Étiquette : livre
La jungle nue par P. J. Farmer

Fiche de La jungle nue
Titre : La jungle nue (Tome 1 sur 2 – Lord Grandrith)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1968
Traduction : F. Lasquin
Editeur : Presses Pocket
Première page de La jungle nue
« Conçu en 1888, j’ai vu le jour la même année.
Je suis né des œuvres de Jack l’Éventreur.
J’en ai l’absolue certitude, quoique je serais bien en peine d’en faire la preuve devant un tribunal. Je n’ai rien d’autre que le journal intime de celui qui fut mon père au regard de la loi. Bien qu’uni à ma mère par les liens du mariage, il n’était en réalité que mon oncle.
Mon père légal a tenu ce journal jusqu’aux instants ultimes de son existence. Il l’avait soigneusement rangé dans une armoire quelques jours avant d’être tué. Les derniers mots qu’il écrivit de sa main exposent l’état de désespoir auquel il se trouvait alors réduit : ma mère venait de rendre l’âme et moi, âgé d’à peine un an, je pleurais pour avoir du lait. Or, à sa connaissance, il n’y avait pas d’êtres humains à des centaines de kilomètres à la ronde. »
Extrait de : P. J. Farmer. « La jungle nue – Lord Grandrith. »
Hadon, le guerrier par P. J. Farmer

Fiche de Hadon, le guerrier
Titre : Hadon, le guerrier (Tome 2 sur 2 – Le cycle d’Opar)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1976
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : Albin Michel
Première page de Hadon, le guerrier
« Hadon s’appuya sur son sabre et attendit la mort.
Il regarda en bas de la montagne, de l’entrée du défilé. De nouveau, il secoua la tête. Si seulement Lalila ne s’était pas tordu la cheville, ils n’auraient peut-être pas été dans une situation aussi désespérée.
La pente qui menait à l’étroit passage était abrupte ; on ne pouvait en grimper les cinquante derniers pas que sur les mains et les genoux. Sur une centaine de pas, des escarpements de près de cent pieds de haut et soixante de large longeaient l’accès du défilé. Ils formaient une sorte d’approche extérieure, dont les murs se resserraient rapidement en flèche. La pente et les murs se rejoignaient à la pointe. Hadon était debout dans l’étroite ouverture. La piste commençait là, d’une saillie rocheuse d’environ dix pouces de haut. »
Extrait de : P. J. Farmer. « Hadon, le guerrier – Le cycle d’Opar. »
Un trône pour Hadon par P. J. Farmer

Fiche de Un trône pour Hadon
Titre : Un trône pour Hadon (Tome 1 sur 2 – Le cycle d’Opar)
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1974
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : Albin Michel
Première page de Un trône pour Hadon
« Opar, la ville de granit massif et de petits joyaux, tremblotait et se brouillait. Pourtant bien réelle avec ses grands murs de pierre, ses tours élancées, ses dômes dorés, et huit cent soixante-sept ans d’existence, elle vacilla, faiblit et s’évanouit. Et elle fut alors disparue comme si elle n’avait jamais été.
Hadon avala sa salive et il essuya ses larmes.
Sa dernière vision de la resplendissante Opar avait été comme un rêve mourant dans l’esprit d’un dieu. Il espéra que ce n’était pas un mauvais augure. Et aussi que ses compagnons et rivaux étaient semblablement affectés. S’il était le seul à avoir pleuré, on pourrait se moquer de lui.
Le grand canot avait dépassé le coude du fleuve, et les arbres de la jungle s’étaient interposés entre lui et sa ville natale. Il la voyait encore en pensée, ses tours dressées vers le ciel comme des mains pour l’empêcher de tomber. »
Extrait de : P. J. Farmer. « Un trône pour Hadon – Le cycle d’Opar. »
Syzygie par M. Coney

