Catégorie : Livres
Le masque par Stanislas Lem
Fiche de Le masque
Titre : Le masque
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1968
Traduction : L. Dyèvre
Editeur : Presses Pocket
Sommaire de Le masque
- La formule de Lymphater
- L’invasion aldebaranaise
- Cent trente-sept secondes
- La vérité
- Deux jeunes gens
- Le masque
- Journal
Première page de La formule de Lymphater
« PARDON monsieur… Un moment s’il vous plaît. Excusez-moi d’être importun, si, si, je le sais, mon allure… mais je suis contraint de demander… Ah non ! Non, non, pas du tout ! C’est un malentendu. Je vous ai suivi ? Oui, c’est vrai. Depuis la librairie, mais c’est seulement parce que je vous ai vu par la vitrine… Vous étiez en train d’acheter les revues Biophysics et Abstractions… et quand vous vous êtes installé ici, je me suis dit que c’était une occasion extraordinaire… Si vous me permettiez d’y jeter un coup d’œil, aux deux mais surtout à Abstractions. Pour moi, c’est vital mais je ne peux pas me les offrir. D’ailleurs ça se voit, n’est-ce pas ? J’y jette un coup d’œil et je vous les rends tout de suite, ça ne durera pas longtemps. J’ai seulement à vérifier quelque chose, une note bien précise. »
Extrait de : S. Lem. « Le Masque. »
Le bréviaire des robots par Stanislas Lem
Fiche de Le bréviaire des robots
Titre : Le bréviaire des robots
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1961
Traduction : A. Posner
Editeur : Denoël
Sommaire de Le bréviaire des robots
- L’ami
- L’obscurité et la moisissure
- Le marteau
- Le bréviaire des robots
Première page de L’ami
« Je me rappelle encore les circonstances dans lesquelles j’ai connu M. Harden. Ce fut deux semaines après ma nomination d’assistant de l’instructeur de notre club. Je considérais cette nomination comme un grand mérite, car j’étais le plus jeune membre du club, et l’instructeur, M. Egger, me déclara d’emblée, le premier jour de mon engagement, que j’étais suffisamment intelligent et que je connaissais assez bien le bazar (il s’exprima ainsi) pour assurer le service tout seul. Naturellement, il tourna tout de suite les talons. Je devais prendre le service tous les deux jours, de 16 heures à 18 heures, donner des informations techniques aux membres du club et distribuer les cartes Q.D.R. sur présentation des reçus de cotisations payées. Comme je viens de le dire, j’étais très heureux de cet emploi, mais je me rendis compte très vite que mes fonctions ne nécessitaient pas du tout de connaître la radiotechnique car personne ne demandait aucune information. »
Extrait de : S. Lem. « Le bréviaire des robots. »
La voix du maître par Stanislas Lem
Fiche de La voix du maître
Titre : La voix du maître
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1968
Traduction : A. Posner
Editeur : Denoël
Première page de La voix du maître
« Je scandaliserai sans doute maints lecteurs en disant ce qui suit, mais je considère que c’est mon devoir. Jamais encore je n’ai écrit de livre de ce genre, et comme ce n’est pas la coutume qu’un mathématicien fasse des confidences d’ordre personnel en tête d’un ouvrage, j’aurais pu sans doute m’en dispenser.
Des circonstances indépendantes de ma volonté m’ont mêlé à des événements que je désire relater. Les raisons pour lesquelles je fais précéder ce récit d’une sorte de profession de foi s’éclaireront par la suite. Lorsqu’on veut parler de soi, il faut choisir un système de références ; ce sera, si vous le voulez bien, la dernière biographie qui m’a été consacrée, due à la plume du professeur Harold Yowitt. Celui-ci me qualifie d’esprit supérieur parce que je me suis toujours attaqué aux problèmes les plus difficiles parmi ceux qui nous sont aujourd’hui accessibles. »
Extrait de : S. Lem. « La voix du maître. »
La cybériade par Stanislas Lem
Fiche de La cybériade
Titre : La cybériade
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1965
Traduction : D. Sila
Editeur : Denoël
Sommaire de La cybériade
- Comment le monde échappa à la ruine
- La machine de Truri
- La grande rossée
- Les sept croisades de Truri et Clapaucius
- Histoire des trois machines à raconter du roi Génialain
- L’Atruizine ou l’histoire véridique de l’ermite Bonnas lequel voulut faire le bonheur de l’univers et ce qui s’ensuivit
Première page de Comment le monde échappa à la ruine
