Catégorie : Livres

 

La galaxie noire par Murray Leinster

Fiche de La galaxie noire

Titre : La galaxie noire
Auteur : Murray Leinster
Date de parution : 1958
Traduction : R. Chomet, P. Tarnier
Editeur : Le Masque

Première page de La galaxie noire

« PROMOTION LIMOGEAGE

Le président du Comité des Missiles était un homme poli, patient et sans humour. Son expérience de la vie politique lui avait appris qu’il était inutile d’attendre d’un soldat ou d’un homme d’action quelconque une compréhension tolérante des compromissions démocratiques. Or, il avait maintenant devant lui Rod Cantrell, le plus populaire des héros militaires et le plus intransigeant interlocuteur qu’il eût eu depuis de nombreuses années.

Il engagea donc la conversation sur un ton d’amabilité mondaine qui, il l’espérait, ferait passer ce qu’il avait à lui faire accepter.

— Permettez-moi de vous féliciter pour votre nouvelle promotion. Vous en êtes digne et ce n’est qu’une juste récompense pour tout ce que vous avez fait pour nous. »

Extrait de : M. Leinster. « La galaxie noire. »

L’autre côté du monde par Murray Leinster

Fiche de L’autre côté du monde

Titre : L’autre côté du monde
Auteur : Murray Leinster
Date de parution : 1955
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’autre côté du monde

« Steve Waldron se disait tristement que, s’il avait été un détective, on lui aurait demandé de changer son fusil d’épaule. Et pourtant, les détectives officiels n’avaient pas mieux réussi que lui. Il convient de préciser que ces gens-là n’avaient pas à affronter Lucy et reconnaître qu’ils n’avaient trouvé aucun indice pouvant donner une idée de ce qui était arrivé à son père. On ne pouvait qu’émettre l’hypothèse, assez invraisemblable, qu’il s’était volatilisé.

Il avait disparu depuis quatre jours. D’après Fran Dutt, qui se trouvait à ce moment dans le laboratoire personnel du père de Lucy, celui-ci aurait répondu à un appel téléphonique. Il aurait alors mis son chapeau et, après avoir déclaré à Fran qu’il revenait tout de suite, il serait parti, disparaissant complètement de ce monde. Il n’avait aucun motif de s’enfuir. Il n’avait pas de fréquentations secrètes. Rien n’expliquait l’appel téléphonique. Et l’on pouvait même affirmer au premier abord que personne n’avait de raison pour désirer l’écarter de son chemin. »

Extrait de : M. Leinster. « L’autre côté du monde. »

L’astronef pirate par Murray Leinster

Fiche de L’astronef pirate

Titre : L’astronef pirate
Auteur : Murray Leinster
Date de parution : 1964
Traduction : B.-R. Bruss
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’astronef pirate

« Vues des bâtiments du contrôle, les lumières de l’astroport de Formalhaut semblaient rivaliser en nombre avec les étoiles et elles étaient beaucoup plus brillantes.

L’aire de l’astroport, recouverte d’un bitume noir et luisant qui reflétait en longues traînées jaunes la clarté des lampadaires, s’étendait sur près de trois kilomètres carrés. Mais aucune activité n’y régnait à cette heure nocturne.

Horn, qui n’avait rien d’autre à faire pour le moment, se trouvait dans la salle de contrôle et prêtait l’oreille à un léger bourdonnement qui sortait d’un haut-parleur au-dessus de sa tête. Ce bourdonnement assez bizarre provenait d’un rafiot de l’espace, le Thébain, qui descendait dans la nuit pour un atterrissage forcé. »

Extrait de : M. Leinster. « L’Astronef Pirate. »

Sirius par Olaf Stapledon

Fiche de Sirius

Titre : Sirius
Auteur : Olaf Stapledon
Date de parution : 1944
Traduction : C. Fournier
Editeur : Denoël

Première page de Sirius

« Plaxy et moi nous nous aimions ; mais avec un certain sentiment de gêne car Plaxy ne parlait jamais volontiers de son passé, et parfois même, s’abritait derrière un écran de réserve et de découragement. Souvent, pourtant, nous étions très heureux ensemble, et j’étais alors persuadé que notre bonheur s’enracinait plus profondément.

