Auteur/autrice : CH91

 

Des contes populaires par Erckmann-Chatrian

Fiche de Des contes populaires

Titre : Des contes populaires
Auteur : Emile Erckmann et Alexandre Chatrian
Date de parution : 1857-1867
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Sommaire de Des contes populaires :

  • Le rêve d’Aloïus
  • L’oeil invisible ou l’auberge des trois pendus
  • La comète
  • Le citoyen Schneider
  • Le requiem du corbeau
  • Le juif polonais
  • Les bohémiens d’Alsace sous la révolution
  • Messire Tempus
  • Le chant de la tonne
  • Le coquillage de l’oncle Bernard
  • La tresse noire

Première page de Le rêve d’Aloïus

« Vous saurez que saint Aloïus est mon patron, et quand c’est la Saint-Aloïus, je passe toute la journée avec mes camarades Fritz, Niclausse et Ludwig au Lion-d’Or. Nous causons de choses réjouissantes : de la pluie, du beau temps, des filles à marier, du bonheur d’être garçon, et cætera, et cætera. Nous buvons du vin blanc, et le soir nous rentrons honnêtement chez nous, en louant le Seigneur de ses grâces innombrables.
À la fête de chacun cela recommence, et, de cette façon, au lieu d’avoir une seule fête, nous en avons cinq ou six. Mais cela ne plaît pas à tout le monde ; les femmes font le sabbat quand on rentre après onze heures.
Moi, je ne peux pas me plaindre, je n’ai que ma grand’mère Anne ; elle est un peu sourde, et quand elle dort, on volerait la maison, le jardin et le verger, qu’elle ne remuerait pas plus qu’une souche. C’est bien bon ; mais quelquefois aussi c’est bien mauvais. »

Extrait de : Erckmann-Chatrian. « Des contes populaires. »

Contes fantastiques par Erckmann-Chatrian

Fiche de Contes fantastiques

Titre : Contes fantastiques
Auteur : Emile Erckmann et Alexandre Chatrian
Date de parution : 2012
Editeur : Omnibus

Sommaire de Contes fantastiques :

  • Histoires et contes fantastiques
    • La malédiction
    • Vin rouge et vin blanc
    • Rembrandt
    • Fantaisie
  • Science et génie
    • Le münster
    • Le statuaire
    • La vision
    • Science !… O science !…
    • Le Liebenstein
    • Elle
    • Le bras de pierre
    • Amour d’artiste
    • La tombe !
    • L’univers pétrifié !
    • Le mariage de granit
  • L’illustre docteur Mathéus
    • L’illustre docteur Mathéus
    • Le requiem du corbeau
    • L’oeil invisible ou l’auberge des trois-pendus
    • La tresse noire
    • Messire Tempus
    • Le chant de la tonne
  • Contes de la montagne
    • Hugues-le-Loup
    • Une nuit dans les bois
    • Le violon du pendu
    • Le combat d’ours
    • L’héritage de l’oncle Christian
    • Le tisserand de la Steinbach
    • Le bouc d’Israël
    • Pourquoi Hunebourg ne fut pas rendu
  • Contes fantastiques
    • La lunette de Hans Schnaps
    • Gretchen
    • Entre deux vins
    • Le rêve de mon cousin Elof
    • Les fiancés de Grinderwald
    • Le hibou de la synagogue
    • La montre du doyen
    • Les trois âmes
    • Hans Storkus
    • L’esquisse mystérieuse
    • Crispinus ou l’histoire interrompue
    • L’oreille de la chouette
    • L’araignée crabe
  • Contes des bords du Rhin
    • Mon illustre ami Selsam
    • Myrtille
    • Le cabaliste Hans Weinland
    • Le talion
    • La reine des abeilles
    • Le trésor du vieux seigneur
    • Le blanc et le noir
    • La pêche miraculeuse
    • La voleuse d’enfants
    • Les bohémiens
    • Le citoyen Schneider
  • Contes populaires
    • Le rêve d’Aloïus
    • La comète
    • Les bohémiens sous la Révolution
    • Le coquillage de l’oncle Bernard
  • Contes vosgiens
    • Annette et Jean-Claude
    • Le récit du père Jérôme
    • Le trompette des hussards bleus
    • Le vieux tailleur
  • Varia
    • Les papiers de madame Jeannette
    • Les orateurs de mon village
    • Une veillée au village
    • Le pâté de lapin
    • La vision de M. Nicolas Poirier
    • Les trois amoureux de la grand-mère
    • Loïs

