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Le moine (raconté par Antonin Artaud) par M. G. Lewis

Fiche de Le moine (raconté par Antonin Artaud)

Titre : Le moine
Auteur : Matthew G. Lewis
Date de parution : 1931
Traduction : Antonin Artaud
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le moine (raconté par Antonin Artaud)

« La cloche du couvent sonnait à peine depuis cinq minutes et déjà l’église des Capucins était toute bondée. Il y avait du monde partout et jusque sur les ailes des chérubins. Saint François et saint Maur portaient chacun leur charge d’hommes.

Tous les coins étaient remplis, tous les sièges étaient occupés. Certes, la foule qui était là ne respirait ni la soif de s’instruire, ni un désir très vif d’édification. La crapule, il faut le dire, n’y était pas moins forte que dans les théâtres ou sur une place publique un jour de carnaval. Les femmes venaient pour être vues et les hommes cherchaient la promiscuité des femmes, absolument comme si l’on ne se fût pas trouvé dans un lieu soi-disant consacré.

Un prédicateur fameux était annoncé au programme, mais il est très probable que la majeure partie des spectateurs s’en serait bien passée. »

Extrait de : M. G. Lewis. « Le Moine. »

Happy end par Daniel Walther

Fiche de Happy end

Titre : Happy end
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1982
Editeur : Denoël

Première page de Happy end

« Suleyman-Pacha scrutait l’horizon.
Mais l’horizon demeurait désert. Jouait simplement son rôle de ligne imaginaire tirée entre le ciel et l’océan.
Il y avait des tonnes d’excréments dans la mer et une foule de poissons mutants, presque tous carnivores.
La barque de Suleyman-Pacha filait régulièrement vers le sud, poussée par des courants favorables et des vents de bon augure.
Max, endormi dans la petite cahute, dormait tranquillement, car il avait une confiance absolue dans les capacités de Suleyman-Pacha.
Dans son rêve, il habitait une ville merveilleuse, pleine de créatures maternelles qui le berçaient entre leurs bras soyeux.
Biles lui murmuraient que tout irait bien, que tout allait bien et que jamais aucune catastrophe n’avait réellement menacé le monde.
Max avait trente-deux ans. »

Extrait de : D. Walther. « Happy end. »

Embuscade sur Ornella par Daniel Walther

Fiche de Embuscade sur Ornella

Titre : Embuscade sur Ornella
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Embuscade sur Ornella

« Dans les grandes cités de la Confédération, les spécialistes de la conjoncture essayaient de raccommoder les silences du temps. Ils erraient comme des âmes en peine dans les longs corridors des Relais informatiques, – d’étranges constructions anonymes, qui ressemblaient parfois à des pyramides, parfois à des cônes tronqués, parfois à des sphères gigantesques haussées sur des tripodes miroitants.

Les grandes cités de la Confédération vivaient dans l’inquiétude. Une fois de plus, les colombes de la paix s’enfuyaient, chassées par les faucons de la guerre. Entre les dominions lointains et les territoires asservis de longue date se propageaient, plus vite que la lumière, des rumeurs troubles, des nouvelles sournoises qui faisaient état d’une nouvelle conjuration de l’ENNEMI. »

Extrait de : D. Walther. « Embuscade sur Ornella. »

Coeur moite et autres maladies modernes par Daniel Walther

Fiche de Coeur moite et autres maladies modernes

Titre : Coeur moite et autres maladies modernes
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1984
Editeur : Néo

Sommaire de Coeur moite et autres maladies modernes

  • Adramelech
  • Intra muros
  • Carnaval à Rio
  • Le dernier étage des ténèbres …
  • La mer de glace ou l’expédition polaire perdue et l’espoir naufragé
  • Deux allers simples pour Samarcande
  • Coeur moite
  • Sertão des Serres tièdes
  • Fête rouge … fête noire …
  • Sinfonietta à temps perdu
  • Les singes une fantaisie exotique
  • Les chambres transparentes
  • L’éternité du vent éphémère

