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L’enchâssement par Ian Watson

Fiche de L’enchâssement
Titre : L’enchâssement
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1973
Traduction : D. Pemerle
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’enchâssement
« CHRIS SOLE s’habillait rapidement. Eileen l’avait déjà appelé une première fois. La seconde fois, le facteur venait de passer.
« Il y a une lettre du Brésil ! cria-t-elle du bas de l’escalier. Une lettre de Pierre…»
De Pierre ? Dans quel but écrivait-il ? Il appréhendait d’avoir de ses nouvelles. Depuis la naissance de leur enfant, Eileen était si distante, si indifférente, accaparée par ses problèmes personnels, par Peter et par ses souvenirs. Et, face à cette indifférence, Chris ne se sentait plus de taille à lutter. Disons, pour être franc, qu’il avait baissé les bras. Quel effet aurait donc sur elle la lettre de son ancien amant ? Surtout, qu’elle ne fasse pas trop de vagues, espéra-t-il.
La porte-fenêtre lui résuma le spectacle habituel de champs noirs, des autres maisons du personnel et de l’hôpital qui, à moins d’un kilomètre de là, portait à son sommet l’anxiété matinale dont il était souvent, au détour des collines, la proie. Il y jeta un rapide coup d’œil. Il se réveillait et il allait se rendre à l’hôpital. Pour ces deux raisons, il frissonna. »
Extrait de : I. Watson. « L’enchâssement. »
Chronomachine lente par Ian Watson

Fiche de Chronomachine lente
Titre : Chronomachine lente
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1979
Traduction : E. Vonaburg
Editeur : Editions J. C. Lattès
Sommaire de Chronomachine lente
- Ton sang, tel du lait
- Sur un tabouret en bois d’étoile
- Agoraphobie, an 2000
- Une histoire d’amour programmée
- La fille qui était de l’art
- La belle convergence de nos amours géodésiques
- Rêves d’immunité
- Mon âme à la nage dans un bocal à poisson rouge
- Les réfugiés de Roentgen
- Nos rêves renversés
- De la cuisson du héros-prime au printemps
- L’horizon événementiel
- La machine à voyager très lentement dans le temps
Première page de Ton sang, tel du lait
« Avez-vous déjà hurlé à votre infirmière de s’en aller, de vous laisser tranquille – l’avez-vous haïe comme vous n’avez jamais haï quelqu’un ? Et l’avez-vous suppliée, comme vous n’avez jamais supplié personne de toute votre fière existence ?
Nous étions dix dans la salle, emprisonnés dans nos réseaux de plastique, mais il n’y en avait que trois qui comptaient vraiment, Shanahan, Grocholski et moi, parce que nous étions trois chefs. Mais c’était un grand coup pour eux, en vérité, trois chefs à la fois ! Avec quelle habileté l’hôpital ne faisait-il pas des distinctions entre les braves ordinaires et nous : la dose supplémentaire de sensibilisateurs neurologiques dans la seringue, l’absence de tout narcotique. Nous étions là, suspendus au bord à vif de la douleur, grinçant des dents tandis qu’on ouvrait les robinets, et parfois, quand nos vaisseaux sanguins brûlaient comme un second système nerveux en flammes dans notre corps, et que nous avions l’impression d’être rôtis sur un gril, de l’intérieur vers l’extérieur – alors nous cédions, nous nous mettions à hurler, alors que les braves, lorsqu’ils se faisaient traire, gémissaient, mais sans aller jusqu’au cri. »
Extrait de : I. Watson. « Chronomachine lente. »
Ambassade de l’espace par Ian Watson

Fiche de Ambassade de l’espace
Titre : Ambassade de l’espace
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1977
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Calmann Levy
Première page de Ambassade de l’espace
« Entre, Rajit », lança le Professeur ; et le garçon au turban pénétra dans la pièce en suivant l’écho de son claquement de doigts.
(Tout avait dû se passer ainsi…)
Un lézard émeraude se balançait sur l’un des murs de plâtre blanc ; la membrane de sa gorge tremblotait d’une manière convulsive. Sur la table étaient posés une poterie, des livres d’exercices, une statuette en bronze d’un dieu tibétain copulant avec une partenaire remarquablement souple, et une grande boîte. Une persienne entrecoupait les rangées de palmiers et les arbres qui bourgeonnaient à l’extérieur, produisant un effet d’échiquier. Une des deux chaises cannées était occupée par le professeur africain, l’autre par un Chinois dont la tunique vert olive et l’étui typique (contenant ou non un pistolet) indiquaient qu’il s’agissait d’un Dobdob, membre d’un service de police de l’administration des Communications spatiales, le Bardo, qui s’occupait également de toutes les affaires intérieures de la planète.
« J’ai entendu dire que tu voulais être lama quand tu serais plus grand, Rajit ? »
Le garçon acquiesça vivement de la tête. »
Extrait de : I. Watson. « Ambassade de l’espace. »
Les parents de la 13e dimension par Katy Hall