« Le grand constructeur Trurl conçut un jour une machine qui savait faire tout ce qui commençait par la lettre n. Lorsqu’elle fut prête, afin de la mettre à l’épreuve, il lui demanda de confectionner des nattes, de les nouer avec du nylon – qu’elle-même venait de fabriquer – puis de jeter le tout dans une niche entourée de nappes, de navettes et de nacre. La machine exécuta ces ordres à la lettre. Cependant, n’étant point encore tout à fait assuré de son bon fonctionnement, il lui ordonna de produire tour à tour des nimbes, des nefs, des nacelles, des neutrons, des nez, des nymphes et du natrium. Mais elle ne sut guère exécuter la dernière de ces tâches, et Trurl, fort contrarié, lui demanda des explications.— J’ignore ce qu’est le natrium, répondit la machine, je n’en ai jamais entendu parler.— Allons bon ! Mais c’est du sodium, voyons ! Un métal, un élément chimique… »
Extrait de : S. Lem. « La Cybériade. »
L’invincible par Stanislas Lem
Fiche de L’invincible
Titre : L’invincible
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1964
Traduction : G. Posner
Editeur : Pocket
Première page de L’invincible
« LA PLUIE NOIRE
L’Invincible, croiseur de seconde classe, la plus grande unité dont disposait la Base installée dans la constellation de la Lyre, suivait une trajectoire photonique à l’extrême bord de la constellation. Les quatre-vingt-trois hommes de l’équipage dormaient dans l’hibernateur en tunnel du pont central. Comme la traversée était relativement courte, au lieu d’une hibernation complète, on avait eu recours à un sommeil renforcé où la température du corps ne tombait pas en dessous de dix degrés. Dans le poste de pilotage, seuls les appareils automatiques travaillaient. Dans leur champ de vision, sur le réticule du viseur, s’étalait le disque du soleil, guère plus chaud qu’une simple naine rouge. Lorsque sa circonférence occupa la moitié de la largeur de l’écran, la réaction annihilatrice de matière fut arrêtée. Pendant quelque temps, un silence de mort régna dans tout le vaisseau. »
Extrait de : S. Lem. « L’invincible. »
Eden par Stanislas Lem
Fiche de Eden
Titre : Eden
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1972
Traduction : E. & E. Pomorski
Editeur : Denoël
Sommaire de Eden
« Il y avait eu une erreur dans les calculs. Ils n’avaient pas survolé l’atmosphère, ils venaient de la heurter et le vaisseau s’enfonçait dans l’air avec un bruit de tonnerre qui faisait gonfler les tympans. Aplatis sur leurs gîtes, ils avaient senti les derniers mouvements des amortisseurs. Les flammes traversèrent subitement les écrans et s’éteignirent, le coussin des gaz incandescents s’écrasa contre la proue en noyant les objectifs extérieurs. Le freinage était insuffisant et retardé ; une odeur de caoutchouc brûlé envahit la cabine de pilotage. Sous la pression de la décélération, ils devenaient sourds et aveugles ; c’était la fin, mais ils étaient incapables d’y penser : ils n’avaient pas assez de force pour soulever la poitrine, la gonfler d’air. C’étaient les pulsoréacteurs d’oxygène qui enfonçaient l’air dans leurs poumons, comme dans des ballons craquants. Brusquement, le grondement cessa. »
Extrait de : S. Lem. « Eden. »
Contes inoxydables par Stanislas Lem
Fiche de Contes inoxydables
Titre : Contes inoxydables
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1964
Traduction : D. Sila
Editeur : Denoël
Sommaire de Contes inoxydables
- Les trois électribuns
- Les oreilles d’uranium
- Comment Erg l’automorphe terrassa le blêmard
- Les deux monstres
- Comment Microphile et Gigatien suscitèrent la fuite des nébuleuses
- Les conseillers du roi Hydrogue
- L’ami d’Automathieu
- Le roi Globares et les sages
- Conte du roi Trognace
- Les trésors du roi Biscalare
- Le prince Ferrice et la princesse Cristalie
- La mort blanche
- Conte de la machine à calculer qui combattit le dragon
Première page de Les trois électribuns
« Il était une fois un grand constructeur-inventeur qui sans répit inventait et confectionnait toutes sortes de mécanismes extraordinaires et de machines merveilleuses. Il s’était fabriqué une petite mécanique laconique, laquelle chantait si joliment qu’il l’avait baptisée la dame-oiselle. Il avait pour blason un cœur hardi, et chaque atome sorti de sa main portait cet emblème, si bien que ses disciples s’émerveillèrent par la suite en découvrant de petits cœurs scintillants à l’intérieur des spectres atomiques. Il avait déjà bâti nombre de machines utiles, grandes et petites, lorsqu’un jour il eut l’idée bizarre d’allier la vie et la mort, et d’accomplir ainsi l’impossible. Il avait formé le dessein de construire des êtres intelligents avec de l’eau – non point, certes, de la façon abominable à laquelle vous songez sûrement ; grâce à Dieu, la pensée de ces corps mous et humides lui était étrangère et lui répugnait autant qu’à nous tous. »
