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Podkayne fille de Mars par R. A. Heinlein

Fiche de Podkayne fille de Mars

Titre : Podkayne fille de Mars
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1963
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu

Première page de Podkayne fille de Mars

« J’ai toujours eu envie d’aller sur la Terre. Pas pour y vivre, naturellement – juste pour voir. Tout le monde sait que Terra est un endroit merveilleux pour faire du tourisme mais pas pour y vivre. Elle ne convient pas vraiment à l’habitat humain.

Pour ma part, je ne suis nullement convaincue que la race humaine soit originaire de la Terre. Parce que, n’est-ce pas ? quel crédit peut-on accorder à une preuve constituée par quelques kilos de vieux ossements et aux opinions d’anthropologues dont les thèses sont généralement contradictoires lorsque ce que l’on est censé avaler n’a aucun rapport avec le bon sens le plus élémentaire ?

Il suffit de réfléchir ! Il est évident que l’accélération à la surface de Terra est trop forte pour l’organisme humain. Il est de notoriété publique que cela détermine des affections telles que les pieds plats, des hernies et des troubles cardiaques. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Podkayne fille de Mars. »

Le chat passe-muraille par R. A. Heinlein

Fiche de Le chat passe-muraille

Titre : Le chat passe-muraille
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1985
Traduction : J.-P. Martin
Editeur : J’ai lu

Première page de Le chat passe-muraille

« — Vous devez tuer un homme : voilà ce que nous voulons.

L’étranger jetait des regards inquiets autour de nous. À mon sens, un restaurant bondé ne convient guère à ce genre de conversation, d’autant moins que le bruit intense ne laisse place qu’à une intimité limitée.

— Je ne suis pas un assassin, dis-je en secouant la tête. Tuer est plutôt un passe-temps, pour moi. Avez-vous dîné ?

— Je ne suis pas ici pour dîner. Je voudrais seulement…

— Je vous en prie, j’insiste.

Il venait m’importuner au beau milieu d’une soirée que je passais en compagnie d’une femme délicieuse ; je lui rendais la monnaie de sa pièce. Il n’est pas bon d’encourager les mauvaises manières ; il faut même les réprimer, avec courtoisie mais fermeté. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Le chat passe-muraille. »

Job par R. A. Heinlein

Fiche de Job

Titre : Job : une comédie de justice
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1984
Traduction : M. Demuth
Editeur : J’ai lu

Première page de Job

« La fosse ardente mesurait environ sept mètres et demi de long sur trois de large et elle était peut-être profonde de soixante centimètres. Le feu brûlait depuis des heures. Le lit de braises dégageait un souffle de chaleur presque insupportable, même là où je me tenais, à cinq mètres sur le côté, au deuxième rang des touristes.

J’avais cédé mon siège au premier rang à l’une des dames du bateau, trop heureux de m’abriter derrière sa volumineuse personne. Je résistais même à l’envie de battre en retraite encore un peu plus loin… mais je tenais à bien voir les marcheurs du feu. Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance d’assister à un miracle.

— C’est truqué, dit le Grand Voyageur. Vous allez voir. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Job : une comédie de justice. »

Etoiles, garde à vous ! par R. A. Heinlein

Fiche de Etoiles, garde à vous !

Titre : Etoiles, garde à vous !
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1959
Traduction : M. Demuth
Editeur : J’ai lu

Première page de Etoiles, garde à vous !

« A chaque fois, avant de sauter, j’ai les chocottes. J’ai eu droit à la préparation hypnotique et à toutes les injections et, raisonnablement, on pourrait penser que je ne peux pas avoir peur. Le psychiatre du vaisseau, qui a analysé mes ondes cérébrales et qui m’a posé des tas de questions idiotes pendant que je dormais, m’a dit que ça n’a rien à voir avec la peur, que c’est un peu comme le tremblement d’un cheval de course dans le starting-gate.

Pour ça, je ne peux pas dire. Je n’ai jamais été dans la peau d’un cheval de course. Ça ne change rien : j’ai bêtement la trouille, chaque fois. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Étoiles, garde-à-vous !. »

Au-delà du crépuscule par R. A. Heinlein

Fiche de Au-delà du crépuscule

Titre : Au-delà du crépuscule
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1987
Traduction : F. Kerline
Editeur : J’ai lu

Première page de Au-delà du crépuscule

« LE COMITÉ DE LIQUIDATION ESTHÉTIQUE

Je me réveillai avec un homme et un chat dans mon lit. L’homme était un inconnu ; pas le chat.

Je fermai les yeux pour essayer de reprendre le fil des événements depuis la veille au soir.

Rien à faire. Il n’y avait pas de « veille au soir ». En fouillant ma mémoire, je me revoyais à peu près clairement dans un bus Burroughs-Carter (mais qu’est-ce que je faisais là ?) à destination de New Liverpool. Ensuite, il y avait eu un grand boum, ma tête avait cogné le siège devant moi, une dame m’avait tendu un bébé, nous avions commencé à faire la queue devant la sortie de secours tribord, moi avec un chat sur un bras et un bébé dans l’autre, puis j’avais vu un homme avec le bras droit arraché et…

Je déglutis et rouvris les yeux. Un inconnu dans mon lit, c’était toujours mieux qu’un homme perdant son sang, avec un moignon en guise d’avant-bras droit. Avais-je été victime d’un cauchemar ? Je l’espérais de tout cœur. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Au-delà du crépuscule. »

Le peuple du tapis par T. Pratchett

Fiche de Le peuple du tapis

Titre : Le peuple du tapis
Auteur : T. Pratchett
Date de parution : 1992
Traduction : P. Marcel
Editeur : J’ai lu

Première page de Le peuple du tapis

« Ils s’étaient baptisés les Munrungues. Cela signifiait le Peuple, ou les Vrais Hommes.

