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La nuit du jugement par C. L. Moore

Fiche de La nuit du jugement

Titre : La nuit du jugement
Auteur : C. L. Moore
Date de parution : 1952
Traduction : F. Straschitz
Editeur : J’ai lu

Première page de La nuit du jugement

« Du haut de leur passé immémorial, les portraits des cent empereurs d’Ericon regardaient gravement Juille traverser, dans un cliquetis d’éperons, la pénombre colorée de leur sanctuaire.
   —    Vous m’écouteriez, si j’étais un homme, dit Juille sans tourner la tête.
   Il n’y eut pas de réponse.
   —    Vous désiriez un fils, rappela Juille.
   Elle entendit l’écho lointain de ses paroles revenir des hautes arches où la lumière du soleil ruisselait à travers des plastiques couleur de joyaux.
   —    Je sais, je sais, dit le vieil empereur derrière elle. Lorsque j’avais ton âge, j’étais fou, moi aussi.
 
Se retournant un instant, Juille lui adressa un beau sourire. Elle était heureuse de voir que son père redevenait parfois l’homme fier et terrible qu’il avait été jadis.
   Du haut de leurs niches aux parois de cristal, les ancêtres la regardaient avancer à grands pas. Ces hommes avaient conquis la Galaxie de dure lutte, monde après monde. Ces grands guerriers avaient  »

Extrait de : C. L. Moore. « La nuit du jugement. »

Prométhée en orbite par H. Harrison

Fiche de Prométhée en orbite

Titre : Prométhée en orbite
Auteur : H. Harrison
Date de publication : 1976
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : J’ai lu

Première page de Prométhée en orbite

« BAIKONOUR, URSS
 
— Bon Dieu… c’est énorme, murmura Harding. Jamais je n’aurais pensé qu’un truc puisse être aussi gros.
Enorme était peu dire. Un gratte-ciel scintillant dans l’immense plaine ; une tour de métal aveugle qui écrasait les bâtiments alentour. Pas de construction ; un vaisseau spatial. 20 000 tonnes qui allaient bientôt cracher le feu en rugissant, frémir et s’élever, d’abord lentement, puis de plus en plus vite, et monter comme une flèche dans l’espace. Le plus grand vaisseau spatial que l’homme avait jamais construit ou même rêvé.
Tout gigantesque que fût leur quadri-réacteur, il avait l’air d’une puce à côté, d’une mouche bourdonnante autour d’un clocher. Six fusées de lancement étincelantes, toutes identiques, toutes plus grandes que le plus grand vaisseau spatial américain jamais construit. En vol, les cinq fusées extérieures tomberaient une fois leur carburant consumé, laissant la plus centrale propulser la charge. Mais charge était un mot trop trivial pour ce Prométhée ; Prométhée le mortel avait volé le feu des dieux et l’avait ramené sur terre. Maintenant Prométhée la machine ferait le tour de la terre à 35 860 kilomètres d’altitude, tendrait ses bras d’argent et s’emparerait de l’énergie solaire pour en faire cadeau aux hommes. La réponse au problème d’énergie de l’humanité, l’ultime solution qui fournirait un courant illimité. A jamais. »

Extrait de : H. Harrison. « Prométhée En Orbite. »

Le rat en acier inox se venge par H. Harrison

Fiche de Le rat en acier inox se venge

Titre : Le rat en acier inox se venge (Tome 2 sur 11 – Ratinox)
Auteur : H. Harrison
Date de publication : 1970
Traduction : E. Chédaille
Editeur : J’ai lu

Première page de Le rat en acier inox se venge

« Je faisais la queue, aussi discipliné que les autres contribuables, argent et déclaration bien en main. Ici on utilisait toujours ce bon vieux papier-monnaie, coutume locale qui allait coûter cher à mes clients. J’étais en train de me gratter sous la barbe postiche qui me démangeait abominablement, quand le type qui me précédait s’écarta du guichet. J’eus quelque difficulté à libérer mon index de la colle sans arracher la barbe.
— Au suivant, au suivant, passez la monnaie, fit aigrement l’employée au visage de fouine en tendant la main avec impatience. 
— Petit changement de programme, dis-je en laissant tomber billets et paperasse pour révéler ~ l’énorme 75 sans recul. C’est vous qui allez me verser la totalité des impôts que vous venez d’extorquer aux moutons qui peuplent cette planète arriérée. 
Je souriais pour montrer que je ne plaisantais pas ; elle étrangla un cri et se mit à farfouiller dans sa caisse. Ce sourire découvrait mes dents sur lesquelles j’avais passé un vernis rouge vif destiné à la mettre dans les meilleures dispositions. Déjà l’argent s’amoncelait sous mon nez et j’entrepris d’en bourrer mon vaste manteau où s’étageaient de nom- »

Extrait de : H. Harrison. « Ratinox – Le rat en acier inox se venge. »

