Auteur/autrice : CH91

 

Rébellion par Lia Habel

Fiche de Rébellion

Titre : Rébellion (tome 2 sur 2 – New Victoria)
Auteur : Lia Habel
Date de parution : 2012
Traduction : A. Sorio
Editeur : Castelmore

Première page de Rébellion

« Le zombie m’attrapa lorsque j’arrivai au sommet de la colline. Sous le choc, je lâchai mon ombrelle et ma tablette numérique. Il m’attira vers lui, emprisonna mes mains minuscules dans les siennes pour m’empêcher de me débattre et posa ses lèvres froides sur ma nuque.

J’émis un petit cri de plaisir mais lui assenai tout de même un coup de pied au tibia.

— Bram, lâche-moi.

— Ça, jamais, grogna-t-il tout contre ma peau, après son baiser.

Sa voix me fit rougir. Sans me laisser le temps de protester davantage, il me souleva et me fit tournoyer dans les airs. C’était ridicule et pourtant j’éclatai de rire. Je gardai les yeux ouverts pour voir défiler le paysage – en particulier la zone vallonnée qui s’étendait à l’est et dont la ville de New London, capitale de New Victoria, Nicaragua, était le point culminant. Le cœur du monde que j’avais toujours connu, désormais transformé, anéanti en quelque sorte – mort et vivant à la fois. »

Extrait de : L. Habel. « Rébellion – New Victoria. »

New Victoria par Lia Habel

Fiche de New Victoria

Titre : New Victoria (tome 1 sur 2 – New Victoria)
Auteur : Lia Habel
Date de parution : 2011
Traduction : A. Sorio
Editeur : Castelmore

Première page de New Victoria

« Enterré vivant.

Quand l’ascenseur s’arrêta en grinçant au milieu du puits, je sus que j’étais enterré vivant. Prisonnier à plusieurs centaines de mètres sous la surface de la terre et à des dizaines de mètres du fond du puits, suspendu dans une cabine de trois mètres sur trois à peine éclairée, au-dessus des boyaux noirs de cette mine dans laquelle j’avais été sacrément soulagé de trouver du travail.

Je me relevai péniblement et repoussai sur le côté mon meilleur ami, Jack, pour aller écraser le bouton qui contrôlait le monte-charge. Je recommençai encore et encore, finissant par le marteler du poing. Rien. La lueur de la lanterne suspendue au plafond vacilla violemment, tandis que sa réserve de pétrole diminuait, comme si elle essayait de différer sa propre mort par d’ultimes sursauts lumineux. »

Extrait de : L. Habel. « New Victoria. »

Les hommes-vecteurs par Michaël Clifden

Fiche de Les hommes-vecteurs

Titre : Les hommes-vecteurs (tome 2 sur 2 – Adonaï)
Auteur : Michaël Clifden
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les hommes-vecteurs

« Peu à peu, le jour se fit. Pas vraiment le jour, mais la clarté dans la partie évasée de l’entonnoir qui allait en s’élargissant. Les dix-huit vaisseaux sortaient de l’obscurité fluorescente du couloir magnétique qui les avait menés de la Métropole, dans l’hémisphère Nord, aux Terres Bleues de l’Asiasie, aux antipodes de Chernoviz, dans l’hémisphère Sud.

Les Survivants, abrutis par la vitesse et l’air pauvre des vaisseaux, s’éveillèrent et bientôt, dans chaque navire, une foule ébahie se pressa contre les hublots.

Adonaï lui-même, aux commandes du vaisseau amiral, était émerveillé. L’entonnoir éclata soudain et il n’y eut plus que le ciel et la mer, une immensité bleue et verte extraordinairement lumineuse piquetée d’îlots d’un vert plus sombre ourlés de lèvres claires – les plages dans les lagons. »

Extrait de : M. Clifden. « Les hommes-vecteurs – Adonaï. »

Le celte noir par Michaël Clifden

Fiche de Le celte noir

Titre : Le celte noir (tome 1 sur 2 – Adonaï)
Auteur : Michaël Clifden
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le celte noir