Puis survint la maladie qui entraîna la mort de sa mère et je perdis Plaxy de vue. Une ou deux fois, je reçus une lettre d’elle, ne comportant aucune adresse, mais exprimant le souhait que je lui répondisse « Poste restante », tantôt dans un village du nord du Pays de Galles, tantôt dans un autre. Le ton des lettres de Plaxy allait d’une amabilité de pure forme jusqu’à un réel désir de m’avoir à nouveau près d’elle. Elles mentionnaient, en termes mystérieux, un « devoir étrange » qui, disait Plaxy, était en rapport avec les recherches biologiques de son père. »

Extrait de : O. Stapledon. « Sirius. »

Rien qu’un surhomme par Olaf Stapledon

Fiche de Rien qu’un surhomme

Titre : Rien qu’un surhomme
Auteur : Olaf Stapledon
Date de parution : 1935
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Denoël

Première page de Rien qu’un surhomme

« EN GUISE DE PROLOGUE
Quand je fis part à John de mon intention d’écrire sa biographie, il se mit à rire : « Pauvre cher homme ! dit-il. C’était inévitable. » Le terme de « cher homme », sur les lèvres de John, équivalait souvent à imbécile.
« Bah ! protestai-je, un chat peut regarder un roi. » Il répliqua : « Oui, mais peut-il réellement « voir » le roi ? Peux-tu, minou, me voir réellement ? »
Étrange enfant que celui qui parlait ainsi à un adulte !
John avait raison. Je le connaissais depuis qu’il était bébé et bien qu’étant, en un sens, intime avec lui, je ne savais presque rien du John intérieur, du John réel. Aujourd’hui encore, je sais peu de chose en dehors des événements étonnants de sa carrière. Je sais qu’il ne marcha qu’à six ans. Avant d’avoir atteint dix ans, il avait commis plusieurs cambriolages et tué un agent. À dix-huit ans, alors qu’il avait encore l’air d’un grand enfant, il fonda son absurde Colonie des mers du Sud. »

Extrait de : O. Stapledon. « Rien qu’un surhomme. »

Les derniers hommes à Londres par Olaf Stapledon

Fiche de Les derniers hommes à Londres

Titre : Les derniers hommes à Londres
Auteur : Olaf Stapledon
Date de parution : 1932
Traduction : C. Saunier
Editeur : Denoël

Première page de Les derniers hommes à Londres

« Le monde des Derniers Hommes

I. VACANCES SUR NEPTUNE

Quand je suis dans votre monde, à votre époque, je me remémore souvent un certain lieu solitaire de mon propre monde, dans le temps que j’appelle le présent. C’est un petit coin où la terre s’avance dans la mer en un désordre de rochers éclatés, telle une horde de monstres entrant en foule dans l’eau. Des forces souterraines agissant là ont autrefois tordu la croûte de la planète, soulevée en une montagne, mais elle fut immédiatement déchiquetée, fracassée par la gravité, cet implacable djinn de tous les vastes mondes. Il n’en reste rien à présent que ces rochers. Nous n’avons pas de montagnes sur Neptune, et nos océans sont sans vagues. La solide atmosphère tient si serré son manteau humide que les plus violents ouragans même ne peuvent faire naître plus qu’une ride. Un réseau de petits fjords, aux parois et aux fonds brodés d’une vie variée, s’éparpille parmi les rochers. »

Extrait de : O. Stapledon. « Les derniers hommes à Londres. »

Les derniers et les premiers par Olaf Stapledon

Fiche de Les derniers et les premiers

Titre : Les derniers et les premiers
Auteur : Olaf Stapledon
Date de parution : 1930
Traduction : C. Saunier
Editeur : Denoël

Première page de Les derniers et les premiers

« L’Europe balkanisée

I. LA GUERRE EUROPÉENNE ET SES SUITES.

Observez à présent votre propre époque de l’histoire telle qu’elle apparaît aux Derniers Hommes.
Longtemps avant que l’esprit humain se fût éveillé à la connaissance claire du monde et de lui-même, il remua dans son sommeil, ouvrit des yeux troublés, et se rendormit. Un de ces moments d’expérience précoce embrasse la lutte des Premiers Hommes pour passer de la sauvagerie à la civilisation. Vous êtes, dans ce moment, à l’instant où l’espèce est à son zénith. C’est à peine si l’on voit progresser cette première culture au-delà de votre époque, et de votre temps déjà la vie mentale de l’humanité montre des signes de déclin. »