Extrait de : S. Lem. « Contes inoxydables. »
Les voyages électriques d’Ijon Tichy par Stanislas Lem
Fiche de Les voyages électriques d’Ijon Tichy
Titre : Les voyages électriques d’Ijon Tichy (Tome 3 sur 4 – Ijon Tichy)
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1971
Traduction : D. Sila
Editeur : Denoël
Sommaire de Les voyages électriques d’Ijon Tichy
- Septième voyage
- Huitième voyage
- Onzième voyage
- Douzième voyage
- Quatorzième voyage
- Dix-huitième voyage
- Vingtième voyage
- Vingt et unième voyage
- Vingt-deuxième voyage
- Vingt-troisième voyage
- Vingt-cinquième voyage
- Vingt-huitième voyage
Première page de Les voyages électriques d’Ijon Tichy
« Septième voyage
Le lundi 12 avril, comme je passais à proximité de Bételgeuse, un météore guère plus gros qu’un flageolet transperça ma coque, fracassa mon régulateur de poussée, ainsi qu’une partie des commandes, si bien que la fusée perdit toute sa manœuvrabilité. J’enfilai mon scaphandre et sortis pour tenter de réparer le système ; je m’aperçus alors que sans l’aide d’un autre homme il était impossible de visser le gouvernail de secours que j’avais pourtant eu la prévoyance de prendre avec moi. Les ingénieurs avaient conçu cette fusée de façon si peu rationnelle qu’il fallait que quelqu’un maintienne la tête du boulon avec une clé pendant qu’un autre serrait l’écrou. Tout d’abord je ne m’en préoccupai guère et perdis quelques heures à essayer de manœuvrer la clé avec les pieds, tandis qu’avec les mains je m’évertuais à visser le boulon de l’autre côté. »
Extrait de : S. Lem. « Ijon Tichy – Les voyages électiques d’Ijon Tichy. »
Mémoires d’Ijon Tichy par Stanislas Lem
Fiche de Mémoires d’Ijon Tichy
Titre : Mémoires d’Ijon Tichy (Tome 2 sur 4 – Ijon Tichy)
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1971
Traduction : D. Sila
Editeur : Calmann Lévy
Première page de Mémoires d’Ijon Tichy
« APRÈS un séjour prolongé sur la Terre, je repartis faire un pèlerinage aux lieux favoris de mes anciennes expéditions : l’amas globulaire de Persée, la constellation du Veau, le grand nuage stellaire près du noyau de la Galaxie. Partout, je constatai des changements dont il m’est pénible de parler, car ce ne sont malheureusement pas des améliorations. On parle beaucoup en ce moment de l’extension du tourisme cosmique ; c’est sans aucun doute une excellente chose, mais il faut en tout savoir garder la mesure.
La pagaille règne dès les premiers pas. La ceinture d’astéroïdes gravitant entre la Terre et Mars se trouve dans un état lamentable. Ces fragments de roches monumentaux, jadis plongés dans une nuit éternelle, ont été éclairés à l’électricité ; en outre, le moindre escarpement se couvre d’un nombre croissant d’initiales et de monogrammes tracés avec application. »
Extrait de : S. Lem. « Ijon Tichy – Mémoires d’Ijon Tichy. »
Le congrès de futurologie par Stanislas Lem
Fiche de Le congrès de futurologie
Titre : Le congrès de futurologie (Tome 1 sur 4 – Ijon Tichy)
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1971
Traduction : D. Sila
Editeur : J’ai lu
Première page de Le congrès de futurologie
« Le huitième congrès mondial de futurologie se tint à Costaricana. À vrai dire, je ne serais pas parti à Nounas si le Pr Tarantoga ne m’avait laissé entendre que l’on comptait sur moi. Il me dit également (et cela me vexa) que l’astronautique était devenue une façon de fuir les problèmes terrestres. Tous ceux qui en ont assez s’en vont quelque part dans la galaxie, escomptant que le pire aura lieu pendant leur absence. Il est vrai que plus d’une fois, surtout au retour de mes premiers voyages, il m’est arrivé de jeter un regard plein d’anxiété sur la Terre : n’allais-je pas trouver à sa place un objet en forme de pomme de terre sautée ? C’est pourquoi je ne fis guère de difficultés et me contentai de signaler que la futurologie n’était pas ma spécialité. Tarantoga répliqua que le pompage n’était en général la spécialité de personne, ce qui ne nous empêchait nullement d’accourir à nos postes au cri de : « Tous aux pompes ! ». »
Extrait de : S. Lem. « Ijon Tichy – Le congrès de futurologie. »