Catégorie : Auteurs

 

Eoin Colfer

Présentation de Eoin Colfer :

Né le quatorze mai de l’an 1965 dans la cité côtière de Wexford, au sud-est de l’Irlande, Eoin Colfer grandit au sein d’une famille nombreuse et aimante, fils de deux instituteurs. Suivant tout d’abord les traces paternelles, il embrasse à son tour la carrière d’instituteur dans l’enseignement primaire après de solides études pédagogiques à Dublin. Grand voyageur devant l’Éternel, le jeune magister exerce ses fonctions professorales sous des cieux lointains et variés — en Tunisie, en Arabie saoudite ainsi qu’en Italie —, avant de regagner sa terre natale afin de s’y établir avec son épouse et d’y poursuivre sa tâche éducative.

C’est précisément au contact quotidien de l’enfance que Eoin Colfer fait ses premières armes littéraires, composant de menues pièces de théâtre et des récits réjouissants pour ses écoliers, au nombre desquels figurent les aventures de Benny Shaw à la fin des années quatre-vingt-dix. Mais la gloire internationale le frappe de plein fouet au commencement du nouveau millénaire, avec la parution, en 2001, du premier volume de sa fameuse geste romanesque : Artemis Fowl.

Dans cette œuvre magistrale, Eoin Colfer réalise une synthèse proprement saisissante entre le merveilleux légendaire d’Irlande — le Petit Peuple souterrain des fées, des lutins et des gnomes — et l’arsenal le plus sophistiqué du roman d’espionnage et de la science-fiction technologique. Son héros n’est point un preux chevalier sans peur et sans reproche, mais un jeune génie criminel de douze ans, froidement calculateur et vêtu comme un courtier de la haute finance, qui entreprend de rançonner la féerie séculaire grâce à son intellect prodigieux. Le triomphe critique et populaire est retentissant ; les tomes se succèdent avec une belle régularité (de Mission polaire au Dernier Gardien), traduits à travers le monde entier et écoulés à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires.

Écrivain d’une remarquable fécondité, Eoin Colfer s’affranchit bientôt de sa saga de prédilection pour explorer d’autres horizons romanesques : l’anticipation cyberpunk et crépusculaire avec Le Supernaturaliste (The Supernaturalist, 2004), la pure aventure rétrofuturiste et uchronique aux accents verniens dans Airman (2008), ou encore la fiction policière humoristique pour adultes consacrée au personnage de Daniel McEvoy. Preuve de la considération dont il jouit parmi ses confrères et les cercles éditoriaux britanniques, il se voit même confier, à l’automne 2008, la redoutable tâche de rédiger le sixième tome officiel de la célèbre comédie de science-fiction galactique créée par feu Douglas Adams, parue sous le titre Encore une chose… (And Another Thing…, 2009).

Par sa verve sarcastique, son sens aigu du rythme dramatique et son art consommé de marier les charmes du folklore insulaire aux audaces mécaniques de la modernité, Eoin Colfer s’est imposé comme l’un des plus brillants artisans de la littérature d’évasion de notre temps.

Livres de Eoin Colfer :

Artemis Fowl :

Daniel McEvoy :

Jumeaux Fowl :

Le Guide du voyageur galactique :

WARP :

Airman (2008)
Le dernier dragon sur Terre (2020)
Le secret de la famille Noël (2023)
Le supernaturaliste (2004)

Pour en savoir plus sur Eoin Colfer :

La page Wikipédia sur E. Colfer
La page Noosfere sur E. Colfer
La page isfdb de E. Colfer

Rick Riordan

Présentation de Rick Riordan :

Venu au monde le cinq juin de l’an 1964 dans la cité ensoleillée de San Antonio, au cœur de l’État du Texas, Rick Riordan, ce fils de parents enseignants s’est d’abord formé aux belles-lettres et à l’histoire au sein de la prestigieuse université du Texas à Austin. Porté par la vocation pédagogique, il consacre une quinzaine d’années de son existence à instruire la jeunesse dans des collèges de Californie et du Texas, dispensant avec passion la langue anglaise et les fastes de l’histoire antique.

C’est d’abord par les voies rigoureuses du roman noir et du mystère policier que Rick Riordan aborde le commerce des muses. À la fin des années quatre-vingt-dix, il imagine les enquêtes de Tres Navarre — un détective privé amateur de boisson forte et de philologie —, cycle inauguré par Big Red Tequila (1997), qui lui vaut d’emblée la reconnaissance de ses pairs et l’obtention des prix les plus réputés du genre policier américain, dont le prix Edgar-Allan-Poe.

