Catégorie : Auteurs
Francine Pelletier

Présentation de Francine Pelletier :
Francine Pelletier, qui a vu le jour dans la cité de Laval à l’orée du printemps de l’année 1959, s’illustre aujourd’hui avec un talent consommé dans le domaine exigeant de la littérature d’anticipation et du merveilleux. Cette femme de lettres, à la prose aussi poétique que rigoureuse, s’est fort tôt passionnée pour la chose écrite, parachevant son instruction par des études de lettres à l’Université du Québec à Montréal avant de se lancer à corps perdu dans la création romanesque.
Dès ses premiers pas dans le cénacle de la conjecture, cette brillante romancière a fait montre d’une maturité d’esprit remarquable. Elle n’a d’ailleurs point tardé à prêter son précieux concours à la prestigieuse revue « Solaris », où elle exerça de hautes responsabilités au sein du comité de rédaction, côtoyant ainsi les grands noms de l’imaginaire d’outre-Atlantique. Par son labeur acharné et sa sûreté de jugement, elle a grandement contribué à sortir la science-fiction de ses oripeaux de paralittérature pour lui conférer une incontestable respectabilité au sein de la Belle Province.
Son œuvre, d’une belle ampleur, se signale par une sensibilité peu commune et une attention toute particulière portée à la psychologie de ses protagonistes, fuyant volontiers les froides machineries de l’anticipation classique au profit d’enjeux profondément humains et sociétaux. Les amateurs du genre gardent en haute estime ses vastes fresques, à l’image de l’ambitieux triptyque « Le Sable et l’Acier », où l’auteur déploie un univers troublant teinté de mystère et d’écologie.
Il convient également d’ajouter que Francine Pelletier s’est illustrée avec un succès grandissant dans les lettres destinées à la jeunesse, offrant aux écoliers des récits d’une rare intelligence qui ne cèdent en rien à la facilité des feuilletons habituels. Couronnée à de maintes reprises par les jurys littéraires les plus sévères — elle reçut notamment les lauriers du prestigieux Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois —, Francine Pelletier s’impose sans conteste comme l’un des piliers de notre littérature d’imagination. Par la grâce de sa plume, elle démontre avec éclat que l’exploration des mondes futurs constitue un formidable miroir tendu aux espoirs et aux angoisses de notre époque.
Livres de Francine Pelletier :
Le sable et l’acier :
- Nelle de Vilvèq (1997)
- Samiva de Frée (1998)
- Issabel de Qohosaten (1998)
Les aventures d’Arialde :
- Mort sur le Redan (1988)
- Le crime de l’enchanteresse (1989)
- Le septième écran (1992)
- La saison de l’exil (1992)
- Les eaux de Jade (2000)
Le rendez-vous du désert (1987)
Les jours de l’ombre (2004)
Si l’oiseau meurt (2007)
Un tour en Arkadie (2009)
Pour en savoir plus sur Francine Pelletier :
La page Wikipédia sur F. Pelletier
La page Noosfere sur F. Pelletier
La page isfdb de F. Pelletier
Daniel Sernine

Présentation de Daniel Sernine :
Daniel Sernine, qui vit le jour sous le nom d’Alain Lortie dans la bouillonnante métropole montréalaise à l’automne de l’année 1955, s’affirme aujourd’hui comme l’un des authentiques maîtres de la littérature de conjecture et du merveilleux au sein de la Belle Province. Cet homme de lettres, doté d’une imagination d’une rare fertilité, s’est fort tôt passionné pour les mystères du passé. Il a ainsi poursuivi de brillantes études en histoire sur les bancs de l’Université de Montréal, avant de parfaire son instruction par un diplôme en bibliothéconomie. Cette rigueur intellectuelle et ce goût prononcé pour les archives transparaissent d’ailleurs admirablement dans l’édification de ses univers romanesques.
