Catégorie : Livres
Le livre d’or par John Wyndham
Fiche de Le livre d’or
Titre : Le livre d’or de la science-fiction
Auteur : John Wyndham
Date de parution : 1987
Traduction : G. Barlow
Editeur : Pocket
Sommaire de Le livre d’or :
- Le troc des mondes
- Le monstre invisible
- Adaptation
- Indiscrets passe-temps de Pawley
- Péril rouge
- La roue
- Casse-tête chinois
- Abus de confiance
- Ce rêve étrange et pénétrant
- La quête aléatoire
Première page de Le troc des mondes
« LE RÉFUGIÉ DE L’AN 2145
Dehors, par les hautes fenêtres du laboratoire, on voyait les jardins inondés de soleil. C’était une de ces matinées de juin où l’on oublie les défauts de notre civilisation et où tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Certes, ni le professeur Lestrange ni moi n’avions le moindre soupçon que quelque chose de fâcheux allait se produire. Il y avait déjà quelque trois heures et demie que nous travaillions d’arrache-pied.
Lestrange, en cette année 1945, n’était pas très différent des photographies, prises dix ans plus tard, qui ornent maintenant les manuels. Déjà, à quarante ans, ses traits les plus frappants étaient ce vaste front pâle derrière lequel se résolvaient tant de mystères et ces yeux perçants qui voyaient tant de choses cachées au commun des mortels. Déjà, les adaptations et les perfectionnements dont il était l’auteur présageaient une carrière couronnée de succès, bien qu’il n’eût encore à son actif aucune de ces découvertes révolutionnaires assez singulières pour être comprises et acclamées du public. L’heure n’avait pas encore sonné où le nom de Lestrange »
Extrait de : J. Wyndham. « Le livre d’or de la science-fiction – John Wyndham. »
Le jour des Triffides par John Wyndham
Fiche de Le jour des Triffides
Titre : Le jour des Triffides
Auteur : John Wyndham
Date de parution : 1951
Traduction : M. Battin, S. Guillot
Editeur : Terre de brume
Première page de Le jour des Triffides
« Lorsqu’un jour que vous savez être un mercredi débute comme s’il s’agissait d’un dimanche, c’est que quelque chose ne tourne vraiment pas rond quelque part.
Ce fut l’impression que je ressentis dès l’instant où je me réveillai. Et lorsque mon esprit se mit en marche avec un peu plus de vivacité, j’en acquis la quasi-certitude. Après tout, cela venait sans doute de moi, et de personne d’autre, même si j’avais du mal à saisir ce qui ne tournait pas rond. Je continuai d’attendre, saisi par le doute. Mais j’eus bientôt mon premier élément de preuve objective – une pendule qui, dans le lointain, sonna huit coups. J’écoutai, attentivement et avec méfiance. Presque aussitôt, une autre pendule se mit à tinter sur une note bruyante et catégorique. Sans hâte, elle frappa huit coups indiscutables. C’est alors que je sus que les choses allaient de travers. »
Extrait de : J. Wyndham. « Le Jour des Triffides. »
La machine perdue par John Wyndham
Fiche de La machine perdue
Titre : La machine perdue
Auteur : John Wyndham
Date de parution : 1973
Traduction : M. Rosenthal
Editeur : Le Masque
Sommaire de La machine perdue :
- La machine perdue
- Le troc des mondes
- Le survivant
- Adaptation
- Les murs de Jéricho
- La perfection même
- Le vide de l’espace
Première page de La machine perdue
« — Papa ! Papa ! Viens vite !
La voix de Joan venait du long corridor. Frappé par le ton urgent de sa fille, le Docteur Falkner s’interrompit au milieu de la phrase qu’il écrivait. Sa fille appela à nouveau :
— Papa ! Vite !
— J’arrive ! cria-t-il en quittant précipitamment son fauteuil.
— Par ici, ajouta-t-il, à l’adresse de ses deux visiteurs.
Joan se tenait devant la porte ouverte du laboratoire.
— Elle est partie ! dit-elle.
— Que veux-tu dire ? questionna-t-il brusquement en l’écartant pour entrer. Elle s’est enfuie ?
— Non.
Joan secoua la tête et ses boucles sombres dansèrent sur son front. »
Extrait de : J. Wyndham. « La Machine perdue. »
L’herbe à vivre par John Wyndham
Fiche de L’herbe à vivre
Titre : L’herbe à vivre
Auteur : John Wyndham
Date de parution : 1960
Traduction : C. Saunier
Editeur : Denoël
Première page de L’herbe à vivre
« Le dernier adieu fut très beau.
Les choristes vêtues de blanc, des filets d’or étincelant sur leurs cheveux, chantèrent avec la mélodieuse tristesse d’anges abandonnés.
