’homme illustré

Titre : L’homme illustré
Auteur : R. Bradbury
Date de parution : 1951
Traduction : C. Andronikof
Editeur : Gallimard

Première page de L’homme illustré

« C’est par un chaud après-midi de début septembre que je rencontrai l’Homme Illustré. J’en étais à la dernière étape d’un voyage à pied de quinze jours que je faisais dans le Wisconsin. Tard le soir, je fis halte pour manger un peu de porc froid, des haricots et un biscuit. Je m’apprêtais à m’étendre et à lire, quand l’Homme Illustré franchit le sommet de la colline et se tint un moment immobile contre le ciel.
Je ne savais pas alors qu’il était Illustré. Je vis seulement qu’il était de haute taille, qu’il avait dû être bien musclé, mais qu’actuellement, pour une raison ou pour une autre, il avait tendance à engraisser. Je me rappelle que ses bras étaient longs, ses mains épaisses ; mais son visage était comme celui d’un enfant, au-dessus d’un corps massif.
Il parut sentir ma présence, car il ne me regardait pas quand il prononça ses premières paroles : »

Extrait de : R. Bradbury. « L’homme Illustré. »

Fahrenheit 451 par R. Bradbury

Fiche de Fahrenheit 451

Titre : Fahrenheit 451
Auteur : R. Bradbury
Date de parution : 1953
Traduction : H. Robillot
Editeur : Gallimard

Première page de Fahrenheit 451

« Le foyer et la salamandre

Le plaisir d’incendier !
Quel plaisir extraordinaire c’était de voir les choses se faire dévorer, de les voir noircir et se transformer.
Les poings serrés sur l’embout de cuivre, armé de ce python géant qui crachait son venin de pétrole sur le monde, il sentait le sang battre à ses tempes, et ses mains devenaient celles d’un prodigieux chef d’orchestre dirigeant toutes les symphonies en feu majeur pour abattre les guenilles et les ruines carbonisées de l’Histoire.
Son casque symbolique numéroté 451 sur sa tête massive, une flamme orange dans les yeux à la pensée de ce qui allait se produire, il actionna l’igniteur d’une chiquenaude et la maison décolla dans un feu vorace qui embrasa le ciel du soir de rouge, de jaune et de noir. »

Extrait de : R. Bradbury. « Fahrenheit 451. »

Chroniques martiennes par R. Bradbury

Fiche de Chroniques martiennes

Titre : Chroniques martiennes
Auteur : R. Bradbury
Date de parution : 1950
Traduction : J. Chambon, H. Robillot
Editeur : Gallimard

Première page de Chroniques martiennes

« JANVIER 2030 – L’été de la fusée


À un moment donné c’était l’hiver en Ohio, avec ses portes fermées, ses fenêtres verrouillées, ses vitres masquées de givre, ses toits frangés de stalactites, les enfants qui skiaient sur les pentes, les ménagères engoncées dans leurs fourrures qui, tels de grands ours noirs, avançaient pesamment dans les rues verglacées.
Puis une longue vague de chaleur balaya la petite ville. Un raz de marée d’air brûlant ; comme si on avait laissé ouvert un four de boulanger. La vibration de fournaise passa sur les pavillons, les buissons, les enfants. Les glaçons se détachèrent, se brisèrent, se mirent à fondre. Portes et fenêtres s’ouvrirent à la volée. »

Extrait de : R. Bradbury. « Les chroniques martiennes. »

Total recall par P. K. Dick

Fiche de Total recall

Titre : Total recall
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1991
Traduction : H. Collon
Editeur : Gallimard

Sommaire de Total recall

  • Rapport minoritaire
  • Un jeu guerrier
  • Ce que disent les morts
  • Ah, être un Gélate …
  • Souvenirs à vendre
  • La foi de nos pères
  • La fourmi électrique
  • Nouveau modèle
  • L’imposteur

Première page de Rapport minoritaire

« Lorsque Anderton vit le jeune homme, sa première pensée fut : Je deviens chauve. Chauve, gros et vieux. Mais il ne le dit pas à haute voix. Au lieu de cela, il repoussa son fauteuil, se mit sur pied et fit résolument le tour de son bureau, le bras tendu avec une certaine raideur. Souriant avec une affabilité forcée, il serra la main du jeune homme.
« Witwer ? s’enquit-il en parvenant à introduire un semblant d’aménité dans sa voix.
– C’est cela, répondit l’autre. Mais pour vous, bien entendu, ce sera Ed. Du moins si vous partagez mon peu de goût pour le formalisme superflu. » À son air sûr de lui, on voyait bien que le jeune homme blond considérait la question comme réglée. Ils s’appelleraient donc par leurs prénoms ; entre eux, la coopération serait amicale dès le début. »

Extrait de : P. K. Dick. « Total Recall. »

Substance mort par P. K. Dick

Fiche de Substance mort

Titre : Substance mort
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1977
Traduction : R. Louit
Editeur : Gallimard

Première page de Substance mort

« C’était un type qui passait ses journées à se secouer les poux des cheveux. Le toubib lui dit qu’il n’avait pas de poux dans les cheveux. Après être resté huit heures sous la douche, debout sous l’eau chaude à souffrir le martyre, heure après heure, à cause de ses poux, il sortait et se séchait, et il trouvait encore des poux dans ses cheveux ; en fait, il en trouvait partout. Un mois plus tard, il en avait dans les poumons.
Comme il n’avait rien d’autre à faire, rien pour s’occuper l’esprit, il se lança dans une estimation théorique du cycle de vie de ses parasites et, armé de l’Encyclopaedia Britannica, il chercha à déterminer précisément à quelle race ils appartenaient. La maison en était pleine, à présent. Il se documenta sur de nombreuses espèces et, après avoir repéré quelques-unes des bestioles au-dehors, il parvint à la conclusion qu’il s’agissait d’aphides : les pucerons vrais. Quand il se fut mis cette idée en tête, il ne voulut jamais en démordre, quoi qu’on pût lui dire… par exemple : « Les aphides ne s’en prennent pas à l’homme. »

Extrait de : P. K. Dick. « Substance Mort. »