« Comme tous ses semblables, le Pathos-Robot portait en badge un mini-cerveau soudé sur son front convexe.
De son doigt lumineux, il m’a montré l’escalier extérieur, en dents de scie, qui conduit aux cellules, simples boxes ouverts sur les couloirs immaculés.
Cet escalier fait une oreille étrange au premier des quatre bâtiments du Neuro-Centre, quand on vient de l’Agglomérat par la maison de repos des employés du Plan.
Les murs d’aluminium anodisé sont coiffés de toits pointus, réminiscence de la lointaine occupation de l’Europe par les hordes du Milieu, avant que tous les Jaunes ne soient exterminés au cours de la Grande Guerre Bactériologique de l’année 2050. »

Extrait de : M. Clifden. « Le celte noir – Adonaï. »

Nord par Thierry Lassalle

Fiche de Nord

Titre : Nord (tome 1 sur 2 – Nord-Sud)
Auteur : Thierry Lassalle
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de Nord

« Thorwald riait fort en caressant distraitement la poitrine de sa favorite du moment, une forte blonde venue de l’Est quelques semaines auparavant avec un convoi de bois et qu’il avait remarquée en se promenant dans la ville. L’homme qui accompagnait la blonde n’avait pas protesté lorsque Thorwald avait fait signe à la fille de le rejoindre – on ne discutait pas les ordres du Souverain du Sud. Pour le prix de son silence, il avait obtenu une place de marmiton au palais – et depuis la blonde partageait tous les instants de Thorwald. On racontait même qu’elle parvenait à faire oublier au vieux souverain toutes les femmes qui l’avaient précédée dans son lit. Cependant, à l’époque, Clark était bien trop jeune pour comprendre toute la signification de ces allusions salaces qu’il saisissait parfois au vol dans les couloirs du palais.

Clark pénétra dans la grande salle ; le silence se fit aussitôt. Même le rire de Thorwald s’apaisa lorsque son fils s’approcha de l’estrade sur laquelle le souverain était installé. D’un coup de pied, Thorwald repoussa la fille qui alla rouler au bas des trois marches de marbre. »

Extrait de : T. Lassalle. « Nord – Nord-Sud. »

La piste du sud par Thierry Lassalle

Fiche de La piste du sud

Titre : La piste du sud (tome 2 sur 2 – Nord-Sud)
Auteur : Thierry Lassalle
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de La piste du sud

« En ce temps-là, régnait sur le désert glacé du pays du Nord la tyrannie de la Société – quelques aventuriers groupés en un gouvernement oppressif, sous la conduite de Cob, le chef de la Garde Noire. Lors d’une expédition armée au-delà de la Zone Interdite marquant la frontière du Nord[1], Cob assassine Thorwald, le souverain du Sud, sous les yeux de son jeune fils Clark qu’il déporte ensuite en compagnie de la majorité de la population du Sud et enferme dans les camps de travail.

Plusieurs années passèrent avant que Clark ne parvienne à reconstituer, bribes après bribes, toute l’histoire de son passé. Il décide alors de venger la mémoire de son père et de tuer Cob avant de rejoindre le pays du Sud. Aidé de Gun et de Ray, deux Insoumis rencontrés après sa fuite du camp où il était retenu prisonnier, il gagne la ville du Nord. Avec la complicité de Leila, la prostituée, il parvient à pénétrer dans le Palais Noir, siège de la Société, où il retrouve Cob. »

Extrait de : T. Lassalle. « La piste du sud – Nord-Sud. »

La bataille des dieux par John Stuntman

Fiche de La bataille des dieux

Titre : La bataille des dieux
Auteur : John Stuntman
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de La bataille des dieux

« La masse colossale du vaisseau intergalactique se stabilisa lentement en orbite autour de la planète. C’était un navire de guerre hérissé de générateurs de rayonnement et de tubes mobiles d’où pouvait jaillir la destruction sous de multiples formes. Une longue antenne apparut à sa base, dirigée vers l’atmosphère bleutée du globe planétaire, semblable à un bras inquisiteur auquel rien ne pouvait échapper.