Confidences d’un joueur de clarinette par Erckmann-Chatrian

Fiche de Confidences d’un joueur de clarinette

Titre : Confidences d’un joueur de clarinette
Auteur : Emile Erckmann et Alexandre Chatrian
Date de parution : 1862
Editeur : Bibebook

Première page de Confidences d’un joueur de clarinette

« Lorsque mon oncle Stavolo acheta son quinzième arpent de vigne, à la succession du vieux Hans Aden Fischer, en l’an de grâce 1840, et qu’il le paya comptant mille écus entre les mains du notaire Bischof, tout le village d’Eckerswir en fut émerveillé. Plusieurs proposèrent de le mettre dans les honneurs, de le nommer bourgmestre ou conseiller municipal ; d’autres, plus judicieux, dirent que la place de dégustateur-juré serait plutôt son affaire, attendu qu’il n’y avait pas de plus fin connaisseur en vins que l’oncle Stavolo ; mais il ne tenait pas à ces choses, et répondit modestement :

— Laissez-moi tranquille avec votre place de bourgmestre et de conseiller municipal. Dieu merci, je suis délivré de toute espèce d’ennuis pour mon propre compte ; est-ce que j’irai maintenant, à cinquante-trois ans, m’en donner pour la commune ? Non, non, ôtez-vous cela de l’esprit. La place de dégustateur-juré me conviendrait mieux, car il est toujours agréable de boire un bon verre de vin qui ne vous coûte rien ; mais, grâce au ciel, mes caves sont assez bien fournies en « rikevir », en « kütterlé », en « drahenfetz » de toutes qualités, pour n’avoir pas besoin d’aller marauder à droite et à gauche, et mettre le nez dans le crû de mes voisins. Savez-vous ce que je vais faire maintenant ? Je n’ai pas l’idée de me croiser les bras sur le dos, vous pouvez le croire. »

Extrait de : Erckmann-Chatrian. « Confidences d’un joueur de clarinette. »

Autres contes des bords du Rhin par Erckmann-Chatrian

Fiche de Autres contes des bords du Rhin

Titre : Autres contes des bords du Rhin
Auteur : Emile Erckmann et Alexandre Chatrian
Date de parution : 1862
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Sommaire de Autres contes des bords du Rhin :

  • Myrtille
  • Mon illustre ami Selsam
  • La pêche miraculeuse
  • La reine des abeilles
  • Le talion
  • Le blanc et le noir
  • La voleuse d’enfants
  • Le cabaliste Hans Weinland

Première page de Mon illustre ami Selsam

« Dans la soirée du 19 septembre 1855, j’allai voir mon ancien camarade d’université, l’illustre docteur Adrien Selsam, professeur de pathologie générale, chef de clinique, accoucheur de la grande-duchesse, etc., etc.
Je le trouvai seul dans son magnifique salon de la rue Bergstrasse, le coude sur une petite table de marbre noir, et les yeux plongés dans un globe de cristal, qui me parut contenir une eau de roche parfaitement limpide.
Malgré les rayons pourpres du crépuscule, entrant par trois hautes fenêtres ouvertes sur les jardins du palais, la figure maigre de mon ami Selsam, son nez en lame de rasoir et son menton en galoche, empruntaient au globe des teintes blafardes effrayantes : on eût dit une tête de mort récemment coupée, et le liséré rouge de sa robe de chambre complétait l’illusion. »

Extrait de : Erckmann-Chatrian. « Autres contes des bords du Rhin. »

Contes des bords du Rhin par Erckmann-Chatrian

Fiche de Contes des bords du Rhin

Titre : Contes des bords du Rhin
Auteur : Emile Erckmann et Alexandre Chatrian
Date de parution : 1862
Editeur : BNF

Sommaire de Contes des bords du Rhin :

  • Myrtille
  • Mon illustre ami Selsam
  • La pêche miraculeuse
  • Le trésor du vieux seigneur
  • La reine des abeilles
  • Le talion
  • Le blanc et le noir
  • La voleuse d’enfants
  • Le cabaliste Hans Weinland