Dès la fin des années soixante-dix, ce jeune prosateur s’engage avec une belle ardeur dans la vie littéraire québécoise. Refusant de laisser l’anticipation confinée aux illustrés d’importation, il rejoint très vite la rédaction du fanzine « Requiem » — publication appelée à devenir la prestigieuse revue « Solaris ». Il en prendra même la direction par la suite, prouvant par son labeur éditorial et son exigence critique qu’il est de ceux qui façonnent et élèvent le milieu littéraire.
Son œuvre, d’une ampleur considérable, embrasse avec une même aisance le fantastique ténébreux et la science-fiction. Les lecteurs avertis chérissent tout particulièrement ses cycles grandioses : comment ne pas citer la mystérieuse cité de Neubourg ou encore le monde d’Érythe ? Dans des recueils de fort belle facture tels que « Les Contes de l’ombre » ou le redoutable « Boulevard des Étoiles », Daniel Sernine déploie une plume élégante, volontiers mélancolique, tissant des intrigues où le surnaturel vient habilement fissurer le vernis de nos certitudes bourgeoises.
Il convient d’ajouter à ce brillant portrait que notre auteur n’a point dédaigné le jeune public, s’illustrant avec brio dans le roman pour la jeunesse, domaine où il excelle à donner le frisson aux écoliers tout en ménageant la qualité de la langue. Lauréat des prix les plus enviés d’outre-Atlantique, Daniel Sernine démontre, avec une constance qui force le respect, que l’exploration des mondes chimériques constitue une voie royale pour sonder les tréfonds de l’âme humaine.
Livres de Daniel Sernine :
La suite du temps :
- Les méandres du temps (2004)
- Les archipels du temps (2005)
- Les écueils du temps (2008)
- Les passerelles du temps (2023)
Aurores boréales 2 (1985)
Chronoreg (1999)
L’épée Arhapal (1981)
Le vieil homme et l’espace (1981)
Les portes mystérieuses (1993)
Petites fugues en lettres mineures (1997)
Pour en savoir plus sur Daniel Sernine :
La page Wikipédia sur D. Sernine
La page Noosfere sur D. Sernine
La page isfdb de D. Sernine
Claude Bolduc

Présentation de Claude Bolduc :
Claude Bolduc, né à Québec à l’aube de l’année 1960, s’impose comme un véritable maître de l’insolite et de l’effroi au sein des lettres canadiennes-françaises. Homme de lettres au parcours peu banal, il appartient à cette génération biberonnée dès le plus jeune âge aux feuilletons télévisés de l’étrange et aux illustrés d’anticipation, ce qui a sans nul doute nourri son goût prononcé pour les marges de notre réalité.
Élevé loin des tumultes de la grande ville, ce nouvelliste solitaire a longtemps gardé sa plume dans l’ombre. Ce n’est qu’à l’approche de la trentaine qu’il se décide à livrer ses premiers manuscrits aux presses. Dès l’année 1989, avec la publication d’un premier texte dans les pages d’un modeste fanzine, il se fait d’emblée remarquer par les amateurs de conjecture et de merveilleux sombre. Loin de s’enfermer dans les cercles mondains ou les chapelles littéraires, il déploie une prose singulière, souvent publiée çà et là dans diverses revues de l’underground francophone.
Se défiant de la bien-pensance, Claude Bolduc — qui s’amuse parfois à dissimuler son identité sous de truculents pseudonymes tels que Richard Viens ou Baba Côté — se fait l’explorateur minutieux des turpitudes de l’âme humaine. Il excelle dans l’art exigeant de la nouvelle, troussant des récits où la terreur la plus poisseuse côtoie, avec une habileté diabolique, un cynisme et une ironie fort salvateurs. Ses personnages, souvent confrontés à leurs propres démons, évoluent dans une atmosphère oppressante qui n’est pas sans rappeler les grands feuilletonistes anglo-saxons ou les maîtres belges du genre.