Toutefois, la destinée littéraire de cet ancien magister bascule lorsqu’il entreprend de narrer des fables à son jeune fils, alors atteint de dyslexie et de troubles de l’attention. Désireux de lui offrir des héros à sa mesure, l’auteur opère une saisissante réactualisation des mythologies de l’Antiquité classique au cœur de l’Amérique moderne. Ainsi naît, en 2005, Le Voleur de foudre (The Lightning Thief), premier tome d’une pentalogie consacrée à Percy Jackson, adolescent new-yorkais découvrant avec stupeur sa filiation divine avec Poséidon, dieu des mers et des tempêtes.

Par cette saga des Dieux de l’Olympe, prolongée bientôt par Les Héros de l’Olympe, l’auteur s’affirme comme un authentique rénovateur du merveilleux païen. Les monstres de l’Hellas, les harpyes, le Minotaure et les divinités du mont Olympe quittent les manuels scolaires poussiéreux pour hanter les avenues de Manhattan et les autoroutes californiennes. Fort de ce triomphe éditorial international, Rick Riordan applique avec le même brio sa formule inventive à d’autres panthéons oubliés : les dieux à tête d’animal de l’Égypte pharaonique dans Les Chroniques de Kane (2010), les rudes divinités scandinaves et les guerriers du Valhalla dans le cycle Magnus Chase et les Dieux d’Asgard (2015), ou encore la disgrâce d’un immortel déchu dans Les Travaux d’Apollon (2016).

En conjuguant l’humour le plus décapant, les ressorts de la féerie légendaire et le souffle épique des vieilles épopées, Rick Riordan a su susciter chez des millions de jeunes lecteurs un goût inextinguible pour les mythes fondateurs de notre civilisation.

Livres de Rick Riordan :

Chroniques de Kane :

Héros de l’Olympe :

Les travaux d’Apollon :

Magnus Chase :

Percy Jackson et Kane :

Percy Jackson :

Pour en savoir plus sur Rick Riordan :

La page Wikipédia sur R. Riordan
La page Noosfere sur R. Riordan
La page isfdb de R. Riordan

Hanns Heinz Ewers

Présentation de Hanns Heinz Ewers :

Né le trois novembre de l’an 1871 au sein de la ville rhénane de Düsseldorf, Hanns Heinz Ewers, enfant d’un peintre officiel de la cour et d’une mère traductrice, grandit dans un milieu où le goût des arts et des lettres tenait lieu de premier sacerdoce. Après de solides études de droit entreprises à Berlin puis à Bonn — couronnées d’un doctorat —, le jeune homme délaisse bien vite le barreau pour mener l’existence tumultueuse et tapageuse d’un parfait dandy fin-de-siècle. Poète, satiriste, auteur pour les cabarets d’avant-garde berlinois, il s’impose d’emblée comme un esthète cosmopolite et un globe-trotteur infatigable, parcourant les mers vers l’Amérique, l’Inde, Haïti et l’Afrique, fasciné par les drogues, l’occultisme, l’hypnose et les manifestations de la transe religieuse ou psychique.

C’est précisément dans le domaine du fantastique noir, du macabre et de l’érotisme pervers que Hanns Heinz Ewers bâtit son œuvre maîtresse, marquée par le sceau d’Edgar Poe et d’Oscar Wilde. Il s’illustre d’abord par de stupéfiants recueils de nouvelles, au premier rang desquels figurent L’Épouvante (Das Grauen, 1907) et Cauchemars (Nachtmahr, 1922). C’est là que l’on trouve son texte le plus fameux, la terrifiante nouvelle intitulée L’Araignée (Die Spinne, 1908), où un étudiant se trouve fasciné et inexorablement poussé au suicide, par une force psychique et mimétique indicible, par une énigmatique silhouette féminine postée à la fenêtre d’en face.

Mais son titre de gloire demeure assurément sa trilogie romanesque mettant en scène son double littéraire, Frank Braun, sorte de surhomme cynique, explorateur de l’abject et de la sensualité interdite. Le cycle s’ouvre avec L’Apprenti sorcier (Der Zauberlehrling, 1907), où Braun manipule les esprits crédules de paysans italiens jusqu’à déclencher une hystérie sanglante. Le chef-d’œuvre absolu survient en l’an 1911 avec Mandragore (Alraune) : le docteur Braun y féconde artificiellement une prostituée avec le sperme d’un assassin guillotiné, réactivant le mythe de la mandragore pour donner naissance à une femme fatale, créature sans âme et démoniaque, séduisant et anéantissant tous ceux qui l’approchent. Cet ouvrage à l’érotisme sulfureux, situé aux frontières de la science-fiction biologique et du conte noir, connaîtra un retentissement immense et plusieurs adaptations cinématographiques de renom. Le cycle s’achève en 1920 avec Vampire (Vampir), où Frank Braun s’abandonne à l’hématophagie sur fond de conspirations internationales en pleine Première Guerre mondiale.