Fiche de Syzygie
Titre : Syzygie
Auteur : Michael Coney
Date de parution : 1973
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : Albin Michel
Première page de Syzygie
« Un soir, à peu près un an arcadien avant le déclenchement de l’Effet relais, Sheila et moi étions à un bal au Dôme des Loisirs de Riverside. La salle était pleine; une cohue de gens bien déterminés à s’amuser s’escrimait à danser au rythme incertain d’un mauvais orchestre. L’animateur avait été engagé spécialement pour cette occasion; il était, nous avait-on dit, très drôle… un vrai comique qui aurait mis de l’ambiance dans n’importe quelle réunion. En entendant cela, j’avais essayé de trouver une excuse pour ne pas y aller, mais Sheila avait insisté. Tout le monde, semblait-il, y allait, et il était tacitement entendu que ce devait être le commencement de relations nouvelles entre la Section de Recherches et les colons indépendants de Riverside.
A minuit, le bal battait son plein, l’orchestre était étourdissant, le trompette se démenait et jouait si fort de son instrument qu’il paraissait en danger imminent d’un infarctus. »
Extrait de : M. Coney. « Syzygie. »
Rax par M. Coney

Fiche de Rax
Titre : Rax
Auteur : Michael Coney
Date de parution : 1975
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : Albin Michel
Première page de Rax
« Je songe souvent à ce jour, à Alika, où mon père, ma mère et moi courions en tous sens pour amasser un monceau d’affaires sur le perron, en prévision de nos vacances à Pallahaxi. J’avais à peine atteint l’âge de la puberté mais j’en savais suffisamment sur les manières des adultes pour m’écarter de leur chemin durant cet événement annuel qui créait toujours, je ne sais pourquoi, une situation de panique. Ma mère se hâtait avec de petits mouvements rapides et des yeux mornes, demandant constamment où se trouvait telle ou telle chose indispensable et répondant elle-même à ses questions. Mon père, grand et digne, descendait à la cave et remontait avec des bidons de distillé pour son bien le plus précieux, le char automoteur. Quand mes parents m’apercevaient, il n’y avait pas de tendresse dans leur regard. »
Extrait de : M. Coney. « Rax. »
Péninsule par M. Coney

Fiche de Péninsule
Titre : Péninsule
Auteur : Michael Coney
Date de parution : 2008
Traduction : J.-P. Pugi, M. Février
Editeur : Les moutons électriques
Sommaire de Péninsule
- Les crocs et les griffes
- Au bon vieux temps du carburant liquide
- La machine de Cendrillon
- La catapulte et les étoiles
- Les insectes de feu, Holly et l’amour
Première page de Les crocs et les griffes
« Ce fut par une fin d’après-midi de septembre que nous repêchâmes Harry Alberni dans l’eau froide et glauque du Détroit. Nous l’avions étendu sur le pont et nous nous pressions autour de lui afin de pouvoir entendre ses dernières paroles, à condition qu’il fût encore capable de les prononcer.
« Mettez le cap sur le port, Sagar ! m’ordonna quelqu’un d’une voix pressante. II faut donner à cet homme une chance de s’en tirer. Mais à quoi pensez-vous donc ? »
L’eau qui ruisselait des vêtements d’Alberni s’écoulait par les dalots, tandis que son corps brisé se balançait au gré des mouvements du navire. Je m’agenouillai à son côté tandis que les autres, hommes libres et prisonniers de droit commun, restaient silencieux. Ils étaient attentifs et ils écoutaient. Cependant, personne n’avait jusqu’alors prêté la moindre attention aux paroles d’Alberni. »
Extrait de : M. Coney. « Péninsule. »
Les enfants de l’hiver par M. Coney

Fiche de Les enfants de l’hiver
Titre : Les enfants de l’hiver
Auteur : Michael Coney
Date de parution : 1974
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : Albin Michel
Première page de Les enfants de l’hiver
« Switch et Cockade causaient ensemble dans les galeries de glace.
« Je n’aime pas ça », marmottait nerveusement Switch, en traçant de son index des figures abstraites sur les parois grossièrement taillées du tunnel.
« Que pouvons-nous faire ? » fit Cockade. Elle tenait la lampe qui se reflétait à l’infini dans la glace autour d’eux. Sa voix résonnait aiguë et caverneuse.
« Je ne sais pas ce que diable nous pouvons faire sauf simplement nous en aller et les laisser tomber comme tu disais. »
Ils reprirent leur marche ; la galerie s’élargissait quoique Switch fût encore obligé de se baisser. Bizarrement réfracté dans la glace, le mot SUPERMARCHÉ dansa dans la lueur de la lampe de Cockade. »
Extrait de : M. Coney. « Les enfants de l’hiver. »
Les brontosaures mécaniques par M. Coney

