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Contes macabres par C. Seignolle

Fiche de Contes macabres
Titre : Contes macabres
Auteur : C. Seignolle
Date de parution : 1966
Editeur : Marabout
Sommaire de Contes macabres
- Le miroir
- L’homme qui savait d’avance
- L’Isabelle
- Un exorcisme
- Les Gorel
- Celui qui avait toujours froid
- Non, pas moi !
- Le bout du monde
- Le Christ est vengé
- Deux dents, pas plus…
- La mémoire du bois
- Pris entre Dieu et Diable
- Comme une odeur de loup
- Un hasard minutieux
- Un bel ensorcelé
- Le matagot
Première page de Le miroir
« Elle arriva seule, au volant d’une luxueuse conduite intérieure. Le gardien de la villa l’attendait, impatient depuis des heures, la guettant dans la grisaille de ce crépuscule de décembre.
Le vent d’hiver lacérait de plaintes agressives cette petite ville balnéaire, déserte et d’allure méchante comme en affectent les lieux aigris par l’abandon saisonnier.
Elle descendit la vitre et se fit connaître. Sa voix était douce, harmonieuse, mais feutrée par une grande tristesse. Elle demanda aussi qu’il l’excusât.
Troublé, aimable à contrecœur, le gardien répondit qu’attendre faisant partie de son métier, il en avait l’habitude ; qu’il n’y portait plus attention. Et il s’empressa de lui ouvrir la portière.
Mais, en voyant sortir l’arrivante, il fut saisi de méfiance : si elle était majestueuse, bottée de daim, couverte d’une riche fourrure dont la houppelande lui recouvrait la tête, son visage, presque entièrement dissimulé sous un châle noir, ne laissait entrevoir que ses yeux, éperdument fixes et absents. »
Extrait de : Claude Seignolle. « Contes macabres. »
Au château de l’étrange par C. Seignolle

Fiche de Au château de l’étrange
Titre : Au château de l’étrange
Auteur : C. Seignolle
Date de parution : 2011
Editeur : Le castor astral
Sommaire de Au château de l’étrange
- Prémonitions, visions, rêves
- Coïncidences significatives
- Présences invisibles
- Lieux étranges et maudits
- Voyages dans le temps illuminations
- Personnages insolites ou monstrueux
- Magie et sorcellerie
- Le bric-à-brac de l’étrange
Premières pages de Prémonitions, visions, rêves – Croyez les gitanes
« À la fin de la dernière guerre, pendant la Résistance à Paris, l’« Enchanteur parisien », ce magicien de Jacques Yonnet, rencontre une gitane dans la rue, alors qu’il se rendait à un bureau de poste pour téléphoner. Elle l’arrête, le retient de force et, lui désignant de la main une passante, lui dit : « Attends, cette femme va te sauver la vie. » Jacques ne voit aucun rapport entre sa vie et cette femme inconnue, mais croit les gitanes. La passante entre dans le bureau de poste, s’enferme dans l’unique cabine téléphonique, celle que Jacques aurait prise s’il n’avait pas été retenu par la gitane et… boum ! la malheureuse ne parlera jamais plus, une main saboteuse ayant déposé là cette petite valise bourrée d’explosifs qui déchiquette femme et cabine.
Quelque temps après, croisant de nouveau et par hasard la même gitane, Jacques l’arrête à son tour pour lui reparler de l’explosion. Soudain, la gitane lui dit vivement : « Aujourd’hui, c’est moi qui vais te sauver la vie. » Et elle le repousse brutalement. À ce moment, tombant du toit de l’immeuble contre lequel ils se trouvent, un énorme bloc de cheminées s’écrase juste à l’endroit où se tenait mon ami. »
Extrait de : Claude Seignolle. « Au Château de l’étrange. »
La nuit des halles par C. Seignolle