Fiche de Les parents de la 13e dimension
Titre : Les parents de la 13e dimension (Tome 27 – R. L. Stine présente Rue de la peur)
Auteur : Katy Hall
Date de parution : 1997
Traduction : N. M. C. Laverroux
Editeur : Bayard Poche
Première page de Les parents de la 13e dimension
« J’étais furieuse, ce jour-là. Le matin, à la cafétéria, Tiffany Greely, ma pire ennemie, avait déclaré devant toute la classe que mon père n’était qu’infirmier ! Cela après avoir longuement parlé du sien, qui, lui, est un grand médecin… Et pour couronner le tout, cet imbécile de Matt Harvey avait ajouté en ricanant : « Infirmier ? C’est pas un métier d’homme, ça ! »
— Il y a plus d’infirmières que d’infirmiers, me fit remarquer Katie.
Evie, Katie et moi rentrions du collège de Stanford, où nous sommes toutes les trois en cinquième année. C’était un après-midi froid et gris de décembre.
— Ton père est juste un peu… différent ! ajouta Evie d’une voix douce. Tu sais, ça pourrait être pire !
Pire ? Peut-être, mais je ne voyais pas comment ! Je connais Evie depuis la maternelle. Nous aimons toutes les deux les vieux films et les chansons des années 60. Mais, physiquement, nous ne nous ressemblons pas du tout. Evie a les cheveux et les yeux noirs, et elle est très mince. Moi, je suis blonde aux yeux noisette et plutôt ronde, il faut bien le dire. Quant à Katie, elle a les cheveux roux et ondulés. »
Extrait de : K. Hall. « Les parents de la 13e dimension. »
Shea par Budy Matieson

Fiche de Shea
Titre : Shea (Tome 2 sur 2 – Chronique du retour sauvage)
Auteur : Budy Matieson
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Shea
« A travers la visière en plexi teinté d’un ancien casque anti-émeutes, Strike observait les restes pourrissants de ce qui avait été un havre de paix.
Ainsi, de cette Vallée légendairement prospère, voilà ce qui subsistait !
Strike avait du mal à en croire ses yeux. On avait colporté tant de récits à caractère merveilleux sur ce royaume perdu que le spectacle qui s’offrait à son regard le laissait momentanément sans ressort.
Où était donc le Paradis si souvent vanté ?
Ce territoire enclavé entre des monts qui n’en finissaient pas de s’élancer à l’assaut des cieux maudits qu’une simple femelle, la Femme, avait réussi à préserver de l’Apocalypse qui s’était abattue sur la planète ? Qu’en était-il de cet endroit longtemps considéré comme hors du temps ? Où se trouvaient donc les vergers à fruiteux, les terres fertilisées qui produisaient le blé aux épis pesants, l’orge, les légumeux, les graminées dont on avait perdu les secrets de culture ?
Se pouvait-il que la disparition tragique de la Femme ait entraîné « ça » ? Et en si peu de temps ? »
Extrait de : B. Matieson. « Shea – Chronique du retour sauvage. »
Survivance par Budy Matieson

Fiche de Survivance
Titre : Survivance (Tome 1 sur 2 – Chronique du retour sauvage)
Auteur : Budy Matieson
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Survivance
« A l’Est de l’Est, au Nord du Nord, au Sud du Sud, à l’Ouest de l’Ouest, le spectacle était le même.
Une espèce de grande désolation.
La planète n’était plus rien d’autre qu’une vaste terre brûlée.
Des pionniers fous, l’espoir chevillé au cœur, poursuivaient une quête insensée, poussant toujours plus avant, à la recherche d’Eldorados qui débouchaient inéluctablement sur des vallées d’immondices, des montagnes arides, des forêts calcinées et des villes aux ossatures rouillées, colmatées à la hâte par des blocs de béton hérissés de fers acérés et de tessons de bouteilles destinés à repousser les hordes sauvages et les meutes de chiens enragés.
Les autoroutes ne menaient plus nulle part.
L’asphalte était bouffé par des lichens et des lierres farouches qui croisaient leurs entrelacs vers des lendemains de cul-de-sac.
Parfois, des épaves d’automobiles bringuebalantes empruntaient ces serpents de goudron transformés en magma noirâtre par la chaleur démentielle, tirées par des chevaux efflanqués. »
Extrait de : B. Matieson. « Survivance – Chronique du retour sauvage. »
Une dernière lueur par Vincent King
Fiche de Une dernière lueur
Titre : Une dernière lueur
Auteur : Vincent King
Date de parution : 1969
Traduction : E. Chédaille
Editeur : Le Masque
Première page de Une dernière lueur
« Là-haut, dans le nord, il fait encore plus froid que par ici. Je vous parle des régions désolées qui s’étendent au-delà de la toundra. Un enfer recouvert de dix mètres de glace, où le blizzard souffle sans arrêt toute l’année. Encore plus au nord, du côté du pôle, la glace doit faire des centaines de mètres d’épaisseur, des kilomètres, peut-être… mais là-bas, il en a toujours été ainsi.
Jour après jour, les glaciers gagnent du terrain. Ils renversent tout, même les collines. Quelquefois, quand le vent est au sud, une sale odeur d’acide flotte dans l’air. Cela doit venir de leurs expériences pour changer l’atmosphère.
Il me fallut un certain temps pour sortir mon pistolet quand j’aperçus les envahs. Il faut vous dire qu’ils s’aventurent rarement aussi loin de la frontière. Ils préfèrent les régions chaudes du sud, comme tout le monde. »
Extrait de : V. King. « Une dernière lueur. »
Superclown et le serpent du temps par Vincent King