Quand elles s’arrêtèrent, un silence absolu régna dans la chapelle où l’on s’entassait, le parfum de milliers de fleurs s’épandit en lentes vagues dans l’air lourd.
Le cercueil émergeait d’une pyramide de couronnes. Aux quatre coins, figées comme des statues, se tenaient des gardes vêtues de classiques tuniques de soie pourpre, des filets d’or sur leurs têtes inclinées ; un grand cordon d’or barrait leur poitrine, et leurs mains tenaient des palmes dorées.
L’évêque traversa sans bruit la chapelle, monta les quatre marches basses conduisant à la chaire. Il posa soigneusement son livre sur la planchette en face de lui, se recueillit un instant, puis leva les yeux. »
Extrait de : J. Wyndham. « L’Herbe à vivre. »
Tout sauf un homme par Isaac Asimov et Robert Silverberg
Fiche de Tout sauf un homme
Titre : Tout sauf un homme
Auteur : Isaac Asimov et Robert Silverberg
Date de parution : 1993
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Terre de brume
Première page de Tout sauf un homme
« Si vous voulez bien vous asseoir, Monsieur, dit le chirurgien en indiquant le siège devant son bureau. Je vous en prie.
— Merci, dit Andrew Martin.
Il s’assit calmement. Il faisait tout calmement. C’était sa nature, un trait de son caractère qui ne changerait jamais. À le voir, personne n’aurait cru qu’Andrew Martin était poussé dans ses derniers retranchements. C’était pourtant le cas. Il avait traversé la moitié du continent pour cette consultation. C’était son ultime espoir d’atteindre le but majeur de sa vie ; voilà ce à quoi tout se résumait. Tout.
Le visage d’Andrew était uni et inexpressif – bien qu’un observateur pénétrant eût pu s’imaginer déceler une pointe de mélancolie dans son regard. Il avait les cheveux lisses, châtains, assez fins, et on eût dit qu’il venait de se raser de près : ni barbe, ni moustache, ni aucune affection du visage. Ses vêtements étaient de bonne coupe, simples et de bon goût, d’un rouge-violet velouté comme couleur dominante ; mais ils étaient nettement passés de »
Extrait de : I. Asimov et R. Silverberg. « Tout sauf un homme. »
Le retour des ténèbres par Isaac Asimov et Robert Silverberg
Fiche de Le retour des ténèbres
Titre : Le retour des ténèbres
Auteur : Isaac Asimov et Robert Silverberg
Date de parution : 1990
Traduction : G. W. Barlow
Editeur : Terre de brume
Première page de Le retour des ténèbres
« C’était un radieux après-midi à quatre soleils. Le grand Onos doré brillait haut dans le ciel à l’ouest, et le petit Dovim tout rouge s’élevait rapidement à l’horizon au-dessous de lui. En regardant de l’autre côté, on voyait deux points d’un blanc éclatant, Trey et Patru, qui se détachaient à l’est sur le ciel violacé. Les plaines onduleuses du continent septentrional de Kalgash étaient baignées d’une lumière merveilleuse. On en découvrait pleinement la splendeur par les immenses baies qui s’ouvraient de tous côtés dans le bureau de Kelaritan 99, directeur de l’Institut psychiatrique municipal de Jonglor. »
Extrait de : I. Asimov et R. Silverberg. « Le retour des Ténèbres. »
L’enfant du temps par Isaac Asimov et Robert Silverberg
Fiche de L’enfant du temps
Titre : L’enfant du temps
Auteur : Isaac Asimov et Robert Silverberg
Date de parution : 1991
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Editeur : Pocket
Première page de L’enfant du temps
« La neige était arrivée pendant la nuit, saupoudrant le paysage, fine comme de la brume, portée par le vent d’ouest. Elle avait dû venir de très loin. L’odeur de la mer y était encore présente et la chaleur du soleil matinal la faisait monter au-dessus de l’immense toundra triste.
Nuage d’Argent avait vu la mer, longtemps avant, quand il était enfant et que le Peuple chassait encore sur les terres de l’ouest. La mer était immense, obscure, toujours en mouvement, capable de luire — comme un étrange feu liquide
— quand le soleil tombait dessus sous un certain angle. S’y aventurer, c’était la mort; la contempler, c’était un enchantement. Il ne la reverrait plus, il le savait. Les Autres tenaient maintenant les terres côtières, et le Peuple reculait, se rapprochant chaque année un peu plus du, lieu où naît le soleil. Et même si les Autres venaient à disparaître aussi brusquement qu’ils étaient apparus, Nuage d’Argent »
Extrait de : I. Asimov et R. Silverberg. « L’Enfant Du Temps. »
X comme inconnu par Isaac Asimov
Fiche de X comme inconnu
Titre : X comme inconnu
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 1984
Traduction :
Editeur : Londreys
Première page de X comme inconnu
« LUMIERES !