Fiche de La nuit des halles
Titre : La nuit des halles (Tome 3 sur 3 – Intégrale)
Auteur : C. Seignolle
Date de parution : 2002
Editeur : Phébus
Sommaire de La nuit des halles
- La nuit des halles
- Le bahut noir
- Le Chupador
- L’âme boiteuse
- Delphine
- Le faucheur
- Le millième cierge
- Un petit monstre à louer au quart d’heure
- Et si c’était !…
- Pauvre Sonia !
- L’exécution
- La mémoire du bois
- Non, pas moi !
- Deux dents, pas plus…
- Nuits
- Le numéro 141
- Un vieux mélomane
- L’impossédable
- Les roses d’en haut
- La brume ne se lèvera plus
Première page de Le bahut noir
« Il est des lieux à jamais imprégnés par ceux qui, jadis, les fréquentèrent. Précieux endroits, généreux de leur insolite climat envers le privilégié prêt à le capter. Aussi vais-je dire l’ambiance noire de « ma » cour des Miracles, une de mes écritoires préférées, stupéfiant haut lieu de mes passés.
Par un heureux – mettons, en ce qui le concerne, un voulu – concours de circonstances et grâce à ses dons commerciaux, mon père finit par acquérir, un peu avant cette guerre, un vaste magasin rue Réaumur, avec profonds sous-sols taillés en pleine chair médiévale, juste à l’emplacement de l’entrée sud de la défunte cour des Miracles. Détail particulier que j’appris lorsque, à la suite d’une incroyable aventure, je voulus savoir quels troubles mystères me vêtaient.
Mon père tenait là un commerce de textile en gros et son activité, son ambition l’avaient placé à un des premiers rangs de sa profession, d’où un stock considérable de marchandises qui envahissait non seulement le rez-de-chaussée, mais, surtout, les sous-sols alors si abondamment remplis de piles de draps, de couvertures et de linge de toute sorte qu’en dehors des magasiniers et de moi, nul ne pouvait se retrouver dans ce labyrinthe de laine et de coton. »
Extrait de : Claude Seignolle. « La Nuit des Halles – Intégrale. »
Les malédictions 2 par C. Seignolle

Fiche de Les malédictions 2
Titre : Les malédictions 2 (Tome 2 sur 3 – Intégrale)
Auteur : C. Seignolle
Date de parution : 2002
Editeur : Phébus
Sommaire de Les malédictions 2
- De qui venait ce sang ?
- Le gâloup
- L’homme qui ne pouvait mourir
- La huche
- Désirée la sangsue
- Un bel ensorcelé
- Les âmes aigries
- Un exorcisme
- Comme une odeur de loup
- Celui qui avait toujours froid
- Le miroir
- Le Christ est vengé
- Le matagot
- Les Gorel
- L’Isabelle
- L’homme qui savait d’avance
- Le bout du monde
- Le dernier visiteur
- L’auberge du Larzac
- Retour à Tiburiac
- Celui qui s’y frotta
- Le dormeur
- Lou Siblaire
- Le marchand de rats
- Les deux plumes
- Les chevaux de la nuit
- Le hupeur
- L’Odile
- Le venin de l’arbre
- Une veillée
- La fille gagnée
- Chaque chose à sa place
- La vierge maudite
- Une santé de cerisier
- Mais qui est le plus fort ?
- Il ne faut jamais réveiller les légendes
- Hupe et Pupuler
- La main de pierre
- La « panard »
- Un viol
- La morsure
- L’oubliette
- Avez-vous vu le loup-garou ?
- Ce Martin-là
- Une belle mouture de menteries !
Première page de De qui venait ce sang ?
« Un jour d’août 1932, j’étais parti à la recherche de ces pierres à sacrifices, ces énigmatiques et troublants mégalithes gaulois creusés de rigoles destinées à recueillir le sang humain voué à de sauvages magies : pierres toujours intactes, qui jalonnent encore sous les ronces le mystérieux chemin des légendes vivaraises.
J’avais alors quinze ans et la vorace curiosité qui me tourmentait me livrait aux imprudences. Il était midi. Je traversais à pied le sauvage plateau de Boutières, cette Haute-Terre de l’extrême Languedoc partagée entre le Vivarais et l’Auvergne. J’avais pris un raccourci afin de rejoindre plus rapidement les Estables. Il faisait lourd d’orage et les mouches, nombreuses au point de me vêtir d’un bruissant manteau d’ailes hargneuses rendaient mes gestes méchants. »
Extrait de : Claude Seignolle. « Les Malédictions 2 – Intégrale. »
Les malédictions 1 par C. Seignolle

