Auteur/autrice : CH91

 

Nouvelle ère par Johan Héliot

Fiche de Nouvelle ère

Titre : Nouvelle ère
Auteur : Johan Heliot
Date de parution : 2023
Editeur : Seuil

Première page de Nouvelle ère

« – LIS-MOI UNE HISTOIRE, s’te plaît, Eddy… J’arrive pas à me rendormir, chais pas pourquoi, j’ai plus envie…

Coup d’œil sur le portable en charge à portée de main : bientôt cinq heures du matin. Eddy émerge d’un rêve lointain, les yeux englués de sommeil. Sa petite sœur se dresse sur le tapis de jeu qui sépare leurs lits, au milieu de la chambre partagée dans le petit appartement familial. La lueur de la lune, filtrée à travers les stores, nimbe Zora d’un halo gris-bleu. Avec son pyjama licorne, on dirait une créature sortie tout droit d’un songe merveilleux.

– Allez, s’te plaît, insiste-t-elle, écarquillant en grand ses mirettes noisette.

Quand elle lui fait le coup des yeux manga, Eddy sait qu’il ne pourra pas résister. Même s’il préférerait replonger sous la couette, retrouver le néant douillet et le scénario dingo de son périple onirique. Il volait et, surtout, Malou était là, avec lui, accessible, prête à lui offrir ses lèvres – tout le contraire de la réalité, quoi…

Eddy aimerait vraiment retrouver ce monde à l’envers du quotidien, où il n’est plus le type le plus transparent du collège, celui que jamais Malou ne s’abaisserait à remarquer. »

Extrait de : J. Héliot. « Nouvelle ère. »

Crime à grande vitesse par Johan Héliot

Fiche de Crime à grande vitesse

Titre : Crime à grande vitesse
Auteur : Johan Heliot
Date de parution : 2026
Editeur : Rageot

Première page de Crime à grande vitesse

«  Le départ de notre TGV est imminent. Attention à la fermeture des portes ! »
 
L’annonce de la cheffe de bord résonne dans la voiture numéro 3. Confortablement assis en première classe à leurs places en vis-à-vis, Louise et Maël agitent la main pour saluer leurs parents, restés sur le quai en gare de Bordeaux.

C’est la première fois qu’ils prennent seuls le train pour Paris, où les attendent leurs grands-parents. Un trajet d’à peine plus de deux heures, direct jusqu’à Montparnasse.

Juste le temps de lire quelques chapitres du roman emporté par Louise : Le Crime de l’Orient-Express, d’Agatha Christie. Une histoire de meurtre à bord d’un célèbre convoi ferroviaire, de quoi passer un bon moment !

Maël, lui, est trop excité pour lire. D’une année plus jeune que sa sœur de treize ans, il profite du voyage pour écouter sa musique préférée. Casque sur les oreilles, il navigue dans sa playlist tout en jetant des coups d’œil sur les autres passagers. Comme souvent, le TGV est rempli. Et on y voit parfois de drôles d’énergumènes ! »

Extrait de : J. Héliot. « Crime à grande vitesse. »

Les mystères d’Anglefer par Johan Héliot

Fiche de Les mystères d’Anglefer

Titre : Les mystères d’Anglefer
Auteur : Johan Heliot
Date de parution : 2023
Editeur : Fleurus

Première page de Les mystères d’Anglefer

« Feu-Vif s’amuse à la narguer. Il est là, flamboyant et rapide, courant si vite qu’il donne l’impression de voler. Son fin museau pointe ici et là, depuis une enfilade de passerelles métalliques jetées par-dessus un précipice sans fin. Altaïr s’avance avec prudence, craignant la chute mortelle. Plusieurs mètres sous ses pieds, un épais brouillard aux reflets de plomb verdâtre s’étend… C’est le Schmock, qui pollue les quartiers inférieurs d’Anglefer. Au moindre faux pas, elle le sait, tout sera terminé. Elle basculera dans le vide. Mais une force irrésistible l’oblige à continuer, à poursuivre le facétieux Feu-Vif vers sa mystérieuse destination…