Pionnier du septième art balbutiant, Hanns Heinz Ewers apporte également son concours à l’écriture du célèbre film fantastique L’Étudiant de Prague (Der Student von Prag, 1913), archétype du cinéma expressionniste abordant le thème du pacte avec le Malin et du double maléfique.

Toutefois, la destinée politique de cet esprit orgueilleux et épris de provocation prit un tournant des plus funestes et ambigus. Emporté par un nationalisme exacerbé, il se rapproche un temps du parti national-socialiste au début des années trente et consacre même, à la demande d’Hitler, un roman de propagande au militant Horst Wessel (1932). Mais ses mœurs scandaleuses, son individualisme forcené, son penchant pour les philosophies décadentes et ses positions trop peu orthodoxes lui valent la rancœur féroce des idéologues du régime, en particulier d’Alfred Rosenberg. Dès 1934, son œuvre est frappée d’interdiction, ses livres sont retirés des rayons et brûlés. Tombé en disgrâce totale, il met à profit les dernières années de sa vie pour obtenir des visas et aider plusieurs de ses amis israélites à fuir l’Allemagne nazie.

Rongé par la tuberculose et isolé, Hanns Heinz Ewers s’éteint en son appartement berlinois le douze juin de l’an 1943, à l’âge de soixante-et-onze ans. Longtemps frappé d’opprobre par les vicissitudes de l’Histoire, il a depuis lors été redécouvert et réédité avec ferveur par nos amateurs de curiosités morbides et de décadence germanique.

Livres de Hanns Heinz Ewers :

Dans l’épouvante (1907)
Ewers Fantastique – Trois Femmes étranges (2026)
L’araignée (1964)
Mandragore (1911)

Pour en savoir plus sur Hanns Heinz Ewers :

La page Wikipédia sur H. H. Ewers
La page Noosfere sur H. H. Ewers
La page isfdb de H. H. Ewers

Chris Burger

Présentation de Chris Burger :

Chris Burger, derrière cette signature à résonance anglo-saxonne — selon un usage alors fort en faveur chez nos maîtres artisans du roman d’aventures spatiales et policières —, se dissimule l’un de ces écrivains français qui ont prêté leur concours aux mythiques collections populaires des éditions du Fleuve Noir au cœur même des années soixante-dix. Si l’état civil officiel de l’homme garde encore une part de son mystère pour le chercheur contemporain, son passage sous la célèbre enseigne de la rue de Garancière n’en demeure pas moins gravé dans la mémoire des fervents amateurs d’anticipation.

C’est en l’an de grâce 1975 que le nom de Chris Burger fait son apparition au catalogue de l’éditeur, au sein de l’ambitieuse collection « Super-Luxe ». Il y signe tout d’abord Incubation (portant le numéro 6 de la sous-collection « Lendemains retrouvés »), un roman conjectural où la spéculation biologique et l’angoisse scientifique s’entrelacent avec une belle efficacité. La même année, l’auteur s’illustre dans le versant fantastique de cette même collection, la sous-série « Horizons de l’au-delà », en donnant à lire Le Sorcier (numéro 11), ouvrage où les frissons de l’épouvante et le macabre rivalisent avec les prestiges du mystère ésotérique.

Toutefois, c’est en l’an 1977 que Chris Burger rejoint le saint des saints de la science-fiction populaire : la collection « Fleuve Noir Anticipation ». Il y livre deux récits consécutifs qui témoignent des préoccupations sociologiques et technologiques de cette fin de décennie. Le premier, Quand elles viendront (numéro 788 de la collection, paru sous une couverture chamarrée), plonge le lecteur dans une tension dramatique où l’altérité et l’attente de l’inexpliqué bousculent les certitudes humaines. Quelques mois plus tard, la même année, paraît Le Temps des autres (numéro 806), une incursion fascinante dans les paradoxes de la chronologie, le décalage existentiel et les vertiges temporels qui hantaient tant les auteurs de cette génération.

Bien que sa production soit demeurée condensée sur cette brève période de l’histoire éditoriale — ne comptant que ces quatre opus —, Chris Burger demeure représentatif de cet âge d’or où l’artisanat du livre de poche offrait chaque mois aux jeunes et moins jeunes de merveilleux voyages vers les étoiles et l’inconnu.

