Auteur/autrice : CH91

 

Abécédaire du Salon de 1861 par Théophile Gautier

Fiche de Abécédaire du Salon de 1861

Titre : Abécédaire du Salon de 1861
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1861
Editeur : BnF

Première page de Abécédaire du Salon de 1861

« Avant la mesure qui vient d’être adoptée, nos salons commençaient par un feuilleton carré, où nous donnions des places d’honneur aux tableaux dignes, à notre avis, d’être suspendus dans cette espèce de tribune. Nous couronnions, à notre manière, le peintre dont nous nous occupions d’abord. — Le nouvel arrangement ne permet pas cette désignation de mérite, et peut-être est-ce un bien. — Les mêmes noms se présentaient presque toujours aux débuts des rendus comptes avec une certaine monotonie. Des rapprochements et des contrastes curieux naîtront sans doute des hasards alphabétiques. — Appliquons tout de suite à notre critique l’ordre récemment inauguré, et entamons la lettre A. »

Extrait de : T. Gautier. « Abécédaire du Salon de 1861. »

Holly par S. King

Fiche de Holly

Titre : Holly
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2023
Traduction : J. Esch
Editeur : Albin Michel

Première page de Holly

« C’est une vieille ville qui n’est plus au mieux de sa forme, à l’image du lac au bord duquel elle a été construite, mais il reste quelques quartiers bien conservés. Les habitants de longue date seraient sans doute d’accord pour dire que Sugar Heights est le plus joli d’entre eux, et que la plus jolie rue est Ridge Road, qui sinue en pente douce de Bell College, l’université de lettres et de sciences, à Deerfield Park, trois kilomètres plus bas. En chemin, Ridge Road longe beaucoup de demeures cossues, dont certaines appartiennent à des professeurs d’université et à quelques notables locaux : médecins, avocats, banquiers et cadres supérieurs en haut de l’échelle. La plupart de ces maisons sont de style victorien, avec des bow-windows, des façades impeccablement peintes et beaucoup de moulures tarabiscotées.

Le parc où s’achève Ridge Road n’est pas aussi grand que celui qui s’étale en plein milieu de Manhattan, mais presque. Deerfield est la fierté de la ville, et une armée de jardiniers se chargent de lui conserver son aspect merveilleux. »

Extrait de : S. King. « Holly. »

Une bonne tasse de thé par George Orwell

Fiche de Une bonne tasse de thé

Titre : Une bonne tasse de thé et autres textes
Auteur : George Orwell
Date de parution : 2024
Traduction : N. Waquet
Editeur : Rivages poche

Sommaire de Une bonne tasse de thé

  • Une bonne tasse de thé
  • Mes souvenirs de libraire
  • L’esprit sportif
  • Défense de la cuisine anglaise
  • Les lieux de loisirs
  • Livres contre cigarettes
  • Le Moon Under Water
  • Quelques pensées sur le crapaud
  • Confessions d’un critique littéraire
  • Comment meurent les pauvres
  • Les écrivains et le Léviathan

Première page de Une bonne tasse de thé

« Si vous cherchez la rubrique « thé » dans le premier livre de cuisine venu, vous n’allez sans doute pas la trouver, ou vous allez tomber au mieux sur quelques lignes d’indications sommaires qui ne vous donneront aucune règle à suivre sur plus d’un point essentiel.

C’est curieux, non seulement parce que le thé est l’un des principaux piliers sur lesquels repose la civilisation dans ce pays – tout comme en Irlande, en Australie et en Nouvelle-Zélande –, mais parce que la meilleure façon de le préparer est le sujet d’âpres querelles.

Quand je regarde ma recette personnelle pour faire une tasse de thé parfaite, je ne trouve pas moins de onze points d’une importance cruciale. Deux feront peut-être l’objet d’un accord presque unanime, mais quatre autres, au moins, sont extrêmement controversés. Voici donc mes onze règles, dont chacune est à mes yeux une règle d’or. »

Extrait de : G. Orwell. « Une bonne tasse de thé. »

L’épopée martienne par Octave Joncquel et Théo Varlet

Fiche de L’épopée martienne

Titre : L’épopée martienne – l’intégrale
Auteur : Octave Joncquel et Théo Varlet
Date de parution :
Editeur : Editions PJR2

Sommaire de L’épopée martienne

  • Les titans du ciel
  • L’agonie de la Terre

Première page de Les titans du ciel

« La Grande Guerre, qui jeta les unes contre les autres, vers le début du XXe siècle, la plupart des nations civilisées, avait bien été la dernière.

