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La planète Jaja par Daniel Walther

Fiche de La planète Jaja

Titre : La planète Jaja
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1989
Editeur : Fleuve noir

Première page de La planète Jaja

« Je n’avais guère apprécié le voyage. Non qu’il fût spécialement long ou pénible, non, bien sûr… mais je m’étais retrouvé mêlé à une foule assez stupide de yuppies déglingués et de snobs toxicomanes – une foule qui s’était ingéniée à me mettre le grappin dessus, ayant cru reconnaître en moi une vague vedette voyageant incognito.
Incognito, vous parlez ! Mais il faudrait être l’homme invisible pour se déplacer ainsi, sans se faire repérer dans un paquebot interstellaire. Et qui plus est un vaisseau en route vers la planète Jaja, la énième merveille de l’univers exploré.
Pendant les six jours de la traversée entre Perfide et Jaja, je me cachai le plus souvent dans ma cabine, prétextant un malaise. À force de le prétexter, je finis d’ailleurs par en souffrir très réellement durant les trente-six dernières heures du trajet. »

Extrait de : D. Walther. « La planète Jaja. »

La marée purulente par Daniel Walther

Fiche de La marée purulente

Titre : La marée purulente
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de La marée purulente

« Le jour se leva sur l’île. Avec des rutilements exaspérants pour les yeux des simples mortels. Comme si une bombe nucléaire avait explosé dans le beau milieu de l’horizon. Mais aucune bombe n’avait sauté au-dessus du Pacifique depuis bien des années. On s’en tenait à la trêve. Du moins en apparence.
L’île d’ailleurs — sur laquelle nous voyons se lever l’aube aux doigts de métal fondu, aux yeux de lave incandescente — n’avait aucune valeur stratégique. Elle n’abritait qu’une centaine de lépreux condamnés à mourir lentement et sûrement, de pauvres épaves qui n’attendaient plus rien de personne.
Le médecin qui soignait les lépreux de l’île avait perdu la foi depuis longtemps et s’était mis à boire.
Justement, nous pouvons le voir, dans sa chambre à coucher, qui se lève péniblement, qui se tient la tête à deux mains, comme s’il avait peur qu’elle se brise en mille morceaux tel un œuf… sans crier gare. Il retombe sur son lit défait, nu comme un ver, tout englué de mauvaise transpiration. »

Extrait de : D. Walther. « La Marée purulente. »

L’hopital et autres fables cliniques par Daniel Walther

Fiche de L’hopital et autres fables cliniques

Titre : L’hopital et autres fables cliniques
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1982
Editeur : Néo

Sommaire de L’hopital et autres fables cliniques

  • L’hôpital, une fable cynique
  • L’éruption de la Lézarde
  • Une chasse à l’Ugu-Dugu dans les marais de Kwân
  • A nous deux, dit le Dragon de Verre
  • Les montreurs d’images de Jordan IV
  • Le rendez-vous de Bucarest
  • Symbiose
  • Le glissement
  • Morgenland
  • La danse de guerre du Capitaine Moon
  • Mort dans la cité solitaire …
  • Oiseau(x) de malheur
  • Le docteur Morlo ou le mystère de l’île de la Mort

Première page de L’hôpital, une fable cynique

« La nuit lentement descendait sur l’Hôpital. Les rayons du soleil embrasèrent une dernière fois le faîte du bâtiment principal, lourde bâtisse blanche qui, le jour, faisait tache sur les montagnes et les collines aux flancs tapissés de conifères.
Les murs semblaient plus impénétrables que jamais, plus menaçants, plus rébarbatifs. En fait rien ne distinguait précisément ces murailles de celles qui entourent les prisons sinon leur blancheur qui renvoyait brutalement les rayons du soleil par temps de canicule.
Le ciel véhiculait des nuages obscurs et il fallait compter avec un orage. Les orages étaient particulièrement violents en cette mi-saison : ils grondaient, déglutissaient, rauquaient, feulaient comme des tigres en chaleur.
Les pensionnaires de l’Hôpital avaient des difficultés à s’endormir, malgré les comprimés d’hypnocalmine qu’on leur avait distribués aux approches de la nuit. Ils s’agitaient dans leurs draps trempés de sueur, la tête remplie de visions cruelles et amères. »