Première page de Myrtille

« Tout au bout du village de Dosenheim, en Alsace, à cinquante pas au-dessus du sentier sablonneux qui mène au bois, s’élève une jolie maisonnette entourée d’arbres fruitiers, la toiture plate chargée de grosses pierres, le pignon sur la vallée.
Quelques volées de pigeons tourbillonnent autour, des poules se promènent le long des haies, un coq se perche sur le petit mur de son jardin et sonne le réveil ou la retraite dans les échos du Falberg ; un escalier à rampe de bois, où pend la lessive, monte au premier étage, et deux rameaux de vigne grimpent
à la façade el vont s’épanouir jusque sous le toit.
Si vous gravissez l’escalier, vous découvrez, au fond de la petite allée, la cuisine avec ses plats fleuronnés, ses soupières rebondies ; si vous ouvrez la porte à droite, vous entrez dans la grande salle aux vieux meubles de chêne, au plafond rayé de poutres brunes, à l’antique horloge de Nuremberg qui bat la cadence.
Une femme de trente-cinq ans, la taille serrée dans un long corset de taffetas noir, la tête surmontée de la toque de velours aux grands rubans tremblotants, file et rêve. »

Extrait de : Erckmann-Chatrian. « Contes des bords du Rhin. »

Némésis par Philip Roth

Fiche de Némésis

Titre : Némésis (tome 4 sur 4 – Némésis)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2010
Traduction : M-C Pasquier
Editeur : Gallimard

Première page de Némésis

« Le premier cas de polio, cet été-là, se déclara début juin, tout de suite après Memorial Day, dans un quartier italien pauvre à l’autre bout de la ville. Dans le quartier juif de Weequahic, au sud-ouest, nous n’avions entendu parler de rien, et nous n’avions pas non plus entendu parler de la douzaine de cas qui s’étaient déclarés ici ou là, sporadiquement, dans presque tous les quartiers de Newark sauf le nôtre. Ce n’est que le 4 juillet, quand il avait déjà été fait état de quarante cas dans la ville, que parut à la une du journal du soir un article intitulé « Le directeur de la Santé met en garde les parents contre la polio », dans lequel on citait le docteur William Kittell, directeur du service de la santé, qui demandait aux parents de surveiller leurs enfants de près et de contacter un médecin si l’un d’eux présentait des symptômes tels que mal de tête, mal de gorge, nausées, torticolis, douleurs articulaires, ou fièvre.  »

Extrait de : P. Roth. « Némésis.  »

Le rabaissement par Philip Roth

Fiche de Le rabaissement

Titre : Le rabaissement (tome 3 sur 4 – Némésis)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2009
Traduction : M-C Pasquier
Editeur : Gallimard

Première page de Le rabaissement

« Il avait perdu sa magie. L’élan n’était plus là. Au théâtre, il n’avait jamais connu l’échec, ce qu’il faisait avait toujours été solide, abouti. Et puis il s’était produit cette chose terrible : il s’était soudain retrouvé incapable de jouer. Monter sur scène était devenu un calvaire. Au lieu d’être certain qu’il allait être extraordinaire, il savait qu’il allait à l’échec. Cela se produisit trois fois de suite et, à la troisième, cela n’intéressait plus personne, personne n’était venu. Il n’arrivait plus à atteindre le public. Son talent était mort.
Bien sûr, si on en a eu, il vous reste toujours quelque chose que personne d’autre ne possède. Je serai toujours différent de tous les autres, se rassurait Axler, parce que je suis qui je suis. J’ai cela en moi, et les gens s’en souviendront toujours. Mais le charisme qui avait été le sien, toute son originalité, ses singularités, ses traits distinctifs, tout ce qui avait fonctionné pour Falstaff, Peer Gynt et Oncle Vania, et qui avait valu à Simon Axler d’être reconnu comme le dernier des meilleurs comédiens américains du répertoire classique, rien de tout cela ne marchait plus, quel que fût le rôle. »

Extrait de : P. Roth. « Le rabaissement. »

Indignation par Philip Roth

Fiche de Indignation

Titre : Indignation (tome 2 sur 4 – Némésis)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2008
Traduction : M-C Pasquier
Editeur : Gallimard

