Auteur/autrice : CH91
Guy-Roger Duvert

Présentation de Guy-Roger Duvert :
Né à Paris en 1975, Guy-Roger Duvert s’est d’abord illustré par des partitions musicales pour le cinématographe, pour d’ambitieuses superproductions américaines et par la réalisation de longs-métrages d’anticipation, à l’instar de son film salué par la critique « Virtual Revolution » (2016). Mais c’est bel et bien son impressionnante stature d’homme de lettres sur laquelle je tiens à insister avec vigueur !
En effet, si l’on a pu vanter ses mérites de metteur en scène, M. Duvert est intrinsèquement un écrivain de grande envergure ; un romancier dont la prose très visuelle, rythmée et immersive (héritage évident de son expérience sur les plateaux de tournage) redonne de superbes couleurs à la littérature d’imagination. C’est en l’an 2019 qu’il opère une entrée fracassante dans le monde de l’édition romanesque avec « Outsphere », un formidable récit de science-fiction qui connut un succès populaire foudroyant et fut promptement couronné du prix des Plumes Francophones.
Galvanisé par ce triomphe de librairie, notre auteur a su développer en quelques années une œuvre écrite dense et captivante. Fuyant la redondance et ne s’enfermant jamais dans une seule formule, sa bibliographie embrasse le roman noir d’anticipation mâtiné d’intrigues policières avec l’excellent « Backup » (2020), s’aventure vers l’épouvante et l’occulte (avec « L’Appel d’Am-Heh » ou sa série Les Chroniques occultes), et prolonge même son univers filmique par le mot imprimé avec « Virtual Revolution 2046 ». C’est indéniablement la plume à la main, face à la page blanche, que Guy-Roger Duvert déploie toute l’envergure de son imaginaire !
L’homme voue d’ailleurs un tel amour au livre et à la chose écrite qu’il s’est mué en véritable entrepreneur des lettres en devenant le propriétaire et directeur de la maison indépendante Inceptio éditions, favorisant ainsi activement l’émergence de nouveaux talents francophones.
Avec Guy-Roger Duvert, nous sommes face à un écrivain prolifique et passionné, dont les écrits sauront vous tenir en haleine, tout en interrogeant avec acuité les devenirs technologiques de notre civilisation.
Livres de Guy-Roger Duvert :
Les chroniques occultes :
- L’appel d’Am-Heh (2021)
- Les disparus d’Arkham (2022)
- L’ombre de Nyarlathotep (2022)
- Nid d’espions à Canton (2023)
- Croisière macabre (2025)
Les rôdeurs de l’Empire :
- Les rôdeurs de l’Empire (2022)
- Les émissaires (2023)
- L’élu (2024)
- L’archipel des naufragés (2025)
Outsphere :
- Outsphere (2018)
- Le réveil (2019)
- Religions (2021)
- Ordres et chaos (2024)
- Démence (2026)
Backup (2020)
Eschaton (2020)
Extinction (2023)
Gold & Bones (2025)
L’adieu à Camille (2021)
Virtual Revolution 2046 (2020)
Pour en savoir plus sur Guy-Roger Duvert :
La page Wikipédia sur G.-R. Duvert
La page Noosfere sur G.-R. Duvert
La page isfdb de G.-R. Duvert
Autonome par Annalee Newitz

Fiche de Autonome
Titre : Autonome
Auteur : Annalee Newitz
Date de parution : 2017
Traduction : G. Goullet
Editeur : Denoël
Première page de Autonome
« 1er juillet 2144
L’étudiante n’arrêtait pas de travailler sur son exercice et cela allait la tuer. Les médecins eurent beau lui injecter des tranquillisants, elle resta assise, les doigts recourbés comme en train de taper encore et encore sur un clavier. Les antiobsédants ne firent pas davantage effet, la modification de ses niveaux de sérotonine non plus. Cela ne ressemblait ni à un problème de dissociation mentale ni à des hallucinations : l’étudiante était parfaitement cohérente, mais persistait à réimplémenter des sous-routines de système d’exploitation pour son devoir de programmation. Elle survécut uniquement parce que les médecins réussirent à lui glisser une sonde d’alimentation dans le nez pendant qu’elle était attachée.
Ses parents étaient scandalisés. Ils habitaient un quartier huppé de Calgary et avaient toujours donné à leur fille les meilleurs remèdes disponibles sur le marché. Comment son esprit pourrait-il avoir un problème ? »
Extrait de : A. Newitz. « Autonome. »
Le fabricant de diamants par Herbert G. Wells

