Auteur/autrice : CH91
Le réveil des anciens dieux par David et Leigh Eddings

Fiche de Le réveil des anciens dieux
Titre : Le réveil des anciens dieux (Tome 1 sur 4 – Tétralogie des rêveurs)
Auteur : David et Leigh Eddings
Date de parution : 2003
Traduction : J.C Mallé
Editeur : Pocket
Première page de Le réveil des anciens dieux
« Selon les légendes – parfois fantaisistes – de la région, le Pays de Dhrall occupe sa position géographique actuelle depuis le début des temps. Notre Père le Sol étant instable par nature, les autres continents dérivent dans les vastes étendues de Notre Mère l’Eau, éternellement à la recherche d’un endroit où jeter l’ancre. Mais le Pays de Dhrall, est-il écrit, fut planté là où il est par la volonté des dieux de Dhrall, et il en sera ainsi jusqu’à la fin du monde.
Cela établi, savoir d’où vient ce monde – et pourquoi il en est venu – reste au-delà de la compréhension humaine. En l’absence d’informations plus précises, il convient, là encore, de s’en tenir aux légendes de Dhrall. À les en croire, cet exploit fut accompli par de très anciens dieux. Une tâche si écrasante que ces divinités, aussi immortelles et omnipotentes soient-elles, furent épuisées avant d’en avoir terminé.
En ces temps, des dieux beaucoup plus jeunes arpentaient le monde. Pleins de compassion pour leurs aînés, ils leur proposèrent de se reposer pendant qu’ils porteraient sur leurs épaules le fardeau de la création. Ayant trimé au point d’être à un souffle de disparaître dans le néant, les anciens dieux acceptèrent avec gratitude. Puis ils s’endormirent, laissant les rênes de l’univers entre les mains de leurs jeunes collègues. »
Extrait de : D.L Eddings. « Le réveil des anciens dieux – Tétralogie des rêveurs. »
Les trois grimoires par David et Leigh Eddings
Fiche de Les trois grimoires
Titre : Les trois grimoires (Tome 2 sur 2 – La rédemption d’Althalus)
Auteur : David et Leigh Eddings
Date de parution : 2000
Traduction : I. Troin
Editeur : Pocket
Première page de Les trois grimoires
« — Non ! cria Andine.
Elle courut vers son amoureux, se laissa tomber à genoux et le serra contre elle.
— Éloigne-la de lui, Althalus ! dit la voix de Dweia dans la tête du voleur. Elle ne fera qu’aggraver les choses.
— Il est toujours vivant ? demanda Althalus.
— Évidemment ! Allez, bouge-toi !
Althalus écarta la jeune fille hystérique d’Éliar.
— Arrête ça, Andine, lui dit-il en se forçant au calme. Il n’est pas mort, mais gravement blessé, alors ne le secoue pas comme ça.
— Laisse-moi la place, Althalus, ordonna Dweia. Je dois parler à Leitha. (Il la sentit le bousculer mentalement.) Leitha, dit-elle à voix haute, c’est moi. Je veux que tu fasses exactement ce que je te dirai.
— Un piège ! J’aurais dû me douter que c’était trop facile !
— Nous n’avons pas le temps de pleurnicher. J’ai besoin de connaître la gravité de la blessure d’Éliar.
— J’ai échoué, Dweia ! Tout ce qui entourait cette caverne était une embuscade, et je me suis jetée dedans tête la première. »
Extrait de : D.L Eddings. « Les trois grimoires – La rédemption d’Althalus. »
Les yeux d’émeraude par David et Leigh Eddings

