Catégorie : Livres

 

La route de Sinharat par Leigh Brackett

Fiche de La route de Sinharat

Titre : La route de Sinharat
Auteur : Leigh Brackett
Date de parution : 2008
Traduction :
Editeur : Bélial

Première page de La route de Sinharat

« C’était une porte étroite et basse, profondément encastrée dans l’épaisseur du mur. Carey frappa et attendit, les épaules courbées sous le linteau, le corps plaqué dans l’encoignure comme si ce pan d’ombre dérisoire était un asile. Derrière lui, par-delà l’étendue des pavés fissurés et disjoints, le canal de Jekkara, noir et immobile, regardait le ciel noir et immobile. Tous deux étaient semés d’étoiles.

Rien ne bougeait aux environs du canal. La ville se tapissait sur elle-même. C’était si peu naturel que Carey frissonna. Il était déjà venu à Jekkara et savait quel spectacle elle aurait dû offrir. La principale industrie des cités des Bas Canaux est le vice – tous les vices – et elles s’y adonnent jour et nuit. On aurait pu croire que les habitants avaient fui, mais il n’en était rien. Il savait qu’on avait surveillé chacun de ses pas. En fait, il avait douté qu’on le laisserait aller aussi loin et il se demandait pourquoi on ne l’avait pas d’ores et déjà assassiné. Peut-être se souvenait-on de lui. »

Extrait de : L. Brackett. « La route de Sinharat. »

Le livre de Mars par Leigh Brackett

Fiche de Le livre de Mars

Titre : Le livre de Mars
Auteur : Leigh Brackett
Date de parution : 1969
Traduction : M. Deutsch, J. Laustenne
Editeur : Opta

Sommaire de Le livre de Mars

  • Le secret de Sinharat
  • Le peuple du talisman
  • Mars et les terriens

Les garçons de l’été par Ray Bradbury

Fiche de Les garçons de l’été

Titre : Les garçons de l’été
Auteur : Ray Bradbury
Date de parution : 2002
Traduction : H. Collon
Editeur : Flammarion

Sommaire de Les garçons de l’été :

  • La rentrée
  • Greffe de coeur
  • Donnant donnant
  • Après le bal
  • In Memoriam
  • Tête-à-tête
  • Le dragon danse à minuit
  • Le dix-neuvième trou
  • Les bêtes
  • Après-midi d’automne
  • Là où règne le vide, on se déplace comme on veut
  • One-Woman show
  • La grande tournée d’adieu de Laurel et Hardy sur Alpha du centaure
  • Nettoyage par le vide
  • Un dernier pour la route
  • « Tangerine »
  • Des sourires grands comme l’été
  • Entre-temps
  • L’ennemi dans le blé
  • Gare !
  • Mon fils Max
  • L’accumulateur F. Scott / Tolstoï / Achab
  • Alors, qu’as-tu à dire pour ta défense ?
  • Diane de Forêt
  • Le grillon du foyer

Première page de La rentrée

« Charles avait entamé son petit déjeuner depuis un bon moment lorsqu’il avisa la date sur le journal du matin. Il mordit dans son toast, y regarda de plus près, puis reposa le journal.
« Ça alors », fit-il.
Alice, son épouse, leva les yeux, surprise. « Quoi ?
— La date d’aujourd’hui, tu as vu ? On est le 14 septembre.
— Et alors ?
— Alors c’est la rentrée !
— Qu’est-ce que tu racontes ?
— Eh bien oui, la rentrée des classes, les vacances sont finies, tout le monde est de retour, les têtes connues, les vieux copains. »
Alice le dévisagea attentivement, car il faisait mine de se lever.
« C’est bien ça, c’est la rentrée, reprit-il.
— Qu’est-ce que ça peut nous faire, à nous ? demanda-t-elle. On n’a pas d’enfants, on ne connaît aucun enseignant, on n’a même pas d’amis parents.
— Je sais bien, mais… » Charlie reprit le journal et dit d’une drôle de voix : « J’avais promis. »