Extrait de : D. Walther. « L’hôpital et autres fables cliniques. »

L’épouvante par Daniel Walther

Fiche de L’épouvante

Titre : L’épouvante
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1979
Editeur : J’ai lu

Première page de L’épouvante

« — S’il vous plaît, s’il vous plaît…
Les mots n’étaient qu’un balbutiement lamentable et Baird n’était pas très bien disposé envers les indigènes. Il refusa donc de se retourner, de prêter attention à une créature certainement misérable et vermineuse, peut-être pourrie de la tête aux pieds par une atroce maladie.
— S’il vous plaît, s’il vous plaît…
Puis Baird se dit qu’il y avait quelque chose de fascinant, de bouleversant dans cet appel répété, semblable à la prière d’un enfant abandonné par ses parents aux mauvais sortilèges de la nuit. Il se retourna et découvrit une mince silhouette dansante, mal découpée dans la demi-ténèbre de la rue. »

Extrait de : D. Walther. « L’épouvante. »

La guerre des mondes T.2 (avec illustrations) par H. G. Wells

Fiche de La guerre des mondes (avec illustrations)

Titre : La guerre des mondes (Tome 2 sur 2)
Auteur : H. G. Wells
Date de parution : 1898
Traduction : H. D. Davray
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de La guerre des mondes (avec illustrations)

« Après avoir raconté ce qui était arrivé à mon frère, je vais reprendre le récit de mes propres aventures où je l’ai laissé, au moment où le vicaire et moi étions entrés nous cacher dans une maison d’Halliford, dans l’espoir d’échapper à la Fumée Noire. Nous y demeurâmes toute la nuit du dimanche et le jour suivant – le jour de la panique – comme dans une petite île d’air pur, séparés du reste du monde par un cercle de vapeur suffocante. Nous n’avions qu’à attendre dans une oisiveté angoissante, et c’est ce que nous fîmes pendant ces deux interminables jours. »

Extrait de : H. G. Wells. « La Guerre des Mondes (Livre Second). »

La guerre des mondes T.1 (avec illustrations) par H. G. Wells

Fiche de La guerre des mondes (avec illustrations)

Titre : La guerre des mondes (Tome 1 sur 2)
Auteur : H. G. Wells
Date de parution : 1898
Traduction : H. D. Davray
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de La guerre des mondes (avec illustrations)

« Personne n’aurait cru dans les dernières années du XIXe siècle, que les choses humaines fussent observées, de la façon la plus pénétrante et la plus attentive, par des intelligences supérieures aux intelligences humaines et cependant mortelles comme elles ; que, tandis que les hommes s’absorbaient dans leurs occupations, ils étaient examinés et étudiés d’aussi près peut-être qu’un savant peut étudier avec un microscope les créatures transitoires qui pullulent et se multiplient dans une goutte d’eau. Avec une suffisance infinie, les hommes allaient de-ci de-là par le monde, vaquant à leurs petites affaires, dans la sereine sécurité de leur empire sur la matière. Il est possible que, sous le microscope, les infusoires fassent de même. Personne ne donnait une pensée aux mondes plus anciens de l’espace comme sources de danger pour l’existence terrestre, ni ne songeait seulement à eux pour écarter l’idée de vie à leur surface comme impossible ou improbable.  »

Extrait de : H. G. Wells. « La Guerre des Mondes (Livre Premier).  »

L’oeuf de cristal par H. G. Wells

Fiche de L’oeuf de cristal

Titre : L’oeuf de cristal
Auteur : H. G. Wells
Date de parution : 1899
Traduction : H.-D. Davrey
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de L’oeuf de cristal

« L’année dernière encore, il y avait, non loin des Sept Cadrans, une petite boutique, d’aspect rébarbatif, sur laquelle était peinte, en lettres jaunes à demi effacées, l’enseigne : C. Cave, naturaliste et marchand d’antiquités. Le contenu des vitrines était curieusement varié. Elles renfermaient des défenses d’éléphant, un jeu d’échecs incomplet, des verroteries, des armes, une boîte d’yeux, deux crânes de tigre, un crâne humain, plusieurs singes – l’un d’eux tenant une lampe – empaillés et mangés des vers, de vieux meubles démodés, un œuf d’autruche piqué des mouches, des engins de pêche, un aquarium de verre extraordinairement sale et vide. Il y avait aussi, au moment où cette histoire commence, une masse de cristal façonnée en forme d’œuf et merveilleusement polie. Cet œuf, deux personnes arrêtées devant la vitrine l’examinaient : l’une, un clergyman grand et maigre ; l’autre, un jeune homme à la barbe très noire, au teint basané et de »

