Auteur/autrice : CH91
Mysterium par Robert Charles Wilson
Fiche de Mysterium
Titre : Mysterium
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1994
Traduction : P.P Durastanti
Editeur : Gallimard
Première page de Mysterium
« L’intérieur des terres. Une plaine sèche. Sous un ciel couleur d’agate, des Américains décapaient les vestiges de constructions en argile.
Le groupe se composait d’étudiants venus sur le terrain valider un diplôme d’archéologie sous la tutelle de quelques profs de fac. Trois semaines plus tôt, ils quittaient Ankara en Land Rover pour s’enfoncer au cœur du plateau central, dans le désert anatolien où un site néolithique attendait depuis neuf mille ans. Ils avaient dressé tentes et W.-C. portables à l’ombre d’un tertre rocheux, et le matin frais les voyait manier la brosse métallique et l’époussette.
Un site aussi réduit que décevant. William Delmonico, un étudiant de troisième cycle, fouillait une parcelle matérialisée par des ficelles tendues entre des piquets, qui n’avait livré que des pierres effilées, équivalents préhistoriques des mégots de cigarette, lorsqu’il mit au jour ce qu’il prit pour un tesson de jade poli – matériau insolite, beaucoup plus intéressant que les silex déjà catalogués par ses soins. »
Extrait de : R.C Wilson. « Mysterium. »
Les perséides par Robert Charles Wilson
Fiche de Les perséides
Titre : Les perséides et autres nouvelles
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2010
Traduction : G. Goullet
Editeur : Bélial
Sommaire de Les perséides :
- Les champs d’Abraham
- Les perséides
- La ville dans la ville
- L’observatrice
- Protocoles d’usage
- Ulysse voit la lune par la fenêtre de sa chambre
- Le miroir de Platon
- Divisé par l’infini
- Bébé parle
Première page de Les champs d’Abraham
« Jacob entra dans la petite librairie pour fuir le froid sibérien, mais aussi parce qu’il avait une heure ou deux à tuer et (surtout) parce qu’il espérait qu’Oscar Ziegler lui donnerait encore un livre.
La porte se referma d’un coup sur la neige et la glace. Chauffée depuis le sous-sol par un poêle à charbon moderne, la boutique sentait la poussière, le papier et la fonte brûlante. Jacob, seize ans et transi sous son manteau de tissu inadapté au climat, fut pris de ce frisson particulier qu’on a en se réchauffant. Il se faisait l’impression d’entrer sans autorisation dans un royaume désert et exotique.
Il n’y avait pas d’autres clients, ainsi qu’il l’espérait. Oscar Ziegler était seul, assis confortablement au chaud derrière la caisse. Ses lunettes scintillèrent sur ses grosses joues quand il sourit. « Jacob ! Tu as une mine épouvantable. Entre, entre, mets ton manteau à sécher sur l’échelle. Assieds-toi. »
Extrait de : R.C Wilson. « Les Perséides et autres nouvelles. »
Les fils du vent par Robert Charles Wilson

Fiche de Les fils du vent
Titre : Les fils du vent
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1989
Traduction : I. Stoianov
Editeur : Gallimard
Première page de Les fils du vent
« Seule dans son lit, Karen White faisait un rêve qu’elle connaissait bien.
Certains rêves sont en quelque sorte des comprimés de vie, qui résument un événement et le définissent. Comme celui de Karen. Un seau tiré du puits sombre de son passé qui remontait à la surface.
Aux moments les plus heureux de sa vie, ce rêve ne lui revenait que rarement ; maintenant – avec tous ces ennuis – il survenait plus souvent.
Il ne changeait jamais. C’était peut-être le fruit de son imagination, ou peut-être pas. Il évoquait une époque de sa vie où illusion et réalité étaient insaisissables, où les certitudes étaient rares – une époque effrayante.
Il était minuit passé – Gavin était bel et bien parti, Michael toujours pas rentré – et ce rêve recommençait.
Elle redevient petite fille, et s’éveille en pleine nuit dans l’ancienne maison de Constantinople Street.
L’obscurité règne dans sa chambre, la fenêtre est ouverte sur une nuit d’été et une bienfaisante brise traverse la moustiquaire. »
Extrait de : R.C Wilson. « Les fils du vent. »
Les derniers jours du paradis par Robert Charles Wilson

