Catégorie : Livres

 

Le mort qu’il faut tuer par B. R. Bruss

Fiche de Le mort qu’il faut tuer

Titre : Le mort qu’il faut tuer
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le mort qu’il faut tuer

« J’étais, en cette fin d’après-midi, dans mon cabinet médical. Le dernier client venait de partir. La sonnerie du téléphone retentit.
Je pensai que c’était Lucie, ma fiancée. Quand elle voulait m’inviter à dîner chez ses parents, elle m’appelait toujours vers cette heure-là. Je décrochai.
— Docteur Blaine ?
— C’est moi.
J’avais reconnu aussitôt la voix du professeur. Une voix assez sèche, et pourtant plutôt musicale, une voix distante, un peu hautaine, et pourtant affable.
— Vous n’êtes pas souffrant, professeur ? demandai-je.
— Nullement. Je vais me tuer dans deux minutes. Je tenais à en aviser quelqu’un. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le mort qu’il faut tuer. »

Le grand Kirn par B. R. Bruss

Fiche de Le grand Kirn

Titre : Le grand Kirn
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le grand Kirn

« Si je n’ai pas apporté plus tôt mon témoignage écrit – alors que pourtant, de tous côtés, on me pressait de le faire – sur les événements singuliers et dramatiques dont notre planète a été le théâtre en 1996 et 1997, c’est parce que depuis trois ans, à la suite du terrible choc nerveux que j’avais subi, je me trouvais hors d’état de tenir une plume et de rassembler mes idées.

Complètement guéri aujourd’hui, je considère qu’il est de mon devoir d’apporter ma contribution à l’histoire d’une période dont bien des aspects demeurent encore obscurs pour le grand public.

À la vérité, je n’apprendrai rien d’essentiel à personne. Les faits, dans leur ensemble, sont archiconnus. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le grand Kirn. »

Le grand feu par B. R. Bruss

Fiche de Le grand feu

Titre : Le grand feu
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le grand feu

« – J’ai faim, dit Fristliss.
Sa mère ne répondit pas. Elle était en train de regarder par-dessus le rebord de l’espèce de balcon. Mais ce qu’elle voyait ne l’intéressait guère. Il y avait si longtemps qu’elle contemplait ainsi le paysage, qu’elle finissait par ne plus le voir.
– J’ai faim, répéta Fristliss.
– Patiente encore un peu.
Elle eut un mouvement d’humeur, un petit geste d’irritation qui fit craquer ses jointures.
– Ça fait au moins deux ans que je n’ai pas mangé, dit Fristliss. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le grand feu. »

Le cri des Durups par B. R. Bruss

Fiche de Le cri des Durups

Titre : Le cri des Durups
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le cri des Durups

« Brasdin passa sa tête dans l’entrebâillement de la porte. Assis devant une petite table, dans la minuscule cabine qui servait à la fois de salon, de salle à manger et de fumoir, Joe Koel, le commandant du Pluhuc et Rad Bissis, son second, buvaient du tila tout en mangeant des espèces d’amandes grillées.

— Quoi ? demanda Joe. Qu’est-ce que tu veux ?

— Je ne vous dérange pas ? fit Dob Brasdin, qui était timide et redoutait les colères de Koel.

— Est-ce qu’on dérange les gens quand ils sont en train de boire du tila ? En veux-tu un verre ? Alors, qu’est-ce qui se passe ?

— J’en veux bien un verre, capitaine, dit Brasdin. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le cri des Durups. »

Le bourg envoûté par B. R. Bruss

Fiche de Le bourg envoûté

Titre : Le bourg envoûté
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le bourg envoûté

« Je crois aux forces occultes. Je crois à la prédestination. Je crois que certains êtres sont marqués d’avance pour être mêlés à des événements étranges, et que certains lieux le sont aussi, où fatalement ces événements se déroulent.
Je crois que tout autre que moi qui serait allé cette année-là à Guilclan, qui y aurait fait le même séjour et fréquenté les mêmes gens, n’aurait pourtant pas vu sa vie bouleversée de fond en comble comme le fut la mienne.
Il y a de cela bien longtemps…
Je m’appelle Jack Deans. Mon nom n’est peut-être pas inconnu de ceux qui, il y a une quarantaine d’années, se montraient amateurs de littérature dite « fantastique ». Ce genre d’écrits a toujours eu une certaine vogue en Grande-Bretagne. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le bourg envouté. »

La planète introuvable par B. R. Bruss

Fiche de La planète introuvable

Titre : La planète introuvable
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir

Première page de La planète introuvable

« Fred Boger, sous-directeur du Centre d’Ethnologie spatiale – un des organismes rattachés à l’institut galactique des Sciences – était un homme de quarante ans, petit, chauve, peu impressionnant, mais à l’œil singulièrement éveillé.

