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Men in Black par S. Perry

Fiche de Men in Black

Titre : Men in Black
Auteur : S. Perry
Date de parution : 1997
Traduction : T. Bauduret
Editeur : Pocket

Première page de Men in Black

« Il était minuit passé, et la route était aussi paisible qu’un cercueil enterré depuis un siècle. On était en plein été, au sud du Texas, et le ciel était piqueté d’étoiles brillant sur fond de nuit sans lune.

Des millions d’insectes bourdonnaient tranquillement au-dessus du désert – des mites, des moustiques, des mouches, des cafards, des charançons et Dieu sait quoi d’autre. Leurs cadavres accumulés formaient une bouillie jaune et verte sur le pare-brise de la Ford LTD garée près d’une masse végétale qui, avec un peu de chance, finirait par croître pour devenir un buisson. La voiture se tenait sur une petite butte à quelques centaines de mètres de la route, mais le sol était dur et sec, à peine recouvert d’une pincée de sable. Assez pour qu’une Ford de série puisse rouler dessus. Quoique cette Ford-là ne fût pas tout à fait comme les autres… »

Extrait de : S. Perry. « Men in Black. »

Le vagabond de l’espace par R. A. Heinlein

Fiche de Le vagabond de l’espace

Titre : Le vagabond de l’espace
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1958
Traduction : M. Deutsch
Editeur : Pocket

Première page de Le vagabond de l’espace

« EH oui ! j’ai fini par l’avoir, ce vidoscaphe ! Comment ? Vous allez voir…

— « Papa », avais-je dit un jour, « je voudrais aller sur la Lune. »

— « Bien sûr », me répondit mon père en se replongeant dans « Trois hommes dans un bateau » de Jerome K. Jerome qu’il devait connaître par cœur.

— « S’il te plaît, Papa… Je parle sérieusement…»

Cette fois il ferma le livre, se servant de son doigt comme d’un signet.

— « Je t’ai dit que j’étais d’accord. Vas-y ! »

— « Oui mais… comment ? »

— « Hein ? » Il parut légèrement étonné. « Ça, Clifford, c’est ton affaire ! »

C’était tout à fait Papa ! Le jour où je lui avais dit que j’avais envie d’une bicyclette, il m’avait répondu sans prendre la peine de lever la tête : « Va l’acheter tout de suite. » Alors moi, j’avais bondi sur la boîte à sous de la salle à manger, dans l’intention de prélever la somme nécessaire. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Le vagabond de l’espace. »

Le livre d’or par R. A. Heinlein

Fiche de Le livre d’or

Titre : Le livre d’or de la science fiction
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1981
Traduction : J.-P. Pugi, L. Terrier, C. Jayat, A. Dorémieux
Editeur : Pocket

Sommaire de Le livre d’or

  • Un self made man
  • Sous le poids des responsabilités
  • L’année du grand fiasco
  • De l’eau pour laver
  • Les autres
  • La maison biscornue
  • L’étrange profession de M. Jonathan Hoag

Première page de Un self made man

« Bob Wilson ne vit pas apparaître le cercle.

Il ne vit pas non plus l’étranger en sortir puis venir s’immobiliser derrière lui, pour fixer sa nuque… chose qu’il fit en respirant avec difficulté, comme sous l’emprise d’une émotion puissante et peu commune.

Rien ne permettait à Wilson de se douter qu’une autre personne se trouvait dans sa chambre : tout pouvait en effet lui faire croire le contraire. Il s’était enfermé dans cette pièce dans le but de rédiger sa thèse d’une seule traite. Il y était contraint… car si le lendemain était le dernier jour de délai pour la remise des thèses, la veille encore la sienne n’avait été qu’un simple titre : Étude de certains aspects mathématiques d’une exactitude métaphysique. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Le livre d’or de la science fiction. »

L’âge des étoiles par R. A. Heinlein

Fiche de L’âge des étoiles

Titre : L’âge des étoiles
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1956
Traduction : H. Bouboulis
Editeur : Pocket

Première page de L’âge des étoiles

« L’institut de recherches prospectives

D’après leurs biographies, les enfants privilégiés par le destin avaient leur voie toute tracée de leur naissance à leur mort. Le petit Napoléon, pieds nus dans sa Corse natale, prévoyait déjà comment il allait gouverner la France. C’était à peu près la même chose pour Alexandre le Grand. Quant à Einstein, il marmonnait des équations au berceau.