Le rat en acier inox par H. Harrison

Fiche de Le rat en acier inox

Titre : Le rat en acier inox (Tome 1 sur 11 – Ratinox)
Auteur : H. Harrison
Date de publication : 1961
Traduction : E. Chédaille
Editeur : J’ai lu

Première page de Le rat en acier inox

« Quand la porte de mon bureau s’ouvrit subitement, je compris qu’il fallait tourner la page. Cela avait été un coup juteux, mais il prenait fin. Comme le flic entrait, je me carrai dans mon fauteuil avec un grand sourire. Il avait la mine ténébreuse, le pas lourd et le même sens de l’humour que ses collègues. Avant même qu’il n’ouvrît la bouche, je savais au mot près ce qu’il allait m’annoncer.
— James Bolivar diGriz, je vous arrête pour… 
J’avais attendu le début de son petit couplet ; cela rendait mieux ainsi. À cet instant, je pressai sur le bouton de mise à feu d’une charge de poudre noire logée dans le plafond. La poutre maîtresse céda, et le flic reçut les trois tonnes du coffre-fort sur le sommet de la tête. Il fut aplati en beauté, merci pour lui. La poussière de plâtre retomba, et tout ce que je pus voir de lui était sa main, vaguement cabossée. Elle bougea légèrement et pointa vers moi un index accusateur. Quelque peu assourdie par le coffre, sa voix me parut pleine de contrariété. Il se répéta.
— … je vous arrête pour violation de domicile, vol, faux et usage de faux…  »

Extrait de : H. Harrison. « Ratinox – Le rat en acier inox. »

Appsala par H. Harrison

Fiche d’Appsala

Titre : Appsala (Tome 2 sur 4 – Monde de la mort)
Auteur : H. Harrison
Date de publication : 1964
Traduction : I. Tate
Editeur : J’ai lu

Première page d’Appsala

« — Un instant, dit Jason. (Il se détourna du micro pour abattre un cornediable qui menaçait de passer à l’attaque.) Non, je ne fais rien de particulier. J’arrive. Je pourrais peut-être vous aider.
Il coupa la communication et l’image juvénile de l’opérateur radio s’évanouit. Quand Jason le frôla, le cornediable éventré eut un dernier sursaut de haine. Ses cornes claquèrent contre une botte de métal flexible. La botte le souleva à demi et le fit choir dans la jungle en contrebas.
Il faisait sombre dans la guérite d’enceinte. Seules sources lumineuses, les voyants qui palpitaient sur les consoles de l’écran de détection. Meta leva les yeux, le temps de le gratiner d’un sourire d’une microseconde, puis reporta toute son attention sur la console.
— Je fais un saut à la tour radio du spatioport, annonça Jason. Un vaisseau en orbite essaie de prendre contact avec eux dans une langue inconnue. J’espère pouvoir les comprendre. »

Extrait de : H. Harrison. « Monde de la mort – Appsala. »

Le monde de la mort par H. Harrison

Fiche de Le monde de la mort

Titre : Le monde de la mort (Tome 1 sur 4 – Monde de la mort)
Auteur : H. Harrison
Date de publication : 1960
Traduction : F. Lourbet
Editeur : J’ai lu

Première page de Le monde de la mort

« Comme à regret, avec un chuintement à peine perceptible, la capsule tomba dans le panier de réception. La sonnette retentit une fois et se tut. Jason dinAlt fixa cette capsule inoffensive, comme s’il s’était agi d’une bombe à retardement.
Quelque chose ne collait pas. Il sentit une boule dure se former dans son estomac. Ce n’était pas un mémo interservice courant ni un message de l’hôtel, mais un pli personnel, scellé. Il ne connaissait pourtant personne sur cette planète, y étant arrivé moins de huit heures auparavant. Puisque son nom même était nouveau – remontant à son dernier changement de vaisseau – il était impossible qu’il reçût un message personnel. Pourtant, il fallait bien se rendre à l’évidence.
Cassant le sceau avec son ongle, il enleva le couvercle. L’enregistreur placé dans la capsule grosse comme un crayon donnait à la voix enregistrée un  »

Extrait de : H. Harrison. « Monde de la mort – Le monde de la mort. »

Les talents de Xanadu par Theodore Sturgeon

Fiche de Les talents de Xanadu

Titre : Les talents de Xanadu
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1972
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Les talents de Xanadu :

  • Les talents de Xanadu
  • L’hôte parfait
  • L’amateur de cimetières
  • L’autre homme
  • Le ciel était plein de vaisseaux
  • Maturité
  • Mémorial

