Étiquette : Les cités englouties

 

Machine de guerre par Paolo Bacigalupi

Fiche de Machine de guerre

Titre : Machine de guerre (tome 3 sur 3 – Les cités englouties)
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2017
Traduction : S. Doke
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de Machine de guerre

« Le drone volait en cercles loin au-dessus des ravages de la guerre.

Il n’était pas là une semaine plus tôt. Une semaine plus tôt, les Cités englouties ne valaient pas la peine qu’on les mentionne, encore moins qu’on envoie un drone les surveiller.

Les Cités englouties : littoral rendu marécageux par la montée des eaux et les haines politiques, lieu de décombres et d’incessants échanges de feu. Autrefois fière capitale, les gens qui alors circulaient dans ses couloirs de marbre dominaient une bonne partie du monde. Aujourd’hui, l’endroit avait à peine sa place sur les cartes, et encore moins au cœur des réunions des personnes civilisées. Les histoires qu’elles avaient contrôlées, les territoires qu’elles avaient gouvernés, tout avait été perdu à mesure que ses habitants sombraient dans la guerre civile – avant d’être oubliés.

Pourtant, un drone de surveillance de classe Rapace les survolait à présent.

Maintenu à distance par des courants humides et chauds, il observait les jungles impénétrables et les côtes érodées. Il tournait en ronds, les ailes déployées pour profiter des vents tièdes de l’océan Atlantique. Ses caméras passaient sur les marais emmêlés de kudzu et les étangs émeraude infestés de moustiques. »

Extrait de : P. Bacigalupi. « Machine de guerre – Les cités englouties. »

Les cités englouties par Paolo Bacigalupi

Fiche de Les cités englouties

Titre : Les cités englouties (tome 2 sur 3 – Les cités englouties)
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2012
Traduction : S. Doke
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de Les cités englouties

« Les chaînes tintaient dans la pénombre des cellules de rétention.

La puanteur de l’urine, les miasmes de la sueur et de la peur se mélangeaient avec les relents douceâtres de la paille pourrissante. De l’eau gouttait le long des parois en marbre, les noircissant de mousses et d’algues.

L’humidité et la chaleur. L’odeur de la mer, lointaine, un parfum cruel rappelant aux prisonniers qu’ils ne goûteraient plus jamais à la liberté. Parfois, un détenu, chrétien hauturier ou dévot du Saint de la rouille, élevait la voix, priait, mais la plupart des captifs attendaient en silence, préservaient leur énergie.

Un cliquetis de ferraille à l’extérieur leur annonça que quelqu’un approchait. Le bruit de nombreuses bottes.

Quelques prisonniers levèrent les yeux, surpris. Ils n’entendaient aucune foule en liesse, aucun soldat qui appelait au sang. Pourtant, on ouvrait la porte de la prison. Mystère. Ils attendirent, avec l’espoir que ce mystère ne les concerne pas. L’espoir de survivre un jour de plus. »

Extrait de : P. Bacigalupi. « Les Cités Englouties. »

Ferrailleurs des mers par Paolo Bacigalupi

Fiche de Ferrailleurs des mers

Titre : Ferrailleurs des mers (tome 1 sur 3 – Les cités englouties)
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2010
Traduction : S. Doke
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de Ferrailleurs des mers

« Nailer rampait dans une conduite de service pour en arracher le câblage électrique, soulevant un nuage de fibres d’amiante et de déjections de souris chaque fois que le câble se détachait. Il progressait en faisant sauter les agrafes d’aluminium qui retenaient le câblage. Les attaches tintaient dans le conduit étroit comme des pièces offertes au Dieu Ferrailleur, et Nailer fouillait le sol pour les ramasser et les enfourner dans le sac en cuir qu’il portait à la ceinture. Quand il tira une nouvelle fois sur le câblage, un bon mètre du précieux cuivre se libéra entre ses doigts dans un nuage de poussière.

La peinture LED décorant le front de Nailer éclairait le passage d’un vert pâle phosphorescent. Le sel de sa propre sueur mêlée de poussière lui piquait les yeux et gouttait sur son masque filtrant. D’une main couverte de cicatrices, il essuya les rigoles salées en faisant bien attention de ne pas effacer la peinture LED. Le marquage lumineux le démangeait et le rendait fou, mais il n’avait aucune envie de devoir retrouver son chemin à l’aveuglette dans le labyrinthe de conduites. Il résista donc à l’envie irrépressible de se gratter et vérifia une nouvelle fois sa position. »

Extrait de : P. Bacigalupi. « Ferrailleurs des mers – Les cités englouties. »