Auteur/autrice : CH91

 

Les disparus du Royaume de Faërie par Chris Wooding

Fiche de Les disparus du Royaume de Faërie

Titre : Les disparus du Royaume de Faërie
Auteur : Chris Wooding
Date de parution : 2003
Traduction : P. Loubat-Delranc
Editeur : Gallimard

Première page de Les disparus du Royaume de Faërie

« Il était une fois une jeune fille qui vivait dans un marais, et qui s’appelait Poison.
Elle était pâle et mince, l’air un peu étrange et ses longs cheveux noirs retombaient de part et d’autre de son visage ovale. Elle avait le front haut, le menton étroit, les lèvres minces et le nez, à l’arête à peine un peu trop longue, parfaitement rectiligne. Mais c’étaient ses yeux qui étaient le plus frappant, de grands yeux sombres d’un violet éclatant avec lesquels elle contemplait le monde d’un air morose et intensément dérangeant.
Elle vivait dans le village de Goéland, situé en plein cœur des Marais Noirs. C’était un nom saugrenu car aucun de ses habitants n’avait jamais vu de goélands de sa vie, et encore moins la mer. Sauf le vieil Escadre qui, allez savoir, avait voyagé dans tout le Royaume et vu bien des choses, du moins c’est ce qu’il prétendait ! Le village, bâti sur pilotis, comportait une multitude de plates-formes en bois reliées les unes aux autres. »

Extrait de : C. Wooding. « Les disparus du royaume de Faërie. »

L’armée des masques par Chris Wooding

Fiche de L’armée des masques

Titre : L’armée des masques (tome 3 sur 3 – La croisée des chemins)
Auteur : Chris Wooding
Date de parution : 2005
Traduction : M. Thirioux
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’armée des masques

« Ils apparurent indistinctement dans la fumée, telles des ombres dans les ténèbres qui ondoyaient. Juste avant qu’ils n’attaquent le hall, on aurait dit des démons aux silhouettes démesurées et vaporeuses. Mais ce n’étaient pas des démons. Les démons étaient toujours dehors.

Les quelques défenseurs pitoyables éparpillés ici et là répondirent à l’attaque avec un stoïcisme lugubre. Certains avaient pris place sur le balcon qui faisait le tour de la salle, mais la plupart se trouvaient au rez-de-chaussée, derrière une barricade érigée avec des statues renversées, des plinthes et les quelques petites tables qu’ils avaient pu trouver. Le penchant de Saramyr pour un mobilier minimal n’avait pas joué en leur faveur, cette fois-ci. Mais ils se mirent à couvert comme ils le purent et leurs coups de feu résonnèrent à mesure que les ghauregs s’approchaient d’eux d’un pas lourd. »

Extrait de : C. Wooding. « La croisée des chemins – L’armée des ombres. »

Les soeurs de l’ordre rouge par Chris Wooding

Fiche de Les soeurs de l’ordre rouge

Titre : Les soeurs de l’ordre rouge (tome 2 sur 3 – La croisée des chemins)
Auteur : Chris Wooding
Date de parution : 2004
Traduction : M. Thirioux
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les soeurs de l’ordre rouge

« L’air sirupeux, imprégné de la chaleur de la jungle, bruissait d’insectes.

Saran Ycthys Marul était étendu, immobile, sur un rocher plat de pierre poussiéreuse, protégé du soleil impitoyable par un arbre chapapa en surplomb. Il tenait une longue carabine fine dans les mains, l’œil collé à la mire depuis des heures. Devant lui, une vallée étroite descendait en cascade, un abysse semblable à une entaille de couteau, au sol jonché d’un fouillis de grosses pierres blanches. C’étaient les vestiges d’une rivière, dérivée par les tremblements de terre catastrophiques qui déchiquetaient de temps en temps le vaste continent sauvage d’Okhamba. De chaque côté de l’abîme, la terre s’élevait tel un mur de roche préhistorique, dont les parties supérieures étaient enfouies sous une dense complexité de plantes rampantes, de buissons et d’arbres qui s’accrochaient avec ténacité aux crevasses et autres saillies qu’ils parvenaient à trouver. »

Extrait de : C Wooding. « La croisée des chemins – Les soeurs de l’ordre rouge. »

Les tisserands de Saramyr par Chris Wooding

Fiche de Les tisserands de Saramyr

Titre : Les tisserands de Saramyr (tome 1 sur 3 – La croisée des chemins)
Auteur : Chris Wooding
Date de parution : 2003
Traduction : M. Thirioux
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les tisserands de Saramyr

« Kaiku avait vingt moissons la première fois qu’elle mourut.