C’est peut-être vrai. Moi, en tout cas, j’ai plutôt suivi tant bien que mal le cours des événements.

Dans un vieux livre qui appartenait à mon arrière-grand-père Lucas, j’ai vu un jour l’image d’un homme en tenue de soirée au sommet d’un tremplin de ski. Il avait une expression perplexe comme s’il se demandait avec perplexité : « Mais comment ai-je fait pour monter jusque-là ?  »

Extrait de : R. A. Heinlein. « L’Age des étoiles. »

Citoyen de la galaxie par R. A. Heinlein

Fiche de Citoyen de la galaxie

Titre : Citoyen de la galaxie
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1957
Traduction : H. Bouboulis
Editeur : Pocket

Première page de Citoyen de la galaxie

« — LOT quatre-vingt-dix-sept, annonça le crieur. Un garçon.

L’enfant, étourdi, avait le mal de mer au contact du sol sous ses pieds. Le vaisseau d’esclaves avait parcouru plus de quarante années-lumière et transportait dans ses soutes la puanteur de tous les vaisseaux d’esclaves, la forte odeur âcre de corps sales entassés, de crainte, de vomi et de détresse ancienne. Pourtant le garçon s’y était senti quelqu’un, un membre reconnu d’un groupe, qui recevait son repas quotidien et se battait pour le manger en paix. Il avait même eu des amis.

Maintenant, de nouveau il n’était plus rien ni personne, sur le point d’être vendu.

Un lot venait juste d’être adjugé : des blondes assorties, que l’on avait fait passer pour des jumelles. Les enchères avaient été animées, et le prix élevé. Le crieur se tourna, un sourire satisfait aux lèvres, et désigna le garçon. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « Citoyen de la galaxie. »

Strate-à-gemmes par T. Pratchett

Fiche de Strate-à-gemmes

Titre : Strate-à-gemmes
Auteur : T. Pratchett
Date de parution : 1981
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de Strate-à-gemmes

« C’était, évidemment, une journée magnifique. Une journée pour le catalogue de la Compagnie. À ce moment-là, le bureau de Kin donnait sur un lagon frangé de palmiers. Des rouleaux se brisaient contre les récifs, au large. La plage était une merveille de corail blanc broyé et de coquillages étranges.

Mais ce qu’aucun catalogue n’aurait montré, c’était la masse cauchemardesque de la stratificatrice montée sur un ponton, le petit modèle pour îles et atolls de moins de quinze kilomètres. Kin regarda un nouveau mètre de plage sortir de la gigantesque extrudeuse noire. »

Extrait de : T. Pratchett. « Strate-à-gemmes. »

La face obscure du soleil par T. Pratchett

Fiche de La face obscure du soleil

Titre : La face obscure du soleil
Auteur : T. Pratchett
Date de parution : 1976
Traduction : D. Haas
Editeur : Pocket

Première page de La face obscure du soleil

« Dans la fausse aurore, un vent chaud, venu de l’est, se mit à souffler, agitant les tiges de roseaux secs.

Le brouillard qui planait sur le marécage se déchira en arabesques baroques aussitôt emportées par la brise. De petites créatures nocturnes s’enfouirent précipitamment dans la boue. Au loin, invisible derrière les lambeaux de brume, un oiseau de nuit éleva son cri rauque parmi les lits de roseaux flottants.

Dans l’un des grands lacs, vers le large, trois gracieuses siroccoques blanches déployèrent leurs voiles pareilles à du papier et s’approchèrent lentement en louvoyant entre les vagues qui refluaient. »

Extrait de : T. Pratchett. « La face obscure du soleil. »

Johnny et la bombe par T. Pratchett

Fiche de Johnny et la bombe

Titre : Johnny et la bombe (Tome 3 sur 3 – Johnny Maxwell)
Auteur : T. Pratchett
Date de parution : 1996
Traduction : P. Couton
Editeur : Pocket

Première page de Johnny et la bombe

« APRÈS LES BOMBES

Il était neuf heures du soir dans la Grand-Rue de Blackbury.