Au fil des ans, l’abondante production de cet infatigable prosateur a été heureusement rassemblée dans de fort beaux volumes. Les lecteurs avertis chérissent tout particulièrement ses recueils tels que « Les Yeux troubles et autres contes de la lune noire » ou encore « Histoire d’un soir et autres épouvantes ». Salué par ses pairs et couronné par les plus hautes distinctions de l’imaginaire d’outre-Atlantique, dont le prestigieux Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois, Claude Bolduc prouve avec panache que la littérature d’épouvante possède, elle aussi, ses lettres de noblesse.
Livres de Claude Bolduc :
Entre les bras des amants réunis (2010)
La maison douleur (1996)
Là-haut sur la colline (2007)
Le jour de la démouille (2018)
Pour en savoir plus sur Claude Bolduc :
La page Wikipédia sur C. Bolduc
La page Noosfere sur C. Bolduc
La page isfdb de C. Bolduc
Glen Cook

Présentation de Glen Cook :
Glen Cook, né en l’an 1944 dans la grouillante métropole de New York, s’impose sans conteste comme l’un des prosateurs les plus vigoureux de la littérature de l’imaginaire d’outre-Atlantique. Fait singulier dans la république des lettres, cet auteur n’a point passé sa vie confiné dans les cénacles intellectuels : après avoir servi sous les drapeaux au sein de la marine de guerre américaine, il a de longues années durant gagné son pain au sein des usines de la compagnie automobile General Motors. C’est dans le fracas des chaînes de montage, et au prix de nuits sans sommeil, qu’il a forgé une prose d’une rugosité et d’une authenticité fort rares.
S’il fait ses premières armes dans le courant des années soixante-dix avec des récits de conjecture scientifique et des épopées aux accents sombres telles que le cycle d’« Un impitoyable empire », c’est véritablement avec l’imposante fresque de « La Compagnie noire » — livrée aux presses à partir de 1984 — qu’il vient bouleverser les canons du merveilleux. Tournant résolument le dos au manichéisme éthéré et aux héros chevaleresques des feuilletons d’antan, Glen Cook y consigne les pérégrinations d’une troupe de mercenaires désabusés, pris dans les rets de conflits politiques et magiques qui les dépassent. On y retrouve l’âpreté de la vie de caserne et la rudesse de la fraternité d’armes, décrites avec un réalisme saisissant qui doit beaucoup à sa propre éducation militaire.
Ce romancier prolifique, travailleur infatigable, ne s’est pourtant point limité à cette seule épopée martiale. Il convient de saluer d’autres œuvres de longue haleine, à l’instar des pittoresques enquêtes de « Garrett, détective privé ». Dans cette série, l’homme de lettres s’amuse à marier avec une habileté diabolique les codes du roman noir et de l’investigation, à la manière d’un Dashiell Hammett ou d’un Raymond Chandler, aux sortilèges les plus inattendus de la fantaisie urbaine.
Véritable artisan du récit, fuyant les mondanités, Glen Cook prouve à chaque page que la littérature fantastique peut se départir de ses atours les plus naïfs pour sonder l’âme humaine dans toute sa noirceur et son cynisme. Ce conteur hors pair a su redonner ses lettres de noblesse à l’épopée guerrière, ouvrant la voie à une approche du merveilleux où la boue des champs de bataille l’emporte enfin sur la dorure des palais illusoires.