Livres de Chris Burger :

Incubation (1975)
Le temps des autres (1977)
Quand elles viendront… (1977)

Pour en savoir plus sur Chris Burger :

La page Wikipédia sur C. Burger
La page Noosfere sur C. Burger
La page isfdb de C. Burger

Marcel Aymé

Présentation de Marcel Aymé :

Venu au monde le vingt-neuf mars de l’an 1902 dans la coquette cité bourguignonne de Joigny, ce fils d’un modeste maréchal-ferrant perdit sa mère dès sa deuxième année. Confié aux bons soins de ses grands-parents maternels à Villers-Robert, au cœur de la Franche-Comté, puis à une tante dévouée résidant à Dole, lMarcel Aymé s’imprégna profondément de la verte nature jurassienne, de ses patois savoureux et de ses antiques légendes paysannes. Après des études secondaires contrariées par les assauts de la funeste grippe espagnole et un service militaire accompli sous l’uniforme dans une Allemagne occupée, il gagna la capitale où il exerça mille petits métiers de fortune — se faisant tour à tour employé de banque, manœuvre, agent d’assurances, figurant de cinéma ou encore journaliste de fait-divers.

Contraint au repos par la maladie en 1925, il se tourna vers l’écriture sur les conseils avisés de sa sœur Camille. Dès lors, la gloire ne tarda guère : après Brûlebois (1926), il décrocha le prix Renaudot en 1929 grâce à La Table-aux-crevés, avant de connaître un triomphe populaire considérable en 1933 avec la truculente et fort gauloise Jument verte. Esprit farouchement indépendant, fuyant les coteries germano-pratines comme la peste — au point de refuser avec un flegme souverain les rubans de la Légion d’honneur tout comme un fauteuil à l’Académie Goncourt —, il brilla également sur les planches des théâtres des Boulevards avec des pièces corrosives telles que Clérambard, Lucienne et le Boucher ou La Tête des autres.

Toutefois, il convient d’insister tout particulièrement sur la part prépondérante que tiennent le fantastique, le merveilleux et même la pure conjecture scientifique au sein de son œuvre abondante. Chez Marcel Aymé, l’irruption du surnaturel ne s’accompagne jamais des vapeurs gothiques d’antan ; le prodige s’invite en plein jour, avec le naturel le plus désarmant, dans le quotidien des petits-bourgeois parisiens ou des laboureurs comtois, agissant tel un révélateur acide des travers et des hypocrisies de notre société.

Comment ne pas évoquer en premier lieu ses immortels recueils de nouvelles, au premier rang desquels trône l’admirable Passe-muraille (1943) ? Dans le récit éponyme, le sieur Dutilleul, modeste rond-de-cuir au ministère de l’Enregistrement demeurant rue d’Orchampt, se découvre la faculté singulière de traverser les cloisons les plus épaisses sans en éprouver la moindre gêne. Mais ce même volume recèle de véritables joyaux de pure science-fiction et d’anticipation sociale ! Songeons à la vertigineuse nouvelle intitulée La Carte, où une administration tatillonne, poussant la logique du rationnement jusqu’à l’absurde, décrète que les citoyens « improductifs » — vieillards, artistes et écrivains — ne disposeront plus que de quelques jours d’existence par mois à coup de tickets de temps, tandis que les nantis s’achètent au marché noir des semaines supplémentaires. Songeons encore au Décret, étourdissante spéculation sur le voyage temporel où le gouvernement décide d’avancer brutalement le calendrier de dix-sept années pour échapper aux affres de la guerre, ou bien aux Sabines, qui met en scène une jeune personne dotée du don d’ubiquité se multipliant en des dizaines de milliers d’exemplaires à travers le globe.

Cette veine merveilleuse et spéculative irrigue pareillement ses autres recueils, du Nain (1934) à Derrière chez Martin (1938), en passant par En arrière (1950). On y croise un homme dont le corps ne se reflète plus qu’un jour sur deux, des citoyens frappés de métamorphoses saugrenues, ou encore, dans Fiançailles, le destin tragique d’un centaure égaré dans le monde moderne. Dans le domaine du roman, le fantastique déploie ses charmes avec La Belle Image (1941), où un brave père de famille voit soudainement son visage se muer en celui d’un séducteur de cinématographe, et culmine en 1943 avec le chef-d’œuvre du merveilleux rustique : La Vouivre. Dans ce récit envoûtant, l’auteur fait surgir des brumes de la Loue une créature féerique et immortelle, coiffée de son escarboucle étincelante et escortée d’une armée de vipères, dont la beauté sauvage vient troubler l’ordre immuable des campagnes.

Enfin, nul honnête homme ne saurait passer sous silence l’enchantement perpétuel des Contes du chat perché (publiés de 1934 à 1946), où les petites Delphine et Marinette conversent le plus sérieusement du monde avec un bœuf aspirant à la lecture, un loup repentant ou un cerf agile, ni oublier que sa dramaturgie sut aussi flirter avec l’anticipation scientifique, comme dans sa pièce Les Oiseaux de lune (1955), où le surveillant général d’un collège transforme les importuns en charmants volatiles.

