Catégorie : Livres

 

Michel Strogoff par Jules Verne

Fiche de Michel Strogoff

Titre : Michel Strogoff
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1874
Editeur : Feedbooks

Première page de Michel Strogoff

« Une fête au palais-neuf

«Sire, une nouvelle dépêche.
—D’où vient-elle?
—De Tomsk.
—Le fil est coupé au delà de cette ville?
—Il est coupé depuis hier.
—D’heure en heure, général, fais passer un télégramme à Tomsk, et que l’on me tienne au courant.
—Oui, sire,» répondit le général Kissoff.
Ces paroles étaient échangées à deux heures du matin, au moment où la fête, donnée au Palais-Neuf, était dans toute sa magnificence.
Pendant cette soirée, la musique des régiments de Préobrajensky et de Paulowsky n’avait cessé de jouer ses polkas, ses mazurkas, ses scottischs et ses valses, choisies parmi les meilleures du répertoire. Les couples de danseurs et de danseuses se multipliaient à l’infini à travers les splendides salons de ce palais, élevé a quelques pas de la «vieille maison de pierres», où tant de drames terribles s’étaient accomplis autrefois, et dont les échos se réveillèrent, cette nuit-là, pour répercuter des motifs de quadrilles. »

Extrait de : J. Verne. « Michel Strogoff. »

Le Chancellor par Jules Verne

Fiche de Le Chancellor

Titre : Le Chancellor
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1875
Editeur :

Première page de Le Chancellor

« CHARLESTON. – 27 septembre 1869. –

Nous quittons le quai de la Batterie à trois heures du soir, à la pleine mer. Le jusant nous porte rapidement au large. Le capitaine Huntly a fait établir les hautes et basses voiles, et la brise du nord pousse le Chancellor à travers la baie. Bientôt le fort Sumter est doublé, et les batteries rasantes de la côte sont laissées sur la gauche. À quatre heures, le goulet, d’où s’échappe un rapide courant de reflux, livre passage au navire. Mais la haute mer est encore loin, et, pour l’atteindre, il faut suivre les étroites passes que le flot a creusées entre les bancs de sable. Le capitaine Huntly s’engage donc dans le chenal du sud-ouest et met le phare de la pointe par l’angle gauche du fort Sumter. Les voiles du Chancellor sont alors orientées au plus près, et, à sept heures du soir, la dernière pointe sablonneuse de la côte est rangée par notre bâtiment, qui, tout dessus, se lance sur l’Atlantique. »

Extrait de : J. Verne. « Le Chancellor. »

L’île mystérieuse par Jules Verne

Fiche de L’île mystérieuse

Titre : L’île mystérieuse
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1875
Editeur :

Première page de L’île mystérieuse

« LES NAUFRAGÉS DE L’AIR
 
« Remontons-nous ?
– Non ! Au contraire ! Nous descendons !
– Pis que cela, monsieur Cyrus ! Nous tombons !
– Pour Dieu ! Jetez du lest !
– Voilà le dernier sac vidé !
– Le ballon se relève-t-il ?
– Non !
– J’entends comme un clapotement de vagues !
– La mer est sous la nacelle !
– Elle ne doit pas être à cinq cents pieds de nous !

Alors une voix puissante déchira l’air, et ces mots retentirent :
« Dehors tout ce qui pèse !… tout ! et à la grâce de Dieu ! »
Telles sont les paroles qui éclataient en l’air, au-dessus de ce vaste désert d’eau du Pacifique, vers quatre heures du soir, dans la journée du 23 mars 1865. »

Extrait de : J. Verne. « L’Île mystérieuse.  »

Le tour du monde en quatre-vingts jours par Jules Verne

Fiche de Le tour du monde en quatre-vingts jours

Titre : Le tour du monde en quatre-vingts jours
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1873
Editeur : Feedbooks

Première page de Le tour du monde en quatre-vingts jours

« DANS LEQUEL PHILEAS FOGG ET PASSEPARTOUT S’ACCEPTENT RÉCIPROQUEMENT, L’UN COMME MAÎTRE, L’AUTRE COMME DOMESTIQUE.