Livres de Glen Cook :
Compagnie noire :
- La compagnie noire (1984)
- Le château noir (1984)
- La rose blanche (1985)
- Jeux d’ombres (1989)
- Rêves d’acier (1990)
- La pointe d’argent (1989)
- Saisons funestes (1996)
- Elle est les ténèbres 1 (1997)
- Elle est les ténèbres 2 (1997)
- L’eau dort 1 (1999)
- L’eau dort 2 (1999)
- Soldats de pierre 1 (2000)
- Soldats de pierre 2 (2000)
Garrett, détective privé :
- La belle aux bleus d’argent (1987)
- Coeurs d’or à l’amer (1988)
- Pour quelques deniers de cuivre (1988)
- Chagrins de ferraille (1989)
- Feuilles de laiton et reliure d’ombre (1990)
- Nuits au fer rouge (1991)
- Mensonge au vif-argent (1994)
- Petits dieux en étain (1995)
Les instrumentalités de la nuit :
- La tyrannie de la nuit (2005)
- Seigneur du royaume silencieux (2007)
- Soumettez vous à la nuit 1 (2010)
- Soumettez vous à la nuit 2 (2010)
Intégrales :
- Les annales de la Compagnie noire 1 (Tome 1 à 3) (2015)
- Les annales de la Compagnie noire 2 (Tome 4 à 6) (2015)
- Les annales de la Compagnie noire 3 (Tome 7 à 8) (2016)
- Les annales de la Compagnie noire 4 (Tome 9 à 10) (2016)
Le dragon ne dort jamais (1988)
Le navire damné (????)
Qushmarrah (1990)
Pour en savoir plus sur Glen Cook :
La page Wikipédia sur G. Cook
La page Noosfere sur G. Cook
La page isfdb de G. Cook
Elisabeth Vonarburg

Présentation de Elisabeth Vonarburg :
Élisabeth Vonarburg, née dans la capitale française à l’aube de l’année 1947, fait aujourd’hui figure de véritable pionnière et de figure tutélaire dans le domaine de la littérature d’anticipation. Femme de lettres à l’érudition peu commune, elle a su jeter un pont entre la vieille Europe et la Belle Province, contrée qu’elle a choisie pour s’établir définitivement au cours de l’année 1973, dans les contrées enneigées du Saguenay.
Avant de franchir l’océan, cet esprit brillant s’était déjà illustré sur les bancs de l’Université, y décrochant de fort beaux diplômes en lettres modernes, couronnés par la réussite au difficile concours de l’agrégation. Cette rigueur classique ne l’a pourtant nullement empêchée de se tourner vers la conjecture scientifique et le fantastique, domaines dans lesquels cet auteur a su insuffler une noblesse et une profondeur psychologique trop souvent absentes des feuilletons d’antan.
Dès les années soixante-dix, alors que la science-fiction québécoise cherche encore sa pleine légitimité, elle s’engage avec une ferveur inlassable dans la vie littéraire de son pays d’adoption. Elle rejoint bientôt l’équipe de la revue « Requiem » — laquelle adoptera plus tard le noble titre de « Solaris » —, où elle exercera les délicates fonctions de directrice littéraire. C’est en ces pages qu’elle façonne, avec une exigence et une bienveillance remarquables, toute une nouvelle école de jeunes prosateurs francophones.
S’il fallait résumer son œuvre, on ne saurait omettre ses romans de longue haleine qui ont fait date. Avec « Le Silence de la cité » (paru en 1981) ou encore l’imposante fresque des « Chroniques du Pays des Mères » (1992), cette romancière hors pair déploie des univers d’une richesse inouïe. Elle y interroge l’ingénierie biologique, le clonage, mais également les structures de nos sociétés et la mémoire humaine. Loin des banales quincailleries intergalactiques, le récit se fait chez elle un formidable outil d’exploration sociologique.
Traductrice émérite — elle a d’ailleurs transposé dans la langue de Molière nombre de chefs-d’œuvre anglo-saxons —, essayiste et théoricienne du merveilleux, Madame Vonarburg a vu son talent couronné par les plus hautes distinctions littéraires. Cet écrivain majuscule prouve, à chaque nouvelle publication, que l’imaginaire conjectural constitue l’un des miroirs les plus fascinants pour scruter les tourments et les espoirs de notre civilisation moderne.