Après avoir enchanté des générations de lecteurs par sa langue limpide, mêlant avec un art consommé le classicisme le plus pur aux trouvailles de l’argot, Marcel Aymé s’est éteint en son cher logis de la rue Norvins, à Paris, le quatorze octobre de l’an 1967. Il repose désormais au petit cimetière Saint-Vincent, au flanc de cette Butte qu’il a tant aimée, laissant le souvenir impérissable d’un enchanteur discret qui n’avait nul besoin de vaisseaux interstellaires pour nous faire voyager aux confins de l’étrange.

Livres de Marcel Aymé :

Aller retour (1927)
Brûlebois (1926)
Clérambard (1930)
Derrière chez Martin (1938)
Enjambées (1967)
Gustalin (1938)
La belle image (1941)
La jument verte (1933)
La rue sans nom (1930)
La table-aux-crevés (1929)
La vouivre (1945)
Le boeuf clandestin (1939)
Le chemin des écoliers (1946)
Le confort intellectuel (1949)
Le minotaure (1967)
Le moulin de la Sourdine (1936)
Le nain (1934)
Le passe-muraille (1941)
Le puits aux images (1932)
Le vin de Paris (1947)
Les bottes de sept lieues (1980)
Les contes du chat perché (1963)
Les tiroirs de l’inconnu (1960)
Maison basse (1935)
Nouvelles complètes (2002)
Travelingue (1941)
Uranus (1948)

Pour en savoir plus sur Marcel Aymé :

La page Wikipédia sur M. Aymé
La page Noosfere sur M. Aymé
La page isfdb de M. Aymé

Kate Wilhelm

Présentation de Kate Wilhelm :

Venue au monde le huit juin de l’an 1928 dans la cité industrielle de Toledo (ou Dayton, selon certaines gazettes), au cœur de l’État de l’Ohio, sous le patronyme de Katie Gertrude Meredith, la future femme de lettres passa ses jeunes années à Louisville, dans le Kentucky. Avant de vouer ses veilles au culte exclusif de l’écriture, cette esprit curieux et indépendant exerça mille petits métiers de la vie moderne, se faisant tour à tour mannequin, demoiselle du téléphone, commise de magasin ou encore employée au sein d’une compagnie d’assurances. Épouse en premières noces de Joseph Wilhelm en 1947, dont elle conserva le nom pour signer ses ouvrages, elle convola en justes noces, dès l’année 1963, avec l’illustre critique, nouvelliste et anthologiste Damon Knight.

Formant dès lors l’un des couples les plus féconds et les plus respectés de la République des lettres futuristes, ils animèrent avec une ferveur inlassable les fameuses rencontres de Milford, en Pennsylvanie, avant de participer à la fondation des célèbres ateliers d’écriture « Clarion » (Clarion Writers Workshop), véritable pépinière de talents où Kate Wilhelm prodigua son savoir et ses précieux conseils aux jeunes plumes durant plus de deux décennies.

Sur le plan strictement littéraire, c’est à l’automne de l’an 1956 qu’elle fit ses premières armes dans les revues spécialisées – que nos amis d’Amérique nomment pulps ou magazines –, en confiant son récit The Pint-Size Genie aux pages de Fantastic, bientôt suivi par l’accueil enthousiaste du grand John W. Campbell qui publia The Mile-Long Spaceship dans son vénérable Astounding Science Fiction en 1957. Dès lors, la romancière et nouvelliste ne cessa d’enrichir notre genre de prédilection d’une œuvre abondante, délaissant volontiers la quincaillerie spatiale au profit d’une spéculation résolument tournée vers les sciences humaines, les dérives écologiques et les arcanes de l’âme.

Parmi la quarantaine de romans et les innombrables nouvelles nés sous sa plume, l’amateur éclairé se doit de retenir tout particulièrement son chef-d’œuvre incontesté : l’admirable Hier, les oiseaux (Where Late the Sweet Birds Sang), paru en 1976 et traduit dès l’année suivante dans notre belle langue au sein de la prestigieuse collection « Présence du futur » des éditions Denoël. Couronné à très juste titre par les fameux prix Hugo et Locus en 1977, ce maître-livre dépeint une Terre ravagée par les pollutions et les pandémies, où l’humanité, frappée d’une funeste stérilité, tente de conjurer son extinction par le truchement du clonage. Avec une subtilité rare, l’auteur y explore le fossé vertigineux qui se creuse entre les fondateurs individualistes d’une vallée isolée et leur progéniture gémellaire, laquelle développe une conscience collective étrangère aux passions d’antan.

Il convient également de saluer sa magistrale incursion dans l’anticipation géopolitique et climatique avec Le Temps des genévriers (Juniper Time, 1979), ouvrage d’une brûlante acuité où une sécheresse apocalyptique jette les foules sur les routes de l’exode tandis que les grandes puissances s’affrontent autour de la station orbitale Alpha ; une fresque saisissante qui fut auréolée chez nous du prix Apollo en l’an 1981. Mentionnons encore, au rayon de ses livres traduits sous nos latitudes, Demain le silence (The Chosen, 1970), La Mémoire de l’ombre (A Sense of Shadow, 1981), Bonjour, chaos (Welcome, Chaos, 1983) ou La Couvée Huysman (Huysman’s Pets, 1986), où se mêlent manipulations génétiques et facultés télépathiques.