C’est un titre dont tout le monde se gratifie, au départ. Et puis, un jour, une tribu en rencontre une autre et lui donne un nom : l’Autre Peuple, par exemple, ou, si la journée ne s’est pas bien passée, les Ennemis. Si seulement ils pouvaient avoir l’idée d’inventer un nom comme D’Autres Vrais Hommes, ils éviteraient bien des problèmes par la suite.

Non que les Munrungues soient en aucune façon primitifs. Forficule répétait toujours qu’ils possédaient un riche héritage culturel autochtone. Des histoires, il voulait dire.

Forficule connaissait toutes les vieilles légendes et un grand nombre de nouvelles, et il les leur contait, tandis que la tribu entière l’écoutait, captivée, et que les feux de camp croulaient en cendres dans la nuit. »

Extrait de : T. Pratchett. « Le peuple du tapis. »

Le grand livre des gnomes par T. Pratchett

Fiche de Le grand livre des gnomes

Titre : Le grand livre des gnomes
Auteur : T. Pratchett
Date de parution : 1990
Traduction : P. Marcel
Editeur : J’ai lu

Première page de Le grand livre des gnomes

« Une brève histoire du Temps et des gnomes

Les gnomes sont tout petits. En général, les créatures de petite taille vivent peu. Mais peut-être vivent-elles vite.

Je m’explique.

Sur la planète Terre, l’éphémère adulte est un des êtres qui vit le moins longtemps. Son existence dure un seul jour. Les créatures bénéficiant de la plus grande longévité sont les pins bristlecone, qui frisent les 4 700 ans, et encore : le résultat n’est pas définitif.

Dans l’affaire, les éphémères paraissent avoir tiré le mauvais numéro. Mais l’envergure effective de votre vie compte moins que sa durée subjective.

Et si, du point de vue d’un éphémère, une heure semblait être un siècle entier ? Peut-être les vieux éphémères, assis dans un coin, ronchonnent-ils en déplorant que la vie à la minute actuelle n’arrive pas à la cheville des bonnes vieilles minutes d’antan, quand le monde était jeune et frais, que le soleil brillait plus fort et que les larves avaient encore du respect pour leurs aînés. »

Extrait de : T. Pratchett. « Le Grand livre des gnomes. »

De bons présages par T. Pratchett et N. Gaiman

Fiche de De bons présages

Titre : De bons présages
Auteur : T. Pratchett et N. Gaiman
Date de parution : 1990
Traduction : P. Marcel
Editeur : J’ai lu

Première page de De bons présages

« Au commencement :

C’était un beau jour, comme tous les précédents. Il s’en était déjà écoulé largement plus de sept, et la pluie n’était pas encore inventée. Mais un amoncellement de nuages à l’est d’Éden laissait entendre que le premier orage était en route et qu’il serait costaud.
L’ange à la Poterne d’Orient leva ses ailes au-dessus de sa tête pour s’abriter des premières gouttes.
« Pardon, fit-il poliment. Tu disais ?
— Je disais : ce n’est pas ce que j’appellerais un franc succès, répéta le serpent.
— Oh, en effet ! » admit l’ange, qui s’appelait Aziraphale.
« Franchement, je trouve Sa réaction disproportionnée. Enfin, quoi : c’est la première fois. D’ailleurs, qu’y a-t-il de si terrible à connaître la différence entre le Bien et le Mal ? Ça m’échappe. »

Extrait de : T. Pratchett et N. Gaiman. « De bons présages. »

Noir par K. W. Jeter

Fiche de Noir

Titre : Noir
Auteur : K. W. Jeter
Date de parution : 1998
Traduction : M. de Prémonville
Editeur : J’ai lu

Première page de Noir

« Le sexe a pété un câble

À cet instant, alors que l’étincelle bleue du sexe lui électrocutait la langue, le feu se mit à pleuvoir des cieux. À cet instant, tous les autres instants implosèrent dans sa tête. Il se détourna du baiser qui lui remplissait la bouche, de ce goût chaud et métallique de chair codée, et il s’affala contre la fenêtre ; la vitre frissonna de peur et lui renvoya le reflet de son propre visage, spectral.
Il savait ce qui se passait de l’autre côté de la paroi de verre. Qu’il était seul pour affronter cette peur, seul face à ce fantôme et à son baiser ; que les autorités de transit avaient lâché un autre drone dans les airs, au-dessus de la cité – quel que soit son nom –, qui venait clapoter contre ce building comme une mer grise et démontée »

Extrait de : K. W. Jeter. « Noir. »

Madlands par K. W. Jeter

Fiche de Madlands

Titre : Madlands
Auteur : K. W. Jeter
Date de parution : 1991
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : J’ai lu

Première page de Madlands

« Quand Geldt s’est pointé en ville, il puait le sang et la merde. La merde, parce qu’il ne se lavait jamais les mains, où qu’elles aillent se fourrer. Le sang, si on le sentait, c’est qu’on en avait plein le nez par sa faute. Qu’il se lave ou pas n’avait alors plus aucune importance.
Il conduisait une Hudson Hornet 1953 flambant neuve. À moins que ce ne soit la voiture qui l’ait conduit. Elle exhibait des chromes lisses et polis qu’on aurait pu lécher comme des glaces et des ailes aussi rondes que les hanches d’une femme au cœur de pierre. Dans les milieux huppés, on appelait ça un petit bolide. J’étais avec lui quand il l’avait eue, mais par la suite il était arrivé des trucs durs et là, il roulait seul.
— Hé, les mecs, z’avez pas vu Trayne ? »

Extrait de : K. W. Jeter. « Madlands. »