Catégorie : Livres
Le grand voyage par Loïc Le Borgne

Fiche de Le grand voyage
Titre : Le grand voyage (tome 2 sur 3 – Les enfants d’Éden)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2007
Editeur : Mango
Première page de Le grand voyage
« La frégate pirate s’était élancée dans l’espace infini et mystérieux des Abysses. Le terminal d’Horn-la-Rebelle n’était plus qu’un souvenir. Six jours s’étaient écoulés depuis sa destruction par le Moissonneur1.
Ils étaient huit sur la passerelle de l’Épaulard : Orca, le capitaine ; Tige, le sage ; Monster, le Gargantua ; Callaghan, bardé de son éternel sourire ironique ; Chat-Lune, dont les antennes frétillaient comme celles d’un insecte ; Athéna XII, le robot chirurgien ; Lady Blue, dans son aquarium mobile ; Marine Magellan, fille de Thomas, capitaine pirate, et de Camélia, princesse archéo. Ils entouraient la table cartographique, qui trônait entre les fauteuils de pilotage et la porte blindée. À l’intérieur d’une sphère holo sertie dans un cadre en cuivre flottait une vue tridimensionnelle de Taire des Trois Cents Soleils et de ses proches environs. La vision en 3D de ces centaines d’étoiles rouges, jaunes, bleues ou grises, des lignes lumineuses représentant les milliers de voies stellaires reliant les systèmes et des tracés épais, rouge vif, des frontières délimitant les Puissances donnait le vertige. »
Extrait de : L Le Borgne. « Le grand voyage – Les enfants d’Éden. »
Marine des étoiles par Loïc Le Borgne

Fiche de Marine des étoiles
Titre : Marine des étoiles (tome 1 sur 3 – Les enfants d’Éden)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2006
Editeur : Mango
Première page de Marine des étoiles
« Aire TCS, Empire dédaléen, Pandémonium X,
fin 4012 après le Pacte
L’homme hurla, même si son agresseur ne l’avait pas touché. C’était la peur qui l’avait fait crier. Il courut le plus loin possible de la chose drapée dans des plis noirs qu’on appelait «le Moissonneur». Traversa la passerelle sombre du vaisseau, se dirigeant par réflexe vers la baie panoramique ouverte sur l’espace. Colla ses mains au fibrocorail transparent. Loin sous ses pieds, les flammes rouges des arsenaux crevaient la surface de Pandémonium X. Les gerbes de feu montaient à la verticale. Dans cet enfer, on forgeait la flotte de l’Empire. La planète-arsenal semblait en fusion. Nul, hormis les militaires de la Légion, n’était censé voir ce qu’il contemplait maintenant. Il aurait préféré perdre la vue au combat, au moins aurait-il eu une chance de garder la vie. »
Extrait de : L Le Borgne. « Marine des étoiles – Les enfants d’Éden. »
Le diable des Pyrénées par Loïc Le Borgne

Fiche de Le diable des Pyrénées
Titre : Le diable des Pyrénées (tome 2 sur 2 – Agence Mysterium)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2018
Editeur : Scrineo
Première page de Le diable des Pyrénées
« Tôt le matin, Martin aime lacer ses chaussures de trail antidérapantes, capables de le porter hors des sentiers battus, là où la plupart des humains ne vont jamais. Un modèle qu’il a payé au prix fort pour courir en montagne, du moins quand la météo le permet.
Parfois, il quitte le bourg pour cavaler jusqu’à l’Hôtellerie, le café-restaurant situé à l’entrée du cirque de Gavarnie, à une heure trente de marche du village — pour la majorité des touristes.
Martin y parvient en général au bout de vingt minutes.
Le jeune homme a dix-huit ans. Cet été, il travaille à l’épicerie « Viva » de Gavarnie, un village situé à plus de mille trois cents mètres d’altitude, dans les Hautes-Pyrénées. Parfois, il commence tôt le matin, et peut se reposer dans l’après-midi. À d’autres occasions, il court à l’aube et se retrouve de service en fin de journée, à la caisse. C’est ce qu’il préfère, car il fait moins chaud, quand le soleil n’est pas encore levé, pour battre des records. »
Extrait de : L Le Borgne. « Le Diable des Pyrénées – Agence Mysterium. »
Le fantôme de Saint-Malo par Loïc Le Borgne

