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Soupçons sur Hydra par J.-P. Andrevon

Fiche de Soupçons sur Hydra
Titre : Soupçons sur Hydra
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Soupçons sur Hydra
« Iniès s’enfilait dans son scaf autonome. Le scaf était étroit. Iniès était large. Elle devait tortiller du cul pour arriver à le faire passer par le col. C’est ce qu’elle avait de plus large, son cul, Iniès. Ça ne déplaisait pas aux mâles du bac, moi compris. Ça ne devait pas déplaire non plus à Nol, bisex, et même plutôt lesbi, disons 60/40.
Justement Nol faisait partie de ceux qui regardaient Iniès se préparer pour la plongée. Je l’ai fixée deux ou trois secondes, parce que je venais de penser à cet histoire de bisexualité. Nol ne me regardait pas. Immobile et droite, elle regardait seulement la grosse botaniste rentrer son ventre et jouer du pelvis, le tout étant moulé, comme le reste de sa personne d’ailleurs, dans une combi kevlar jaune citron maculée de boue. Je ne pouvais pas deviner à quoi pouvait bien penser Nol – au sexe, à la mission, à la flotte grise sans fond ni fin où allait glisser Iniès. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Soupçons sur Hydra. »
Le premier hybride par J.-P. Andrevon

Fiche de Le premier hybride
Titre : Le premier hybride
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le premier hybride
« J’étais seul au sein d’une nuit sans limite, et je criais.
J’étais seul au milieu d’un océan sans limite, seul et abandonné sur une boule de boue liquide, avec la certitude que personne ne viendrait m’y chercher, jamais, jamais. Et qu’est-ce que ça pouvait bien foutre ! La nuit, toute cette flotte, la solitude, et la mort au bout.
La mort… Elle serait la bienvenue, cette garce. Je ne pouvais pas dire que je l’espérais, que je l’appelais. Je ne pouvais même pas dire que je l’attendais. J’étais bien au-dessus de ça. Bien au-dessus, ou bien en dessous, au choix. Je savais seulement qu’elle viendrait. Dans une minute, une heure, un jour… Elle viendrait. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le premier hybride. »
Morella par Edgar Allan Poe

Fiche de Morella
Titre : Morella
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1835
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook
Première page de Morella
« Ce que j’éprouvais relativement à mon amie Morella était une profonde mais très singulière affection. Ayant fait sa connaissance par hasard, il y a nombre d’années, mon âme, dès notre première rencontre, brûla de feux qu’elle n’avait jamais connus ; – mais ces feux n’étaient point ceux d’Éros et ce fut pour mon esprit un amer tourment que la conviction croissante que je ne pourrais jamais définir leur caractère insolite, ni régulariser leur intensité errante. Cependant, nous nous convînmes, et la destinée nous fit nous unir à l’autel. Jamais je ne parlai de passion, jamais je ne songeai à l’amour. Néanmoins, elle fuyait la société, et, s’attachant à moi seul, elle me rendit heureux. Être étonné, c’est un bonheur ; – et rêver, n’est-ce pas un bonheur aussi ?
L’érudition de Morella était profonde. Comme j’espère le montrer, ses talents n’étaient pas d’un ordre secondaire »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Morella. »
Metzengerstein par Edgar Allan Poe

Fiche de Metzengerstein
Titre : Metzengerstein
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1832
Traduction : C. Baudelaire
Editeur : Bibebook
Première page de Metzengerstein
« L’horreur et la fatalité se sont donné carrière dans tous les siècles. À quoi bon mettre une date à l’histoire que j’ai à raconter ? Qu’il me suffise de dire qu’à l’époque dont je parle existait dans le centre de la Hongrie une croyance secrète, mais bien établie, aux doctrines de la métempsycose. De ces doctrines elles-mêmes, de leur fausseté ou de leur probabilité, – je ne dirai rien. J’affirme, toutefois, qu’une bonne partie de notre crédulité vient, – comme dit La Bruyère, qui attribue tout notre malheur à cette cause unique – de ne pouvoir être seuls.
Mais il y avait quelques points dans la superstition hongroise qui tendaient fortement à l’absurde. Les Hongrois différaient très essentiellement de leurs autorités d’Orient. »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Metzengerstein. »
Mellonta Tauta par Edgar Allan Poe
Fiche de Mellonta Tauta
Titre : Mellonta Tauta
Auteur : Edgar Allan Poe
Date de parution : 1887
Traduction :
Editeur : Bibebook
Première page de Mellonta Tauta
« A bord du Ballon l’Alouette,
1 avril, 2848.
Il faut aujourd’hui, mon cher ami, que vous subissiez, pour vos péchés, le supplice d’un long bavardage. Je vous déclare nettement que je vais vous punir de toutes vos impertinences, en me faisant aussi ennuyeux, aussi décousu, aussi incohérent, aussi insupportable que possible.
Me voilà donc encaqué dans un sale ballon, avec une centaine ou deux de passagers appartenant à la canaille, tous engagés dans une partie de plaisir (quelle bouffonne idée certaines gens se font du plaisir !) et ayant devant moi la perspective de ne pas toucher la terre ferme avant un mois au moins. Personne à qui parler. Rien à faire. Or quand on n’a rien à faire, c’est le cas de correspondre avec ses amis. »
Extrait de : Edgar Allan Poe. « Mellonta Tauta. »
La grande hurle par J. Dann

Fiche de La grande hurle
Titre : La grande hurle
Auteur : J. Dann
Date de parution : 1984
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Denoël
Première page de La grande hurle
« Raymond Mantle prit l’avion pour Naples, la cité déchue. Elle lui parut aussi lugubre que ses propres pensées. Nemesius, l’une des nombreuses sources de Mantle, lui avait dit qu’une femme correspondant au signalement de Josiane avait été localisée dans cette ville. Évidemment, il n’en avait pas la certitude, car son informatore avait mystérieusement disparu. Après tout, Naples était devenue un endroit dangereux depuis qu’elle était tombée au pouvoir des Hurleurs.
Mais Mantle devait retrouver sa femme, Josiane. Rien d’autre n’avait d’importance.
Il l’avait perdue lors de la Grande Hurle, quand les foules vociférantes avaient déchiré New York, faisant des milliers de morts et d’innombrables autres victimes qui divaguaient comme les survivants hébétés des camps de concentration. Hormis quelques souvenirs d’enfance, il ne se rappelait plus rien d’elle après la Grande Hurle. »
Extrait de : Jack Dann. « La Grande Hurle. »