J’ai décrit dans un de mes précédents livres comment Newton avait identifié en 1666 le spectre lumineux. Cependant, l’existence du spectre n’expliquait pas en lui-même la nature de la lumière. Newton pensait que la lumière consistait en une sorte de nuage de particules microscopiques qui voyageaient en ligne droite. Son raisonnement s’appuyait sur le fait que l’ombre projetée par la lumière avait des contours nets. Si la lumière était représentée par des ondes, comme le maintenait une autre théorie, alors elle devait s’incurver au bord de l’obstacle et projeter une ombre diffuse, voire pas d’ombre du tout. Après tout, les vagues d’un plan d’eau contournent les obstacles et le son, que l’on suspectait fortement d’être représenté par des ondes, fait de même.
Un contemporain de Newton, le scientifique hollandais Christian Huygens (1629-1695), qui était le principal défenseur de la notion d’onde lumineuse, soutenait que plus courte était l’onde, plus faible était sa tendance à s’incurver au contact d’un obstacle. Dans ce cas, les contours nets des ombres ne représentaient plus un argument s’opposant à la théorie ondulatoire dès lors que l’on pouvait prouver que ces ondes étaient suffisamment courtes. »
Extrait de : I. Asimov. « X, comme inconnu. »
Une bouffée de mort par Isaac Asimov
Fiche d’Une bouffée de mort
Titre : Une bouffée de mort
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 1958
Traduction : M. Duchein
Editeur : Christian Bourgeois
Première page d’Une bouffée de mort
« La mort est toujours présente dans un laboratoire de chimie ; seulement, à force de l’y côtoyer, on oublie sa présence.
Elle est là, tapie dans les petits flacons bruns, sous forme de cristaux semblables à du sel, et dont le seul contact suffit à tuer ; dans les bonbonnes d’acides, dont une goutte peut défigurer ou aveugler ; dans les bouteilles de gaz comprimé, qui explosent pour peu qu’on commette une erreur en les manipulant. La moindre faute d’inattention, et la mort bondit sur sa proie. Un peu de poudre mal essuyée sur une table d’expérience, un sandwich posé négligemment dessus ; un verre empli d’orangeade après avoir contenu le somnifère suprême…
Louis Brade, maître de conférences de chimie organique à la faculté des sciences, effondré sur sa chaise après le départ de la police, réfléchissait à tout cela. Il se rendait compte que jamais, jamais »
Extrait de : I. Asimov. « Une bouffée de mort. »
Orbite hallucination par Isaac Asimov
Fiche d’Orbite hallucination
Titre : Orbite hallucination
Auteur : Isaac Asimov
Date de parution : 1983
Traduction : F. Valorbe, P. Billon, M. Bocard, M. Fichkine, C. Grégoire, M. Rivelin, J. J. M. & C. M. Bailly
Editeur : Londreys
Sommaire d’Orbite hallucination :
- C’est vraiment une bonne vie par J. Bixby
- La machine à capter les sons par R. Dahl
- Orbite hallucination par J. T. McIntosh
- Le vainqueur par D. E. Westlake
- Un autre nom pour la rose par C. Anvil
- L’homme qui n’oubliait jamais par R. Silverberg
- Cycle fermé par I. Asimov
- Absalon par H. Kuttner
- Les ailes de l’ombre par F. Saberhagen
- En cas d’incendie par R. Garrett
- Du bon usage des amis par J. Brunner
- Les conducteurs par E. W. Ludwig
Première page de C’est vraiment une bonne vie
« Sur la véranda, tante Amy se balançait dans le fauteuil à bascule à haut dossier et s’éventait, quand Bill Soames atteignit à bicyclette le haut de la route et s’arrêta devant la maison.
Tout transpirant sous le « soleil » de l’après-midi, Bill souleva la caisse de produits d’épicerie, la retira du grand panier posé sur la roue avant de la bicyclette et se dirigea vers le perron.
Le petit Anthony était assis sur la pelouse et jouait avec un rat. Il avait attrapé le rat dans la cave – il lui avait fait croire qu’il sentait du fromage, le fromage à l’odeur la plus riche, le fromage le plus délicieusement crémeux qu’un rat eût jamais cru sentir, et il était sorti de son trou, et maintenant Anthony le tenait par la pensée et lui faisait faire des tours.
Quand le rat vit venir Bill Soames, il essaya de s’enfuir, mais Anthony dirigea sa pensée sur lui, et le rat culbuta sur l’herbe et resta couché là tout tremblant, ses petits yeux noirs brillants de terreur. »
Extrait de : I. Asimov. « Orbite hallucination : nouvelles de science-fiction. »