Fiche de Le fabricant de diamants
Titre : Le fabricant de diamants
Auteur : Herbert G. Wells
Date de parution : 1894
Traduction : Mais-Encore.fr
Editeur : Mais-Encore.fr
Le Fabricant de diamants — H. G. Wells
Nouvelle publiée en 1894, aujourd’hui dans le domaine public.
Traduction française : Mais-Encore.fr
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Première page de Le fabricant de diamants
« Des affaires m’avaient retenu dans Chancery Lane jusqu’à vingt et une heures et, sentant un début de mal de crâne, je n’avais aucune envie de me divertir ni de prolonger mon travail. La portion de ciel que laissaient entrevoir les hautes falaises de cet étroit goulet de circulation laissait présager une nuit sereine ; je résolus donc de descendre vers l’Embankment pour reposer mes yeux et me rafraîchir les idées en observant les lumières bigarrées se refléter sur le fleuve. La nuit est, sans commune mesure, le meilleur moment pour arpenter cet endroit : une obscurité salvatrice dissimule la saleté des eaux, et les lumières de cette époque de transition — rouge vif, orange éclatant, jaune de gaz et blanc électrique — se détachent sur des silhouettes ombragées déclinant toutes les nuances possibles entre le gris et le pourpre profond. À travers les arches du pont de Waterloo, une centaine de points lumineux dessinent la courbe de l’Embankment, et, au-dessus de son parapet, les tours de Westminster se dressent, d’un gris chaud sur fond de nuit étoilée. Le fleuve noir s’écoule, seul un rare clapotis venant rompre son silence et troubler le reflet des lumières qui flottent à sa surface. »
Extrait de : H. G. Wells. « Le Fabricant de diamants. »
L’homme gris par Herbert G. Wells

Fiche de L’homme gris
Titre : L’homme gris
Auteur : Herbert G. Wells
Date de parution : 1895
Traduction : Mais-Encore.fr
Editeur : Mais-Encore.fr
L’Homme gris — H. G. Wells
Nouvelle publiée en 1895, aujourd’hui dans le domaine public.
Traduction française : Mais-Encore.fr
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Première page de L’homme gris
« Je vous ai déjà parlé de la nausée et de la confusion qui accompagnent le voyage dans le temps. Et cette fois-ci, je n’étais pas correctement assis sur la selle, mais de côté et de manière instable. Pendant un temps indéterminé, je me suis agrippé à la machine alors qu’elle balançait et vibrait, sans du tout prêter attention à ma trajectoire ; et lorsque j’ai réussi à poser à nouveau les yeux sur les cadrans, j’ai été stupéfait de voir où j’étais arrivé. Un cadran enregistre les jours, un autre les milliers de jours, un autre les millions, et un autre encore les milliers de millions. Or, au lieu d’inverser la position des leviers, je les avais poussés de manière à avancer avec eux, et quand j’ai regardé ces indicateurs, j’ai constaté que l’aiguille des milliers tournait aussi vite que la trotteuse d’une montre — vers l’avenir. Très prudemment, car je me souvenais de ma précédente chute la tête la première, j’ai commencé à inverser mon mouvement. Les aiguilles rotatives tournèrent de plus en plus lentement, jusqu’à ce que celle des milliers semble immobile et que celle des jours ne soit plus une simple brume sur sa graduation. Ralentissant encore, le brouillard gris autour de moi devint plus distinct, et les contours estompés d’une étendue vallonnée et déserte devinrent visibles. »
Extrait de : H. G. Wells. « L’Homme gris. »
Zombie ball par Paolo Bacigalupi