Extrait de : H. G. Wells. « L’Œuf de Cristal. »

L’étoile par H. G. Wells

Fiche de L’étoile

Titre : L’étoile
Auteur : H. G. Wells
Date de parution : 1902
Traduction : H.-D. Davrey
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de L’étoile

« Le premier jour de l’année nouvelle, trois observatoires différents signalèrent, presque simultanément, le désordre survenu dans les mouvements de la planète Neptune, la plus éloignée de toutes les planètes qui se meuvent autour du soleil. En décembre déjà, Ogilvy avait attiré l’attention sur un ralentissement suspect de sa vitesse. Une telle nouvelle était peu faite pour intéresser un monde dont la plus grande partie des habitants ignoraient l’existence de la planète Neptune. Aussi, en dehors du monde astronomique, la subséquente découverte d’une faible et lointaine tache animée dans la région troublée, ne causa aucune agitation importante. Les gens scientifiques, cependant, trouvèrent cette nouvelle assez remarquable, avant même qu’on sût que la masse récemment découverte devenait rapidement de plus en plus grande et de plus en plus brillante, que ses mouvements étaient tout à fait différents de la révolution régulière des »

Extrait de : H. G. Wells. « L’Étoile. »

L’homme invisible (avec illustrations) par H. G. Wells

Fiche de L’homme invisible (avec illustrations)

Titre : L’homme invisible
Auteur : H. G. Wells
Date de parution : 1897
Traduction : A. Laurent
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de L’homme invisible (avec illustrations)

« L’étranger arriva en février, par une matinée brumeuse, dans un tourbillon de vent et de neige. Il venait, à pied, par la dune, de la station de Bramblehurst, portant de sa main couverte d’un gant épais, une petite valise noire. Il était bien enveloppé des pieds à la tête, et le bord d’un chapeau de feutre mou ne laissait apercevoir de sa figure que le bout luisant de son nez. La neige s’était amoncelée sur ses épaules, sur sa poitrine ; elle ajoutait aussi une crête blanche au sac dont il était chargé.
Il entra, chancelant, plus mort que vif, dans l’auberge, et, posant à terre son bagage :
« Du feu, s’écria-t-il, du feu, par charité ! Une chambre et du feu ! »
Il frappa de la semelle, secoua dans le bar la neige qui le couvrait, puis suivit Mme Hall dans le petit salon pour faire ses conditions. Sans autre préambule, et jetant deux souverains sur la table, il s’installa dans l’auberge. »

Extrait de : H. G. Wells. « L’Homme invisible (avec illustrations). »

Les Xipéhuz par J.-H. Rosny aîné

Fiche de Les Xipéhuz

Titre : Les Xipéhuz
Auteur : J.-H. Rosny aîné
Date de parution : 1887
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Les Xipéhuz

« C’était mille ans avant le massement civilisateur d’où surgirent plus tard Ninive, Babylone, Ecbatane.
La tribu nomade de Pjehou, avec ses ânes, ses chevaux, son bétail, traversait la forêt farouche de Kzour, vers le crépuscule du soir, dans l’océan de la mer oblique et le chant du déclin s’enflait, planait, descendait des nichées harmonieuses.
Tout le monde étant très las, on se taisait, en quête d’une belle clairière où la tribu pût allumer le feu sacré, faire le repas du soir, dormir à l’abri des brutes, derrière la double rampe de brasiers rouges.
Les nues s’opalisèrent, les contrées polychromes vaguèrent aux quatre horizons, les dieux nocturnes soufflèrent le chant berceur, et la tribu marchait encore. Un éclaireur reparut au galop, annonçant la clairière et l’onde, une source pure.
La tribu poussa trois longs cris et tous allèrent plus vite ; des rires puérils s’épanchèrent ; les chevaux et les ânes mêmes, accoutumés à reconnaître l’approche de la halte d’après le retour des coureurs et les acclamations des nomades, fièrement dressaient l’encolure. »

Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « Les Xipéhuz. »