Fiche de Les brontosaures mécaniques
Titre : Les brontosaures mécaniques
Auteur : Michael Coney
Date de parution : 1979
Traduction : C. Canet
Editeur : Robert Laffont
Première page de Les brontosaures mécaniques
« Long croissant de sable blême, la plage réverbérait si durement l’éclat du soleil que je dus remettre mes lunettes noires. Il y avait là une foule de gens qui tous, sans exception, regardaient la mer. L’eau était peu profonde, ridée de vaguelettes paresseuses provenant du grand large. Derrière la ligne des brisants, je discernai du mouvement : des ailerons noirs allaient et venaient.
J’avisai une jeune fille à deux pas de moi ; grande et bronzée, elle devait être du coin, et sans doute pourrait-elle me fournir quelques explications. Je l’observai un instant en rassemblant mon courage. Elle possédait ce type de beauté que procure la vie au grand air ; ses cheveux étaient décolorés par le soleil, et un liséré de peau blanche au ras de son bikini indiquait qu’elle en avait abaissé le léger tissu autant qu’elle l’avait osé. Comme le sable étouffait le bruit de mes pas, je toussotai en m’approchant d’elle, mais elle ne m’accorda aucune attention. »
Extrait de : M. Coney. « Les brontosaures mécaniques. »
L’image au miroir par M. Coney

Fiche de L’image au miroir
Titre : L’image au miroir
Auteur : Michael Coney
Date de parution : 1972
Traduction : C. Canet
Editeur : Opta
Première page de L’image au miroir
« Faites de rondins grossièrement équarris, trois cahutes enjambaient de leurs pilotis les eaux saumâtres, tièdes et boueuses de la lagune. Elles avaient abrité douze hommes et six femmes au cours de la semaine écoulée, dix-huit humains qui, ce matin, venaient brutalement de voir leur nombre ramené à dix-sept. Le flot de la marée descendante battait les pilotis et les montants de l’échelle rudimentaire à laquelle se cramponnait Stordahl, encore sous le choc de l’émotion, emmenant avec lui le cadavre de Cable, dont le visage disparaissait sous l’eau. Du moins si cela méritait encore le nom de visage…
Les cahutes étaient disposées en triangle, avec leurs entrées tournées vers l’intérieur ; les colons se pressaient sur leurs seuils pour ne rien perdre de l’horrible spectacle. »
Extrait de : M. Coney. « L’image Au Miroir. »
Immortels en conserve par M. Coney

Fiche de Immortels en conserve
Titre : Immortels en conserve
Auteur : Michael Coney
Date de parution : 1973
Traduction : A. Pérez
Editeur : Pocket
Première page de Immortels en conserve
« Phillip Ewell en eut l’idée.
Maintenant bien sûr il est mort. Il s’est éteint à l’âge « physique » de soixante-dix ans, et il est mort heureux… Je le soupçonne pourtant d’avoir presque regretté, aux tout derniers moments, l’impulsion qui l’avait poussé à abandonner trente-quatre ans plus tôt sa carrière de chirurgien spécialiste des Transplantations. Mais je suis certain que ces regrets furent minimes et ne provinrent jamais de motivations égoïstes. Personnellement l’immortalité lui importait peu, mais lorsqu’il se mettait à parler de l’avenir son regard trahissait une insatisfaction diffuse.
Étendu là, dans sa petite maison de pierre grise dont la fenêtre s’ouvrait par-delà le village sur la Lande et sur Haytor Rock, ses yeux brillaient. Malgré l’état d’extrême faiblesse dans lequel le laissait la maladie. »
Extrait de : Michael Coney. « Immortels en conserve. »