Auteur/autrice : CH91

 

1984 par George Orwell – Traduction de R. Vigier

Fiche de 1984

Titre : 1984
Auteur : George Orwell
Date de parution : 1950
Traduction : R. Vigier
Editeur : Renard rebelle

Première page de 1984

« C’était une belle et froide journée d’avril, les horloges affichaient treize heures. Winston Smith, le cou dans les épaules pour essayer d’échapper à un vent rétif, se faufila entre les portes vitrées de la Résidence de la Victoire ; pas assez rapidement cependant pour empêcher un tourbillon de poussière d’entrer à sa suite.
Le hall sentait le chou bouilli et le vieux chiffon. À une extrémité, une affiche colorée, trop grande pour être en intérieur, avait été punaisée au mur. Elle représentait simplement un visage immense, large de plus d’un mètre : le visage d’un homme dans sa quarantaine, portant une épaisse moustache noire, aux traits d’une beauté rugueuse. Winston se dirigea vers les escaliers. Ce n’était pas la peine d’essayer de prendre l’ascenseur. Même dans le meilleur des cas il fonctionnait rarement, et en ce moment l’électricité était coupée en journée. Ça faisait partie des économies en prévision de la Semaine de Haine. L’appartement était au septième étage, et Winston, qui avait trente-neuf ans et un ulcère variqueux au mollet droit, montait doucement, s’arrêtant plusieurs fois en chemin. À chaque étage, en face de la cage d’ascenseur, l’affiche au visage immense vous examinait depuis le mur. »

Extrait de : G. Orwell. « 1984. »

Hôtel meublé par Thomas Owen

Fiche de Hôtel meublé

Titre : Hôtel meublé
Auteur : Thomas Owen
Date de parution : 1943
Editeur : Espace Nord

Première page de Hôtel meublé

« Avant d’entrer chez lui, M. Oswald Stricker s’arrêta un moment devant la boutique de Julius De Geyter, son propriétaire.

Derrière la vitrine poussiéreuse, où courait une bande de papier délavée qui cachait une fêlure oblique, s’entassaient en désordre d’anciens instruments d’astronomie et de navigation, aussi nombreux qu’extraordinaires : des équerres à niveau, aux branches réunies par un secteur gradué, des boussoles incrustées d’os et d’ivoire, des sextants de tous formats, des astrolabes de mer, des sphères armillaires avec le réseau compliqué de leurs cercles concentriques.

On pouvait apercevoir, dans la pénombre du magasin, une grande table surchargée d’autres objets du même genre au milieu desquels trônait un énorme planétaire du type « Orrery », ainsi appelé en souvenir de Lord Orrery, grand protecteur des sciences, et où les diverses planètes, mues par des disques entraînés à la manivelle avec des vitesses différentielles, étaient figurées par des sphères de métal et d’ivoire.

– Magnifique pièce ! murmura M. Oswald Stricker, le nez à la vitre pour mieux voir. Début du XVIIIe siècle, je parie… Où a-t-il encore été dénicher cela ? »

Extrait de : T. Owen. « Hôtel meublé. »

La guerre des cercles par Jean-Claude Dunyach

Fiche de La guerre des cercles

Titre : La guerre des cercles
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de La guerre des cercles

« Le guerrier blême, dont le nom secret était Koven, surgit au sommet de la colline, entre les piliers de granit qui encadraient la route du sud. Il était à pied et traînait par la bride un étalon à la robe sombre, souillée d’écume. Les choucas qui nichaient parmi les rochers sculptés à l’image des dieux délaissés s’envolèrent bruyamment. Ils tournoyèrent dans la lumière grise du crépuscule et maudirent de leurs cris stridents celui qui troublait leur repos. Les masures du village étaient blotties en contrebas de la route, à l’écart du flot des voyageurs. Les habitants s’étaient barricadés à l’approche de la nuit. Ils avaient étouffé leurs feux sous une couche épaisse de cendres, malgré le vent aigre et froid qui soufflait du nord-est. La fumée attirait les pillards…Seul le forgeron, debout sur le seuil de son atelier, vit s’approcher le guerrier. Son coeur fut tenaillé d’un obscur pressentiment. Mon cheval a perdu un fer, dit Koven. Dans sa voix, la lassitude semblait s’être définitivement incrustée, à la façon des lichens qui s’accrochent aux falaises jusqu’à ce que les deux tombent en poussière. »