Livres de Elisabeth Vonarburg :
Les Pierres et Roses (2018) :
- La voie des pierres (2018)
- La voie des roses (2018)
- La balance et le sablier (2018)
Les Pierres et Roses (2024) :
Reine de mémoire :
- La maison d’oubli (2005)
- Le dragon de feu (2005)
- Le dragon fou (2006)
- La princesse de vengeance (2006)
- La maison d’équité (2007)
Tyranael :
- Les rêves de la mer (1996)
- Le jeu de la perfection (1996)
- Mon frère l’ombre (1997)
- L’autre rivage (1997)
- La mer allée avec le soleil (1997)
- Contes de Tyranael (1994)
Intégrales :
Chroniques du pays des mères (1992)
Comment écrire des histoires (1986)
Entre nos mains (2025)
Hôtel Olympia (2014)
Janus (1984)
L’oeil de la nuit (1980)
La femme aux semelles de temps (2023)
La maison au bord de la mer (2000)
La musique du soleil (2013)
Le jeu des coquilles de Nautilus (2003)
Le silence de la cité (1998)
Les contes de la Chatte rouge (1993)
Les voyageurs malgré eux (1994)
Sang de pierre (2009)
Pour en savoir plus sur Elisabeth Vonarburg :
La page Wikipédia sur E. Vonarburg
La page Noosfere sur E. Vonarburg
La page isfdb de E. Vonarburg
Esther Rochon

Présentation de Esther Rochon :
Esther Rochon, née Blackburn à la fin de la première moitié de notre siècle, en l’an 1948, dans la noble cité de Québec, demeure sans conteste l’une des plumes les plus envoûtantes et les plus singulières de la littérature d’anticipation québécoise. Fille de parents dont l’esprit baignait déjà dans les arts — son père, Maurice Blackburn, s’illustrant dans la noble composition musicale, et sa mère, Marthe, dans l’écriture de scénarios —, la jeune Esther semblait vouée dès le berceau aux hautes sphères de la création romanesque.
Il est d’ailleurs frappant de constater l’éclosion précoce de son génie. À l’âge de seize ans à peine, en 1964, elle voit son indéniable talent couronné par le premier prix du prestigieux concours des Jeunes Auteurs de Radio-Canada, distinction qu’elle partage alors ex æquo avec le dramaturge Michel Tremblay. Mais la jeune femme se refuse à être confinée dans la seule sphère des belles-lettres : dotée d’un esprit d’une rigueur implacable, elle entreprend de brillantes études de mathématiques sur les bancs de l’Université de Montréal. Cette curieuse dualité entre la froideur des sciences exactes et la poésie la plus onirique viendra façonner toute la matrice de son œuvre.
À l’aube de la décennie qui nous occupe, Esther Rochon s’engage résolument dans la voie de la conjecture littéraire. Elle offre aux presses en 1974 son premier récit de longue haleine, « En hommage aux araignées », marquant d’emblée son attachement à un fantastique étrange, volontiers organique et foisonnant d’allégories. Fervente artisan de la science-fiction de la Belle Province, elle œuvre ardemment, loin des regards parfois condescendants de l’institution littéraire traditionnelle, au rayonnement de ce genre novateur. C’est ainsi qu’elle prête sa plume élégante à la revue pionnière « Requiem » — qui prendra par la suite le titre évocateur de « Solaris » —, avant de participer à la fondation de la fort respectable revue « Imagine… » à l’orée de 1979.
Si ses manuscrits durent parfois affronter la frilosité des éditeurs, le lecteur averti sait y déceler les germes de ses grands cycles à venir. À travers des textes d’une poésie rare, d’où émergeront plus tard des romans majeurs comme « L’Épuisement du soleil » ou l’envoûtant « Coquillage », la romancière déploie une prose d’une sensualité troublante. Loin de l’aridité des quincailleries intergalactiques de mauvais aloi, Esther Rochon nous plonge dans des labyrinthes métaphysiques — à l’instar de son fameux cycle de l’archipel de Vrénalik — où la figure du monstre et les quêtes d’utopie s’entremêlent pour questionner les cicatrices de l’âme humaine.
Véritable ambassadrice d’un imaginaire exigeant, Esther Rochon prouve avec un éclat incomparable que la littérature conjecturale d’outre-Atlantique possède des lettres de noblesse que notre intelligentsia européenne aurait grand tort de négliger.