Première page de Adramelech

« Rupert tomba sur le livre en fouillant les éventaires poussiéreux, un peu nauséabonds de Justus Dietermeyer. Le vieux Dietermeyer était un bouquiniste à l’ancienne mode. Chez lui, on pouvait rester des heures durant sans qu’il fît la moindre remarque désobligeante. Au contraire, il venait vous poser gentiment des questions et vous proposait son aide tout naturellement, sans pour autant, si vous découvriez grâce à lui, le bouquin dont vous rêviez depuis tant d’années, forcer sur les prix. Dommage qu’il se montrât si peu soigné et si peu soigneux. Son « officine » sentait le renfermé, le mal lavé, le tout-à-l’abandon. Mais Rupert aimait le vieil homme et passait parfois des après-midi entiers à discuter avec lui d’une multitude de sujets allant de la carpe frite aux philosophes chinois. »

Extrait de : D. Walther. « Coeur moite et autres maladies modernes. »

Cité de la mort lente par Daniel Walther

Fiche de Cité de la mort lente

Titre : Cité de la mort lente
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 2005
Editeur : Editions du Rocher

Première page de Cité de la mort lente

« Freddy Breslauer se leva ce matin-là avec un désir de liberté. Même ce désir secret pouvait devenir dangereux. En Europe chrétienne et blanche, tout était calme, aussi calme que les grands cimetières sous la lune que chantait, jadis, dans un autre temps et un autre monde, un certain Georges Bernanos (1888-1948). Il avait dans l’idée de baiser Catherine Larsen, une assez jolie blonde, très aryenne. Son désir secret se révéla tellement dangereux qu’il n’alla pas plus loin que la première partie de la soirée, lorsqu’il fut arrêté dans le bistro où il était en train de passer la main sous la jupe de la jeune Larsen par les Gardiens de la Constitution et sommé de plaider coupable. Selon la nouvelle-nouvelle loi, dite Perben IV. Son avocat lui arrangea le coup et il ne fut condamné qu’à mille heures de travaux d’intérêt général. »

Extrait de : D. Walther. « Cité de la mort lente. »

Baba Yaga par Daniel Walther

Fiche de Baba Yaga

Titre : Baba Yaga
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 2005
Editeur : Nestiveqnen

Sommaire de Baba Yaga

  • Baba Yaga ou les ogresses blondes
  • Jazz me blue
  • Les katakhanas sortent à midi
  • Le triomphe de la morale
  • Ichor, le sang des dieux
  • Parmi les ombres
  • Les voyageurs
  • Cauchemar dans la cité des rêves
  • Le guetteur
  • L’ombre du bousquet
  • Le dernier étage des ténèbres

Première page de Baba Yaga ou les ogresses blondes

« Chasser / traquer la fillette, c’est le passe-temps favori de Baba Yaga.

Elle habite en bordure de la ville de Cern une maison de pierres lourdes et blanches. Étincelante dans le soleil d’août, poussiéreuse en automne, pisseuse sous la neige sale quand tombe l’hiver comme une gifle.

Baba Yaga est vieille comme les légendes. Elle vit sans vieillir, parce qu’elle et ses sœurs blondes se repaissent de chair vierge et blanche.

C’est dit en toutes lettres dans certains livres.

Chasser la fillette, l’attirer dans son antre.

Et jamais aucune police du monde ne lui a demandé des comptes.

Elle vit et chasse.

Elle vit de sa chasse. »

Extrait de : D. Walther. « Baba Yaga. »

Apollo XXV par Daniel Walther

Fiche de Apollo XXV

Titre : Apollo XXV
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Apollo XXV

« J’aurais dû me méfier !

L’enquête avait mal commencé.

Elle sentait le coup fourré, le piège à plein nez.

Mais personne ne m’avait prévenu ; personne dans toute la ville n’avait jugé utile de me donner « un conseil d’ami ».

Tous, les uns comme les autres, s’étaient tenus cois. Ils avaient fourré la tête dans le sable et ils s’étaient laissés vivre. Ce qui était une façon de parler. Dans cette ville, comme dans beaucoup d’autres, on ne vivait plus que par procuration.

Mais commençons par le commencement.

Par la mort brutale et incompréhensible de Bertil Erikson, l’astronaute.