Fiche de Superclown et le serpent du temps
Titre : Superclown et le serpent du temps
Auteur : Vincent King
Date de parution : 1976
Traduction : B. Martin, D. Lemoine
Editeur : Opta / Galaxie
Première page de Superclown et le serpent du temps
« Je me rappelle très exactement. Cela, je peux y parvenir. Je me souviens de tous les détails, même les plus infimes.
Rien n’a jamais fait le même bruit que la Cité quand elle a commencé, au matin ; rien n’a jamais eu la même saveur. Les moteurs… les voitures… ce qu’ils appellent des voitures… les clameurs, les hurlements de leurs avertisseurs, des ondes de bruit, comme la mer et les mouettes, quand les signaux changeaient de couleur pour libérer les voies. Les revêtements du sol… les pas sur les trottoirs, les vendeurs de journaux… des paroles saisies au passage, des odeurs d’asphalte humide, de caoutchouc brûlé, de carburant diesel.
Ces voix… beaucoup, le goût de beaucoup de voix, dans mes oreilles et dans ma tête. Le mouvement, là, dehors, l’apparence de vie… les claquements des talons. Le bruit bon enfant, amical, tandis que tout se mettait en marche, la richesse de cette vie, là, dehors. Jusqu’à un certain point, dès l’instant de mon réveil, je me souviendrai toujours de cette matinée. Je savais où j’étais. J’y étais déjà venu, dans la Cité… je la connaissais. »
Extrait de : V. King. « Superclown et le serpent du temps. »
Candy man par Vincent King

Fiche de Candy man
Titre : Candy man
Auteur : Vincent King
Date de parution : 1971
Traduction : D. Pemerle
Editeur : Calmann Lévy
Première page de Candy man
« On m’appelle Candy Man, mais ce n’est pas mon vrai nom. Je n’ai pas de nom. Je ne suis que ce bon vieux Candy Man qui parcourt les Rues en vendant sa barbe à papa. Ils aiment ça, tous : ça leur délie la langue. Alors, moi, je n’hésite pas à les dénoncer aux Éducateurs. Il le faut : c’est comme ça que j’obtiens mes burettes. Quand je remonte ma manche de caoutchouc jusqu’à la saignée du coude et que j’enfonce le bec de la burette, je me sens bien. Alors, lassé du monde, je peux retourner dans les bois de lichens avec mon chien. Quel est mon Jeu dans cette partie ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que sur cette planète il n’y a personne d’autre comme moi. Je n’ai pas passé les Épreuves et mon cerveau n’a pas été brûlé. D’ailleurs c’est pour cela que je n’ai pas de Nom. Un jour, je descendrai jusqu’au cœur de la Machine Profonde, loin sous la Terre. Je pourrai enfin me recroqueviller, mourir en elle. Ce sera peut-être la fin du monde, mais ce jour-là, je saurai enfin qui je suis… »
Extrait de : V. King. « CandyMan. »
Transit pour l’infini par Christian Mantey

Fiche de Transit pour l’infini
Titre : Transit pour l’infini
Auteur : Christian Mantey
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir
Première page de Transit pour l’infini
« L’engin descendait dans la nuit opaque.
Automatiquement, les générateurs atomiques s’étaient coupés, immédiatement remplacés par les dispositifs anti-gravitation.
L’engin marqua comme un temps d’hésitation, se stabilisa à quelques mètres du sol, puis se posa en douceur.
Presque mollement.
À l’intérieur, l’un des ordinateurs de bord enclencha le processus de réanimation et, incontinent, la salle d’hibernation fut envahie par une douce lumière, arrachant ainsi à l’obscurité cinq cylindres transparents dans lesquels reposaient cinq formes inertes.
Puis, une espèce de brouillard gicla d’une valve située entre les pieds de la forme qui reposait dans le premier cylindre, glissa le long des parois translucides, forma un remous tumultueux à l’autre extrémité avant de remplir graduellement la totalité de l’habitacle.
Si bien qu’au bout de trois minutes le cylindre entier ne fut plus qu’une longue barre blanche. »
Extrait de : C Mantey. « Transit pour l’infini. »