Livres de Esther Rochon :
Chroniques infernales :
Cycle de Vrenalik :
- Le rêveur dans la citadelle (1998)
- L’aigle des profondeurs (2002)
- L’archipel noir (1999)
- Dragonne de l’aurore (2009)
L’herbe naïve (2025)
La rivière des morts (2007)
La splendeur des monstres (2015)
Pour en savoir plus sur Esther Rochon :
La page Wikipédia sur E. Rochon
La page Noosfere sur E. Rochon
La page isfdb de E. Rochon
Yves Meynard

Présentation de Yves Meynard :
Yves Meynard, enfant de la Belle Province né en l’an 1964 dans la noble cité de Québec, s’illustre aujourd’hui comme l’un des prosateurs les plus doués de la littérature d’anticipation et du merveilleux d’outre-Atlantique. Fait peu banal dans le cénacle des lettres, cet auteur manie avec une égale virtuosité la langue de Molière et celle de Shakespeare, tissant des récits où la mélancolie poétique le dispute à une rigueur presque mathématique.
Il convient en effet de noter que l’homme n’est point qu’un rêveur éthéré ; savant diplômé, titulaire d’un doctorat en informatique de l’Université de Montréal, il porte sur notre siècle un regard lucide, teinté de rationalité. Pourtant, cette éducation de l’esprit n’entrave nullement son imagination lorsqu’il s’agit de s’élever vers le fantastique le plus pur. Dès le milieu de la décennie des années quatre-vingt, Yves Meynard fait ses premières armes et s’engage avec passion dans la vie littéraire québécoise. Fervent défenseur du genre, il a d’ailleurs présidé aux destinées de la fort estimable revue « Solaris » en tant que directeur littéraire entre 1994 et 2001, charge qu’il assuma avec une acuité remarquable.
Parmi les ouvrages qui ont scellé sa renommée, il nous faut citer « Le Mage des fourmis », paru en 1995, ou encore « La Rose du désert », un récit qui lui valut les louanges de la critique et le prestigieux prix Aurora. Néanmoins, c’est avec « Le Livre des chevaliers » — publié initialement dans la langue de Lord Byron sous le titre « The Book of Knights » à l’orée de 1998 — qu’il déploie avec le plus d’éclat la majesté de son art. Dans cette fresque d’une rare élégance, loin des naïvetés des feuilletons d’antan, le romancier interroge le poids de la destinée et de l’obligation morale à travers l’épopée initiatique d’un jeune héros plongé dans un univers aux sombres accents médiévaux. Plus récemment, des œuvres de longue haleine telles que « Chrysanthe » (2012) et le recueil « Angels & Exiles » (2015) sont venues confirmer ce talent singulier.
On se garderait bien d’omettre sa fructueuse association avec son compatriote Jean-Louis Trudel. Les deux hommes ont souvent uni leurs encriers sous le pseudonyme conjoint de Laurent McAllister pour livrer aux amateurs de curieuses et fascinantes machineries narratives. Couronné très tôt par le Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois, en 1994, Yves Meynard démontre sans faillir que la fantaisie conjecturale, alliée à la profondeur psychologique, demeure l’un des miroirs les plus saisissants de l’âme humaine.
Livres de Yves Meynard :
Chrysanthe :
- La princesse perdue (2018)
- Le prince rebelle (2019)
- Le royaume en guerre (2020)
L’enfant des mondes assoupis (2009)
Le livre des chevaliers (1999)
Les marches de la lune morte (2015)
Pour en savoir plus sur Yves Meynard :
La page Wikipédia sur Y. Meynard
La page Noosfere sur Y. Meynard
La page isfdb de Y. Meynard
Jacques Spitz

Présentation de Jacques Spitz :
Jacques Spitz, né en l’an 1896 à Nemours et rappelé à Dieu en 1963, demeure l’une des figures les plus singulières et, hélas, les plus injustement délaissées de la littérature d’anticipation française. À l’heure où notre jeunesse se passionne pour les fusées et les fulgurances venues d’outre-Atlantique, il convient de réhabiliter ce maître de l’ironie mordante, dont le génie n’eut d’égal que le profond pessimisme.
