Auteur/autrice : CH91

 

Le palais du déviant par Tim Powers

Fiche de Le palais du déviant

Titre : Le palais du déviant
Auteur : Tim Powers
Date de parution : 1985
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu

Première page de Le palais du déviant

« Modesto, tapi dans la benne rouillée du camion-bascule tout en haut du mur, se serra davantage dans son blouson, repoussa son chapeau en arrière et, plissant les yeux, regarda la ville tout autour de lui. À l’heure présente, il n’y avait guère de particuliers qu’il serait lucratif d’épier mais, rien que pour se maintenir en forme, le jeune garçon aimait bien observer de ce perchoir toutes les allées et venues. Au-dessous de lui, à gauche, se déployait le secteur de la Porte du Sud, moins animé qu’à l’ordinaire en raison de la récente averse, et, plus loin vers le sud-est – la direction qui était presque toujours sous le vent –, il apercevait les bicoques délabrées et les ruelles noires de boue de Dogtown au-dessus desquelles planait la nappe des fumées tourbillonnantes qui montaient des feux couvant perpétuellement dans les fosses
remplies d’immondices.

Modesto escalada à quatre pattes le toit de la cabine défoncée pour s’asseoir sur le capot et regarda vers le nord. Quand il se déplaça, le camion à l’échine brisée, aussi inébranlable que le mur de ciment qu’il chevauchait et dont les arêtes étaient usées par le temps, ne bougea pas d’un cheveu : personne, de mémoire d’homme, ne l’avait jamais vu ne fût-ce qu’osciller. »

Extrait de : T. Powers. « Le Palais du Déviant. »

Itinéraires nocturnes par Tim Powers

Fiche de Itinéraires nocturnes

Titre : Itinéraires nocturnes
Auteur : Tim Powers
Date de parution : 2011
Traduction : J-P Pugi
Editeur : Denoël

Sommaire de Itinéraires nocturnes :

  • Vers le bas de la colline
  • Turbulences
  • La Better Boy
  • Par longs chemins
  • Où ils se cachent
  • Itinéraire
  • Au tréfond de mon être
  • Cinquante cents
  • Pat Moore
  • Les réparateur de bibles
  • Une âme dans une bouteille
  • L’heure de Babel

Première page de Vers le bas de la colline

« Je ne m’y étais pas rendu depuis 1961, mais je rétrogradai instinctivement pour négocier le virage, afin que la moto roule assez lentement pour pouvoir s’engager à angle droit sur la route de terre dès qu’elle m’apparaîtrait. Le chemin conduisant à la maison du vieux, un long sentier gravillonné creusé d’ornières, gravissait la colline en zigzaguant, et je devais corriger du pied mon assiette chaque fois que le pneu slick perdait toute adhérence. C’était un matin lumineux rafraîchi par la brise. Les arbres et les vallons brun-roux de Californie se mettaient mutuellement en valeur. Ce fut donc en sifflotant gaiement que je franchis la crête et arrêtai ma vieille Honda à côté d’un couple d’Harley-Davidson autrement impressionnantes. »

Extrait de : T. Powers. « Itinéraires nocturnes. »

A deux pas du néant par Tim Powers

Fiche de A deux pas du néant

Titre : A deux pas du néant
Auteur : Tim Powers
Date de parution : 2006
Traduction : J-P Pugi
Editeur : Denoël

Première page de A deux pas du néant

« C’est en dansant sur ses amortisseurs que l’ambulance quitta l’aire de stationnement du centre hospitalier de la Miséricorde pour virer vers le sud dans Pine Street. Puis les meuglements de sa sirène montèrent se perdre dans un ciel sans nuages pendant que ses feux bleus et rouges se changeaient en simples points clignotants sous la vive clarté du soleil de midi. Arrivé à la hauteur d’East Lake Street, le véhicule prit à gauche pour éviter le plus gros des embouteillages qui congestionnaient les quartiers sud depuis qu’un habitant de ce secteur avait vu un ange apparaître sur son téléviseur, et que des centaines de dévots venaient chaque week-end en pèlerinage dans cette ville sainte.