Il examinait à là loupe une bizarre statuette lorsque sa secrétaire, une grande rousse fortement charpentée, entra dans son bureau. Elle avait sous le bras un volumineux dossier et tenait à la main gauche un de ces gros coffrets bleus dans lesquels on portait d’un service à un autre les documents audio-visuels : enregistrements, photos, microfilms, voire des objets de petite dimension. Elle posa le tout sur la grande table devant Fred Boger qui lui demanda :

— Qu’est-ce que c’est que tout ça ?

— Affaire de la planète 1544 de B 60.

— Un dossier aussi volumineux pour une seule affaire ?

— Oui, monsieur. Il nous a été envoyé par le directeur local de nos services du secteur galactique XIV. »

Extrait de : B. R. Bruss. « La planète introuvable. »

La planète glacée par B. R. Bruss

Fiche de La planète glacée

Titre : La planète glacée
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir

Première page de La planète glacée

« Si même je devais vivre dix fois plus longtemps que ne dure une vie humaine, je n’oublierais jamais les moments d’indicible horreur que j’ai vécus il y a trois mois.

Et me voici prisonnier ! Prisonnier des miens !

Je me demande comment je ne suis pas devenu fou. Si je n’avais pas auprès de moi Rual Singar, mon vieil ami, mon fidèle compagnon, je crois que ma raison aurait fini par sombrer. Non pas que Rual soit en bien meilleur état que moi. Mais nous nous épaulons mutuellement, nous nous remontons à tour de rôle le moral. »

Extrait de : B. R. Bruss. « La planète glacée. »

La planète aux oasis par B. R. Bruss

Fiche de La planète aux oasis

Titre : La planète aux oasis
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de La planète aux oasis

« Quand le commandant Murch traversa la salle de séjour de l’astronef – où nous étions cinq ou six devant le grand hublot, attendant le retour des étoiles – je compris, à je ne sais quoi de presque imperceptible qui modifiait les traits impassibles de son visage, qu’il se passait quelque chose d’insolite.

Olbig venait d’ailleurs tout juste de lancer une petite remarque alarmante. Regardant l’emplacement de l’horloge absente – qui était en réparation – puis son chronomètre, il avait dit d’une voix un peu précipitée :

— C’est curieux… Il y a déjà trente-cinq secondes que nous aurions dû resurgir dans l’espace normal…

Le docteur Ruhoflec avait dit alors :

— Êtes-vous absolument sûr de votre chronomètre ? »

Extrait de : B. R. Bruss. « La planète aux oasis. »

La guerre des robots par B. R. Bruss

Fiche de La guerre des robots

Titre : La guerre des robots
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1966
Editeur : Fleuve noir

Première page de La guerre des robots

« Les plus impatients ce matin-là, dans la famille Alsmith, étaient certainement les enfants.

Ils avaient dormi d’un sommeil un peu fiévreux. Ils s’étaient réveillés tôt. Contrairement à l’habitude, ce n’était pas un robot domestique qui était venu leur servir le breakfast dans leurs chambres, mais Helga Alsmith, la mère de deux des enfants, Hort et Mag, et la tante du troisième, Lil. Ils savaient pourquoi le robot n’était pas apparu. C’était même une des raisons de leur impatience.

Lil avait dix ans, Hort en avait neuf, et la petite Mag, toute blonde, n’en avait que six, mais n’était pas la moins excitée à la pensée de l’événement qui se préparait. Ils allaient vivre tous trois une journée magnifique et inoubliable. »

Extrait de : B. R. Bruss. « La guerre des robots. »

La figurine de plomb par B. R. Bruss

Fiche de La figurine de plomb

Titre : La figurine de plomb
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir

Première page de La figurine de plomb

« Il est probable que si nous n’avions pas aimé les sports nautiques, mes trois amis et moi, nous n’aurions pas vécu les incroyables, les fantastiques et horribles aventures que je vais rapporter et dont je suis l’unique survivant. Le survivant, mais pas pour longtemps, je le sais…
Il y a quelques mois, nous étions encore tous les quatre de solides gaillards frisant la trentaine, pleins de vie et de santé. Notre amitié datait de notre enfance. Nous étions tous nés dans le vieux quartier de la Montagne-Sainte-Geneviève. Nous avons ensemble usé nos culottes sur les bancs du lycée Henri IV. Si, ensuite, nous avons bifurqué, Patrick vers Polytechnique, qui était tout près, Lionnel vers l’École des Arts Décoratifs, qui était aussi près, moi vers la Sorbonne, située elle aussi dans les mêmes parages, et Hervé vers l’École de Médecine – qui n’était pas tellement loin – nous n’avons pas cessé pour autant de nous voir, d’abord parce que notre amitié était solide et vivace, et aussi parce que nous avions déjà en commun la passion de l’eau et du plein air. »

Extrait de : B. R. Bruss. « La figurine de plomb. »