Ingénieur de formation, Jacques Spitz fait ses premières armes dans les lettres au cours des années vingt, livrant quelques romans d’analyse psychologique qui lui valent l’estime des milieux mondains. Toutefois, c’est au milieu de la décennie suivante qu’il embrasse sa véritable vocation, délaissant les intrigues de boudoir pour se tourner vers le fantastique et la conjecture scientifique.
En 1935, il frappe les esprits avec « L’Agonie du globe », récit spectaculaire et grinçant d’une catastrophe cosmique qui voit notre planète se scinder en deux moitiés. Fort de ce succès, il offre aux presses de la N.R.F. son véritable chef-d’œuvre, « La Guerre des mouches », publié en 1938. Dans cette allégorie terrifiante — qui n’est pas sans évoquer les angoisses d’une Europe alors au bord du gouffre —, l’humanité orgueilleuse se voit supplantée par des nuées d’insectes devenus intelligents. Le cynisme le plus absolu y le dispute à un humour macabre, marques de fabrique de cet habile prosateur.
Les tragédies de la Seconde Guerre mondiale ne feront qu’assombrir la misanthropie de l’auteur. Avec « L’Œil du purgatoire », ouvrage vertigineux paru à la Libération en 1945, Jacques Spitz explore les tréfonds de l’angoisse temporelle. Il y narre le calvaire d’un homme frappé d’une affliction singulière, dont la rétine perçoit ses contemporains avec plusieurs années d’avance, le condamnant à ne voir autour de lui que vieillissement et décomposition.
Retiré peu à peu de la scène littéraire, fuyant la notoriété avec une farouche constance, Jacques Spitz s’est éteint dans un anonymat immérité. Pourtant, pour le lecteur averti qui arpente aujourd’hui les rayons de nos bibliothèques, son œuvre constitue le chaînon indispensable entre les visions d’un H. G. Wells et les interrogations de la science-fiction d’aujourd’hui. Face aux chimères du progrès technique, son regard désabusé sur la nature humaine résonne avec une singulière acuité en notre époque troublée.
Livres de Jacques Spitz :
Joyeuses apocalypses (2009)
L’agonie du globe (1935)
L’expérience du docteur Mops (1939)
L’homme élastique (1938)
L’oeil du purgatoire (1945)
La forêt des sept pies (1946)
La guerre des mouches (1946)
La parcelle « Z » (1942)
Les évadés de l’an 4000 (1936)
Les signaux du soleil (1943)
Pour en savoir plus sur Jacques Spitz :
La page Wikipédia sur J. Spitz
La page Noosfere sur J. Spitz
La page isfdb de J. Spitz
Martin MacInnes

Présentation de Martin MacInnes :
Martin MacInnes est un homme de lettres et romancier écossais dont l’œuvre se plaît à brouiller les frontières entre la littérature générale et le roman d’anticipation. Né en 1983 dans la brumeuse cité d’Inverness, ce prosateur d’Outre-Manche a su, en l’espace de quelques années, s’imposer comme l’une des figures de proue d’une science-fiction intellectuelle, volontiers métaphysique.
Ayant fait ses classes à l’Université d’York, le jeune auteur s’illustre tout d’abord dans l’art exigeant de la nouvelle. Mais c’est au format du roman qu’il livre toute la pleine mesure de son talent. En l’an 2016, il fait paraître son premier ouvrage d’envergure, « Infinite Ground » (Terre infinie), un récit labyrinthique où l’enquête sur une disparition se mue en une exploration vertigineuse de l’identité et de notre rapport à la matière. Ce coup d’essai, salué par la critique londonienne, lui vaut de recevoir le prestigieux prix Somerset-Maugham.