Nouvelliste au talent maintes fois récompensé par le prestigieux prix Nebula – notamment pour ses récits Les Planificateurs (The Planners) en 1968, La Fille tombée du ciel (The Girl Who Fell into the Sky) en 1986 et À toi pour toujours, Anna (Forever Yours, Anna) en 1987 –, elle nous a laissé d’admirables recueils tels que Le Village (The Infinity Box), Quand Somerset rêvait (Somerset Dreams) et Écoute, écoute (Listen, Listen). Notons enfin que cet esprit éclectique sut également briller avec un égal bonheur dans le roman à énigme et le drame judiciaire, donnant vie aux enquêtes fort prisées de l’avocate Barbara Holloway ou du couple de détectives formé par Constance Leidl et Charlie Meiklejohn.

Après une existence bien remplie, dont les dernières décennies s’écoulèrent paisiblement dans la verdoyante cité d’Eugene, en Oregon, Kate Wilhelm s’est éteinte le huit mars de l’an 2018, à l’âge vénérable de quatre-vingt-neuf ans, rejoignant au panthéon de l’imaginaire son cher époux disparu en 2002.

Livres de Kate Wilhelm :

Demain le silence (1970)
Ecoute, écoute ! (1981)
Hier, les oiseaux (1976)
La couvée Huysman (1986)
La mémoire de l’ombre (1981)
Le temps des genévriers (1979)
Le village (1975)
Quand Somerset rêvait (1978)

Pour en savoir plus sur Kate Wilhelm :

La page Wikipédia sur K. Wilhelm
La page Noosfere sur K. Wilhelm
La page isfdb de K. Wilhelm

Ugo Bellagamba

Présentation de Ugo Bellagamba :

Venu au monde le deux décembre de l’an 1972 dans la charmante cité de Nice, Ugo Bellagamba a tout d’abord consacré ses veilles à Thémis et à Clio. Après avoir brillamment soutenu, en l’an 2001, une thèse de doctorat dépeignant les mœurs et le rôle politique des avocats du barreau phocéen aux XVIIIe et XIXe siècles, il est devenu maître de conférences à l’université de sa ville natale, où il professe avec passion l’histoire du droit et des idées politiques. Par ailleurs, cet esprit curieux assume les nobles fonctions de délégué artistique au sein du grand salon international de Nantes, les fameuses « Utopiales ».

Toutefois, il convient d’insister tout particulièrement sur son œuvre féconde au sein des littératures de l’imaginaire, domaine dans lequel il fit ses premières armes à la fin de la décennie 1990 sous le pseudonyme anglo-saxon de « Michael Rheyss ». Chez Ugo Bellagamba, l’érudition de l’historien ne bride nullement la fantaisie du conteur ; bien au contraire, elle irrigue ses récits d’une réflexion profonde sur l’altérité, les systèmes politiques, l’utopie et les vertiges de l’uchronie.

En véritable orfèvre de la spéculation historique et futuriste, il s’est d’abord illustré dans l’exercice délicat du roman écrit à quatre mains, s’associant à son confrère Thomas Day pour donner naissance à deux fresques remarquées : L’École des assassins en 2002, où l’épopée spatiale côtoie les intrigues de pouvoir, suivi dès l’année 2003 par Le Double Corps du roi, une audacieuse réinvention des arcanes de notre monarchie.

Mais c’est en solitaire qu’il signera son chef-d’œuvre uchronique, l’admirable Tancrède, une uchronie, paru en 2009. Dans ce roman d’une tenue littéraire exemplaire – qui fut très justement couronné par le prix Rosny aîné ainsi que par le prix Utopiales européen en 2010 –, l’auteur nous transporte au temps tumultueux de la première croisade, infléchissant avec une maestria confondante le destin d’un chevalier normand épris d’idéal et de paix au cœur de l’Orient. Mentionnons également, au rayon de ses longs récits où le merveilleux se mêle aux siècles passés et futurs, L’Origine des Victoires (2013), une fresque envoûtante qui retrace, de la Rome antique jusqu’aux confins des étoiles, le combat secret de femmes lettrées et guerrières veillant sur la destinée humaine.

Néanmoins, l’amateur éclairé de conjectures ne saurait ignorer que Ugo Bellagamba excelle tout particulièrement dans le format exigeant de la nouvelle et du court roman – que d’aucuns nomment aujourd’hui novella. Sa plume ciselée y fait merveille, comme en témoignent L’Apopis républicain (1999), où l’ombre de Bonaparte rencontre les mystères de l’Égypte éternelle, La Cité du Soleil (2005), hommage vibrant aux songes de Tommaso Campanella, ou encore son éblouissant texte Chimères !, qui lui valut les honneurs conjoints du prix Rosny aîné et du prix Bob-Morane en cette même année 2005.