Première page de Indignation

« Deux mois et demi environ après que les divisions bien entraînées de la Corée du Nord, armées par les Soviétiques et les communistes chinois, eurent traversé le 38e parallèle et pénétré en Corée du Sud le 25 juin 1950, et qu’eut débuté le calvaire de la guerre de Corée, je devins étudiant à Robert Treat, un petit collège universitaire du centre de Newark, qui portait le nom du fondateur de la ville au XVIIe siècle. J’étais le premier membre de notre famille à faire des études supérieures. Aucun de mes cousins n’avait été au-delà du lycée, et ni mon père ni ses trois frères n’avaient terminé l’école primaire. « Je travaille pour gagner de l’argent », m’avait dit mon père, « depuis l’âge de dix ans. »
C’était un boucher de quartier pour qui j’avais fait les livraisons à bicyclette durant toute ma scolarité, sauf pendant la saison de base-ball et les après-midi où je devais participer aux concours interscolaires en tant que membre de l’équipe des débatteurs. Disons qu’à partir du jour où j’ai quitté la boucherie — j’y avais travaillé pour lui soixante heures par semaine, entre la fin de mes études secondaires, en janvier, et la rentrée universitaire en septembre —, oui, disons qu’à partir du jour où j’ai commencé à suivre mes cours à Robert Treat, mon père a vécu dans la crainte de me voir mourir. »

Extrait de : P. Roth. « Indignation – Némésis. »

Un homme par Philip Roth

Fiche de Un homme

Titre : Un homme (tome 1 sur 4 – Némésis)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2006
Traduction : J. Kamoun
Editeur : Gallimard

Première page de Un homme

« Autour de la tombe, dans le cimetière délabré, il y avait d’anciens collègues de l’agence de publicité new-yorkaise, qui rappelèrent son énergie et son originalité et dirent à sa fille, Nancy, tout le plaisir qu’ils avaient eu à travailler avec lui. Il y avait aussi des gens venus de Starfish Beach, le village de retraités sur la côte du New Jersey, où il s’était installé en 2001 à Thanksgiving, ces gens âgés auxquels, hier encore, il donnait des cours de peinture. Et puis il y avait ses deux fils, Randy et Lonny, quadragénaires nés d’un premier mariage houleux, deux fils « du côté de leur mère » et qui, l’ayant plus souvent entendu traîné dans la boue que porté au pinacle, n’étaient venus que par devoir. Son frère aîné Howie et sa belle-sœur étaient arrivés de Californie la veille, et puis il y avait l’une de ses trois ex-femmes, la deuxième, Phoebe, la mère de Nancy, une grande femme émaciée aux cheveux blancs, dont le bras droit pendait, inerte, à son flanc. »

Extrait de : P. Roth. « Un homme – Némésis. »

La bête qui meurt par Philip Roth

Fiche de La bête qui meurt

Titre : La bête qui meurt (tome 3 sur 3 – David Kepesh)
Auteur : Philip Roth
Date de parution : 2001
Traduction : J. Kamoun
Editeur : Gallimard

Première page de La bête qui meurt

« Je l’ai connue il y a huit ans ; elle suivait mes cours. Je n’enseigne plus à plein temps, et d’ailleurs, à vrai dire, je n’enseigne plus la littérature du tout, puisqu’il y a maintenant plusieurs années que je ne donne qu’un seul cours, un grand séminaire de troisième cycle sur la critique appliquée. J’ai beaucoup de succès auprès des étudiantes, pour deux raisons. D’abord parce que c’est un sujet dont la séduction à la fois intellectuelle et journalistique est irrésistible, ensuite parce qu’elles m’ont entendu faire de la critique littéraire à la radio publique et qu’elles m’ont vu parler de culture sur la Chaîne Treize. Ces quinze dernières années, être critique culturel à la télévision m’a valu une certaine notoriété locale, et c’est la raison du succès de mon cours. Au début, je ne me doutais pas qu’un passage hebdomadaire de dix minutes à la télévision pouvait les impressionner à ce point. Mais de fait, elles ne résistent pas à la célébrité, pour dérisoire que soit la mienne.

Or moi, je suis sensible à la beauté féminine, tu le sais. Chacun ses faiblesses : telle est la mienne… Je vois cette beauté, et elle me rend aveugle à tout le reste. Dès que ces filles viennent à mon premier cours, je sais presque tout de suite laquelle sera pour moi. Mark Twain a écrit une nouvelle où le héros, poursuivi par un taureau, se réfugie dans un arbre. »

Extrait de : P. Roth. « La Bête qui meurt – David Kepesh. »