Fiche de Les derniers jours du paradis
Titre : Les derniers jours du paradis
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2013
Traduction : G. Goullet
Editeur : Denoël
Première page de Les derniers jours du paradis
« Tout se serait peut-être ensuite passé d’une autre manière et peut-être ne se serait-il même rien passé du tout, si Cassie avait réussi à dormir cette nuit-là.
Elle avait essayé, voulu dormir, s’était scrupuleusement couchée à 23 h 30, mais à un peu plus de 3 heures du matin, ses pensées ne cessaient de courir comme des hamsters dans leur roue. Si bien qu’elle se leva, alluma, enfila un pantalon de jogging gris et une chemise de flanelle jaune, puis, pieds nus sur le parquet froid du couloir, se rendit dans la cuisine.
Chose rare, elle était seule dans l’appartement. Seule avec Thomas, bien entendu, son petit frère de douze ans qui n’était pas vraiment présent puisqu’il dormait à poings fermés dans la seconde chambre. Tous deux vivaient chez leur tante Nerissa et Cassie continuait à considérer l’appartement comme celui de tante Riss, alors même qu’ils habitaient là depuis presque sept ans. En temps normal, sa tante aurait été endormie sur le canapé-lit du salon, mais elle était sortie avec quelqu’un, ce soir-là, et ne rentrerait donc sans doute pas avant le lendemain après-midi. »
Extrait de : R.C Wilson. « Les derniers jours du paradis. »
Les chronolithes par Robert Charles Wilson

Fiche de Les chronolithes
Titre : Les chronolithes
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2001
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard
Première page de Les chronolithes
« C’est Hitch Paley qui, en poussant sa moto Daimler déglinguée sur la plage de sable à l’arrière du Haat Thai Dance Pavillon, m’a invité à assister à la fin d’une époque. La mienne, et celle du monde. Mais je ne lui jette pas la pierre.
Les coïncidences n’existent pas. Je le sais, maintenant.
Il s’est approché de moi en souriant, ce qui, avec lui, est rarement de bon augure. Il portait la tenue classique des Américains en Thaïlande durant ce dernier bon été : un short militaire, des sandales à la saint Jean-Baptiste, un T-shirt kaki trop grand pour lui et un serre-tête élastique à fleurs. C’était un homme de haute taille, un ancien Marine qui avait adopté les usages locaux, avec une barbe et un début de bedaine. Malgré ses habits, il en imposait. Pire : il faisait peur.
Je savais pertinemment qu’il avait passé la nuit sous la marquise en compagnie d’une fonctionnaire du corps diplomatique allemand. Ils avaient commencé par se nourrir l’un l’autre de biscuits épicés assaisonnés de hasch, puis étaient sortis admirer les reflets de la lune sur la mer. Il n’aurait pas dû être déjà levé, et encore moins de bonne humeur. »
Extrait de : R.C Wilson. « Les Chronolithes. »
Les affinités par Robert Charles Wilson

Fiche de Les affinités
Titre : Les affinités
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2015
Traduction : G. Goullet
Editeur : Denoël
Première page de Les affinités
« J’ai pris ma décision en voyant le sang dans le miroir. C’est le sang qui m’a fait changer d’avis.
J’y avais déjà réfléchi, bien entendu. J’avais découpé la publicité dans les dernières pages du journal gratuit local, consulté le site web, mémorisé l’adresse du centre de tests de la ville. J’étais nonchalamment passé devant le bâtiment plus tôt dans l’après-midi, m’attardant devant la porte en cuivre et en verre dépoli avec ce que je tentais de faire passer (surtout à mes propres yeux) pour une vague curiosité. Je m’étais imaginé entrant dans la fraîcheur et la lumière tamisée du hall derrière le logo InterAlia et changeant peut-être ainsi définitivement le cours de mon existence, mais j’avais fini par poursuivre mon chemin avec un haussement d’épaules… Était-ce prudence (mère de sûreté) ou manque de courage ? Franchement, je n’en ai pas la moindre idée.
En cédant à la tentation de pousser cette porte, j’aurais eu l’impression d’avouer ma propre médiocrité, confession à laquelle je n’étais pas prêt.
Mon visage plein de sang dans le miroir m’a fait changer d’avis. »
Extrait de : R.C Wilson. « Les Affinités. »
Le vaisseau des voyageurs par Robert Charles Wilson