Il faisait nuit ; de temps en temps la clarté de la pleine lune filtrait à travers des serpentins de nuages fatigués. Le vent soufflait du sud-ouest et un nouvel orage avait éclaté qui avait fraîchi l’air et rendu les pavés glissants.

Un agent de police déambulait lentement et posément le long de l’artère.

Ici et là, à condition de se tenir tout près, on aurait pu distinguer un très léger rai lumineux autour d’une fenêtre occultée. De l’intérieur parvenaient les échos tranquilles de citadins vivant leur vie : les notes assourdies d’un piano sous des doigts répétant inlassablement leurs gammes, les murmures et les éclats de rire occasionnels de la TSF.

Devant certaines vitrines s’entassaient des sacs de sable. Une affiche à l’extérieur d’une boutique exhortait la population : Ensemble, arrachons la victoire, comme s’il s’agissait d’une mauvaise herbe ou d’une dent cariée. »

Extrait de : T. Pratchett. « Johnny Maxwell – Johnny et la bombe. »

Johnny et les morts par T. Pratchett

Fiche de Johnny et les morts

Titre : Johnny et les morts (Tome 2 sur 3 – Johnny Maxwell)
Auteur : T. Pratchett
Date de parution : 1993
Traduction : P. Couton
Editeur : Pocket

Première page de Johnny et les morts

« Johnny ne sut jamais vraiment pourquoi il s’était mis à voir les morts.

D’après l’alderman (En Angleterre, l’alderman est à la fois une sorte de conseiller municipal et un juge de paix. (N.d.E.)), sans doute qu’il était trop flemmard pour s’en empêcher.

Chez la plupart des gens, le cerveau leur interdit de voir ce qui risquerait de les troubler, qu’il disait. Il disait aussi qu’il était bien placé pour le savoir car il avait passé toute sa vie (1822-1906) à ne rien remarquer.

D’après Bloblotte Johnson, en théorie le meilleur ami de Johnny, c’était parce qu’il était dingue.

Mais d’après Pas-d’man, qui lisait des livres médicaux, c’était sûrement parce qu’il n’arrivait pas à fixer ses idées comme les gens normaux. Les gens normaux ignorent presque tout ce qui se passe autour d’eux, si bien qu’ils peuvent se concentrer sur des choses importantes comme, disons, se lever, aller aux toilettes et vivre leur vie. Alors que Johnny, lui, il ouvrait les yeux le matin et recevait tout l’univers en pleine figure. »

Extrait de : T. Pratchett. « Johnny Maxwell – Johnny et les morts. »

Le sauveur de l’humanité par T. Pratchett

Fiche de Le sauveur de l’humanité

Titre : Le sauveur de l’humanité (Tome 1 sur 3 – Johnny Maxwell)
Auteur : T. Pratchett
Date de parution : 1992
Traduction : P. Couton
Editeur : Pocket

Première page de Le sauveur de l’humanité

« LE HÉROS AUX MILLE VIES

Johnny se mordit la lèvre et se concentra.

D’accord. Débouler à fond la caisse, laisser un missile se pointer tout seul — bip, bip, bip, bibibi-bip — sur le premier chasseur, lâcher le missile — chtonk —, vider les canons sur le chasseur — flap, flap, flap, flap —, toucher le chasseur n° 2 et bousiller ses boucliers au laser — biiiiz — pendant que le missile —poujff — élimine le chasseur n° 1, piquer, tourner les canons, mitrailler le chasseur n° 3 au moment où il vire — flap, flap, flap —, reprendre le chasseur n° 2 dans le collimateur en haut de la remontée, lâcher un missile — chtonk >— et le mitrailler avec…

Fouit, fouit, fouit.

Le chasseur n° 4 ! Il s’amenait toujours en dernier, mais quand on le poursuivait tout de suite, les autres avaient le temps de faire demi-tour et on se retrouvait dans leur ligne de mire.

Il était déjà mort six fois. Et il n’était que cinq heures. »

Extrait de : T. Pratchett. « Johnny Maxwell – Le sauveur de l’Humanité. »