Fiche de Les malédictions 1
Titre : Les malédictions 1 (Tome 1 sur 3 – Intégrale)
Auteur : C. Seignolle
Date de parution : 2001
Editeur : Phébus
Sommaire de Les malédictions 1
- Le rond des sorciers
- Marie la louve
- La malvenue
- Le diable en sabots
Première page de Le rond des sorciers
« Le volet a été mal accroché, aussi le vent l’oblige à battre l’étroite fenêtre qu’il devrait protéger. Par moments, tel un essaim d’insectes aveuglés par un verre de lampe, la pluie s’écrase sur les vitres. Le vent, qui n’en fait toujours qu’à sa tête, s’engouffre également dans l’âtre et, à la lueur des braises ranimées par son souffle, tombent les suies épaisses qui gavent la cheminée.
Jamais nuit n’a paru aussi lugubre. D’entre la grange et le bâtiment abritant la grande pièce de ferme, des gémissements d’air naissent, mordant cœur et âme. Sur les flancs du tombereau chargé de fumier sont restées des fourches, bien plantées de leurs quatre dents. Leurs manches se plaignent en sifflant des fureurs aiguës. Dans ce coin marqué du diable, le rétrécissement de la course folle du vent accroît sa violence et montre toute sa colère de s’être laissé prendre dans un piège qu’il fuit en grondant. »
Extrait de : Claude Seignolle. « Les Malédictions 1 – Intégrale. »
Nuage par E. Jouanne

Fiche de Nuage
Titre : Nuage
Auteur : E. Jouanne
Date de parution : 1983
Editeur : La Volte
Première page de Nuage
« Prune avait allumé un feu de camp dans le couloir central du vaisseau, en prenant garde de se placer assez loin de la glycine en fleur, de façon que les flammes ou la fumée n’aillent pas lécher méchamment les arcs entremêlés de la plante grimpante.
Elle présentait ses mains devant le foyer comme pour se réchauffer, bien que la climatisation fonctionnât à merveille et qu’il ne fît pas froid. Elle avait largement pioché dans la réserve de bois d’arbres fruitiers gracieusement mise à la disposition des passagers, et le combustible s’était révélé parfaitement sec. Des ventilateurs aspiraient sans bruit la colonne de fumée qui s’élevait du cône de branchages.
Prune veillait à ne pas offrir les plis de sa robe à la bouche ronflante du feu ; elle serrait entre ses genoux le tissu de son vêtement dont tous, à bord du Foyer, doux foyer, s’accordaient à dire qu’il paraissait trop sobre pour une fillette de neuf ans. »
Extrait de : E. Jouanne. « Nuage. »
Le rêveur de chats par E. Jouanne

Fiche de Le rêveur de chats
Titre : Le rêveur de chats
Auteur : E. Jouanne
Date de parution : 1988
Editeur : Denoël
Première page de Le rêveur de chats
« Vous dansez ? » demanda le nuage à la lumière, qui vira au rouge, puis balbutia un consentement.
C’était en ce temps de perverse innocence où la danse suffisait à insuffler la fertilité chez les danseurs ; bientôt, le nuage et la lumière roulèrent et boulèrent entre les draps noirs et piqués d’or, roucoulèrent et se bouchonnèrent, devinrent l’embryon rebondi de leur propre progéniture. Le marmot cosmique absorba père et mère sans le moindre scrupule, mais ne les anéantit pas : l’œil des grandes nourrices passagères les distinguait encore, quoiqu’ils eussent rétréci pour se mettre au diapason du petit.
Le nuage prêta ses longs bras pour happer les éléments-aliments. La lumière prêta sa chaleur pour cuire, fondre et digérer. »
Extrait de : E. Jouanne. « Le rêveur de chats. »
L’âge de fer par E. Jouanne