Soudain, un choc ébranle le pont sur lequel Altaïr se tient. Autour d’elle, les tours tremblent sur leurs longs piliers, dont elle ne peut apercevoir la base, engloutie par le Schmock plusieurs centaines de pieds plus bas. »

Extrait de : J. Héliot. « Les mystères d’Anglefer. »

Symbioses par Johan Heliot

Fiche de Symbioses

Titre : Symbioses : 2094, l’ours et le vaisseau
Auteur : Johan Heliot
Date de parution : 2026
Editeur : L’Atalante

Première page de Symbioses

« — Ils sont très nerveux, ce matin, constate Paula à la lecture des données défilant sur sa manche gauche à l’intérieur de l’avant-bras. Tu as vu ces pics de cortisol ?
Javier pointe la chape sombre des fumées d’incendie au-dessus des collines et des mesas, à l’est de la ville.
— Les feux se rapprochent, dit-il dans son globish encore hésitant. Alors ils sentent le danger.
— Ils ont l’habitude des incendies, depuis le temps. Non, c’est autre chose, cette fois.
Paula secoue la masse sombre de sa tignasse, où s’accrochent des reflets de lumière étincelante. Les babioles de plastique et de métal emmêlées à ses tresses cliquettent comme le trille d’une espèce d’oiseau-bot. Mais dans le ciel sans nuage n’évoluent que les drones de la Sécurité civile et des bases toutes proches de la marine. Les volatiles de chair se sont enfuis, voire ont disparu depuis un moment, déjà.
— Tu imagines, dit Javier en haussant ses épaules râblées, roulant des muscles sous la toile thermodynamique de son T-shirt moulant.
Il tapote le siège passager de la voiturette et sourit de toutes ses dents, d’une blancheur parfaite – avantage d’un job encore doté d’une mutuelle. »

Extrait de : J. Heliot. « Symbioses : 2094, l’ours et le vaisseau. »

Greg Keyes

Présentation de Greg Keyes :

John Gregory Keyes, qui vit le jour à l’orée du printemps de l’année 1963 dans la bourgade de Meridian, au cœur du Mississippi, s’impose aujourd’hui comme un artisan remarquable du merveilleux et de la littérature d’imagination d’outre-Atlantique. Dès sa prime jeunesse, son esprit fut forgé par une expérience singulière, son père ayant entraîné la famille sur les terres arides d’une réserve navajo, en Arizona. Cette immersion précoce au sein d’une culture si riche en légendes et en rites éveilla en lui une passion dévorante pour les mythes, au point qu’il en devint bilingue, jetant là les bases de sa future vocation.

Animé par cette soif de percer les mystères des sociétés humaines, ce jeune homme brillant entreprit de solides études universitaires en anthropologie, qu’il paracheva sur les bancs de l’Université de Géorgie. Fort de ce bagage intellectuel et de sa fine connaissance de la linguistique, Greg Keyes s’éloigna des sentiers académiques pour embrasser pleinement la carrière des lettres, offrant à ses lecteurs des mondes chimériques d’une densité inaccoutumée.

C’est armé d’une plume élégante et d’une rigueur d’historien qu’il donna naissance, sous la signature de J. Gregory Keyes, à des fresques magistrales. Les amateurs de conjecture historique se souviennent avec émoi de son retentissant cycle de « L’Âge de la déraison », où il entremêle avec une audace folle l’alchimie, les sciences naissantes et les destins de messieurs Newton et Franklin. Plus tard, avec le vaste cycle des « Royaumes d’Épine et d’Os », il prouva avec éclat son aisance dans le domaine de la haute fantaisie héroïque, déployant une prose où résonne volontiers le cliquetis des armes — un art de l’escrime que notre romancier, fine lame à la ville, maîtrise d’ailleurs à la perfection.

Par-delà ses créations originales, ce prosateur infatigable a prêté son grand talent à de célèbres sagas de la science-fiction américaine, enrichissant de sa vision humaniste de fameux univers télévisuels et cinématographiques tels que ceux de « La Guerre des Étoiles » ou de « Babylone 5 ». En mêlant l’érudition de l’anthropologue au souffle épique du conteur, Greg Keyes démontre que l’évasion par le fantastique demeure un prisme merveilleux pour explorer l’âme et la culture des hommes.