Fiche de Les yeux d’émeraude
Titre : Les yeux d’émeraude (Tome 1 sur 2 – La rédemption d’Althalus)
Auteur : David et Leigh Eddings
Date de parution : 2000
Traduction : I. Troin
Editeur : Pocket
Première page de Les yeux d’émeraude
« À la décharge d’Althalus, notons qu’il était dans une situation financière précaire et dans un état d’ébriété avancé quand il accepta de se charger du vol du Grimoire. Sobre et en possession d’une bourse dont il n’aurait pas vu le fond, il aurait posé davantage de questions au sujet de la Maison au Bout du Monde, et exigé d’en savoir plus sur le propriétaire du Grimoire.
Ce serait pure folie que de vouloir dissimuler la véritable nature d’Althalus, car ses défauts sont du bois dont on fait les légendes. Comme chacun le sait, c’est un voleur, un menteur, à l’occasion un assassin, un vantard de première et, plus généralement, un homme dépourvu d’honneur. Ajoutons que c’est un ivrogne, un glouton et un client assidu des dames de petite vertu…
À sa façon, ce mécréant est assez charmeur, malin et très amusant. Dans certains cercles, on chuchote que s’il le voulait, Althalus pourrait faire pouffer les arbres et éclater de rire les montagnes.
Mais ses doigts agiles sont encore plus déliés que sa langue, et l’homme prudent gardera toujours une main sur sa bourse pendant qu’il rit de ses plaisanteries. »
Extrait de : D.L Eddings. « Les yeux d’émeraude – La rédemption d’Althalus. »
Réjouissez-vous par Steven Erikson

Fiche de Réjouissez-vous
Titre : Réjouissez-vous
Auteur : Steven Erikson
Traduction : P. Couton
Date de parution : 2018
Editeur : L’Atalante
Première page de Réjouissez-vous
« L’espace était en effervescence. Au sein du semis d’astéroïdes en orbite entre Mars et Jupiter, de petits objets naquirent d’un coup, comme un nuage de moucherons jaillissant d’une mare invisible. Effectivement petits – ils ne dépassaient pas le volume d’un SUV ordinaire –, ces nuages de machines se mirent peu à peu à proliférer. Les essaims se comptèrent bientôt par centaines et les objets par dizaines de milliers.
Les nuages, qu’éclairait chichement le pâle reflet du soleil lointain, se dispersèrent depuis leur point d’origine. À des vitesses hallucinantes, ils s’égaillèrent parmi les astéroïdes. Certains filèrent hors de l’espace passablement encombré de la ceinture d’astéroïdes et de son champ de débris. D’autres foncèrent vers Mars.
Dans les heures et les jours qui suivirent, les nuages de machines parmi les astéroïdes se déposèrent sur de gros cailloux judicieusement choisis, certains riches en métaux, d’autres assez semblables à des comètes, alourdis d’eau gelée, de méthane, d’ammoniaque et d’une enveloppe charbonneuse de poussière spatiale. Sur chacun de ces astéroïdes, les objets s’agglutinèrent exclusivement d’un seul côté. Ils projetèrent des filaments, se relièrent les uns aux autres et s’installèrent. Une douzaine d’autres nuages convergèrent vers le plus gros astéroïde des environs immédiats. »
Extrait de : S. Erikson. « Réjouissez-vous. »
La poussière des rêves par Steven Erikson

Fiche de La poussière des rêves
Titre : La poussière des rêves (Tome 9 sur 10 – Le livre des martyrs)
Auteur : Steven Erikson
Traduction :
Date de parution : 2009
Editeur : Editions Leha
Première page de La poussière des rêves
« Il y avait la lumière, et puis la chaleur.
Il s’agenouilla, prenant soigneusement chaque pli fragile dans ses mains, s’assurant que chacun était parfait, que le bébé n’était nullement exposé au soleil. Il tira sur la capuche jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un trou de la taille d’un poing pour le visage de la petite, dont les traits étaient des taches grises dans l’obscurité, puis il la souleva doucement et l’installa dans le creux de son bras gauche, sans aucune difficulté.
Ils avaient campé près du seul arbre à la ronde, mais pas sous celui-ci. C’était un gamleh et les gamlehs étaient en colère contre les gens. Dans le crépuscule, la nuit précédente, ses branches avaient été couvertes de masses palpitantes de feuilles grises, du moins jusqu’à ce qu’ils s’en soient approchés. Ce matin, les branches étaient nues.
Tourné vers l’ouest, Cahot tenait dans ses bras le bébé qu’il avait appelé Portée. Les herbes étaient incolores. Par endroits, elles avaient été balayées par le vent sec, vent qui avait ensuite soufflé la poussière autour de leurs racines pour exposer leurs bulbes pâles, de sorte que les plantes se flétrissaient et mouraient. »
Extrait de : S. Erikson. « La Poussière des Rêves – Le livre des martyrs. »
La rançon des molosses par Steven Erikson