Fiche de L’âge de fer
Titre : L’âge de fer
Auteur : E. Jouanne
Date de parution : 1988
Editeur : Patrick Siry Editeur
Première page de L’âge de fer
« — Pardon, je l’ai pas fait exprès…
Ligoté à son panneau d’interdiction de stationnement, Néon ne demandait pas mieux que de croire la jeune femme, mais ça ne l’avançait pas tellement ; il était incapable de bouger ne fût-ce que le petit doigt et se sentait tout à fait ridicule. Déjà, certains passants s’arrêtaient pour le regarder.
— Vous pouvez pas m’enlever ça ?
Il tenta de désigner du menton le cocon rose vif qui l’enveloppait, et dont il ne comprenait ni la nature ni la provenance. Il avait simplement heurté la jeune femme sur le trottoir, en la dépassant, et s’était aussitôt retrouvé dans cette ingrate position, réduit à l’impuissance, objet de l’ironie populaire.
— Je ne sais pas… Je n’en suis pas sûre.
Elle le toisait d’un œil narquois désagréable au possible. »
Extrait de : E. Jouanne. « L’âge de Fer. »
Ici-bas par E. Jouanne

Fiche de Ici-bas
Titre : Ici-bas
Auteur : E. Jouanne
Date de parution : 1984
Editeur : Denoël
Première page de Ici-bas
« Tom devait faire la vaisselle, à ce moment-là. Ou la cuisine. Ce contact permanent avec les à-côtés les plus prosaïques de l’existence semble lui procurer une certaine satisfaction. Peut-être même du plaisir – ou simplement cette béatitude stupide qu’engendre l’absence de pensée. Il doit bien y avoir une raison, en tout cas, pour que ses journées ne soient que prolifération de menus travaux, maquillage, toilette, ménage, couture, repassage, courses… Tom est comme ça. Tous les jours.
Je préfère quant à moi faire travailler mon cerveau. Je crois, sans me vanter, avoir quelques facilités de ce côté. Après les heures fastidieuses que je passe au magasin à vanter mes vieilleries aux chalands, à établir mes comptes et à m’ennuyer ferme, je ne trouve rien de plus émouvant que la chaleur de la musique ou les longues plongées dans les profondeurs de la bibliothèque ou de la pinacothèque. Je peux passer des heures dans mon fauteuil, les oreilles calées entre les enceintes de l’équipement stéréo, les yeux braqués sur l’écran de la télé ou sur les lignes imprimées. »
Extrait de : E. Jouanne. « Ici-bas. »
Damiers imaginaires par E. Jouanne

Fiche de Damiers imaginaires
Titre : Damiers imaginaires
Auteur : E. Jouanne
Date de parution : 1982
Editeur : Denoël
Première page de Damiers imaginaires
« — Tu verras, toi aussi, un jour ta maison cessera de voler et ira s’écraser sur le sol ! Tu verras !
Les mots résonnèrent dans le bar presque désert, et les têtes des rares consommateurs se tournèrent dans la direction d’où provenait la voix triste, éraillée, tordue par l’alcool.
— Tu verras, reprit l’homme, tu ne te moqueras plus de moi quand ça t’arrivera. Tu viendras ici pour boire, toi aussi, et pour prévenir tes connaissances de ton prochain départ.
Il agitait un doigt mi-accusateur mi-implorant sous le menton hirsute de l’autre, qui le regardait avec une expression indéfinissable. Ses coudes balayaient une flaque sirupeuse qui séchait sur la table ronde, et menaçaient de faire choir d’un instant à l’autre les innombrables chopes vides en verre authentique qui encombraient le plateau plastifié. »
Extrait de : E. Jouanne. « Damiers imaginaires. »