Fiche de Zombie ball
Titre : Zombie ball
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2013
Traduction : S. Doke
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Zombie ball
« Perdre craint.
Ne laissez personne vous dire que ça forme le caractère ou ce genre de conneries, ça craint. Ça craint quand quelqu’un te bat. Ça craint d’avoir bossé aussi dur pour rien. Ça craint de ne pas pouvoir frapper la balle comme on le voudrait, de ne pas la relancer comme on l’espère – il y a des milliers de choses qui craignent quand on perd.
Mais ça craint encore plus quand tu es coincé sur le banc de touche par 38° poisseux d’humidité, quand la température ressentie est de 48°, que tu dégoulines de transpiration et que ton équipe perd – pas parce que tu crains au baseball, mais parce que ton entraîneur, M. Cocoran, craint au baseball.
M. Cocoran refuse de t’écouter quand tu lui dis qu’il se trompe dans l’ordre des batteurs. Il aime les frappes violentes et il adore les joueurs qui abattent les balles, visent le grillage et tout ça, et il ne comprend pas l’utilité pour le coureur d’atteindre la base. Il connaît que dalle au baseball.
Mais, vous savez ce qui craint encore plus dans le fait de perdre ?
Savoir qu’on est celui qui va se faire engueuler. »
Extrait de : P. Bacigalupi. « Zombie ball. »
Water knife par Paolo Bacigalupi

Fiche de Water knife
Titre : Water knife
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2015
Traduction : S. Doke
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Water knife
« La sueur raconte des histoires.
La sueur d’une femme pliée en deux dans un champ d’oignons, travaillant quatorze heures sous le soleil brûlant n’est pas celle d’un homme qui s’approche d’un barrage routier au Mexique en priant la Santa Muerte que les federales ne soient pas à la solde des ennemis qu’il fuit. La sueur d’un garçon de dix ans fixant le canon d’un SIG SAUER est différente de celle d’une femme luttant pour traverser le désert, priant la Vierge qu’une cache d’eau se trouve exactement là où sa carte de coyote le lui indique. La sueur est l’histoire d’un corps, compressée en joyaux, perlant sur le front, tachant les chemises de sel. Elle dit dans les moindres détails comment une personne s’est retrouvée au bon endroit au mauvais moment, elle dit même si elle va survivre un jour de plus.
Pour Angel Velasquez, perché très au-dessus du puits artésien central de Cypress 1 à observer Charles Braxton qui avançait pesamment le long de Cascade Trail, la sueur sur le front de l’avocat racontait que certains n’étaient pas aussi importants qu’ils aimaient à le penser. »
Extrait de : P. Bacigalupi. « Water Knife. »
La fille flûte par Paolo Bacigalupi

Fiche de La fille flûte
Titre : La fille flûte et autres fragments de futurs brisés
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2008
Traduction : S. Doke
Editeur : Au diable Vauvert
Sommaire de La fille flûte :
- La fille-flûte
- Peuple de sable et de poussière
- Du dharma plein les poches
- Le Pasho
- L’homme des calories
- Le chasseur de tamaris
- Groupe d’intervention
- Le yellow card
- Plus doux encore
- La pompe six
Première page de La fille-flûte
« La fille-flûte restait blottie dans la pénombre, serrant le dernier cadeau de Stephen entre ses petites mains pâles. Mme Belari devait la chercher et les domestiques renifler tous les recoins du château comme autant de chiens redevenus sauvages, regardant sous les lits, dans les placards, derrière les casiers à bouteilles, tous leurs sens à l’affût d’une trace d’elle. Belari ne découvrait jamais les cachettes de la fille-flûte. C’étaient toujours les domestiques qui la trouvaient. Belari se contentait d’arpenter les couloirs laissant les serviteurs œuvrer. Ils croyaient connaître toutes ses cachettes.
La fille-flûte changea de position. Sa posture inconfortable fatiguait son squelette fragile. Elle s’étira autant que l’espace exigu le lui permettait, puis se replia sur elle-même, aussi compacte que possible, s’imaginant lapin, comme ceux que Belari gardait en cage dans la cuisine : petits et doux avec leurs yeux tendres et humides, ils pouvaient rester immobiles pendant des heures. La fille-flûte se força à la patience et ignora les protestations douloureuses de son corps recroquevillé. »
Extrait de : P. Bacigalupi. « La fille flute. »
La fille automate par Paolo Bacigalupi

