Auteur/autrice : CH91

 

Les méandres du temps par Daniel Sernine

Fiche de Les méandres du temps

Titre : Les méandres du temps (Tome 1 sur 4 – La suite du temps)
Auteur : Daniel Sernine
Date de parution : 2004
Editeur : Editions Alire

Première page de Les méandres du temps

« Du revers des doigts, Karilian frôle la vitre, comme pour s’assurer qu’il y a bien une barrière entre lui et cette vue immense, crêtes arrondies se succédant, de plus en plus pâles, jusqu’à un horizon nébuleux. L’air frais des Appalaches ne lui parvient pas, cela crée un isolement, du moins partiel.

Derrière lui, Cotnam a remarqué son geste :

— Préférez-vous vous installer sur le balcon ? Ce sera presque aussi tranquille : vous n’entendrez que les oiseaux.

— Non, non. Dans le salon, ce sera parfait.

Le salon est un bon refuge contre l’agoraphobie, le panorama restant inoffensif derrière la grande fenêtre.

Cotnam quitte la pièce.

Karilian ne bouge pas, maîtrisant son malaise, promenant délibérément son regard sur la forêt du Maine qui moutonne jusqu’au fond d’un vallon puis remonte à l’assaut d’une montagne – de bien vieilles et bien modestes montagnes. »

Extrait de : D. Sernine. « Les Méandres Du Temps – La suite du temps. »

Francine Pelletier

Présentation de Francine Pelletier :

Francine Pelletier, qui a vu le jour dans la cité de Laval à l’orée du printemps de l’année 1959, s’illustre aujourd’hui avec un talent consommé dans le domaine exigeant de la littérature d’anticipation et du merveilleux. Cette femme de lettres, à la prose aussi poétique que rigoureuse, s’est fort tôt passionnée pour la chose écrite, parachevant son instruction par des études de lettres à l’Université du Québec à Montréal avant de se lancer à corps perdu dans la création romanesque.

Dès ses premiers pas dans le cénacle de la conjecture, cette brillante romancière a fait montre d’une maturité d’esprit remarquable. Elle n’a d’ailleurs point tardé à prêter son précieux concours à la prestigieuse revue « Solaris », où elle exerça de hautes responsabilités au sein du comité de rédaction, côtoyant ainsi les grands noms de l’imaginaire d’outre-Atlantique. Par son labeur acharné et sa sûreté de jugement, elle a grandement contribué à sortir la science-fiction de ses oripeaux de paralittérature pour lui conférer une incontestable respectabilité au sein de la Belle Province.

Son œuvre, d’une belle ampleur, se signale par une sensibilité peu commune et une attention toute particulière portée à la psychologie de ses protagonistes, fuyant volontiers les froides machineries de l’anticipation classique au profit d’enjeux profondément humains et sociétaux. Les amateurs du genre gardent en haute estime ses vastes fresques, à l’image de l’ambitieux triptyque « Le Sable et l’Acier », où l’auteur déploie un univers troublant teinté de mystère et d’écologie.

Il convient également d’ajouter que Francine Pelletier s’est illustrée avec un succès grandissant dans les lettres destinées à la jeunesse, offrant aux écoliers des récits d’une rare intelligence qui ne cèdent en rien à la facilité des feuilletons habituels. Couronnée à de maintes reprises par les jurys littéraires les plus sévères — elle reçut notamment les lauriers du prestigieux Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois —, Francine Pelletier s’impose sans conteste comme l’un des piliers de notre littérature d’imagination. Par la grâce de sa plume, elle démontre avec éclat que l’exploration des mondes futurs constitue un formidable miroir tendu aux espoirs et aux angoisses de notre époque.