En l’année 1872, la maison portant le numéro 7 de Saville-row, Burlington Gardens, — maison dans laquelle Shéridan mourut en 1814, — était habitée par Phileas Fogg, esq., l’un des membres les plus singuliers et les plus remarqués du reform-club de Londres, bien qu’ il semblât prendre à tâche de ne rien faire qui pût attirer l’attention.
À l’un des plus grands orateurs qui honorent l’Angleterre, succédait donc ce Phileas Fogg, personnage énigmatique, dont on ne savait rien, sinon que c’était un fort galant homme et l’un des plus beaux gentlemen de la haute société anglaise.
On disait qu’il ressemblait à Byron, — par la tête, car il était irréprochable quant aux pieds, — mais un Byron à moustaches et à favoris, un Byron impassible, qui aurait vécu mille ans sans vieillir.
Anglais, à coup sûr, Phileas Fogg n’était peut-être pas londonner. On ne l’ avait jamais vu ni à la bourse, ni à la banque, ni dans aucun des comptoirs de la cité. Ni les bassins ni les docks de Londres n’avaient jamais reçu un navire ayant pour armateur Phileas Fogg. »

Extrait de : J. Verne. « Le Tour du monde en quatre-vingts jours. »

Le pays des fourrures par Jules Verne

Fiche de Le pays des fourrures

Titre : Le pays des fourrures
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1873
Editeur :

Première page de Le pays des fourrures

« Une soirée au Fort-Reliance.

Ce soir-là – 17 mars 1859 – le capitaine Craventy donnait une fête au Fort-Reliance.
Que ce mot de fête n’éveille pas dans l’esprit l’idée d’un gala grandiose, d’un bal de cour, d’un « raout » carillonné ou d’un festival à grand orchestre. La réception du capitaine Craventy était plus simple, et, pourtant, le capitaine n’avait rien épargné pour lui donner tout l’éclat possible.
En effet, sous la direction du caporal Joliffe, le grand salon du rez-de-chaussée s’était transformé. On voyait bien encore les murailles de bois, faites de troncs à peine équarris, disposés horizontalement ; mais quatre pavillons britanniques, placés aux quatre angles, et des panoplies, empruntées à l’arsenal du fort, en dissimulaient la nudité. Si les longues poutres du plafond, rugueuses, noirâtres, s’allongeaient sur les contre-forts grossièrement ajustés, en revanche, deux lampes, munies de leur réflecteur en fer-blanc, se balançaient comme deux lustres au bout de leur chaîne et projetaient une suffisante lumière à travers l’atmosphère embrumée de la salle. »

Extrait de : J. Verne. « Le pays des fourrures. »

Aventures de 3 russes et de 3 anglais dans l’Afrique australe par Jules Verne

Fiche de Aventures de 3 russes et de 3 anglais dans l’Afrique australe

Titre : Aventures de 3 russes et de 3 anglais dans l’Afrique australe
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1872
Editeur :

Première page de Aventures de 3 russes et de 3 anglais dans l’Afrique australe

« Sur les bords du fleuve Orange.
 
Le 27 février 1854, deux hommes, étendus au pied d’un gigantesque saule pleureur, causaient en observant avec une extrême attention les eaux du fleuve Orange. Ce fleuve, le Groote-river des Hollandais, le Gariep des Hottentots, peut rivaliser avec les trois grandes artères africaines, le Nil, le Niger et le Zambèse. Comme elles, il a des crues, des rapides, des cataractes. Quelques voyageurs, dont les noms sont connus sur une partie de son cours, Thompson, Alexander, Burchell, ont tour à tour vanté la limpidité de ses eaux et la beauté de ses rives.
En cet endroit, l’Orange, se rapprochant des montagnes du duc d’York, offrait aux regards un spectacle sublime. Rocs infranchissables, masses imposantes de pierres et de troncs d’arbres minéralisés sous l’action du temps, cavernes profondes, forêts impénétrables que n’avait pas encore déflorées la hache du settler, tout cet ensemble, encadré dans l’arrière-plan des monts Gariepins, formait un site d’une incomparable magnificence. »

Extrait de : J. Verne. « Aventures de trois russes et de trois anglais dans l’Afrique australe. »

Une ville flottante par Jules Verne

Fiche de Une ville flottante

Titre : Une ville flottante
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1870
Editeur : Feedbooks