Extrait de : R. Bradbury. « Les garçons de l’été. »

La baleine de Dublin par Ray Bradbury

Fiche de La baleine de Dublin

Titre : La baleine de Dublin (Tome 3 sur 3 – Autobiographie)
Auteur : Ray Bradbury
Date de parution : 1992
Traduction : H. Collon
Editeur : Denoël

Première page de La baleine de Dublin

« Debout sur le pont du ferry à Dún Laoghaire, j’ai regardé à terre et j’ai vu l’Irlande.
Elle était verte.
Pas d’un vert ordinaire, mais de toutes les nuances, toutes les teintes de vert. Même les ombres étaient vertes, ainsi que la lumière jouant sur le quai de Dún Laoghaire et sur le visage des douaniers. Et c’est dans tout ce vert que je posai le pied, moi, jeune Américain d’à peine plus de trente ans, avec pour tout bagage deux dépressions nerveuses et une machine à écrire.
Voyant cette lumière, l’herbe, les collines et les ombres, je m’écriai : « C’est vert ! Comme sur les affiches touristiques ! L’Irlande est vraiment verte ! Ça alors ! Elle est verte ! »
Tonnerre ! Éclairs ! Le soleil se cacha. Le vert disparut. Des ombres-pluies voilèrent le ciel immense. Tout déconcerté, je sentis mon sourire défaillir. Un douanier grisonnant et hirsute me fit signe d’approcher.
« Vous, là ! Contrôle douanier !
— Où est-il passé ? m’exclamai-je. Le vert ! Il était là à l’instant ! Et voilà qu’il…
— Le vert, dites-vous ? » Le douanier consulta longuement sa montre. « Il reviendra quand le soleil réapparaîtra ! »

Extrait de : R. Bradbury. « La Baleine de Dublin – Autobiographie. »

Les sphères de cristal par David Brin

Fiche de Les sphères de cristal

Titre : Les sphères de cristal
Auteur : David Brin
Date de parution : 2003
Traduction : L. Le Maire
Editeur : Imaginaires sans frontières

Sommaire de Les sphères de cristal :

  • Les sphères de cristal
  • Chhuut…
  • Ces yeux-là
  • Que dire à un OVNI
  • Thor contre Captain America
  • Feu rouge
  • L’épidémie de générosité
  • Troisième et sixième sens
  • Les Dipneustes
  • Les Pierres de pondération

Première page de Les sphères de cristal

« J’ai vraiment eu de la veine qu’on m’ait sorti d’hibernation à cette époque – l’année même où la sonde interstellaire 992573-aa4 a rapporté la découverte d’une bonne étoile dont la sphère de cristal était brisée. Seuls douze astros étaient réanimés à ce moment-là, et je faisais partie du nombre, alors naturellement je devais participer à l’aventure.
Au départ, je n’en savais rien. Quand la vieille guimbarde est arrivée, j’escaladais les flancs du plateau sicilien, dans la grande vallée qu’était devenue la mer Méditerranée de mes souvenirs à la suite d’une récente période glaciaire. Avec cinq autres Dormeurs fraîchement réveillés, j’étais venu camper et randonner dans cette merveille le temps de nous acclimater à l’époque.
Nous formions un mélange hétéroclite de gens issus de diverses époques, même si j’étais le plus âgé de tous. Nous avions juste fini de visiter les ruines de l’Atlantide, naguère immergées, et avancions sur un sentier forestier, éclairés par la lueur vespérale de la ville bâtie au-dessus de nos têtes. La ceinture étincelante et flexisolide d’habitindustrie qui ceignait notre planète s’était agrandie lors de mes derniers siècles d’hibernation. Sous les latitudes moyennes, la nuit était désormais bien claire. Plus près de l’équateur, on la distinguait peu du jour, tant le ruban lumineux rayonnait dans le ciel. »

Extrait de : D. Brin. « Les Sphères de cristal. »