Enfin, comment passer sous silence ses travaux d’essayiste au service de notre genre de prédilection ? Qu’il décrypte l’œuvre du maître américain Robert A. Heinlein dans Solutions non satisfaisantes (rédigé de concert avec le physicien Éric Picholle et auréolé du Grand Prix de l’Imaginaire en 2008) ou qu’il nous livre, en 2023, son précieux Dictionnaire utopique de la science-fiction aux éditions du Bélial’, cet honnête homme démontre sans relâche que la science-fiction demeure le plus merveilleux des laboratoires pour penser les sociétés de demain.

Livres de Ugo Bellagamba :

Dictionnaire utopique (2023)
L’école des assassins (2010)
L’origine des victoires (2013)
La cité du soleil (2003)
Le double corps du roi (2003)
Le monde de Julia (2023)
Quand il y aura des pommiers sur Mars (2010)
Tancrède (2009)

Pour en savoir plus sur Ugo Bellagamba :

La page Wikipédia sur U. Bellagamba
La page Noosfere sur U. Bellagamba
La page isfdb de U. Bellagamba

Georges Lebas

Présentation de Georges Lebas :

Venu au monde le douze janvier de l’an 1862 dans le fier port de Dieppe, au sein même de l’hôtel de la Gendarmerie où résidait son brave père, le jeune Georges Lebas fit ses humanités au collège Jehan-Ango. Esprit curieux de tout, taquinant la muse dès sa vingt-deuxième année, il embrassa avec ferveur la carrière du journalisme à Rouen avant de s’en revenir sur sa terre natale pour acquérir, en 1889, la feuille locale L’Impartial ainsi que son imprimerie. Figure incontournable de la vie dieppoise, édile dévoué, officier de l’Instruction publique et chevalier de la Légion d’honneur, il fut tout à la fois l’historien scrupuleux de sa cité, le président des « Amys du Vieux Dieppe » et l’heureux créateur du musée municipal qu’il installa avec goût dans l’antique château surplombant la Manche.

Pourtant, derrière la respectable façade de ce notable de la Troisième République – qui signa parfois ses nombreux ouvrages du pseudonyme de « Jean Mirval » – se dissimulait un conteur à l’imagination fertile, capable des plus vertigineuses conjectures. Il convient ici d’insister tout particulièrement sur son incursion majeure et saisissante dans le domaine du merveilleux scientifique : son admirable roman d’anticipation intitulé L’Heure perdue, livré en feuilleton aux lecteurs de la revue Le Correspondant durant l’été de l’an 1929.

Dans cette œuvre d’une remarquable tenue littéraire, qui n’est point sans évoquer les grandes fresques cataclysmiques d’un Rosny aîné ou l’angoisse sourde de la Présence de la mort de Charles-Ferdinand Ramuz, l’auteur met en scène une paisible bourgade normande soudainement frappée de stupeur. Seul un astronome amateur du nom de Vidal pressent l’effroyable vérité avant de défaillir à son oculaire : au cœur de la nuit, dans un fracas épouvantable, une force magnétique d’une puissance inouïe cloue au sol tous les objets métalliques, figeant net les horloges, les montres et les mécaniques, et interrompant toute communication télégraphique.

Le postulat conjectural développé par Georges Lebas glace le sang : frôlée par un astre errant, une planète vagabonde surgie de l’abîme, notre vieille Terre a été violemment arrachée à son orbite séculaire ! Dérivant désormais dans le vide intersidéral, loin des feux bienfaisants du Soleil, le globe subit d’affreux bouleversements climatiques, passant d’une chaleur étouffante au froid le plus glacial et mortel. En véritable homme de terrain habitué aux affaires publiques, l’auteur excelle à décrire, à l’échelle de ce microcosme provincial, la sidération des foules, les mouvements de panique et les efforts désespérés des édiles qui, épaulés par le savant astronome, tentent d’organiser la survie de leurs concitoyens face à l’inéluctable agonie du monde.

Après une existence bien remplie, vouée au bien commun, aux archives poussiéreuses et aux belles-lettres, Georges Lebas s’est éteint dans sa chère ville de Dieppe au mois de février 1934, laissant le souvenir d’un parfait honnête homme qui sut, le temps d’un récit visionnaire, confronter la quiétude du terroir normand à l’effroi des espaces infinis.