Livres de Francine Pelletier :

Le sable et l’acier :

Les aventures d’Arialde :

Le rendez-vous du désert (1987)
Les jours de l’ombre (2004)
Si l’oiseau meurt (2007)
Un tour en Arkadie (2009)

Pour en savoir plus sur Francine Pelletier :

La page Wikipédia sur F. Pelletier
La page Noosfere sur F. Pelletier
La page isfdb de F. Pelletier

Daniel Sernine

Présentation de Daniel Sernine :

Daniel Sernine, qui vit le jour sous le nom d’Alain Lortie dans la bouillonnante métropole montréalaise à l’automne de l’année 1955, s’affirme aujourd’hui comme l’un des authentiques maîtres de la littérature de conjecture et du merveilleux au sein de la Belle Province. Cet homme de lettres, doté d’une imagination d’une rare fertilité, s’est fort tôt passionné pour les mystères du passé. Il a ainsi poursuivi de brillantes études en histoire sur les bancs de l’Université de Montréal, avant de parfaire son instruction par un diplôme en bibliothéconomie. Cette rigueur intellectuelle et ce goût prononcé pour les archives transparaissent d’ailleurs admirablement dans l’édification de ses univers romanesques.

Dès la fin des années soixante-dix, ce jeune prosateur s’engage avec une belle ardeur dans la vie littéraire québécoise. Refusant de laisser l’anticipation confinée aux illustrés d’importation, il rejoint très vite la rédaction du fanzine « Requiem » — publication appelée à devenir la prestigieuse revue « Solaris ». Il en prendra même la direction par la suite, prouvant par son labeur éditorial et son exigence critique qu’il est de ceux qui façonnent et élèvent le milieu littéraire.

Son œuvre, d’une ampleur considérable, embrasse avec une même aisance le fantastique ténébreux et la science-fiction. Les lecteurs avertis chérissent tout particulièrement ses cycles grandioses : comment ne pas citer la mystérieuse cité de Neubourg ou encore le monde d’Érythe ? Dans des recueils de fort belle facture tels que « Les Contes de l’ombre » ou le redoutable « Boulevard des Étoiles », Daniel Sernine déploie une plume élégante, volontiers mélancolique, tissant des intrigues où le surnaturel vient habilement fissurer le vernis de nos certitudes bourgeoises.

Il convient d’ajouter à ce brillant portrait que notre auteur n’a point dédaigné le jeune public, s’illustrant avec brio dans le roman pour la jeunesse, domaine où il excelle à donner le frisson aux écoliers tout en ménageant la qualité de la langue. Lauréat des prix les plus enviés d’outre-Atlantique, Daniel Sernine démontre, avec une constance qui force le respect, que l’exploration des mondes chimériques constitue une voie royale pour sonder les tréfonds de l’âme humaine.

Livres de Daniel Sernine :

La suite du temps :

Aurores boréales 2 (1985)
Chronoreg (1999)
L’épée Arhapal (1981)
Le vieil homme et l’espace (1981)
Les portes mystérieuses (1993)
Petites fugues en lettres mineures (1997)

Pour en savoir plus sur Daniel Sernine :

La page Wikipédia sur D. Sernine
La page Noosfere sur D. Sernine
La page isfdb de D. Sernine

Cauchemar à la scierie par Lemony Snicket

Fiche de Cauchemar à la scierie

Titre : Cauchemar à la scierie (Tome 4 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2000
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Cauchemar à la scierie

« Tôt ou tard dans votre vie – en fait, très bientôt, je parie –, vous vous lancerez dans une lecture et vous noterez que, bien souvent, la première phrase d’un livre en dit long sur le genre d’histoire qui va suivre.

Par exemple, lorsqu’un livre commence par cette phrase : « Il était une fois une famille de gentils petits écureuils qui vivaient dans un arbre creux », il y a de fortes chances pour qu’on ait affaire à une bande d’animaux malins, qui parlent et font des farces en tous genres. Lorsqu’il commence par cette phrase : « Emily s’assit et baissa le nez vers les crêpes aux myrtilles que venait de lui servir sa mère, mais elle était trop angoissée à l’idée de ce camp de vacances à Grattecime-les-Pins pour avaler une bouchée », il y a de fortes chances pour qu’on ait affaire à une bande de filles délurées, qui s’amusent comme des petites folles et n’arrêtent pas de pouffer de rire. Et lorsqu’il commence par cette phrase : « Gary huma le cuir de son gant de base-ball flambant neuf, tout en guettant son copain Larry au coin de la rue », il y a de fortes chances pour qu’on ait affaire à une bande de garçons remuants, qui se démènent comme des enragés et décrochent une coupe ou un quelconque trophée. »