Première page de Les talents de Xanadu

« Et le Soleil explosa en nova. L’humanité se fragmenta et essaima dans l’espace. Mais elle savait qu’elle devait conserver son passé tout comme elle préservait son être sous peine de cesser d’être humaine. Et, dans son orgueil, de ses traditions elle fit un rite et une norme.
Le grand rêve : partout où se poserait une de ses parcelles, quel que fût son mode de vie, l’humanité ne recommencerait pas : elle continuerait. De sorte que d’un bout à l’autre de l’univers, perpétuellement, les humains demeureraient des humains, ils parleraient comme des humains, penseraient comme des humains, auraient des ambitions humaines et progresseraient comme des humains. Et chaque fois qu’un humain rencontrerait un autre humain, si différent, si éloigné qu’il fût, il viendrait en paix, membre de la même race, parlant le même langage.
Mais les humains étant des humains… »

Extrait de : T. Sturgeon. « Les Talents de Xanadu. »

Les plus qu’humain – Theodore Sturgeon

Fiche de Les plus qu’humains

Titre : Les plus qu’humains (nouvelle traduction)
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1953
Traduction : M. Chrestien, P.-P. Durastanti
Editeur : J’ai lu

Première page de Les plus qu’humains

« L’idiot habitait un univers noir et gris que ponctuaient l’éclair blanc de la faim et le coup de fouet de la peur. Ses vieux habits en lambeaux laissaient voir ses tibias en lame de burin et, sous sa veste déchirée, ses côtes qui saillaient comme des doigts. L’idiot était de haute taille, mais plat comme une limande ; dans son visage mort, ses yeux étaient calmes.
Les hommes le fuyaient, les femmes l’ignoraient, les enfants s’arrêtaient pour le regarder. Mais ça ne paraissait pas l’atteindre. L’idiot n’attendait rien de personne. Quand l’éclair blanc frappait, il mangeait, comme il pouvait, s’il pouvait. Et il lui arrivait de sauter un repas. Mais, en général, les uns ou les autres pourvoyaient à sa subsistance. Pourquoi ? Il n’en savait rien et ne se posait jamais la question. Simplement, il était là et il attendait. Non, il ne mendiait pas. Si le regard de quelqu’un croisait le  »

Extrait de : T. Sturgeon. « Les plus qu’humains (nouvelle traduction). »

Les plus qu’humains par Theodore Sturgeon

Fiche de Les plus qu’humains

Titre : Les plus qu’humains
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1953
Traduction : M. Chrestien
Editeur : J’ai lu

Première page de Les plus qu’humains

« L’Idiot habitait un univers noir et gris que déchiraient parfois l’éclair blanc de la faim et le coup de fouet de la peur. Ses vêtements en lambeaux laissaient voir ses tibias en lame de sabre et, sous sa veste déchirée, ses côtes qui saillaient comme des doigts. L’Idiot était de haute taille, mais plat comme une limande; dans son visage mort, ses yeux étaient calmes.
Les hommes le fuyaient, les femmes l’ignoraient, les enfants s’arrêtaient pour le regarder. Mais cela ne paraissait pas l’atteindre. L’Idiot n’attendait rien de personne. Quand il avait faim, il mangeait, comme il pouvait, s’il pouvait. Et il lui arrivait de sauter un repas. Mais, en général, les uns ou les autres pourvoyaient à sa subsistance. Pourquoi ? Il n’en savait rien et ne se posait jamais la question. Simplement, il était là et il attendait. Non, il ne mendiait pas. Si le regard de quelqu’un croisait le sien, une pièce lui tombait dans la main, ou un morceau de pain, ou un fruit. Il mangeait. Et son bienfaiteur fuyait en hâte, ému sans comprendre.  »

Extrait de : T. Sturgeon. « Les plus qu’humains. »

Le coeur désintégré par Theodore Sturgeon

Fiche de Le coeur désintégré

Titre : Le coeur désintégré
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1970
Traduction : R. Delouya
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Le coeur désintégré :

  • Extrapolation
  • Le prix de la synergie
  • Faites-moi de la place
  • Le coeur désintégré
  • Les incubes de Parallèle X

Première page d’Extrapolation

« — Lisez vous-même, dit le Major.
Elle prit la liasse de papiers pelures qu’il lui tendait et lui lança un regard étrange, sans chaleur. Elle est sous le choc, pensa-t-il, essayant en même temps de chasser les deux souvenirs qu’il avait d’un tel regard : un étourneau blessé, mort dans sa main, et sa nièce âgée de quatre ans, lorsqu’il l’avait frappée, le long moment insupportable entre l’instant de l’impact et les larmes de l’enfant.
Mrs. Reger lisait attentivement, lentement. Son visage était impassible, comme endormi. Ses yeux luisaient, sans rien trahir. Ses longues mains étaient plus vulnérables. Le major entendait le bruissement du papier pelure. Elle se détourna à un moment pour appuyer le dos de ses mains contre le rebord de la cheminée. Lorsqu’elle eut terminé, elle reposa  »

Extrait de : T. Sturgeon. « Le coeur désintégré. »