Étiquette : La trilogie des confins

 

Des villes dans la plaine par Cormac McCarthy

Fiche de Des villes dans la plaine

Titre : Des villes dans la plaine (Tome 3 sur 3 – La trilogie des confins)
Auteur : Cormac McCarthy
Date de parution : 1998
Traduction : F. Hirsch, P. Schaeffer
Editeur : Points

Première page de Des villes dans la plaine

« ILS ÉTAIENT DEBOUT dans l’entrée et tapaient des pieds pour chasser l’eau de leurs bottes et agitaient leurs chapeaux et essuyaient leurs visages trempés d’eau. Dehors dans la rue les rouges et les verts criards des enseignes au néon dérivaient et moutonnaient sous la pluie cinglant les flaques et la pluie dansait sur les toits d’acier des voitures garées le long des trottoirs.
Nom d’un chien, pour un peu je me noyais, dit Billy. Il secouait son chapeau dégoulinant. Où il est passé, le cow-boy des Amériques ?
Il est déjà entré.
Allons-y. Il va se garder pour lui toutes les belles grosses.
Les putains assises sur les canapés miteux dans leurs déshabillés miteux levèrent la tête. Le local était pratiquement vide. »

Extrait de : C. McCarthy. « Des villes dans la plaine – La trilogie des confins. »

Le grand passage par Cormac McCarthy

Fiche de Le grand passage

Titre : Le grand passage (Tome 2 sur 3 – La trilogie des confins)
Auteur : Cormac McCarthy
Date de parution : 1994
Traduction : F. Hirsch, P. Schaeffer
Editeur : Points

Première page de Le grand passage

« QUAND ILS ARRIVÈRENT AU SUD après avoir quitté Grant County Boyd n’était guère qu’un nouveau-né et le comté récemment constitué baptisé Hidalgo était lui-même à peine plus âgé que l’enfant. Au pays qu’ils avaient laissé gisaient les ossements d’une sœur et les ossements d’une grand-mère maternelle. Le nouveau pays était riche et sauvage. On pouvait aller à cheval jusqu’au Mexique sans rencontrer une seule clôture en travers du chemin. Il transportait Boyd devant lui dans l’arçon de sa selle et lui décrivait le paysage qu’ils traversaient et lui annonçait les noms des animaux et des oiseaux à la fois en espagnol et en anglais. Dans la nouvelle maison ils couchaient dans la chambre contiguë à la cuisine et la nuit quand il restait éveillé il écoutait son frère respirer dans l’obscurité et il lui racontait tout bas pendant qu’il dormait les projets qu’il avait faits pour eux et la vie qu’ils mèneraient. »

Extrait de : C. McCarthy. « Le grand passage – La trilogie des confins. »

De si jolis chevaux par Cormac McCarthy

Fiche de De si jolis chevaux

Titre : De si jolis chevaux (Tome 1 sur 3 – La trilogie des confins)
Auteur : Cormac McCarthy
Date de parution : 1992
Traduction : F. Hirsch, P. Schaeffer
Editeur : Points

Première page de De si jolis chevaux

« LA FLAMME du cierge et l’image de la flamme du cierge captives dans le trumeau vacillèrent puis se relevèrent quand il entra dans le vestibule et de nouveau quand il referma la porte. Il retira son chapeau et s’avança lentement. Les lames du parquet craquaient sous ses bottes. Vêtu de son costume noir il se dressait dans la glace sombre parmi les si pâles lys penchés dans leur vase de cristal à la taille effilée. Il faisait froid dans le couloir où passaient à reculons les portraits d’ancêtres dont il n’avait qu’une vague idée et tous étaient sous verre et vaguement éclairés au-dessus de l’étroit lambris. Il baissa les yeux sur les restes du cierge fondu. Il pressa l’empreinte de son pouce dans la mare de cire tiède sur le chêne verni. Il finit par regarder le visage si creux parmi les plis du drap funéraire, les traits si tirés, la moustache jaunie, les paupières minces comme du papier. Ça ce n’était pas le sommeil. Ce n’était pas le sommeil. »

Extrait de : C. McCarthy. « De si jolis chevaux – La trilogie des confins. »