Extrait de : L Snicket. « Cauchemar à la scierie – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Ouragan sur le lac par Lemony Snicket

Fiche de Ouragan sur le lac

Titre : Ouragan sur le lac (Tome 3 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 2000
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Ouragan sur le lac

« A les voir tous les trois assis sur leurs valises, nez au vent, au bout du quai de Port-Damoclès, on aurait cru les enfants Baudelaire au seuil d’une palpitante aventure. Après tout, les trois orphelins débarquaient juste du Tournevire, le ferry reliant les deux rives du lac Chaudelarmes, et s’apprêtaient à habiter là, chez leur tante Agrippine. D’ordinaire, ce genre de commencement annonce d’excellents moments, palpitants, inoubliables.

On l’aurait cru. On se serait trompé. Car si Violette, Klaus et Prunille étaient bien sur le point de vivre des moments palpitants, aucun de ces moments n’allait être excellent comme pourraient l’être, par exemple, un rodéo ou un tour de grande roue. Inoubliables, oh ! ils le seraient. Comme la rencontre d’un loup-garou dans un roncier par une nuit sans lune. J’en suis navré, mais si vous cherchez une histoire où on s’amuse follement, vous n’avez pas choisi le bon livre. Car, pour s’amuser follement, les enfants Baudelaire manquaient d’occasions, tant la malchance s’acharnait sur eux. C’est bien simple : leurs aventures sont si
désolantes qu’il m’en coûte de les raconter. »

Extrait de : L. Snicket. « Ouragan sur le lac – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Le laboratoire aux serpents par Lemony Snicket

Fiche de Le laboratoire aux serpents

Titre : Le laboratoire aux serpents (Tome 2 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 1999
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Le laboratoire aux serpents

« La route de Port-Brumaille à Morfonds est sans doute la plus lugubre au monde. Passé les derniers entrepôts, elle prend le nom de « route des Pouillasses » et longe interminablement des prés couleur de chou trop cuit, semés de pommiers rachitiques aux fruits si aigres que leur vue suffît à donner la colique. Puis elle franchit la Panade, aux trois quarts emplie de vase noire et peuplée de poissons peu engageants, enfin elle décrit une boucle serrée autour d’une usine de moutarde forte, grâce à laquelle tout le secteur respire un air vivifiant.

Il m’en coûte de le dire, mais le présent épisode débute, pour les orphelins Baudelaire, sur cette section de route exécrable, dans la grande banlieue de leur ville natale, et les choses vont aller de mal en pis.

De tous les êtres au monde accablés par le destin (et vous savez qu’il n’en manque point), les enfants Baudelaire remportent la palme. Leur série de misères a commencé par un épouvantable incendie dans lequel ils ont perdu – tout à la fois – leurs deux parents et le toit qui les avait vus naître. »

Extrait de : L. Snicket. « Le laboratoire aux serpents – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Tout commence mal… par Lemony Snicket

Fiche de Tout commence mal…

Titre : Tout commence mal… (Tome 1 sur 13 – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire)
Auteur : Lemony Snicket
Date de parution : 1999
Traduction : R.M Vassallo
Editeur : Nathan

Première page de Tout commence mal…

« Si vous aimez les histoires qui finissent bien, vous feriez beaucoup mieux de choisir un autre livre. Car non seulement celui-ci finit mal, mais encore il commence mal, et tout y va mal d’un bout à l’autre, ou peu s’en faut. C’est que, dans la vie des enfants Baudelaire, les choses avaient une nette tendance à aller toujours de travers. Violette, Klaus et Prunille Baudelaire étaient pourtant des enfants charmants, des enfants intelligents, pleins de ressources et loin d’être laids. Mais le sort les avait pourvus d’une malchance inimaginable, et presque tout ce qui leur arrivait était placé sous le signe de la guigne, de la déveine et de l’infortune. Je suis navré de devoir le dire, mais c’est la stricte vérité.