La menace fantôme par Terry Brooks

Fiche de La menace fantôme – Episode 1

Titre : La menace fantôme (Star Wars – Episode 1)
Auteur : Terry Brooks
Traduction : T. Arson, J.-M. Toussaint, J.-C. Mallé
Date de parution : 1999
Editeur : Delcourt

Première page de La menace fantôme – Episode 1

« Les soleils jumeaux brillaient de mille feux dans un ciel au bleu sans nuages, déversant sur les étendues désertiques de la planète une lumière d’un blanc étincelant. À perte de vue, le sable réfléchissait le reflet aveuglant des deux astres diurnes. Des vagues de chaleur étouffante montaient en colonnes entre les crevasses de massives falaises et les affleurements géologiques qui constituaient les seuls reliefs du paysage alentour. Aussi acérés que des crocs, les monolithes semblaient monter la garde au-dessus de cet enfer bouillonnant.
Quand les Podracers fusèrent à travers les formations rocheuses, leurs moteurs hurlant comme des fauves déments et affamés, la lumière et la chaleur se mirent à vaciller. Même les montagnes parurent trembler.
Anakin Skywalker se pencha à l’intérieur du virage. Cette portion du premier tour de circuit passait sous une grande arche de pierre qui marquait l’entrée du Canyon des Voleurs. Il poussa en douceur la commande d’accélération des propulseurs. Les fusées triangulaires crachèrent avec plus de puissance encore, la gauche de façon un peu plus intense que la droite, forçant le Pod à l’oblique. Anakin déporta son poids vers la gauche afin de négocier le virage avec plus de facilité. »

Extrait de : T. Brooks. « Star Wars Épisode 1 La Menace fantôme. »

Les asticots ne sont pas des anges par Fredric Brown

Fiche de Les asticots ne sont pas des anges

Titre : Les asticots ne sont pas des anges
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1994
Traduction : G. de Chergé
Editeur : Fleuve noir

Sommaire de Les asticots ne sont pas des anges :

  • Sang pour sang
  • La mort est un lapin blanc
  • Les asticots ne sont pas des anges
  • Meurtres en miniature
  • SOS Fantôme
  • Le Switcheroo

Première page de Sang pour sang

« Je m’éveillai dans l’obscurité totale, encore empêtré dans un rêve ridicule, incapable de savoir ce qui m’avait réveillé ni même qui j’étais. Puis, tout me revint : c’était mon petit réveil intérieur qui s’était déclenché. Je l’avais réglé en vue d’un rendez-vous. Je savais même qui j’étais et où je me trouvais.

Je m’appelais Willy Griff, je venais de faire une sieste dans ma chambre située en sous-sol. La chambre faisait partie de la pension de Mme Whelan – pension plus connue sous le nom de Zoo en raison des étranges individus qu’elle abritait. Et le Zoo, lui, se trouvait à Hollywood, la mecque des acteurs, des types dans mon genre. Non, pas dans mon genre, car je ne ressemble à personne. Je ne suis peut-être pas le meilleur, mais je suis unique.

Je pensai : que la lumière soit – et allumai aussitôt. Le réveil sur ma table de nuit indiquait huit heures. Je devais me lever pour aller retrouver Lennie, mon agent, à neuf heures au Wilshire Derby. Ça pouvait être important. Lennie m’avait dit qu’il essaierait d’amener avec lui un producteur de télévision, un type qui allait tourner une nouvelle série policière pour la Warner. »

Extrait de : F. Brown. « Les asticots ne sont pas des anges. »

Tuer pour passer le temps par Fredric Brown

Fiche de Tuer pour passer le temps

Titre : Tuer pour passer le temps
Auteur : Fredric Brown
Date de parution : 1938
Traduction : P. Legentil
Editeur : NEO