Fiche de La fille automate
Titre : La fille automate
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2009
Traduction : S. Doke
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de La fille automate
« – Non. Pas de mangoustan. (Anderson Lake se penche, l’index en avant.) Je veux celui-ci. Kaw pollamai nee khap. Celui à la peau rouge avec les poils verts.
La paysanne sourit, dévoilant des dents noircies par le bétel et désigne une pyramide de fruits entassés à côté d’elle.
– Un nee chai mai kha ?
– C’est ça. Ceux-ci. Khap. (Anderson hoche la tête et se force à sourire.) Comment les appelle-t-on ?
– Ngaw.
Elle prononce le nom lentement, par égard pour ses oreilles étrangères, et lui tend un échantillon.
Anderson prend le fruit en fronçant les sourcils.
– C’est nouveau ?
– Kha.
Elle opine.
Anderson fait tourner le fruit dans sa main, l’étudie. Cela ressemble plus à une anémone de mer au ton criard, ou à un poisson-globe étrangement velu, qu’à un fruit. »
Extrait de : P. Bacigalupi. « La Fille Automate. »
La fabrique de doute par Paolo Bacigalupi

Fiche de La fabrique de doute
Titre : La fabrique de doute
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2014
Traduction : P. Marcel
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de La fabrique de doute
« Il l’observait depuis longtemps. La façon qu’elle avait de se mouvoir à travers les eaux dormantes de sa vie. Les amis et la famille qui l’entouraient. Comme on observerait un lumineux poisson tropical dans un aquarium, enclos de toutes parts, protégé à l’intérieur de ses confins. Inconscient des parois de verre.
Il pouvait l’observer assise dans un café, absorbée par sa liseuse, buvant ce même latte écrémé qu’elle commandait toujours. Il connaissait sa rue et connaissait son domicile. Il connaissait son emploi du temps à l’école. Mathématiques, chimie ou anglais avancés. 3,9 sur 4 de moyenne générale, parce qu’un connard de prof avait fusillé son score parfait pour un point de détail sur la présentation de son compte rendu de travaux pratiques.
Une fille intelligente.
Une fille pointue.
Et pourtant, totalement inconsciente.
Ce n’était pas sa faute. Tous les poissons de son aquarium étaient comme elle. Évoluant tous dans des eaux parfaitement contrôlées, à quelques millimètres à peine d’un autre monde qui leur était entièrement hostile. »
Extrait de : P. Bacigalupi. « La Fabrique de Doute. »
L’alchimiste de Khaim par Paolo Bacigalupi

Fiche de L’alchimiste de Khaim
Titre : L’alchimiste de Khaim
Auteur : Paolo Bacigalupi
Date de parution : 2011
Traduction : S. Doke
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de L’alchimiste de Khaim
« Il est difficile de vendre son dernier lit à un voisin. Encore plus lorsque sa fille unique s’accroche comme un singe-araignée à sa structure et hurle comme si on lui coupait les bras chaque fois qu’on tente de l’en dégager.
Les quatre hommes d’Alacan étaient déjà arrivés, affamés et heureux de se faire un peu de cuivre en jouant de leurs muscles, et Lizca Sharma était présente, la jupe scintillante de diamants, pour superviser l’enlèvement du lit à baldaquin et s’assurer qu’il ne soit pas endommagé pendant le transfert. Le lit était vraiment massif. Ridicule pour une petite fille. Les petits membres de Jiala n’avaient aucun besoin de s’étaler sur une telle largeur. Mais la structure était gravée d’images des palais flottants de Jhandpara. D’antiques dragons de nuages s’enroulaient autour de ses montants jusqu’au ciel de lit où leurs griffes de bois accrochaient des filets roulés et, grâce à une attache en cuivre, s’ouvraient pour laisser tomber la moustiquaire pendant la saison chaude. Un lit magnifique. Un lit extravagant. Imprégné de la vitalité et de la gloire perdue de Jhandpara. »
Extrait de : P. Bacigalupi. « L’Alchimiste de Khaim. »