Livres de Greg Keyes :

Les élus du Changelin :

Royaumes d’épines et d’os :

Star Wars – L’aurore de la victoire :

Star Wars :

The Elder Scrolls :

Pour en savoir plus sur Greg Keyes :

La page Wikipédia sur G. Keyes
La page Noosfere sur G. Keyes
La page isfdb de G. Keyes

Stephen R. Donaldson

Présentation de Stephen R. Donaldson :

Stephen Reeder Donaldson, né au printemps de l’année 1947 dans la florissante cité de Cleveland, au cœur de l’Ohio, s’impose avec une force peu commune dans le domaine du merveilleux et de la littérature d’imagination d’outre-Atlantique. Fils d’un dévoué médecin missionnaire, il passa les années formatrices de sa prime jeunesse sous le soleil ardent de l’Inde. C’est en ces contrées lointaines qu’il fut le témoin, avec une acuité poignante, des ravages de la lèpre, un fléau que son père combattait âprement au sein de léproseries. Cette fréquentation précoce de la souffrance et de la marginalité devait marquer d’une empreinte indélébile l’âme et l’œuvre de ce futur homme de lettres.

De retour sur le sol natal, ce jeune esprit épris d’absolu poursuivit de brillantes études, couronnées par un diplôme ès lettres anglaises à l’université d’État de Kent. Profondément pacifiste et troublé par les tourments militaires de sa génération, il fit valoir l’objection de conscience lors du conflit vietnamien, préférant l’obscur et noble labeur d’un service civil dans les hospices américains à la carrière des armes.

C’est armé d’une prose d’une rare opulence que Stephen R. Donaldson s’attela à la rédaction de son grand œuvre, lequel vint bouleverser le paysage littéraire à la fin des années soixante-dix : le cycle foisonnant des « Chroniques de Thomas l’Incrédule ». Rompant avec les fables candides et le manichéisme rassurant propres aux imitateurs du professeur Tolkien, notre romancier osa placer au centre de sa geste un anti-héros farouche et désabusé. Son protagoniste, un écrivain frappé par le mal de Hansen et renié par les siens, se trouve projeté dans le Fief, un univers chimérique dont il refuse obstinément d’accepter la réalité, persuadé qu’il n’est que le fruit de son esprit malade.

Par ce récit épique teinté d’allégorie, de noirceur et de doutes métaphysiques, Stephen R. Donaldson démontre avec panache que la littérature d’évasion peut se muer en un miroir vertigineux de nos angoisses existentielles. S’illustrant par la suite dans de vastes fresques d’anticipation et de science-fiction, ce prosateur exigeant bouscule les codes établis. Salué par la critique comme un novateur de génie et couronné par les suffrages d’un public passionné, il redonne, par la vigueur de son style et la profondeur de ses chimères, d’incontestables lettres de noblesse à la fantaisie héroïque américaine.

Livres de Stephen R. Donaldson :

L’appel de Mordant :

Le cycle des seuils :

Les chroniques de Thomas Covenant :

Pour en savoir plus sur Stephen R. Donaldson :

La page Wikipédia sur S. R. Donaldson
La page Noosfere sur S. R. Donaldson
La page isfdb de S. R. Donaldson

Le meilleur des mondes – Retour au meilleur des mondes par Aldous Huxley

Fiche de Le meilleur des mondes – Retour au meilleur des mondes

Titre : Le meilleur des mondes – Retour au meilleur des mondes
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution :
Traduction : J. Castier, D. Meunier, H. Cohen
Editeur : Plon

Sommaire de Le meilleur des mondes – Retour au meilleur des mondes :

  • Le meilleur des mondes
  • Retour au meilleur des mondes

Monolithe par Shaun Hutson

Fiche de Monolithe

Titre : Monolithe
Auteur : Shaun Hutson
Traduction : C. Corthouts
Date de parution : 2015
Editeur : Editions Faute de frappe