Au niveau de l’Everett Memorial Highway, l’ambulance put repartir vers le nord et accélérer. Cinq minutes plus tard elle laissait l’agglomération derrière elle pour entamer l’ascension de l’étroite route goudronnée qui bénéficiait de la fraîcheur des pinèdes, et lorsque la chaussée s’incurva vers l’est les hauteurs enneigées du mont Shasta, dont le cratère du Shastina, émergèrent au-dessus de la limite supérieure de la végétation. »

Extrait de : T. Powers. « A deux pas du neant. »

Date d’expiration par Tim Powers

Fiche de Date d’expiration

Titre : Date d’expiration (tome 2 sur 3 – Trilogie du roi pêcheur)
Auteur : Tim Powers
Date de parution : 1995
Traduction : I. St. Martin
Editeur : J’ai lu

Première page de Date d’expiration

« De sa prime enfance, vers quatre ou cinq ans, il gardait le souvenir du salon toujours obscur comme une crypte, des rideaux tirés pour masquer les grandes baies vitrées ; et puis il y avait ces lourds meubles de bois sombre comme dans les églises, incrustés de feuilles, de raisins et de griffes.

Maintenant, les rideaux avaient disparu, si bien que, de son fauteuil, Kootie voyait la pelouse, plus ocre que verte dans la lumière de cette fin d’après-midi, où s’étiraient les ombres longues des sycomores. On avait également refait les peintures du living, en blanc ; et puis il n’y avait pour ainsi dire plus de meubles, à part des fauteuils de bois blanc et une table basse en verre.

Le manteau de la cheminée aussi avait été repeint en blanc, mais le vieux buste noir de Dante s’y trouvait toujours, ultime témoignage du goût de ses parents en matière d’ameublement, avant… Dante Ali Guéri, comme il croyait alors devoir l’appeler. »

Extrait de : T. Powers. « Date d’expiration – Trilogie du roi pêcheur. »

Poker d’âmes par Tim Powers

Fiche de Poker d’âmes

Titre : Poker d’âmes (tome 1 sur 3 – Trilogie du roi pêcheur)
Auteur : Tim Powers
Date de parution : 1992
Traduction : J-B Grasset, I Stoïanov
Editeur : J’ai lu

Première page de Poker d’âmes

« Une main crispée sur celle de son petit garçon, Georges Leon souleva le bord de son chapeau pour contempler les sombres nuées qui envahissaient le ciel en plein midi.

En cet instant, les automobilistes circulant sur l’autoroute de Boulder devaient voir la pluie composer des trombes erratiques entre les nuages lourds et l’immensité du désert. Sans doute l’eau avait-elle déjà inondé les deux voies de la 91, coupant l’hôtel Flamingo du reste de la ville. Et de l’autre côté de la Terre, sous les pieds de l’homme et de l’enfant, brillait la pleine lune.

La Lune et le Fou, pensa-t-il avec accablement. Mauvais tirage ! Mais je ne peux pas reculer…

Un chien aboyait à quelques rues de là, dans une ruelle ou sur un parking. Leon ne put s’empêcher de songer à celui qui poursuit le Fou sur la carte du jeu de tarot, puis à l’escorte canine d’Artémis, déesse de la lune dans la mythologie grecque. La Lune du tarot est d’ailleurs généralement représentée sur fond pluvieux. »

Extrait de : T. Powers. « Poker d’âmes – Trilogie du roi pêcheur. »

Susanna Clarke

Présentation de Susanna Clarke :

Susanna Clarke est née le 1er novembre 1959 à Nottingham, elle s’est distinguée par une exigence et une patience qui forcent le respect, en une époque où l’empressement est souvent de mise. Il lui fallut en effet près d’une décennie pour polir minutieusement l’ouvrage qui allait lui apporter la gloire littéraire, le monumental Jonathan Strange et Mr Norrell, paru à l’orée de notre siècle.