En des temps plus reculés, d’autres astronefs avaient fait escale autour de cette planète, des humanoïdes venus du lointain cosmos s’étaient intégrés par petits groupes au sein des peuplades primitives afin d’y apporter les ferments de la connaissance et s’y livrer à de délicates expériences. Mais la guerre avait mis un terme à ces expéditions pacifiques et tous les corps expéditionnaires civils lancés dans l’espace avaient été rappelés à leurs bases. Une guerre démesurée dans laquelle s’opposaient deux forces titanesques pour la domination d’un empire regroupant plus d’un millier de galaxies. »

Extrait de : J. Stuntman. « La bataille des dieux. »

Les lanciers de Peshawar par Stephen Michael Stirling

Fiche de Les lanciers de Peshawar

Titre : Les lanciers de Peshawar
Auteur : Stephen Michael Stirling
Date de parution : 2002
Traduction : E. Ochs
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les lanciers de Peshawar

« Le capitaine Athelstane King se rinça la bouche avec l’eau de l’outre accrochée au pommeau de sa selle. Même en octobre, le soleil tapait dans cette partie basse et sans ombre de la province de la Frontière du Nord-Ouest. Et il y avait assez de poussière pour qu’on l’entende crisser entre ses dents. Quand il cracha, sa salive avait la couleur kaki de son uniforme et de l’étoffe de son turban. Elle forma brièvement une tache sombre sur le gravier blanc de la route militaire qui serpentait depuis la passe du Khyber jusqu’à Peshawar.
Je me sens exactement comme ça, se dit-il. Sale, fatigué, à plat. C’était un boulot qu’il fallait faire – quiconque ayant vu un village mis à sac par les tribus des montagnes ne pouvait en douter – mais un boulot sans gloire.
Ce jour-là, les hommes et les bêtes de l’Artillerie de Charasia, qui se pressaient sur la route nationale, rentraient par le même chemin qu’avaient emprunté avant eux des générations de combattants – pour la plupart leurs pères, leurs grands-pères et leurs arrière-grands-pères. »

Extrait de : S. M. Stirling. « Les Lanciers de Peshawar. »

Le cirque des rêves par Erin Morgenstern

Fiche de Le cirque des rêves

Titre : Le cirque des rêves
Auteur : Erin Morgenstern
Date de parution : 2010
Traduction : S. Porte
Editeur : Flammarion

Première page de Le cirque des rêves

« Le cirque arrive sans crier gare.

Aucune annonce ne précède sa venue, aucun avis, aucune affiche sur les poteaux de la ville, aucune mention, aucune publicité dans les journaux locaux. Simplement il est là, quand la veille il n’y était pas.

Les imposants chapiteaux sont rayés de noir et blanc, aucune trace d’or ou de pourpre. Pas la moindre couleur hormis celle des arbres voisins et de l’herbe des champs environnants. Des rayures noires et blanches sur un ciel gris ; d’innombrables chapiteaux de toutes tailles et de toutes formes, enchâssés dans une grille ouvragée en fer forgé qui se dresse au milieu d’un univers terne. Le peu d’espace au sol que l’on distingue de l’extérieur est noir ou blanc, recouvert de peinture, de poudre ou camouflé par un quelconque artifice.

Mais il n’est pas ouvert au public. Pas encore.

En quelques heures, toute la ville est au courant. L’après-midi, la nouvelle a fait le tour de la région. »

Extrait de : E. Morgenstern. « Le cirque des rêves. »

La mer sans étoiles par Erin Morgenstern

Fiche de La mer sans étoiles

Titre : La mer sans étoiles
Auteur : Erin Morgenstern
Date de parution : 2019
Traduction : J. Sibony
Editeur : Sonatine

Première page de La mer sans étoiles

« Il y a un pirate dans la cave.
(Le pirate est une métaphore, mais en même temps une personne.)
(La cave pourrait très bien être un cachot.)
Le pirate a été placé là en raison de nombreux actes de piraterie considérés comme des crimes dignes de châtiment par les non-pirates qui décident de ces choses-là.
Quelqu’un avait dit de jeter la clé, pourtant elle est pendue par un anneau rouillé à un crochet sur le mur adjacent.
(Suffisamment près pour être visible de derrière les barreaux. La liberté à portée de main mais inaccessible, comme un rappel constant au prisonnier. Personne ne se souvient de ça désormais de l’autre côté des barreaux. L’habile stratagème psychologique a été oublié, dissous dans l’habitude et la commodité.)
(Le pirate s’en rend compte mais s’abstient de tout commentaire.)
Le garde est assis sur une chaise près de la porte et lit des romans policiers aux pages jaunies, en se rêvant dans une version fictionnelle et idéalisée de lui-même ; en se demandant si la différence entre les pirates et les voleurs est une question de bateaux et de couvre-chefs. »

Extrait de : E. Morgenstern. « La Mer sans Etoiles. »