Catégorie : Livres

 

L’examen par Richard Matheson

Fiche de L’examen

Titre : L’examen
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1954
Traduction : R. Durand
Editeur : Le passager clandestin

Première page de L’examen

« La veille de l’examen, Les aida son père à réviser dans la salle à manger. En haut, Jim et Tommy dormaient déjà, et dans le salon, Terry cousait, le visage dépourvu d’expression, enfonçant et tirant l’aiguille à petits mouvements vifs et rythmés.
Tom Parker se tenait tout droit sur sa chaise, ses mains décharnées, aux veines saillantes, jointes sur la table, ses yeux bleu pâle rivés sur les lèvres de son fils comme si cela pouvait l’aider à mieux comprendre.
Il avait quatre-vingts ans et en était à son quatrième examen.
« Bon, dit Les, penché sur les épreuves types que leur avait procurées le docteur Trask. Répète les séries de nombres suivantes. »

Extrait de : R. Matheson. « L’examen. »

La montagne sans nom de Robert Sheckley

Fiche de La montagne sans nom

Titre : La montagne sans nom
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1955
Traduction : B. Martin
Editeur : Le passager clandestin

Première page de La montagne sans nom

« Lorsque Morrison quitta la tente principale, l’observateur Dengue dormait la bouche ouverte, mollement affalé dans un fauteuil de toile. Morrison prit soin de ne pas l’éveiller. Il avait déjà suffisamment de difficultés.
Il lui fallait rencontrer une délégation d’indigènes, ces mêmes idiots qui faisaient résonner leurs tambours sur les falaises. Et puis il devrait diriger les travaux de destruction de la montagne sans nom. Ed Lerner, son assistant, était déjà sur les lieux. Mais tout d’abord, il importait de se renseigner sur l’accident le plus récent.
Il était midi quand il traversa le camp des ouvriers. Les hommes profitaient des loisirs accordés pour le déjeuner ; adossés à leurs machines gigantesques, ils mangeaient des sandwiches et buvaient du café.  »

Extrait de : R. Sheckley. « La montagne sans nom.  »

La fille sans ombre par Karen Haber

Fiche de La fille sans ombre

Titre : La fille sans ombre
Auteur : Karen Haber
Date de parution : 1995
Traduction : B. Emerich
Editeur : J’ai lu

Première page de La fille sans ombre

« Dans les cavernes, seules les ténèbres annonçaient le matin. Loin au-dessous de la surface déchaînée et délétère de Styx, dans les galeries creusées à la main, les stalactites projetaient des ombres pourpres : elles ondoyaient au gré de la torche de lumière froide que Kayla John Reed balançait comme un pendule. L’âcre et familière odeur qu’elle avait toujours associée au lever du jour dans les mines imprégnait l’air artificiel. À l’affût, elle huma ce parfum et ses yeux brillèrent de plaisir. La journée allait être chargée, fructueuse.
— Waouh ! Par les yeux de Dieu !
La douleur fulgurante qui fusa dans le jarret de Kayla lui arracha des larmes. Elle s’était cogné un orteil contre le chicot noir de la stalagmite que les mineurs avaient surnommée « Le Nez du Vieux Baronnet ». Jurant, elle sautilla à cloche-pied jusqu’à une cavité où elle put s’asseoir confortablement, et se massa le pied. »

Extrait de : K. Haber. « La fille sans ombre. »

Minuit à Pékin par Paul French

Fiche de Minuit à Pékin

Titre : Minuit à Pékin
Auteur : Paul French
Date de parution : 2011
Traduction : S. Sfez
Editeur : Belfond

Première page de Minuit à Pékin

« LA SECTION EST DU VIEUX PÉKIN était dominée depuis le XVe siècle par une tour massive, construite en même temps que la muraille tartare afin de protéger la ville des envahisseurs. Connue sous le nom de tour du Renard, elle était, disait-on, hantée par l’esprit de cet animal. Rares étaient ceux qui s’y aventuraient la nuit.

Dès le crépuscule, l’endroit était déserté, devenant le domaine des milliers de chauves-souris qui vivaient sous les combles et voletaient devant la lune telles des ombres géantes. La seule autre présence vivante était celle des chiens errants, dont les hurlements troublaient le sommeil des habitants. Les matins d’hiver, le vent chargé de la poussière du désert de Gobi voisin piquait les mains et les yeux. Mais peu de gens sortaient si tôt à cette période de l’année. On préférait s’attarder dans la chaleur du lit. »

Extrait de : P. French. « Minuit a Pekin. »

Zone Spatiale Interdite par François Richard-Bessière

Fiche de Zone Spatiale Interdite

Titre : Zone Spatiale Interdite
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir

Première page de Zone Spatiale Interdite

« L’homme vivait sa dernière nuit. Bientôt deux ans qu’il était enfermé dans cette obscure et lugubre cellule rongée par l’humidité. Deux ans, déjà !

Il savait que dans quelques heures tout serait fini. Les atomiseurs désintégreraient complètement son corps dans une fraction de seconde, et il ne resterait plus rien de lui-même, à part peut-être cette énigmatique substance que l’on nomme esprit et au sujet duquel les avis sont bien partagés, malgré la civilisation du XXVe siècle.

Alors peut-être il connaîtrait la Grande Vérité, le Pourquoi et le Comment des choses, à moins que tout cela ne soit qu’un vaste bluff, une immense fumisterie imaginée pour satisfaire la curiosité humaine. Le monde pouvait être une ridicule plaisanterie, le reflet d’une chose inconnue qui n’avait pas de sens pour les humains. Il avait lu un article dans ce goût-là dans un magazine, et il s’en souvenait. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Zone spatiale interdite. »

Visa pour Antarès par François Richard-Bessière

Fiche de Visa pour Antarès

Titre : Visa pour Antarès
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1963
Editeur : Fleuve noir

Première page de Visa pour Antarès

« Scott Brady n’était pas de ce monde. Il faisait partie de ceux que l’émigration terrienne du siècle précédent avait engendrés dans les lointaines colonies de l’Espace, à des centaines où même des milliers d’années-lumière de la Terre patrie.