Livres de Georges Lebas :

L’heure perdue (1929)

Pour en savoir plus sur Georges Lebas :

La page Wikipédia sur G. Lebas
La page Noosfere sur G. Lebas
La page isfdb de G. Lebas

Giuseppe Lipparini

Présentation de Giuseppe Lipparini :

Venu au monde le deux septembre de l’an 1877 dans l’illustre et savante cité de Bologne, Giuseppe Lipparini fut le digne élève des maîtres Giosuè Carducci et Enrico Panzacchi. Tour à tour poète d’obédience néoclassique, critique littéraire redouté, journaliste prolifique pour le Resto del Carlino ou le Corriere della Sera – dissimulant parfois sa plume sous les pseudonymes malicieux de « Calandrino » ou « Peppino il Superuomo » –, il occupa également avec une grande distinction la chaire d’histoire de l’art à l’Académie des beaux-arts de sa ville natale.

Toutefois, il convient d’insister tout particulièrement sur son incursion magistrale dans les terres de l’imaginaire : son remarquable roman intitulé Le Maître du temps (Il signore del tempo). D’abord livré en feuilleton dès 1902 avant d’être assemblé en volume en 1904, puis traduit dans notre belle langue dès l’année 1909 par les soins de Madame Félicie Roussille au sein de la revue Les Annales politiques et littéraires, cet ouvrage fait figure de véritable pierre angulaire de la proto-science-fiction italienne.

Dans ce récit d’une audace folle, qui n’est point sans rappeler les spéculations de notre Camille Flammarion, Monsieur Lipparini met en scène le professeur Antonio Schwarz, un astronome d’outre-Rhin qui dévoile à la communauté savante une découverte prodigieuse : le « chronoscope » (ou procédé photographique temporel). Grâce à la captation de mystérieux rayons, cet appareil permet d’impressionner sur des plaques sensibles les événements du passé et de scruter les siècles révolus. Mais hélas ! comme bien souvent lorsque l’homme s’aventure à défier les lois immuables de la nature et de la chronologie, cette invention mirifique déchaîne les passions les plus funestes, mêlant intrigues sentimentales, jalousies académiques et drames policiers, jusqu’à conduire le savant à une inéluctable tragédie.

Après une existence entièrement vouée au culte des belles-lettres, à la défense de la langue latine et à l’enseignement, Giuseppe Lipparini s’est éteint dans sa chère ville de Bologne le cinq mars de l’an 1951, laissant à la postérité le souvenir d’un humaniste complet qui sut, le temps d’un livre visionnaire, ouvrir une fascinante lucarne sur les abîmes de l’espace-temps.

Livres de Giuseppe Lipparini :

Le maître du temps (1909)

Pour en savoir plus sur Giuseppe Lipparini :

La page Wikipédia sur G. Lipparini
La page Noosfere sur G. Lipparini
La page isfdb de G. Lipparini

Philip Goy

Présentation de Philip Goy :

Venu au monde le sept novembre de l’an 1941 dans la commune de Charvieu, Philippe Goy mène de front une brillante carrière de physicien émérite au sein de notre vénérable Centre national de la recherche scientifique et une passion assidue pour l’art photographique, qu’il exerce sous son véritable patronyme. Cependant, c’est sous le malicieux pseudo-pseudonyme de « Philip Goy » que ce savant s’en vient charmer et troubler les amateurs d’anticipation et de récits conjecturaux.

Dès le milieu de la décennie qui nous occupe, ce polygraphe virtuose a su s’imposer comme une plume majeure de la science-fiction à la française, brossant des univers d’une rigueur scientifique remarquable, toujours teintés d’une poésie savante. Il convient de saluer tout particulièrement son ouvrage Le père éternel, paru en 1974 aux prestigieuses éditions Denoël. Mais c’est incontestablement avec Le livre/machine, publié l’année suivante dans la célèbre collection « Présence du futur », qu’il a conquis la gloire. Cette œuvre avant-gardiste fut d’ailleurs couronnée du Grand Prix de l’Imaginaire du meilleur roman francophone en 1976, une distinction amplement méritée !

Insistons sur cette fibre spéculative qui ne cesse d’irriguer sa prose : l’auteur excelle tout autant dans le format plus bref de la nouvelle. Sa fameuse contribution Retour à la Terre, définitif, insérée dans la non moins célèbre anthologie de son confrère Jean-Pierre Andrevon, lui a d’ailleurs valu d’être honoré par le prix de la meilleure nouvelle lors de la convention de Limoges en 1977. Mentionnons également le recueil Vers la révolution paru en cette même année, dans lequel Philip Goy démontre une maestria narrative qui n’appartient qu’aux plus grands romanciers de l’imaginaire.

Livres de Philip Goy :

Le père éternel (1974)
Vers la révolution (1977)

Pour en savoir plus sur Philip Goy :

La page Wikipédia sur P. Goy
La page Noosfere sur P. Goy
La page isfdb de P. Goy