Elle ne se rappelait absolument pas comment elle était parvenue en ce lieu. Les souvenirs lui échappaient : l’extase, la sensation de tranquillité qui imprégnait chaque fibre de son corps les avaient rendus insaisissables. Et ces visions. De telles visions l’auraient fait pleurer si elle avait pu. Pour elle, le monde était un chatoiement doré, plusieurs millions de fils infimes qui se bousculaient dans ses yeux, qui s’agitaient, qui ondulaient. Ils l’entraînaient et la taquinaient gentiment, la poussaient tranquillement vers une destination invisible. Une fois, ils se séparèrent pour définir une forme qui glissa entre eux, aperçu lointain d’une chose immense et monstrueuse, telles les baleines qu’elle observait s’éloigner de la côte depuis la maison de vacances de Mishani. Elle tenta de la capturer avec son œil mais elle disparut instantanément, et une seule couture suffit pour refermer la tapisserie. »

Extrait de : C. Wooding. « La croisée des chemins – Les tisserands de Saramyr. »

L’épave perdue par Chris Wooding

Fiche de L’épave perdue

Titre : L’épave perdue (tome 2 sur 2 – Frey)
Auteur : Chris Wooding
Date de parution : 2010
Traduction : A. Gianoly
Editeur : Bragelonne

Première page de L’épave perdue

« Darian Frey n’était pas homme à sous-estimer la valeur du repli stratégique. Il faisait confiance à son instinct de joueur pour évaluer ses chances avec précision afin de savoir quand il devait courir un risque, et quand mettre les bouts. Il n’y avait aucune honte à prendre ses jambes à son cou quand la situation l’exigeait. De son point de vue, la seule chose qui différenciait le héros du lâche, c’était la capacité à calculer des probabilités.
À sa gauche, Malvery haletait et soufflait comme une locomotive à travers le sous-bois : alcoolique, en surpoids et loin d’être en forme. Pinn, en tout aussi piètre condition physique, mais bien plus bouché, courait à leurs côtés. Derrière eux, une horde indignée et armée de fusils, de pistolets et de gourdins, réclamait leurs têtes.
Les probabilités étaient vite calculées.
Une volée de plomb traversa la forêt. Des balles perforèrent les feuilles, firent pleuvoir des éclats de bois et disparurent dans la nuit en sifflant. Frey jura en baissant la tête et en rentrant les épaules pour se faire le plus petit possible. D’autres balles fusèrent, se plantèrent avec fracas dans la terre, la pierre ou le bois tout autour d’eux. »

Extrait de : C. Wooding. « L’épave perdue – Frey. »

Frey par Chris Wooding

Fiche de Frey

Titre : Frey (tome 1 sur 2 – Frey)
Auteur : Chris Wooding
Date de parution : 2009
Traduction : L. Queyssi
Editeur : Milady

Première page de Frey

« Le contrebandier tenait la balle entre le pouce et l’index et l’examinait, avec un sourire acerbe, sous la pâle lumière de la réserve.

— Imagine ce qu’elle ferait si elle te traversait la tête, dit-il.

Grayther Crake n’avait aucune envie d’imaginer une chose pareille. Il essayait de ne pas vomir, s’étant déjà ainsi couvert de honte dans la matinée. Il jeta un coup d’œil à l’homme assis près de lui, en espérant découvrir un signe lui indiquant qu’il avait un plan, un moyen de les tirer de là. Mais le visage sévère de Frey ne laissait rien transparaître.

Les poignets attachés, ils avaient le dos collé à un mur humide qui s’écaillait. Trois brutes armées veillaient à ce qu’ils ne s’échappent pas. Le contrebandier s’appelait Lawsen Macarde. Il était trapu, grisonnant, et ses cheveux et sa peau grasse luisaient d’un mélange de sueur et de crasse. Ses traits étaient taillés à la serpe sur un large visage aux rides profondes. Crake le regarda glisser la balle dans le barillet de son revolver. Il le fit tournoyer, le referma, puis se tourna vers son public. »

Extrait de : C. Wooding. « Frey. »

Le livre qui détenait son coeur par Mark Lawrence

Fiche de Le livre qui détenait son coeur

Titre : Le livre qui détenait son coeur (tome 3 sur 3 – La trilogie de la bibliothèque)
Auteur : Mark Lawrence
Date de parution : 2025
Traduction : C. Kreutzberger
Editeur : Bragelonne

Première page de Le livre qui détenait son coeur

« Étant bébé, Anne avait fait ses tout premiers pas dans les allées de ce que son grand-père nommait sa bibliothèque, mais qui était en réalité une librairie de livres d’occasion. La boutique ne lui appartenait pourtant pas, étant donné que sa mère, la matriarche Hoffman, était encore de ce monde, même si, à la regarder, le doute était permis. On avait expliqué à Anne que grand-maman Ruth avait quatre-vingt-treize ans, mais la petite avait vu, dans l’une des énormes encyclopédies qu’elle ne pouvait attraper sans aide, une gravure représentant la dépouille d’une reine de jadis, embaumée selon des techniques oubliées qui l’avaient protégée pendant près de cinquante siècles contre les outrages du temps. Et mamie Ruth ressemblait trait pour trait à la souveraine emmaillotée dans ses bandelettes. »

Extrait de : M. Lawrence. « La trilogie de la bibliothèque – Le livre qui détenait son cœur. »