Première page de Monolithe

« La fenêtre explosa vers l’intérieur du magasin, projetant du verre dans toutes les directions.
Quelques secondes plus tard, un nouvel impact contre la grande vitrine provoqua une deuxième cascade d’éclats de cristal, qui saupoudra le décor d’un étrange miroitement.
Deux autres briques suivirent, chacune brisant davantage la devanture.
Le petit homme, debout dans les escaliers, avait perçu le premier fracas. C’est d’ailleurs ce qui l’avait réveillé. Au moment où il entendit le second, il était déjà hors du lit et se dirigeait vers le palier. Malgré la peur qu’il ressentait, il devait descendre sur les lieux, pour voir exactement ce qui se passait et, si possible, empêcher que la situation ne dégénère davantage.
Il avait déjà ressenti une telle peur et il empruntait les étroites marches en bois avec hésitation, redoutant ce qui l’attendait mais certain qu’il ne pourrait pas échapper à la réalité. Il s’était déjà trop souvent caché au cours de sa vie. Courir et se cacher. Ces deux manières de vivre commençaient à prendre une place bien trop importante dans son quotidien.
Il espérait qu’ici, il en serait autrement. »

Extrait de : S. Hutson. « Monolithe. »

Slugs par Shaun Hutson

Fiche de Slugs

Titre : Slugs
Auteur : Shaun Hutson
Traduction : T. Bauduret
Date de parution : 1982
Editeur : Editions Faute de frappe

Première page de Slugs

« Ron Bell réussit à finir un couplet de Mull of Kyntire avant de gerber tripes et boyaux, puis se laissa lourdement tomber contre le poteau de bois en se demandant pourquoi le monde tournoyait si vite. Il se cassa en deux par-dessus la clôture, se tint le ventre et tenta de persuader le reste du Scotch qu’il avait bu de retourner d’où il venait. Il avala et gonfla les joues.
Une mince pellicule de sueur baignait son visage et il marmonnait des mots indistincts, tandis que son estomac faisait des sauts de carpe. Il se retourna pour fixer le réverbère, sa lumière crue au sodium lui rappelant un immense ver luisant.
Amusé par sa propre analogie, Ron eut un rire. Il poussa la grille, trébucha encore sur une dalle de granit ébréchée, tomba en avant, laissa échapper sa bouteille de Haig qui atterrit dans les hautes herbes à côté de l’allée sans se briser.
En s’asseyant, Ron sentit quelque chose de mouillé sous lui et crut que c’était le whisky. Il posa une main sur l’entrejambe de son pantalon et se remit à rire.
— Faites que ce soit du sang, dit-il en s’esclaffant bruyamment. »

Extrait de : S. Hutson. « Slugs. »

Les canots du Glen Carrig par William H. Hodgson

Fiche de Les canots du Glen Carrig

Titre : Les canots du Glen Carrig
Auteur : William H. Hodgson
Date de parution : 1907
Traduction : J. Parsons
Editeur : Terre de brume

Première page de Les canots du Glen Carrig

« Cela faisait à présent cinq jours que nous nous trouvions à bord de ces canots et que nous n’apercevions aucune terre. Et puis, le matin du sixième jour, on entendit le maître d’équipage, qui commandait la chaloupe de sauvetage, crier qu’il y avait au loin, à bâbord, quelque chose qui aurait pu être une terre, mais c’était très bas sur l’horizon et il était impossible de dire si c’était une terre ou un nuage du matin. Cependant, comme cela faisait renaître un peu d’espoir dans nos cœurs, nous avions trouvé, malgré la fatigue, la force de ramer dans cette direction et, au bout d’une heure, nous pouvions constater qu’il s’agissait bien, en effet, du rivage d’un pays plat.

Il ne devait pas être beaucoup plus de midi quand nous sommes arrivés assez près pour distinguer quel genre de terre s’étendait au-delà du littoral ; nous avons découvert qu’elle était abominablement plate et désolée au-delà de tout ce que nous aurions pu imaginer. Elle semblait comporter par endroits des îlots d’une étrange végétation ; je n’avais aucun moyen de dire si c’étaient de petits arbres ou de grands buissons. Mais je sais une chose, c’est que je n’avais jamais rien vu de pareil. »

Extrait de : W. H. Hodgson. « Les canots du Glen Carrig. »