Fiche de La rançon des molosses
Titre : La rançon des molosses (Tome 8 sur 10 – Le livre des martyrs)
Auteur : Steven Erikson
Traduction :
Date de parution : 2008
Editeur : Editions Leha
Première page de La rançon des molosses
« – Je ne connais aucun nom à cette ville, déclara l’homme déguenillé, tripotant les ourlets effilochés de ce qui avait autrefois dû être une opulente cape.
Dans sa ceinture tressée s’entortillaient les reliquats putrides d’une laisse de cuir.
— Il lui en faudrait un, à mon avis, poursuivit-il en élevant la voix de manière à pouvoir couvrir les grondements des chiens qui s’étaient engagés dans un combat féroce. Pour autant, j’accuse un certain manque d’imagination, et personne ne semble s’en soucier.
La femme qui se tenait à son côté, à qui il avait adressé cette remarque sur un ton des plus cordiaux, venait tout juste d’arriver. De sa vie d’avant, bien peu subsistait. Elle n’avait jamais possédé de chien, et pourtant elle s’était retrouvée là, à remonter la grand-rue de cette étrange ville décrépite, tenant dans son poing serré la laisse d’un cabot fort mal luné qui n’avait eu de cesse de vouloir s’en prendre à tous ceux dont ils avaient croisé le chemin. Le cuir gâté ayant fini par céder, la bête enfin libre s’était jetée sur le chien de l’homme en question et l’avait agressé en bonne et due forme. »
Extrait de : S. Erikson. « La Rançon des Molosses – Le livre des martyrs. »
Le souffle du moissonneur par Steven Erikson

Fiche de Le souffle du moissonneur
Titre : Le souffle du moissonneur (Tome 7 sur 10 – Le livre des martyrs)
Auteur : Steven Erikson
Traduction :
Date de parution : 2007
Editeur : Editions Leha
Première page de Le souffle du moissonneur
« Dans un paysage de plaine déchiré par le chagrin, les carcasses de six dragons gisaient les unes à côté des autres, sur plus de mille pas, la chair fendue, les os brisés, les mâchoires béantes et les yeux secs. Là où leur sang s’était répandu sur le sol, les fantômes pris au piège s’étaient rassemblés comme des mouches se jetant sur de la sève. Ils se tordaient et émettaient de dérisoires cris de désespoir, tandis que le sang s’assombrissait et disparaissait dans le sol sans vie ; et quand la substance durcit enfin, se changeant en pierre vitreuse, ces fantômes se retrouvèrent condamnés à une éternité enfermés dans cette prison obscure.
La créature nue qui arpentait le chemin accidenté formé par les cadavres de dragons était à la mesure de leur masse, mais liée à la terre. Elle marchait sur deux jambes arquées, les cuisses épaisses comme des arbres millénaires. Elle était aussi large d’épaules qu’un Toblakaï Tartheno était grand ; un cou épais caché sous une crinière de cheveux noirs et brillants, avec un front, des pommettes et des mâchoires proéminents, et des yeux enfoncés révélant des pupilles noires entourées d’un blanc opalescent. »
Extrait de : S. Erikson. « Le Souffle du Moissonneur – Le livre des martyrs. »
Les osseleurs par Steven Erikson