Loin de se reposer sur ses lauriers, le romancier, qui réside désormais à Édimbourg, réitère l’exploit en 2020 avec « Gathering Evidence » (Rassembler les preuves). Il y déploie une angoisse toute contemporaine quant à la dépendance technologique et au péril écologique, des thématiques qui résonnent puissamment avec les inquiétudes de notre monde moderne.
Cependant, c’est avec son troisième opus, « In Ascension », paru en 2023, que Martin MacInnes conquiert définitivement le sommet des lettres britanniques. Cette vaste fresque, d’une ambition folle, nous entraîne des abysses insondables de nos océans jusqu’aux confins vertigineux de l’espace. Méditation sur les origines de la vie autant que vertige cosmique, cet ouvrage lui a valu une nomination pour le fameux Booker Prize, ainsi que de multiples récompenses, culminant avec la remise du prix Arthur C. Clarke en 2024.
Le style de Martin MacInnes se distingue par une grande rigueur scientifique alliée à une mélancolie contemplative. Loin des péripéties spatiales tonitruantes que l’on prête parfois à tort à l’anticipation, ce créateur de mondes interroge la place dérisoire de l’homme face à la majesté du cosmos et à la fragilité de sa propre condition organique. Un auteur, assurément, dont l’acuité philosophique continuera d’irriguer le genre pour les décennies à venir.
Livres de Martin MacInnes :
Ascension (2023)
Pour en savoir plus sur Martin MacInnes :
La page Wikipédia sur M. MacInnes
La page Noosfere sur M. MacInnes
La page isfdb de M. MacInnes
Christophe Guillemain

Présentation de Christophe Guillemain :
Christophe Guillemain est un homme de lettres dont l’imagination singulière vient revivifier le roman fantastique et le merveilleux sombre de notre temps. Résidant dans la paisible cité de Clermont-Ferrand, cet auteur s’illustre par une plume à la fois poétique et macabre, s’inscrivant dans la grande tradition des maîtres de l’étrange et du roman gothique.
C’est en l’an 2022 qu’il offre au public son premier ouvrage d’envergure, intitulé « L’Enterrement des étoiles », paru aux éditions Mnémos. Dans cette fresque crépusculaire, Christophe Guillemain nous dépeint une troupe de saltimbanques et de monstres de foire confrontés à l’agonie de leur monde. Loin des conventions manichéennes souvent propres à la littérature d’évasion, l’auteur s’attache à démontrer avec une grande finesse psychologique que la monstruosité ne réside pas toujours là où les apparences nous invitent à la chercher. Par ce récit, riche d’un bestiaire sublime et horrifique, il gagne la faveur de la critique et des amateurs de frissons.
Fort de ce premier succès, le romancier poursuit son exploration des tréfonds de l’âme humaine avec « La Morsure des roses », un ouvrage publié en 2023, avant d’annoncer, pour l’été de cette année 2026, la parution de sa nouvelle œuvre de longue haleine : « Sans-Seigneur ».
Dans chacun de ses textes, qu’il s’agisse de ses romans ou des nombreuses nouvelles qu’il fait paraître dans les revues spécialisées, Christophe Guillemain déploie une mythologie d’une rare inventivité. Son goût pour les personnages marginaux, les laissés-pour-compte et les atmosphères de fin du monde témoigne d’une sensibilité toute particulière, qui n’est pas sans rappeler l’ambiance des grands feuilletons de jadis.
À travers son œuvre, cet habile prosateur prouve avec brio que le fantastique, loin de n’être qu’un divertissement de jeunesse, demeure l’un des miroirs les plus fidèles de nos propres angoisses et de notre inaltérable espérance face aux ténèbres.
Livres de Christophe Guillemain :
L’enterrement des étoiles (2022)
La morsure des roses (2023)
Pour en savoir plus sur Christophe Guillemain :
La page Wikipédia sur C. Guillemain
La page Noosfere sur C. Guillemain
La page isfdb de C. Guillemain