Il était un de ces spécimens issus de plusieurs croisements de races et pour qui le mot couleur perd toute signification lorsqu’il s’applique à l’épiderme humain.

Il constituait à la fois un mélange intime de jaune, de rouge, de noir et de blanc, comme si le bronze était devenu le trait d’union racial pour la nouvelle humanité de l’Espace.

Brady était un garçon jeune encore, d’une taille au-dessus de la moyenne et dont les qualités physiques n’avaient d’égales que celles de l’esprit. C’était un « homme conditionné », selon le terme cher aux manuels, dont pouvaient s’enorgueillir les services de la Sécurité Galactique. Et le lieutenant Brady, malgré son jeune âge, comptait déjà près de quinze années de fidèles et loyaux services dans les rangs de la Section Solaire. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Visa pour Antarès. »

Vingt pas dans l’inconnu par François Richard-Bessière

Fiche de Vingt pas dans l’inconnu

Titre : Vingt pas dans l’inconnu
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1955
Editeur : Fleuve noir

Première page de Vingt pas dans l’inconnu

« Mourir aussi stupidement d’une flèche dans le dos ! Comme la vie est bizarre. Une simple flèche, un projectile vieux comme le monde. Et c’est à cause de cela que je vais terminer ma chienne de vie. La faute en incombe à cet écervelé de Roland qui ne va certainement pas tarder à subir un sort identique au mien.

Ce serait bête à pleurer. Dire que je vais crever au milieu de ce sentier, d’une façon aussi ridicule. Tout ce sang qui coule et que je ne peux pas arrêter. Mon Dieu, ayez pitié de moi. Faites vite, je vous en prie, abrégez mon agonie.

Pourquoi tout cela est-il arrivé ? Pourquoi ? Voilà… je me souviens des moindres détails, et de tous les événements que je viens de vivre avec mes compagnons. Pourquoi n’ai-je pas refusé de les suivre ? Est-ce l’approche de la mort qui fait renaître dans mon esprit chaque seconde de cette inconcevable aventure qu’aucun être humain n’aurait même pu imaginer ?

Je ne sais pas. Pourtant, je me souviens de tout, surtout de cette journée du 1er juin où j’aurais mieux fait de ne pas entrer chez ce brave Jimmy. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Vingt pas dans l’inconnu. »

Un futur pour M. Smith par François Richard-Bessière

Fiche de Un futur pour M. Smith

Titre : Un futur pour M. Smith
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir

Première page de Un futur pour M. Smith

« Mon premier geste fut de regarder autour de moi.

J’avais « atterri » (et ce fut là ma première impression) dans une sorte de jardin envahi de plantes et de fleurs multicolores.

Je distinguai des bouquets de magnolias, des lauriers, des sassafras, des palmiers nains, et tout cela composait un assez agréable et reposant décor sylvestre, d’autant plus que le ciel était d’un bleu magnifique et que le soleil brillait joyeusement.

L’air était doux, calme, parfumé, léger et vivifiant. Cela me réconforta un peu et j’oubliai vite toutes les frayeurs que j’avais endurées pendant ce sacré voyage.

L’horizon, devant moi, était bouché par une longue rangée de bâtiments comportant le minimum de lignes droites et qui semblaient s’empiler les uns sur les autres dans une esthétique assez douteuse. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Un futur pour M. Smith. »

Silence… on meurt ! par François Richard-Bessière

Fiche de Silence… on meurt !

Titre : Silence… on meurt !
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Silence… on meurt !

« Il faisait beau.
Inlassablement, de gros nuages noirs tournaient dans le ciel. Ronko sortit de chez lui, détendu et serein. Il décida de déambuler au hasard pour profiter de la douceur de cette journée printanière.
C’était un homme de trente à trente-cinq ans, grand, le poil fauve, les yeux verts. Un homme de nulle part, ou plus exactement de n’importe où.
La ville s’animait. Ses grandes avenues au revêtement noir profond, ses trottoirs rouge vif aux bordures blanches, ses maisons multicolores, tout cela formait un kaléidoscope plein de vie. Les coqs de trottoirs sautillaient autour des passants, quémandant des graines. Ronko reconnut Petro, un volatile superbe qui « régnait » sur le quartier. Il le siffla et le coq accourut pour recevoir sa ration. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Silence… on meurt !. »

Relais Minos III par Richard-Bessière

Fiche de Relais Minos III

Titre : Relais Minos III
Auteur : François Richard-Bessière
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir

Première page de Relais Minos III

« L’homme avait entendu à plusieurs reprises les chiens grogner dans la cour, mais il n’y avait pas trop prêté attention, affairé qu’il était à écouter les dernières informations du soir, débitées sur un ton neutre par un speaker chauve au visage inexpressif.

Il coupa bientôt le contact de son televista et s’apprêtait à bourrer sa pipe lorsque les chiens grognèrent à nouveau, dans le silence de la nuit. Ils allaient finir par réveiller sa femme qui était déjà couchée. Alors l’homme reposa sa pipe de bruyère avant de se diriger vers la grande baie vitrée surplombant le jardin.

La nuit était noire, et une légère brise secouait les grands arbres que l’hiver avait dépouillés, et qui formaient une masse compacte dans la direction de l’autoroute. »

Extrait de : Richard-Bessière. « Relais Minos III. »