Fiche de Les osseleurs
Titre : Les osseleurs (Tome 6 sur 10 – Le livre des martyrs)
Auteur : Steven Erikson
Traduction :
Date de parution : 2006
Editeur : Editions Leha
Première page de Les osseleurs
« Les toiles entre les tours étaient visibles telles des feuilles luisantes et le doux vent venu de la mer faisait frémir leurs immenses fils, de sorte qu’un brouillard de pluie tombait sur Kartool, comme tous les matins par temps clair.
En fin de compte, il était possible de s’habituer à la plupart de ces choses, et depuis que les araignées à bandes jaunes avaient été les premières à occuper les tours, autrefois célèbres, après la conquête de l’île par Malaz plusieurs décennies auparavant, le temps n’avait pas manqué pour se faire à pareils détails. Même la vue de goélands et de pigeons immobiles entre les dizaines de tours tous les matins, avant que les araignées de la taille d’un poing sortent de leurs tanières pour chasser, n’entraînait plus qu’un léger mouvement de recul chez les habitants de Kartool.
La sergente Hellian, garde du district du Septarche, faisait hélas exception à la règle, soupçonnant l’existence de dieux pliés en deux de rire devant son misérable destin, dont ils étaient sans aucun doute responsables. Née dans la ville, elle avait vécu la totalité de ses dix-neuf ans plongée dans une terreur sans faille des araignées. »
Extrait de : S. Erikson. « Les Osseleurs – Le livre des martyrs. »
Les marées de minuit par Steven Erikson

Fiche de Les marées de minuit
Titre : Les marées de minuit (Tome 5 sur 10 – Le livre des martyrs)
Auteur : Steven Erikson
Traduction : N. Merrien
Date de parution : 2004
Editeur : Editions Leha
Première page de Les marées de minuit
« Tombant des spires nuageuses gorgées de cendres, le sang pleuvait. Les dernières forteresses célestes, nimbées de flammes et exhalant une fumée noire, avaient abandonné le ciel et, ayant inexorablement chu, avaient creusé de profonds sillons dans le sol. Puis elles s’étaient disloquées en faisant vibrer la terre dans un bruit de tonnerre, dispersant au passage des fragments de roche rouge parmi les monceaux de cadavres qui recouvraient le champ de bataille d’un horizon à l’autre.
Les grandes cités-ruches s’étaient vues réduites en un tas de décombres et de cendres stratifiées, et les nuages géants qui s’en étaient échappés une fois celles-ci détruites – nuages constitués de débris, de sang et de lambeaux de chair – tourbillonnaient, tempêtes de chaleur en voie de dissipation, et, se répandant désormais dans le ciel, l’envahissaient complètement.
Au milieu des armées annihilées, les légions conquérantes se rassemblaient sur la plaine centrale, en grande partie tapissée de dalles exquisément ajustées – du moins aux endroits où les forteresses célestes n’avaient pas creusé de profonds impacts –, même si le regroupement des formations se voyait freiné par les innombrables carcasses des vaincus. »
Extrait de : S. Erikson. « Le livre des martyrs – Les Marées de Minuit. »
La maison des chaînes par Steven Erikson

Fiche de La maison des chaînes
Titre : La maison des chaînes (Tome 4 sur 10 – Le livre des martyrs)
Auteur : Steven Erikson
Traduction : N. Merrien
Date de parution : 2002
Editeur : Editions Leha
Première page de La maison des chaînes
« Grisâtres, boursouflés et creusés d’orifices, les corps gisaient à perte de vue, éparpillés sur le rivage limoneux. La marée montante les refoulait en masse comme du bois flotté ; émergeant des eaux, ils roulaient sur le sol boueux. Leur chair en décomposition était infestée de crabes noirs à dix pattes de la taille d’une pièce de monnaie qui s’apprêtaient à attaquer le généreux festin que l’éclatement de la garenne leur avait prodigué.
La mer reflétait la teinte du soleil couchant, terne, piquetée d’étain à sa surface comme en profondeur, une couleur que seuls venaient contester le gris plus sombre des sédiments et, à trente coups de rame de la rive, les tons ocre baveux d’une ville submergée affleurant à peine. Les tempêtes s’étaient calmées, et les eaux désormais placides recouvraient les vestiges de ce monde englouti.
Un domaine qui, jusqu’à tout récemment encore, avait été peuplé d’habitants petits et trapus, aux traits aplatis, aux longs cheveux pâles. »
Extrait de : S. Erikson. « Le livre des martyrs – La Maison des Chaînes. »