Dans cette fresque majestueuse, Susanna Clarke accomplit le prodige de ressusciter la prose de la grande époque georgienne, empruntant la finesse d’analyse et l’ironie subtile d’une Jane Austen ou d’un Charles Dickens pour les marier avec allégresse au merveilleux. Elle y dépeint une Angleterre plongée dans les tourments des guerres napoléoniennes, où la magie, tombée en désuétude depuis le Moyen Âge, refait brusquement surface par l’entremise de deux gentilshommes aussi brillants qu’antagonistes. La restitution des mœurs et du ton mondain de ce temps y est d’une authenticité tout bonnement confondante, servie par un appareil de notes de bas de page qui simule avec malice une véritable recherche érudite.

La romancière nous a également gratifiés d’un charmant recueil de contes, Les Dames de Grâce Adieu, explorant plus avant les frontières de ce monde féerique et les légendes du petit peuple. Hélas, une longue et cruelle affection asthéniante – un mal des plus épuisants – l’a tenue, bien malgré elle, éloignée de sa table de travail et des cercles lettrés durant de nombreuses années.

Néanmoins, tel le phénix, elle nous revint récemment, triomphante et couronnée des plus grands honneurs, avec la publication d’un second roman : Piranèse (Piranesi). Ce récit singulier et envoûtant nous égare dans les salles infinies et parées de statues d’un palais labyrinthique envahi par les marées. Elle y offre une allégorie poignante sur la solitude, la mémoire et l’émerveillement, témoignant d’une rare délicatesse d’âme.

C’est là une œuvre d’une élégance suprême, empreinte d’une délicieuse mélancolie, dont la lecture saura sans aucun doute ravir votre esprit si perspicace.

Livres de Susanna Clarke :

Jonathan Strange et Mr Norrell (2004)
Les dames de Grâce Adieu (2006)
Piranèse (2020)

Pour en savoir plus sur Susanna Clarke :

La page Wikipédia sur S. Clarke
La page Noosfere sur S. Clarke
La page isfdb de S. Clarke

Tim Powers

Présentation de Tim Powers :

Né le 29 février 1952 à Buffalo, dans le vaste État de New York, Tim Powers (de son nom complet Timothy Thomas Powers) s’est érigé comme l’un des maîtres incontestés d’un genre littéraire des plus fascinants, mêlant avec une redoutable habileté l’érudition historique aux vertiges du merveilleux et de l’occulte.

Ami intime et disciple du regretté Philip K. Dick, cet auteur californien d’adoption s’est fait une spécialité de ce que nos critiques nomment volontiers « l’histoire secrète » ou la fantaisie historique. Son talent singulier consiste en effet à s’emparer des zones d’ombre et des lacunes de notre Histoire véritable pour y glisser, avec une implacable logique interne, des explications d’ordre surnaturel. Sous sa plume ciselée, les complots politiques, les grands bouleversements et les figures illustres de notre passé se trouvent soudainement mêlés à de ténébreuses machinations magiques.

Il a conquis l’admiration des esthètes avec son magistral roman Les Voies d’Anubis (The Anubis Gates), une œuvre foisonnante et vertigineuse qui nous précipite dans les bas-fonds du Londres du début du XIXe siècle, orchestrant un ballet inouï entre voyages temporels, poésie romantique et sorcellerie d’inspiration égyptienne. Ce véritable coup de maître a d’ailleurs largement contribué à forger un courant esthétique et littéraire que les jeunes esprits d’aujourd’hui se plaisent à baptiser le « steampunk ».

Il convient de surcroît de citer Sur des mers plus ignorées (On Stranger Tides), un palpitant récit de flibuste où s’entremêlent piraterie, quête de la fontaine de jouvence et magie vaudou. Ouvrage dont l’intrigue pittoresque fut même, bien des années plus tard, pillée par le cinématographe hollywoodien pour y puiser l’inspiration d’une très fameuse saga de corsaires. Mentionnons enfin Le Poids de son regard (The Stress of Her Regard), où Tim Powers convoque les illustres poètes Byron, Shelley et Keats, les précipitant au beau milieu de sanglantes conspirations vampiriques.