Le livre qui brisa le monde par Mark Lawrence

Fiche de Le livre qui brisa le monde

Titre : Le livre qui brisa le monde (tome 2 sur 3 – La trilogie de la bibliothèque)
Auteur : Mark Lawrence
Date de parution : 2024
Traduction : C. Kreutzberger
Editeur : Bragelonne

Première page de Le livre qui brisa le monde

« Rares sont les gens bénéficiant de ce luxe qui consiste à voir les murs de leur prison. Mais ne vous méprenez pas : nous sommes piégés, tous autant que nous sommes.
L’esclavagiste ne se privait jamais de répéter cette perle de sagesse. La palissade qui délimitait le site de fouilles d’Arthran avait connu des jours meilleurs, et n’était sans doute déjà pas très impressionnante du temps de son édification, mais Myles Carstar maintenait que sa présence offrait une balise à laquelle s’ancrait le tourment d’une insatisfaction qui, sans cela, aurait rongé une personne – ou même un animal – de l’intérieur.
Celcha n’était même pas certaine que l’esclavagiste méritait vraiment d’être appelé ainsi, puisque ce n’était pas lui mais d’autres sabbres qui traquaient les gens du monde sauvage et les amenaient ici, enchaînés. Myles Carstar, lui, se contentait de leur attribuer des travaux et de faire appliquer la loi. Selon le frère de Celcha, qui éprouvait à l’égard des mots un intérêt confinant à l’obsession malsaine, le simple fait de posséder des esclaves faisait de vous un esclavagiste ; nul besoin pour cela de capturer des êtres humains puis de les battre à coups de badine d’acier pour leur faire passer l’envie de se révolter. »

Extrait de : M. Lawrence. « Le livre qui brisa le monde – La trilogie de la bibliothèque. »

Le livre qui refusait de brûler par Mark Lawrence

Fiche de Le livre qui refusait de brûler

Titre : Le livre qui refusait de brûler (tome 1 sur 3 – La trilogie de la bibliothèque)
Auteur : Mark Lawrence
Date de parution : 2023
Traduction : C. Kreutzberger
Editeur : Bragelonne

Première page de Le livre qui refusait de brûler

« Livira portait le nom d’une mauvaise herbe. On ne pouvait pas faire pousser grand-chose dans la Poussière, mais cela n’avait jamais empêché les affamés d’essayer. À ce qu’on racontait, la livira croissait même dans des endroits hostiles à la pierraille. Ce que Livira n’avait jamais vraiment compris, étant donné qu’un caillou, ça ne pousse pas. Malheureusement, même les chèvres dédaignaient la livira et un fermier qui, d’aventure, aurait arrosé sa parcelle aurait ensuite passé l’essentiel de son temps à batailler contre elle. Versez ne serait-ce qu’une goutte d’eau dans la Poussière, et, aussitôt, des tiges de livira sortiront du sol craquelé pour y goûter.
Ses parents ne l’avaient pas baptisée ainsi, mais elle ne gardait guère de souvenirs de cette époque. Les gens la surnommaient Livira parce que, comme son éponyme, elle revenait toujours à la charge.
— Viens un peu par ici ! lança-t-elle, se remettant debout et essuyant son nez sanguinolent. (Elle dressa les poings.) Amène-toi. »

Extrait de : M. Lawrence. « La Trilogie de la bibliothèque – Le Livre qui refusait de brûler. »

La fille et la Lune par Mark Lawrence

Fiche de La fille et la Lune

Titre : La fille et la Lune (tome 3 sur 3 – Le livre des Glaces)
Auteur : Mark Lawrence
Date de parution : 2022
Traduction : C. Kreutzberger
Editeur : Bragelonne

Première page de La fille et la Lune

« Toute sa vie, Yaz avait marché sur de l’eau, et en ce lieu où l’eau tombait du ciel sous sa forme fondue, des gens s’apprêtaient à la noyer dedans.

Agenouillée au bord de la doline, elle contemplait le vide qui la séparait de la surface de l’eau, une bonne dizaine de mètres plus bas. Les noires profondeurs la guettaient, inaltérées par le vent, intouchées par la lumière dont les rayons obliques n’éclairaient le gouffre que sur la moitié de sa hauteur. La quasi-verticalité des parois suggérait qu’une divinité les avait créées en enfonçant son doigt dans la roche. Dix mètres séparaient Yaz de l’autre bord et, sur un côté, une échelle en fer desservait l’abîme, ses barreaux rouillés semblant labourer la pierre.

Même si l’échelle s’était trouvée à proximité de Yaz, cela ne lui aurait été d’aucune utilité. Elle avait les mains immobilisées de part et d’autre du cou par un lourd joug en fer qui, déjà, lui avait laissé les poignets à vif. Le métal était brûlant d’avoir été exposé au soleil, l’astre brillant de toute évidence plus fort sur la ceinture de l’Abeth. Sur la gauche de Yaz, Quina pareillement agenouillée croulait sous le poids d’un joug identique, et avait de surcroît les chevilles liées par une corde. À la droite de Yaz, Thurin et Erris, captifs du même collier, observaient eux aussi l’eau sombre. »

Extrait de : M. Lawrence. « Le livre des glaces – La Fille et la Lune. »