Leur interminable suite de malheurs débuta un vilain jour sur la longue plage de Malamer. Les trois enfants Baudelaire vivaient avec leurs parents dans une grande et belle maison au cœur d’une ville crasseuse, grouillante d’activité, mais de temps à autre leurs parents leur permettaient de prendre un tramway brinquebalant (ou « bringuebalant », au choix, autrement dit tout branlant) pour aller à la plage la plus proche. »

Extrait de : L. Snicket. « Tout commence mal… – Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. »

Le jour de la démouille par Claude Bolduc

Fiche de Le jour de la démouille

Titre : Le jour de la démouille
Auteur : Claude Bolduc
Date de parution : 2018
Editeur : Editions Vents d’ouest

Première page de Le jour de la démouille

« En contemplation devant une œuvre de maître, Richard Cœur d’Artichaut se laissait bercer de beauté. Tant de fascination pour un simple dessin sur une peau d’animal ! Le roi l’éprouvait depuis sa tendre enfance et jamais elle ne s’était émoussée au fil du temps. S’y trouvait représentée une scène imaginaire de la renaissance de Ridès, la planète nourricière, dans laquelle cette dernière, magma informe de particules dans l’espace, tournoyait à travers des nuages cosmiques qui, peu à peu, lui redonnaient de l’eau. La force de l’œuvre résidait dans sa capacité de suggestion ; pour peu qu’il s’y attardât, Richard était entraîné dans cette danse aux proportions inimaginables, la grande ronde galactique qui, selon la tradition, amenait les fragments de la planète éclatée à s’assembler de nouveau.

Voyance, tout ceci, ou simple effort de l’imagination pour illustrer le contenu nébuleux des textes anciens ? Peu importait. »

Extrait de : C. Bolduc. « Le jour de la démouille. »

Là-haut sur la colline par Claude Bolduc

Fiche de Là-haut sur la colline

Titre : Là-haut sur la colline
Auteur : Claude Bolduc
Date de parution : 2007
Editeur : Editions Vents d’ouest

Première page de Là-haut sur la colline

«  La vie, c’est jamais ce qu’on pense que ça va être », disait mon père, aussi bien dans les moments heureux que dans les moments pénibles. Je ne sais pas pourquoi il disait ça, mais même s’il est mort depuis un bon bout de temps, ses paroles me sont revenues à l’esprit plusieurs fois ces dernières semaines. Depuis que les mots de maman me sont tombés dessus comme une tonne de briques : « On déménage ! »

Oh ! bien sûr, elle en avait déjà parlé auparavant, comme ça, en passant, mais c’était toujours demeuré pour moi quelque chose d’abstrait, d’impalpable, presque des paroles en l’air, si bien que je ne m’étais jamais vraiment arrêté à réfléchir à ce que ça pouvait impliquer. Du moins était-ce le cas jusqu’à il n’y a même pas trois mois, quand ces mots sont soudain devenus une vérité irréfutable et inéluctable. Quoi ? Moi, quitter mon village, mes amis, ma forêt, mon monde ? Perdre tout ça ? M’en aller ailleurs ? C’était m’arracher le cœur ! Détruire mon univers ! »

Extrait de : C. Bolduc. « Là-haut sur la colline. »

La maison douleur par Claude Bolduc

Fiche de La maison douleur

Titre : La maison douleur et autres histoires de peur
Auteur : Claude Bolduc
Date de parution : 1996
Editeur : Editions Vents d’ouest

Sommaire de La maison douleur :

  • La maison douleur par F. Pelletier
  • Le lapin par C. Bolduc
  • L’envol des gargouilles par D. Sernine
  • L’ultime niveau par M. Lavoie
  • Le prix par A. Bergeron
  • Icabod Icabod Crâne par J. Champetier