Extrait de : J.C Dunyach. « La guerre des cercles. »

Étoiles mourantes par Jean-Claude Dunyach et Ayerdhal

Fiche de Étoiles mourantes

Titre : Étoiles mourantes
Auteur : Jean-Claude Dunyach et Ayerdhal
Date de parution : 1999
Editeur : J’ai lu

Première page de Étoiles mourantes

« L’AnimalVille jaillit du néant et se laissa dériver au milieu de la mer d’étoiles.

C’était une Ville si vieille qu’elle en oubliait de compter. Elle était déjà âgée lors de la découverte de l’Humanité ; ses plus anciens souvenirs dataient d’avant la déchirure, même s’il lui était difficile aujourd’hui de remonter aussi loin dans le labyrinthe de ses pensées. Son esprit partait en lambeaux et cela l’effrayait bien plus que le durcissement de ses chairs et la perte de sensibilité de ses quartiers périphériques, dont les rues desséchées se fendillaient de rides. La mort s’attaquait d’abord à la mémoire. Un jour, ceux de son espèce la découvriraient dans un repli de l’espace profond, les rues crevassées de plaies béantes, les dômes crevés. Elle ne répondrait ni aux signaux ni aux caresses, elle ne saurait plus rien.

Avant d’avoir consumé toute sa mémoire, il lui restait à achever l’ouvrage qu’elle avait entrepris des millénaires plus tôt, quand elle se souvenait encore d’œuvres réalisées collectivement, avec tout le Troupeau. »

Extrait de : J.C Dunyach + Ayerdhal. « Étoiles mourantes. »

Étoiles mortes – intégrale par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Étoiles mortes – intégrale

Titre : Étoiles mortes – intégrale
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution :
Editeur :

Sommaire de Étoiles mortes – intégrale

  • Nivôse
  • Aigue-marine
  • Voleurs de silence

Escales 2000 par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Escales 2000

Titre : Autoportrait
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1999
Editeur : Fleuve noir

Sommaire de Escales 2000

  • Fin de transmission de F. Colin
  • La nuit des grenouilles de S. Denis
  • La mécanique des profondeurs de T. Day
  • L’île au bord du monde de F. Valéry
  • L’arche de tous les temps de J.-L. Trudel
  • La mer des Sargasses de D. Calvo
  • Les points de vue d’Europe M.-P. Najman
  • Les clans du delta de C. et R. Belmas
  • T’ien-keou de L. Genefort
  • Soldats de sucre de Y. Meynard
  • Imago de J. Wintrebert
  • Frères de larmes de J. Heliot

Serpentine par Philip Pullman

Fiche de Serpentine

Titre : Serpentine (Tome 7 sur 7 – À la croisée des mondes)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2020
Editeur : Gallimard

Première page de Serpentine

« Depuis que Lyra Parle-d’Or et son dæmon, Pantalaimon, s’étaient retrouvés après leur terrible séparation sur les rives du monde des morts, Lyra brûlait d’envie de le questionner au sujet de ce long moment passé loin d’elle. Toutefois, elle sentait confusément qu’elle ne devait pas l’interroger directement ; il lui raconterait tout en temps voulu. Mais les jours se succédaient, sans que jamais Pan aborde la question, et Lyra commençait à s’inquiéter.
Une inquiétude qui atteignit son paroxysme lors d’un séjour qu’elle effectua dans les terres du Nord, un an après que Yelena Pazhets, la sorcière, avait failli la tuer à Oxford et que Lyra avait été sauvée par les oiseaux.
La malédiction de Bolvangar avait pris fin, mais les terres du Nord subissaient encore le désastre climatique provoqué par Lord Asriel. Néanmoins, la fonte des neiges et le dégel du permafrost rendaient possibles toutes sortes de travaux archéologiques, et Jordan College avait financé des fouilles dans la région de Trollesund après la découverte récente de colonies fondées par un peuple de proto-pêcheurs. »

Extrait de : P. Pullman. « À la croisée des mondes – Serpentine. »

Les collectionneurs par Philip Pullman

Fiche de Les collectionneurs

Titre : Les collectionneurs (Tome 6 sur 7 – À la croisée des mondes)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2014
Editeur : Gallimard

Première page de Les collectionneurs

« – En vérité, dit Horley, ils ne se connaissaient absolument pas. Ils n’avaient jamais entendu parler l’un de l’autre. Il n’était pas question des créateurs. Uniquement des œuvres.