Fiche de Le vaisseau des voyageurs
Titre : Le vaisseau des voyageurs
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1992
Traduction : G. Blattmann
Editeur : Gallimard
Première page de Le vaisseau des voyageurs
« Ce soir, déclara le président des États-Unis, de par le monde, les hommes tournent leur regard vers le ciel, et une foule de questions se pressent à leur esprit. »
C’est vraiment le moins que l’on puisse dire, songea Matt.
Il observa le visage solennel du Président dans l’aura bleutée du téléviseur. L’homme avait vieilli depuis le début de son mandat, mais il semblait surtout avoir pris un sérieux coup de vieux au cours des deux dernières semaines.
Matt augmenta le volume et ouvrit la baie vitrée donnant sur le jardin.
L’air froid s’engouffra dans le salon. Le thermostat réagit aussitôt et les radiateurs commencèrent à se réchauffer. Matt écouta distraitement le métal chaud crépiter pendant les longues pauses du Président.
Le ciel nocturne s’était enfin éclairci. Pour la première fois depuis le début de ce mois de mars pluvieux, Matt pouvait voir de ses propres yeux le phénomène qui terrifiait le monde. Il avait vu des photos sur l’écran de son Sony quarante-huit centimètres, bien sûr. »
Extrait de : R.C Wilson. « Le vaisseau des Voyageurs. »
La trilogie Spin par Robert Charles Wilson

Fiche de La trilogie Spin
Titre : La trilogie Spin
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2005
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard
Sommaire de La trilogie Spin :
- Spin
- Axis
- Vortex
La possédée de Shawonabe par Robert Charles Wilson

Fiche de La possédée de Shawonabe
Titre : La possédée de Shawonabe
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1980
Traduction : B. Matthieussent
Editeur : Domino
Première page de La possédée de Shawonabe
« La route poussiéreuse traçait un étroit sillon à travers la forêt. En ce milieu de matinée de juillet, le soleil n’atteignait pas encore ses ornières. Le sol était froid.
A chaque pas, le sable humide s’éparpillait en minuscules fragments. Laborieusement, l’homme clopinait sur le chemin, ses doigts boudinés serrés autour de la poignée de cuir tachée de sa mallette. Tout paraissait calme à ses oreilles inexpertes. Tandis qu’il progressait sur la route sablonneuse, une brise à peine perceptible transportait son odeur devant lui.
A quelques centaines de mètres, deux ours noirs se levèrent tout à coup sur leurs pattes arrière ; l’un était légèrement plus grand que l’autre. Leurs têtes bougèrent lentement de gauche à droite et leurs narines frémissantes humèrent l’air. L’odeur était reconnaissable entre toutes. Et elle devenait sans cesse plus forte. »
Extrait de : R.C Wilson. « La Possédée De Shawonabe. »
La cité du futur par Robert Charles Wilson

Fiche de La cité du futur
Titre : La cité du futur
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2016
Traduction : H.L Planchat
Editeur : Denoël
Première page de La cité du futur
« Deux événements marquèrent le premier septembre dans la mémoire de Jesse Cullum. D’abord, il perdit ses lunettes Oakley. Ensuite, il sauva la vie du président Ulysse Grant.
En vérité, le secours apporté à Grant était totalement hypothétique. Même sans l’intervention de Jesse, le pistolet aurait pu s’enrayer ou la balle manquer sa cible. Il se sentait gêné de se voir attribuer le mérite d’un acte d’héroïsme purement théorique. Mais la perte de ses Oakley, ça, c’était une véritable tragédie. Elles amélioraient si bien sa vision, les jours de grand soleil. Elles lui donnaient une telle allure !
La visite de Grant avait été soigneusement planifiée. Les dirigeants de la Cité travaillaient toujours de manière à éviter les surprises. Grant et sa femme étaient arrivés à bord d’une voiture Pullman spécialement aménagée, d’où ils avaient assisté à une cérémonie d’accueil en grande pompe, avec fanfares et discours du gouverneur de l’Illinois, avant de monter dans une luxueuse diligence pour parcourir les huit kilomètres de la rue pavée qui reliait la gare aux portes de Futurity. »
Extrait de : R.C Wilson. « La Cité du futur. »