Une invention, déjà prévue depuis un certain temps, jointe à l’initiative de quelques hardis penseurs et hommes d’action, accomplirent ce que n’avaient pu faire le spectacle de la mort et des dévastations vaines, les déclamations des pacifistes et les raisonnements des économistes. Les instincts sauvages qui, depuis le Caïn légendaire, marquaient l’humanité comme un stigmate de son origine animale, et ne cessaient, par leurs explosions périodiques, d’entraver le développement de l’intelligence, la contraignant à organiser la tuerie au lieu de se livrer à la conquête pacifique de la planète, – les instincts féroces furent définitivement jugulés et réduits à l’impuissance. »

Extrait de : O. Joncquel et T. Varlet. « L’épopée martienne – Intégrale. »

L’agonie de la terre par Octave Joncquel et Théo Varlet

Fiche de L’agonie de la terre

Titre : L’agonie de la terre (Tome 2 sur 2 – L’épopée martienne)
Auteur : Octave Joncquel et Théo Varlet
Date de parution : 1922
Editeur : Bibliothèque du hérisson

Première page de L’agonie de la terre

« Que ne sommes-nous morts, réellement morts ! Nos âmes, – nos corps astraux, diraient les spirites, peut-être plus proches de la mystérieuse vérité, – auraient déjà renoncé à veiller des corps désormais inutilisables ; loin de cadavres atteints par la décomposition, nous voguerions vers la récompense ou l’épreuve d’une incarnation nouvelle ! Nous serions libérés, au moins, de ces sentiments qui nous rattachent de façon dérisoire au monde matériel des vivants sur lequel nous sommes sans action désormais. – Cette sollicitude impuissante ne nous retiendrait pas en quelque sorte captifs, ne nous ramènerait pas à chaque instant dans le voisinage de nos corps – nos corps vivants, où nous avons habité si longtemps que nos êtres actuels en sont comme l’impondérable effigie – nos corps vivants mais tombés au pouvoir des envahisseurs qui les possèdent et les animent désormais ! »

Extrait de : O. Joncquel et T. Varlet. « L’Épopée martienne – L’Agonie de la Terre. »

Les titans du ciel par Octave Joncquel et Théo Varlet

Fiche de Les titans du ciel

Titre : Les titans du ciel (Tome 1 sur 2 – L’épopée martienne)
Auteur : Octave Joncquel et Théo Varlet
Date de parution : 1921
Editeur : Bibliothèque du hérisson

Première page de Les titans du ciel

« La Grande Guerre, qui jeta les unes contre les autres, vers le début du XXe siècle, la plupart des nations civilisées, avait bien été la dernière.

Une invention, déjà prévue depuis un certain temps, jointe à l’initiative de quelques hardis penseurs et hommes d’action, accomplirent ce que n’avaient pu faire le spectacle de la mort et des dévastations vaines, les déclamations des pacifistes et les raisonnements des économistes. Les instincts sauvages qui, depuis le Caïn légendaire, marquaient l’humanité comme un stigmate de son origine animale, et ne cessaient, par leurs explosions périodiques, d’entraver le développement de l’intelligence, la contraignant à organiser la tuerie au lieu de se livrer à la conquête pacifique de la planète, – les instincts féroces furent définitivement jugulés et réduits à l’impuissance. »

Extrait de : O. Joncquel et T. Varlet. « L’Épopée martienne – Les Titans du ciel. »

Octave Joncquel

Présentation de Octave Joncquel :

Octave Joncquel est un écrivain français, né en 1878 et décédé en 1938. Il est principalement connu pour ses écrits de science-fiction, aussi appelée à son époque « merveilleux-scientifique ».

Œuvres majeures en science-fiction

La contribution la plus notable de Joncquel à la science-fiction est le diptyque intitulé L’Épopée martienne, écrit en collaboration avec l’écrivain Théo Varlet. Ce cycle se compose de deux romans :

  • Les Titans du ciel : Paru en 1921, ce roman narre l’invasion de la Terre par les Martiens.
  • L’Agonie de la Terre : Publié en 1922, il constitue la suite du premier tome, décrivant l’établissement des Martiens sur notre planète.

C’est Joncquel qui a été à l’origine de ce cycle, proposant les manuscrits à son éditeur, Edgar Malfère. Ce dernier a toutefois confié les textes à Théo Varlet afin qu’il les retravaille en profondeur, notamment en modifiant la structure et en améliorant le style jugé parfois « médiocre » de Joncquel. Bien que le travail final soit le fruit d’une collaboration, Octave Joncquel est bien reconnu comme l’auteur initial de ces récits.