— Et vous, comment en avez-vous entendu parler ? demanda Grinstead.

— Par le marchand qui m’a vendu le tableau. Falcondale. Max Falcondale.

— On peut se fier à lui ?

— Jusqu’à un certain point, disons. Mais il avait réalisé la vente. Il voulait juste raconter l’histoire.

En cette soirée de décembre 1970, les deux hommes étaient assis dans le foyer des professeurs du collège de Horley après dîner. Il faisait froid, et le repas, frugal et insipide, s’était achevé par une sorte de pudding aux noix qui ressemblait fort à du ciment. Le maigre feu de cheminée produisait juste assez d’énergie pour réchauffer le tapis placé devant l’âtre, laissant les coins de la pièce se débrouiller seuls. Les deux lampadaires disposés de part et d’autre émettaient plus de chaleur. L’assemblée était réduite : le bibliothécaire, l’aumônier, deux jeunes universitaires dont personne ne semblait connaître le nom, un professeur de philologie de passage et Grinstead, l’invité de Horley pour la soirée. »

Extrait de : P. Pullman. « Les collectionneurs – À la croisée des mondes. »

Il était une fois dans le Nord par Philip Pullman

Fiche de Il était une fois dans le Nord

Titre : Il était une fois dans le Nord (Tome 5 sur 7 – À la croisée des mondes)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : J. Esch
Date de parution : 2008
Editeur : Gallimard

Première page de Il était une fois dans le Nord

« Le vieux ballon-cargo délabré émergea d’un rideau de pluie au-dessus de la mer Blanche, en perdant rapidement de l’altitude, balayé par le puissant vent de nord-ouest, alors que le pilote s’activait sur les manettes de contrôle et tentait d’ajuster la soupape des gaz. C’était un homme svelte, coiffé d’un large chapeau, doté d’un tempérament laconique et d’une fine moustache. En ce moment, il faisait route vers le dépôt de la Compagnie de la mer de Barents, dont l’emplacement était indiqué sur un bout de papier déchiré, punaisé à l’habitacle de la nacelle. D’ailleurs, il apercevait, droit devant, le dépôt en question qui s’étendait autour du petit port : une grappe de bâtiments administratifs, un hangar, un entrepôt, des ateliers, des citernes de gaz et les machines qui s’y rattachaient. Tout cela approchait à vive allure et l’aéronaute était obligé d’intervenir prestement sur tous les instruments qu’il pouvait encore contrôler, pour éviter de heurter le toit du hangar et atteindre l’espace dégagé au-delà de l’entrepôt. »

Extrait de : P. Pullman. « Il était une fois dans le Nord – À la croisée des mondes. »

Lyra et les oiseaux par Philip Pullman

Fiche de Lyra et les oiseaux

Titre : Lyra et les oiseaux (Tome 4 sur 7 – À la croisée des mondes)
Auteur : Philip Pullman
Traduction : F. Meyeres
Date de parution : 2003
Editeur : Gallimard

Première page de Lyra et les oiseaux

« Lyra, depuis quelque temps, ne sortait plus très souvent par la fenêtre de sa chambre. Elle avait trouvé un meilleur moyen pour grimper sur les toits de Jordan College : le Concierge lui avait remis une clé grâce à laquelle elle pouvait accéder au toit de la Tour de la Conciergerie. Trop âgé pour gravir les escaliers quatre fois par an afin d’aller vérifier l’état de la maçonnerie et de la couverture de plomb, comme l’exigeait son devoir, il était ravi de déléguer cette tâche à la jeune fille. Lyra lui faisait un rapport détaillé, que le Concierge transmettait ensuite à l’Intendant et, en échange, elle avait le droit de monter sur le toit aussi souvent qu’elle le souhaitait. »

Extrait de : P. Pullman. « Lyra et les oiseaux – A la croisée des mondes. »