Extrait de : O. Stapledon. « Les derniers et les premiers. »

Créateur d’étoiles par Olaf Stapledon

Fiche de Créateur d’étoiles

Titre : Créateur d’étoiles
Auteur : Olaf Stapledon
Date de parution : 1937
Traduction : B. André
Editeur : NEO

Première page de Créateur d’étoiles

« La Terre

Le point de départ

Une nuit d’amertume, je sortis sur la colline. La bruyère sombre entravait mes pas. En bas défilaient les lumières des faubourgs. Les fenêtres, rideaux tirés, étaient comme des yeux clos, tournés vers la vie
intérieure des rêves. Au-delà du noir horizon de la mer, un phare palpitait. Au-dessus de ma tête, l’obscurité.

J’apercevais notre maison, notre îlot dans les tumultueux et âpres courants du monde. Là, pendant quinze ans, nous deux, si différents, avions vécu dans un soutien et un enrichissement mutuels, dans une symbiose étroite. Là, nous avions fait les projets de chaque jour, subi les hasards et les heurts de la journée. Là s’empilaient les « lettres à répondre », les chaussettes à raccommoder. Là, les enfants étaient nés. Là, sous ce toit, nos deux vies, se heurtant parfois, se reconnaissaient une : une vie plus grande, plus consciente que l’une ou l’autre seule. »

Extrait de : O. Stapledon. « Créateur d’étoiles. »

Passagère clandestine pour Mars par J. Beynon

Fiche de Passagère clandestine pour Mars

Titre : Passagère clandestine pour Mars
Auteur : J. Beynon
Date de parution : 1951
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : Le rayon fantastique

Première page de Passagère clandestine pour Mars

« LE SUSPECT EST MORT

JAKE REILLY, le veilleur de nuit, faisait sa ronde habituelle sans la moindre appréhension. Il bâillait, même, en quittant le laboratoire pour se diriger vers le hangar principal. En atteignant le seuil, il resta immobile, un instant, à contempler la machine en construction.

Il se demanda, vaguement, si l’on progressait beaucoup. Quelle formidable besogne ! Pour autant qu’il fût capable d’en juger, il y avait des mois qu’elle lui paraissait toujours au même point.

À vrai dire, Jake n’en pouvait distinguer grand-chose. D’immenses échafaudages l’emprisonnaient si étroitement qu’entre les madriers, on ne voyait que de vagues reflets de métal poli.

« Doivent maint’nant surtout travailler à l’intérieur, j’suppose », se dit-il.

Il promena le pinceau lumineux de sa lampe électrique pour l’inspection coutumière. La base de la machine était circulaire. Tout autour, on voyait des perceuses et autres outils rangés en ordre, par groupes. »

Extrait de : J. Beynon. « Passagère clandestine pour Mars. »

Le ciel est mort par J. W. Campbell

Fiche de Le ciel est mort

Titre : Le ciel est mort
Auteur : J. W. Campbell
Date de parution : 1948
Traduction : A. Glatigny
Editeur : Denoël

Première page de Le ciel est mort

« La bête d’un autre monde

Cela puait dans le baraquement enfoui sous la glace. Il y régnait cette étrange odeur composite particulière aux campements de l’Antarctique. Un relent de sueur humaine se mêlait aux lourdes exhalaisons de la graisse de phoque fondue et à l’odeur de friture brûlée qui flottaient dans l’air. Un parfum de liniment luttait avec la senteur moisie des fourrures imprégnées de neige et de transpiration. Le temps commençait à diluer l’odeur âcre des chiens, une odeur animale mais pas désagréable ; en revanche, un remugle persistant d’huile à machine tranchait sur les effluves de cuir et de cirage à harnais. »

Extrait de : J. W. Campbell. « Le ciel est mort. »