Fiche de Le fantôme de Saint-Malo
Titre : Le fantôme de Saint-Malo (tome 1 sur 2 – Agence Mysterium)
Auteur : Loïc Le Borgne
Date de parution : 2017
Editeur : Scrineo
Première page de Le fantôme de Saint-Malo
« C’est toujours à la même heure qu’il arrive. Églantine Tremen est terrifiée, mais elle a décidé de l’attendre, pour tenter de l’empêcher d’agir.
Dans le cas contraire, il va encore repartir avec un objet précieux, et ce vol va, une fois de plus, désespérer Ronan, son père. Sans parler de l’angoisse qui, peu à peu, hante toute la ville.
Ronan Tremen dort à l’étage. Normal, il est 5 heures du matin. Malgré ses dix ans, Églantine a décidé d’affronter seule le mystérieux inconnu.
Cachée derrière les escaliers en colimaçon qui descendent de l’appartement à la boutique, elle tremble de froid. Tout est sombre dans le magasin d’antiquités. Seul le néon en forme de rectangle, qui annonce la sortie de secours, à l’arrière, diffuse une lueur verdâtre.
Une forme pâle, verdâtre elle aussi, apparaît devant la porte vitrée, à l’intérieur du magasin. Ce n’est vraiment pas normal. Et même impossible : le père d’Eglantine, la veille au crépuscule, comme tous les soirs, a abaissé un solide rideau métallique pour barrer cette ouverture. »
Extrait de : L Le Borgne. « Le fantome de Saint-Malo – Agence Mysterium. »
Reflex par Maud Mayeras

Fiche de Reflex
Titre : Reflex
Auteur : Maud Mayeras
Date de parution : 2013
Editeur : Editions Anne Carrière
Première page de Reflex
« Je n’aime pas le silence, il appelle les mauvaises pensées.
Je laisse souvent entrer les bruits. Le ronflement des moteurs et les mots roturiers des piétons. Ils pénètrent par la fenêtre et me rassurent. Les chuintements, les claquements, les cris, les rires, les raclements. Le bruit du frigo, le sifflement des moustiques.
Les vibrations de mon téléphone contre le bureau laqué, comme les palpitations d’un cœur à l’étroit.
Et chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu’aux lèvres. Et cette question qui revient sans cesse :
Tu es disponible, Iris ?
Je suis toujours disponible.
Les appels que je reçois sont souvent anonymes. Généralement émis par d’autres portables, ils proviennent parfois de cabines téléphoniques, d’appartements particuliers, de bureaux. Mais l’objectif visé reste identique. »
Extrait de : M. Mayeras. « Reflex. »
Lux par Maud Mayeras

Fiche de Lux
Titre : Lux
Auteur : Maud Mayeras
Date de parution : 2016
Editeur : Editions Anne Carrière
Première page de Lux
« L’odeur de tempête de Ceduna, ce parfum lourd de terre sèche qui l’enivre à nouveau dès qu’il foule le tarmac. L’homme s’arrête un instant, laisse son visage prendre feu et, lorsque les premiers voyageurs commencent à le bousculer, il se décide à rejoindre le terminal.
Vingt ans qu’il n’a pas revu l’Australie, son ciel rose, sa poussière collante et cette lumière qui brûle tout.
Ici, l’aéroport frôle la ville, ramassée contre l’océan. De loin, tout vous semble gigantesque, mais d’un seul pas vous pouvez tout enjamber.
L’homme remonte McKenzie Street, le dos voûté sous la chaleur, il entre dans une épicerie pour acheter deux packs de Tooheys bien fraîches et ressort sans le moindre mot. Le silence n’est pas une tare ici, plutôt un bienfait. Il vous permet de respirer plus amplement, de vous sentir peut-être plus libre. L’homme marche ainsi jusqu’à O’Loughlin Terrace, qui longe la plage. »
Extrait de : M. Mayeras. « Lux. »
Les monstres par Maud Mayeras

Fiche de Les monstres
Titre : Les monstres
Auteur : Maud Mayeras
Date de parution : 2020
Editeur : Editions Anne Carrière
Première page de Les monstres
« Livre n° 13, extrait
Il y avait, accroché au port, un immense, immense navire. Sa proue était ornée de sculptures incroyables d’hommes et de sirènes qui s’embrassaient pour affronter les vagues et conjurer le sort séculaire fait aux marins.
Sur le pont vivait un vieil, très vieil homme, assis sur un tonneau, les jambes emmêlées dans des couvertures de jute et de laine pour se maintenir au chaud. À quiconque souhaitait le rejoindre, il adressait un hochement de tête et ces mots :
« Personne à bord. »
Il répétait cela sans cesse, d’un ton monocorde, aux curieux et aux braves qui tentaient tout le jour durant d’escalader la coque.
« Personne à bord. »
Et personne ne montait, on écoutait le vieux, sous ses couvertures, qui secouait le menton comme un pendule.
Et cela fonctionnait. Depuis que le bateau et son hôte étaient apparus, les pêcheurs rentraient sains et saufs au foyer. Que les tempêtes fissent rage, que l’orage hurlât, les hommes revenaient tous, et tous étaient bien vivants. Les femmes de marin dormaient sur leurs deux oreilles, les enfants de marin avaient un père. On ne pouvait l’expliquer mais l’on s’en contentait. »
Extrait de : M. Mayeras. « Les monstres. »
Hématome par Maud Mayeras