Première page de Une ville flottante

« Le 18 mars 1867, j’arrivais à Liverpool. Le Great Eastern devait partir quelques jours après pour New York, et je venais prendre passage à son bord. Voyage d’amateur, rien de plus. Une traversée de l’Atlantique sur ce gigantesque bateau me tentait. Par occasion, je comptais visiter le North-Amérique, mais accessoirement. Le Great Eastern d’abord. Le pays célébré par Cooper ensuite. En effet, ce steamship est un chef-d’œuvre de construction navale. C’est plus qu’un vaisseau, c’est une ville flottante, un morceau de comté, détaché du sol anglais, qui, après avoir traversé la mer, va se souder au continent américain. Je me figurais cette masse énorme emportée sur les flots, sa lutte contre les vents qu’elle défie, son audace devant la mer impuissante, son indifférence à la lame, sa stabilité au milieu de cet élément qui secoue comme des chaloupes les Warriors et les Solférinos. »

Extrait de : J. Verne. « Une Ville flottante. »

Autour de la Lune par Jules Verne

Fiche de Autour de la Lune

Titre : Autour de la Lune
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1869
Editeur : Feedbooks

Première page de Autour de la Lune

« De dix heures vingt a dix heures quarante-sept minutes du soir

Quand dix heures sonnèrent, Michel Ardan, Barbicane et Nicholl firent leurs adieux aux nombreux amis qu’ils laissaient sur terre. Les deux chiens, destinés à acclimater la race canine sur les continents lunaires, étaient déjà emprisonnés dans le projectile. Les trois voyageurs s’approchèrent de l’orifice de l’énorme tube de fonte, et une grue volante les descendit jusqu’au chapeau conique du boulet.

Là, une ouverture, ménagée à cet effet, leur donna accès dans le wagon d’aluminium. Les palans de la grue étant halés à l’extérieur, la gueule de la Columbiad fut instantanément dégagée de ses derniers échafaudages. »

Extrait de : J. Verne. « Autour de la Lune. »

Vingt milles lieues sous les mers par Jules Verne

Fiche de Vingt milles lieues sous les mers

Titre : Vingt milles lieues sous les mers
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1871
Editeur : Feedbooks

Première page de Vingt milles lieues sous les mers

« Un écueil fuyant

L’année 1866 fut marquée par un événement bizarre, un phénomène inexpliqué et inexplicable que personne n’a sans doute oublié. Sans parler des rumeurs qui agitaient les populations des ports et surexcitaient l’esprit public à l’intérieur des continents les gens de mer furent particulièrement émus. Les négociants, armateurs, capitaines de navires, skippers et masters de l’Europe et de l’Amérique, officiers des marines militaires de tous pays, et, après eux, les gouvernements des divers États des deux continents, se préoccupèrent de ce fait au plus haut point.

En effet, depuis quelque temps, plusieurs navires s’étaient rencontrés sur mer avec « une chose énorme » un objet long, fusiforme, parfois phosphorescent, infiniment plus vaste et plus rapide qu’une baleine. »

Extrait de : J. Verne. « 20000 lieues sous les mers. »

Les enfants du capitaine Grant par Jules Verne

Fiche de Les enfants du capitaine Grant

Titre : Les enfants du capitaine Grant
Auteur : Jules Verne
Date de parution : 1868
Editeur : Feedbooks

Première page de Les enfants du capitaine Grant

« Balance-fish

Le 26 juillet 1864, par une forte brise du nord-est, un magnifique yacht évoluait à toute vapeur sur les flots du canal du nord. Le pavillon d’Angleterre battait à sa corne d’artimon ; à l’extrémité du grand mât, un guidon bleu portait les initiales E G, brodées en or et surmontées d’une couronne ducale. Ce yacht se
nommait le Duncan ; il appartenait à lord Glenarvan, l’un des seize pairs écossais qui siègent à la chambre haute, et le membre le plus distingué du « royal-thames-yacht-club », si célèbre dans tout le Royaume-uni.
Lord Edward Glenarvan se trouvait à bord avec sa jeune femme, lady Helena, et l’un de ses cousins, le major Mac Nabbs.
Le Duncan, nouvellement construit, était venu faire ses essais à quelques milles au dehors du golfe de la Clyde, et cherchait à rentrer à Glasgow ; déjà l’île d’Arran se relevait à l’horizon, quand le matelot de vigie signala un énorme poisson qui s’ébattait dans le sillage du yacht. »

Extrait de : J. Verne. « Les Enfants du capitaine Grant. »