Première page de Tuer pour passer le temps

« Il n’y a pas beaucoup de rues en Amérique où l’on puisse se promener masqué sans trop attirer l’attention. Broadway, qui coupe New York en diagonale, est cependant du nombre. Dans ce royaume du bizarre, l’extraordinaire arrive à passer inaperçu.
L’homme masqué était descendu d’une auto qu’il avait arrêtée à l’angle de Broadway et de la Cinquante-huitième rue. Beaucoup de gens avaient dû le voir sortir de sa voiture, mais c’était sans la moindre importance. Même si la police était parvenue, par la suite, à suivre sa piste jusque-là, c’eut été sans la moindre importance. L’auto était volée, et la police ne pouvait matériellement être avisée du vol que dans la soirée.
L’éblouissant costume rouge que portait l’homme masqué aurait passé tout à fait inaperçu en décembre. Mais sous le soleil de plomb d’une matinée d’août, il attirait de-ci de-là des regards vaguement intrigués. Quelques passants allèrent même jusqu’à tourner la tête et à se demander pourquoi l’homme ne portait pas quelque placard publicitaire dans le dos. Car il ne pouvait évidemment s’agir que d’une vente réclame ou d’une formule publicitaire inédite pour un produit quelconque. À moins d’être cérébralement dérangé, personne ne se serait exhibé, en plein mois d’août, vêtu d’un étouffant costume de Père Noël, sans avoir quelque chose à vendre aux badauds. »

Extrait de : F. Brown. « Tuer pour passer le temps. »

Le voyageur en noir par John Brunner

Fiche de Le voyageur en noir

Titre : Le voyageur en noir
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1987
Traduction : P. Moran
Editeur : Mnémos

Sommaire de Le voyageur en noir

  • La marque du chaos
  • Abattre la porte des enfers
  • Le pari qu’on perd en gagnant
  • Ces choses qui sont des dieux
  • Un redoutable empire

Première page de La marque du chaos

« Il avait porté quantité de noms, mais sa nature restait unique. Et cette unicité le contraignait à respecter certaines lois qui ne s’appliquaient pas au commun des mortels. En contrepartie, il était affranchi de nombre d’obligations beaucoup plus habituelles.

L’un et l’autre systèmes se valaient cependant en rigidité ; il n’était nulle possibilité pour lui, aux changements de saison, de relâcher sa surveillance sur la partie du Tout placée sous sa responsabilité.

Quatre planètes étaient entrées en conjonction, la veille ; il importait donc de se préparer à un voyage semblable à et différent de tous ceux qu’il avait accomplis précédemment, car il avait été ordonné qu’à cette époque, sauf en cas de force majeure, il parcoure les chemins de l’ordinaire. Et, avec une relative bonne volonté – il n’était pas dans sa nature de se rebeller contre la contingence –, il allait faire en sorte de se trouver partout où sa présence se révélait nécessaire, pour finir sa route en un lieu proche de son point de départ. »

Extrait de : J. Brunner. « Le voyageur en noir. »

Faute de temps par John Brunner

Fiche de Faute de temps

Titre : Faute de temps
Auteur : John Brunner
Date de parution : 1963
Traduction : G.W Barlow
Editeur : Le passager clandestin

Première page de Faute de temps

« C’était forcément un rêve ! Forcément ! Max Harrow se le répétait avec de faibles gémissements, sachant que, jusqu’alors, prendre cons-cience qu’il rêvait lui avait toujours permis de se libérer, en se réveillant.
Mais cette fois il ne pouvait pas s’échapper. Il lui semblait être écartelé entre deux réalités, tels des chevaux tirant frénétiquement dans des directions opposées. La moitié de lui-même se rappelait nettement être allée se coucher, s’être endormie ; l’autre moitié, maintenant la plus forte, percevait des choses bien éloignées du monde familier.
Cet endroit… Il y avait des gens ici, une vingtaine peut-être, devinés plutôt qu’aperçus dans l’ombre fuligineuse. Il y avait une atmosphère froide et humide à laquelle se mêlaient un relent de sueur et l’âcreté de la fumée. Il y avait un feu qui brûlait, sans cheminée pour évacuer la fumée. Il y avait des lampes qui jetaient de vacillantes lueurs jaunes. Les gens étaient vêtus de fourrures en loques, ils étaient sales, affamés, désespérés. »

Extrait de : J. Brunner. « Faute de temps. »