En dehors de ce diptyque, Octave Joncquel a également écrit d’autres œuvres comme le roman L’Homme qui supprima l’océan Atlantique. Il se représentait parfois dans des autoportraits signés.

Livres de Octave Joncquel :

L’épopée martienne :

Intégrale :

Pour en savoir plus sur Octave Joncquel :

La page Wikipédia sur O. Joncquel
La page Noosfere sur O. Joncquel
La page isfdb de O. Joncquel

Petits crimes contre les humanités par Pierre Christin

Fiche de Petits crimes contre les humanités

Titre : Petits crimes contre les humanités
Auteur : Pierre Christin
Date de parution : 2018
Editeur : Métailié

Première page de Petits crimes contre les humanités

« Fini.

D’ailleurs on lui disait d’une voix onctueuse et puissante :

– Merci, monsieur Saltiel.

Une fois de plus, donc, c’était fini.

Simon avait beau avoir l’habitude, ça faisait toujours drôle.

Il réunissait ses papiers étalés sur la petite table isolée, remontait sa mèche rebelle, dépliait son grand corps.

Toujours ce sentiment d’avoir parlé pendant trop longtemps. D’avoir dit il ne savait plus très bien quoi, aussi.

Alors qu’il avait respecté le temps réglementaire, à quelques secondes près bien sûr. L’habitude, toujours, à force.

Quant à ne plus se souvenir exactement de ce qu’il avait dit, c’était une autre affaire. Il avait forcément débité la même chose que les autres fois, avec quelques variantes plus ou moins conscientes destinées à donner un certain sentiment de fraîcheur à l’auditoire (et aussi à lui-même, ce qui devenait de plus en plus difficile).

Mais là n’était pas le problème. C’était raté, une fois de plus. Non pas raté parce qu’il avait raté quelque chose, mais raté parce qu’il fallait qu’il en fût ainsi. Merci, monsieur Saltiel. Et maintenant, mon ami, retournez aux ténèbres extérieures. »

Extrait de : P. Christin. « Petits crimes contre les humanités. »

Les prédateurs enjolivés par Pierre Christin

Fiche de Les prédateurs enjolivés

Titre : Les prédateurs enjolivés
Auteur : Pierre Christin
Date de parution : 1976
Editeur : Presses Pocket

Première page de Les prédateurs enjolivés

« D’une main, Michel retira le casque qui enserrait sa tête et la dernière note du choral-prélude de Buxtehude qu’il travaillait depuis près d’une heure s’écarta de lui. Il posa le casque, repoussa tous les registres et coupa le contact de l’orgue. Ce matin, par extraordinaire, il y avait de l’électricité et il avait pu jouer longuement sans être interrompu.
Il détendit son long corps nu dans l’obscurité presque complète qui régnait au sein de la pièce, pressa ses doigts en ce lieu du front où commençait à poindre la sourde migraine qui l’habitait si souvent depuis quelque temps, laissa courir distraitement sa main sur les cordes d’une cithare incrustée de nacre qui était posée sur son bureau, effleura son petit harmonica favori, puis regarda sa montre machinalement. Dix heures passées… »

Extrait de : P. Christin. « Les prédateurs enjolivés. »

Légers arrangements avec la vérité par Pierre Christin

Fiche de Légers arrangements avec la vérité

Titre : Légers arrangements avec la vérité
Auteur : Pierre Christin
Date de parution : 2011
Editeur : Métailié

Première page de Légers arrangements avec la vérité

« – À propos de l’organisation des examens…
– Flic !
– Organisation dont… euh… l’organisation doit évidemment être reconsidérée en interne…
– Kapo !
– Malgré l’interruption des cours, il est en effet indispensable que les épreuves…
– La moyenne pour tout le monde !
– Égalité partout, pour tous !
– Jamais le ministère ne laissera notre université…
– À bas la police de la pensée !
– Gestapistes !
– Non, attendez, les gens du ministère attendent simplement de nous que…
– Les casseurs, c’est pas nous, c’est eux !
– Nous devons impérativement préciser les délais dans lesquels se tiendront les écrits avant de…
– Les délais, c’est la chosification du savoir !
– L’écrit, c’est l’instrument de la discrimination !
– Maintenant que les opinions des uns et des autres se sont exprimées, je vous propose donc de passer au vote sur ce point de l’ordre du jour…
– Élections piège à cons ! »

Extrait de : J. Christin. « Légers arrangements avec la vérité. »