Il avait été retrouvé égorgé dans son luxueux appartement de San Joselito, et le monde entier avait vibré d’angoisse quand les médias s’étaient lancés dans des hypothèses réellement délirantes. Le premier prix revenant sans conteste à Francis Costa, de la VWBC, qui parla d’un complot ourdi par une mystérieuse organisation subversive. »

Extrait de : D. Walther. « Apollo XXV. »

La légende de Swa par Daniel Walther

Fiche de La légende de Swa

Titre : La légende de Swa (Tome 3 sur 3 – Le livre de Swa)
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de La légende de Swa

« Le visage de la guerre.

Le visage de la guerre et celui de la tempête se mêlaient en un masque grotesque, tandis que les vagues se jetaient à l’assaut du ciel. « Je t’aime, s’écria la vague la plus haute avant de retomber dans l’écume. Je t’aime ! »

Dmitr Vashar ricanait dans les ténèbres vertes de la mer, se gaussait, debout dans les étriers. Il personnifiait la terrible menace de la guerre, de la destruction totale.

Swa se réveilla en hurlant, mais le fracas de la tempête recouvrit sa voix.

« Je t’aime ! » C’était Lsi qui parlait du fond du silence.

Je me souviens, je me souviens, je me souviens : nous sommes là, des naufragés sur l’ile de Moron, et nous nous cachons des puissances maléfiques, obstinées qui galopent dans le sillage de Dmitr Vashar.

SA main était levée vers le ciel. SA terrible main aux mutilations symboliques. »

Extrait de : D. Walther. « La légende de Swa – Le livre de Swa. »

Le destin de Swa par Daniel Walther

Fiche de Le destin de Swa

Titre : Le destin de Swa (Tome 2 sur 3 – Le livre de Swa)
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le destin de Swa

« Le froid était intense. Il griffait les visages, mordait dans la chair des mains, semblait vouloir ronger jusqu’à l’os les muscles tendus, figés dans une dureté de pierre. Les gonfanons pendaient sur leurs hampes et les étendards demeuraient immobiles, drapés en plis onctueux, dissimulant les traits des créatures héraldiques acagnardées dans leur prison de velours.

Le froid était intense et il le deviendrait davantage encore dès que se lèverait le vent de la nuit.

Mais le guerrier au manteau violet ne se souciait guère des assauts du froid. Il poursuivait avec entêtement les chemins de sa pensée, une pensée glaciale comme le vent de la nuit, dure comme le silex des routes dévastées.

L’immense armée des Seigneurs de la Guerre était prête à se mettre en route, prête à se mettre en chasse.

Et la chasse serait longue, et rude, et sanglante. »

Extrait de : D. Walther. « Le destin de Swa – Le livre de Swa. »

Le livre de Swa par Daniel Walther

Fiche de Le livre de Swa

Titre : Le livre de Swa (Tome 1 sur 3 – Le livre de Swa)
Auteur : Daniel Walther
Date de publication : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le livre de Swa

« En un lointain futur…

Qui ressemble au passé…

Quand les déserts du monde se recouvrent de brumes épaisses, quand les précipices de la pensée deviennent de plus en plus profonds, quand les lois de la science sont remplacées par les préceptes de quelques fanatiques…

La science avait échappé des mains des hommes de science. Entre celles des desperados de la technologie, elle s’était transformée en bombe à retardement, en brûlot, en gangrène, en cancer. Elle avait répandu ses ulcères sur le corps de la planète tout entière, creusant profondément la chair tuméfiée, y vrillant avec une terrible persévérance ses poignards et ses leviers, laissant exploser les os, se lézarder l’épiderme du globe terrestre.

La Grande Déflagration fit vomir tripes et boyaux à tous les volcans de la planète, même à ceux qui semblaient éteints pour toujours, à toutes les bouches à feu sous-marines. L’écorce terrestre fut agitée de soubresauts spasmodiques, craqua telle une outre ou un ventre de femme en couches…, enfanta des monstres par centaines, par milliers. A millions. »

Extrait de : D. Walther. « Le livre de Swa. »