Fiche de Hématome
Titre : Hématome
Auteur : Maud Mayeras
Date de parution : 2006
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Hématome
« L’acier pénètre ma chair avec une force presque animale. Je ne peux hurler, l’obscurité recouvre chacun de mes souffles d’un voile noir et épais. Je suis aveugle et sourde.
Aveugle et sourde…
Ma… Ma tête…
– Elle se réveille… doucement…
Comment fait-on pour sortir de ce champ de coton? Respirer me fait mal… Pourquoi ai-je l’impression de me noyer?
Pourquoi mes yeux ne s’ouvrent-ils pas? Ou bien sont-ils déjà ouverts? Je ne vois plus rien… je suis… je suis…
– Où suis-je?
– Tu es à l’hôpital, princesse. Tout va bien.
Princesse? Est-ce moi que l’on nomme ainsi? Ma gorge est si sèche. J’ai besoin d’eau. Princesse… Ah, ma tête…
– Baissez la lumière s’il vous plaît, qu’elle puisse au moins ouvrir les yeux. »
Extrait de : M. Mayeras. « Hématome. »
Festin de larmes par Morgane Caussarieu et Vincent Tassy

Fiche de Festin de larmes
Titre : Festin de larmes
Auteur : Morgane Caussarieu et Vincent Tassy
Date de parution : 2025
Editeur : ActuSF
Première page de Festin de larmes
« La mort n’a pas d’ombre. Vous devez me croire, je la connais. Longtemps j’ai dansé avec elle sans le savoir, aveuglé par sa beauté de soleil. Elle n’avait aucune ombre avant de prendre la mienne.
Et je voulais vous dire que vous la connaissez aussi. Je voulais vous dire qu’elle rôde autour de vous et que vous ne la voyez pas. Je voulais vous dire que vous la prenez pour un soleil. En un sens, vous avez sans doute raison : elle vous aveugle et vous tue lentement.
Je voudrais, maintenant, que vous tendiez l’oreille. Entendez-vous ce murmure ? Ce battement d’un millier d’ailes près de vos chandeliers ? C’est le bruit de son chant. Je sais combien il est aisé de le confondre avec le silence, mais écoutez-le bien. Par la voix des nuées qui s’agglutinent autour des flammes, elle chante.
Regardez-les : leur présence est une aberration, le signe d’un mal dont vous ne soupçonnez pas même l’existence et contre lequel je dois vous mettre en garde. Il est encore temps de vous soustraire à son emprise. Pour moi, il est déjà trop tard. »
Extrait de : M. Caussarieu et V. Tassy. « Festin de larmes. »
Visqueuse par Morgane Caussarieu

Fiche de Visqueuse
Titre : Visqueuse
Auteur : Morgane Caussarieu
Date de parution : 2024
Editeur : Au diable Vauvert
Première page de Visqueuse
« La pointe de la barque taillait dans le fluide encore noir. Au lever du soleil, la peau opaque de l’étang miroiterait comme du métal poli, bruni de quelques taches de rouille là où, en bas, tourbillonnaient des écheveaux filandreux.
La mélasse brumeuse se fondait dans l’eau croupie. Plus de délimitation entre le ciel et la surface. Arsène semblait glisser sur l’éther. Quelque part à sa gauche, le chant lugubre d’un crapaud sonneur retentit, ou bien était-ce celui d’un oiseau de ténèbres.
Au-dessous et autour de lui, l’étang se décomposait. Arsène inspira à pleines narines. Il aimait cette odeur. Celle de la nature qui vit, grouille, se reproduit, puis meurt aussitôt. Celle de la vase charognarde, gavée du jus des cadavres et du frétillement des larves. Il quitta les rives marécageuses, écartant de ses rames les plaques de feuilles mortes et de résidus amalgamés fluorescents. Atteignant un îlot, il coinça la barque entre deux racines. À quelques mètres, il savait l’eau profonde et propice à dénicher d’énormes brochets, chimères grasses improbables au long corps de phoque, la gueule semblable à celle d’un reptile préhistorique. »
Extrait de : M. Caussarieu. « Visqueuse. »