Tim Powers est véritablement un orfèvre de l’imaginaire, doté d’une rigueur documentaire tout à fait louable qui accorde un formidable crédit à ses plus folles affabulations. C’est là une lecture des plus roboratives, que je vous enjoins vivement de découvrir.

Livres de Tim Powers :

Trilogie du roi pêcheur :

A deux pas du néant (2006)
Itinéraires nocturnes (2011)
Le palais du déviant (1985)
Le poids de son regard (1989)
Les chevaliers de la brune (1979)
Les cieux découronnés (1976)
Les pêcheurs du ciel (1989)
Les puissances de l’invisible (2001)
Les voies d’Anubis (1983)
Parmi les tombes (2012)
Sur des mers plus ignorées… (1987)

Pour en savoir plus sur Tim Powers :

La page Wikipédia sur T. Powers
La page Noosfere sur T. Powers
La page isfdb de T. Powers

L’ambre du diable par Mark Gatiss

Fiche de L’ambre du diable

Titre : L’ambre du diable (tome 2 sur 3 – Une aventure de Lucifer Box)
Auteur : Mark Gatiss
Date de parution : 2006
Traduction : L. Boischot
Editeur : Bragelonne

Première page de L’ambre du diable

« Il était américain, je n’avais donc d’autre choix que de lui tirer dessus.

J’avais déjà atteint le pauvre bougre une fois – en plein dans l’un de ses mollets flasques – et le poursuivais à présent avec la ténacité qui m’avait rendu modérément célèbre. Pour une raison qui ne mérite pas que l’on s’y attarde, j’étais cramponné au marchepied d’une automobile, le visage fouetté par le vent froid tandis que nous parcourions à toute allure les rues encombrées de Manhattan. Devant moi se dressait, magnifique d’élégance, le tout nouveau Chrysler Building, qui s’élançait comme une épée dans le ciel limpide et reflétait les rayons froids du soleil.

Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas au courant (mais où étiez-vous, enfin ?), je m’appelle Lucifer Box, artiste peintre, auteur occasionnel de mémoires croustillants et agent (très secret) au service de Sa Majesté. Je vous avoue volontiers (quoiqu’avec une pointe de tristesse) que ma carrière artistique était alors plus ou moins morte et enterrée. »

Extrait de : M. Gatiss. « L’Ambre du diable – Une aventure de Lucifer Box. »

Le club Vesuvius par Mark Gatiss

Fiche de Le club Vesuvius

Titre : Le club Vesuvius (tome 1 sur 3 – Une aventure de Lucifer Box)
Auteur : Mark Gatiss
Date de parution : 2004
Traduction : L. Boischot
Editeur : Bragelonne

Première page de Le club Vesuvius

« J’ai toujours fait preuve d’un manque de discernement affligeant quand il s’agissait de juger du caractère des autres. C’est, paraît-il, la plus charmante de mes vertus.

Je ne savais donc que penser de l’Honorable Everard Supple, dont j’exécutais le portrait dans mon studio en ce soir de juillet écrasé de chaleur.

C’était un individu d’une soixantaine d’années à la carrure de pugiliste, qui devait sa fortune à des mines de diamants situées dans la province sud-africaine du Cap. Lors de notre deuxième séance – celle où, invariablement, les clients commencent à se dérider –, il m’avait confié son projet de dévouer ses dernières années à la recherche du plaisir, qu’il comptait notamment trouver dans les casinos des contrées les plus chaudes d’Europe – et je ne parle pas que du climat. Il avait donc souhaité qu’un portrait de lui habite, en son absence, l’impressionnant manoir qu’il venait de s’offrir. »

Extrait de : M. Gatiss. « Une Aventure de Lucifer Box – Le Club Vesuvius. »

New Victoria – intégrale par Lia Habel

Fiche de New Victoria – intégrale

Titre : New Victoria – intégrale
Auteur : Lia Habel
Date de parution :
Traduction : A. Sorio
Editeur : France Loisirs

Sommaire de New Victoria – intégrale :

  • New Victoria
  • Rébellion