Catégorie : Livres
La lance et le taureau par Michaël J. Moorcock
Fiche de La lance et le taureau
Titre : La lance et le taureau (Tome 4 sur 6 – Corum)
Auteur : Michaël J. Moorcock
Date de parution : 1973
Traduction : P. Couton
Editeur : Pocket
Première page de La lance et le taureau
« L’AVENIR S’ASSOMBRIT, QUAND LE PASSÉ S’ESTOMPE
RHALINA, encore belle, s’était éteinte à l’âge de quatre-vingt-seize ans, et Corum l’avait pleurée. Sept années plus tard, elle lui manquait toujours et, considérant le millénaire qu’il lui restait sans doute à vivre, il enviait aux Mabdens leur brève existence, mais se tenait à l’écart de cette race qui lui rappelait sa compagne disparue.
Dans leurs châteaux isolés – dont les formes imitaient si parfaitement la roche environnante que la plupart des Mabdens passaient auprès sans n’y rien voir que des affleurements de granit, pierre à chaux et basalte – vivaient les membres de sa propre race, les Vadhaghs ; il les évitait aussi, car il en était venu, du temps de Rhalina, à préférer la compagnie des Mabdens. Une ironie du sort dont il s’inspirait, dans »
Extrait de : M. J. Moorcock. « Corum – La Lance et le Taureau. »
Le roi des épées par Michaël J. Moorcock
Fiche de Le roi des épées
Titre : Le roi des épées (Tome 3 sur 6 – Corum)
Auteur : Michaël J. Moorcock
Date de parution : 1971
Traduction : B. Martin
Editeur : Pocket
Première page de Le roi des épées
« LA FORME SUR LA COLLINE
IL n’y avait pas longtemps, des hommes périssaient et d’autres pensaient mourir. Mais le palais du Roi Onald, réparé, repeint, s’ornait une nouvelle fois de fleurs et les remparts ressemblaient de nouveau à des balcons et à des jardins suspendus. Cependant, le Roi Onald de Lywm-an-Esh ne verrait pas renaître de ses ruines sa ville de Halwyg-nan-Vake, car la mort l’avait frappé durant le siège. Sa mère resterait régente jusqu’à la majorité de son fils. On voyait encore des échafaudages en divers endroits de la Cité des Fleurs, le Roi Lyr-a-Brode et ses barbares ayant causé de grands dommages. On érigeait des statues nouvelles, on ouvrait des fontaines et il devenait évident que la calme splendeur de Halwyg serait restaurée et encore enrichie. Ainsi en allait-il par tout le Royaume de Lywm-an-Esh. »
Extrait de : M. J. Moorcock. « Corum – Le Roi des Épées. »
La reine des épées par Michaël J. Moorcock
Fiche de La reine des épées
Titre : La reine des épées (Tome 2 sur 6 – Corum)
Auteur : Michaël J. Moorcock
Date de parution : 1971
Traduction : B. Martin
Editeur : Pocket
Première page de La reine des épées
« CE QUE LE DIEU DE LA MER AVAIT REJETÉ
MAINTENANT, le ciel d’été était bleu pâle au-dessus du bleu plus profond de la mer ; au-dessus de la forêt continentale vert et or ; au-dessus des roches et de l’herbe du mont Moidel ainsi que des pierres blanches du château qui se dressait à son sommet. Et le dernier des Vadhaghs, le Prince Corum à la Robe Écarlate, était profondément amoureux d’une femme mabden, la Margravine Rhalina d’Allomglyl.
Corum Jhaelen Irsei, dont l’œil droit était recouvert d’un bandeau incrusté de sombres joyaux qui le faisaient ressembler à celui d’un insecte, dont l’œil gauche (le normal) était grand, en amande, jaune en son centre et violet au pourtour, était sans méprise possible un Vadhagh. Il avait le crâne étroit et long, le visage ovale, aminci au menton ; ses oreilles »
Extrait de : M. J. Moorcock. « Corum – La reine des épées. »
Le chevalier des épées par Michaël J. Moorcock
Fiche de Le chevalier des épées
Titre : Le chevalier des épées (Tome 1 sur 6 – Corum)
Auteur : Michaël J. Moorcock
Date de parution : 1971
Traduction : B. Martin
Editeur : Pocket
Première page de Le chevalier des épées
« AU CHÂTEAU D’ÉRORN
AU château d’Erorn vivait la famille du Prince vadhagh Khlonskey. Il y avait bien des siècles que cette même famille occupait le château. Elle avait un amour excessif de la mer à l’humeur changeante qui venait lécher les murailles nord d’Erorn ainsi que de l’agréable forêt qui venait tout près du flanc sud.
Le château d’Erorn était si ancien qu’il paraissait s’être fondu entièrement dans la roche de la vaste éminence qui dominait la mer. De l’extérieur, c’était une splendeur de tourelles patinées par le temps et de pierres lissées par le sel marin. À l’intérieur, il y avait des parois mouvantes qui changeaient de forme pour s’accommoder aux éléments et de couleur quand le vent changeait de direction. Il y avait des salles remplies de dispositifs de cristaux et de jets d’eau qui jouaient à la perfection les fugues »
Extrait de : M. J. Moorcock. « Corum – Le Chevalier des Épées. »
Vice Versa par Samuel R. Delany
Fiche de Vice Versa
Titre : Vice Versa
Auteur : Samuel R. Delany
Date de parution : 1973
Traduction : M. Pétris
Editeur : J.-C. Lattès
Première page de Vice Versa
« LES VOYAGEURS DU SCORPION
Couleur de bronze :
Plus long que le pied d’un homme – un grand pied ; gros comme le poignet d’une fillette. Des veines en bas-relief, telles des sarments, sous les plis du capuchon fripé. Ses doigts ont remonté la tige, remonté sur le poil raide comme un fil de métal, glissé sous les rabats du tissu pour gouger le sac, noir comme avocat trop mûr : a coulé dans la paume (c’est une grande main) ; de nouveau escaladé la tige.
Chiche lumière.
Le peu qu’il y en a barre d’or les volets. Dehors, l’eau susurre et chuinte. La cabine roule, monte. Signe que la brise souffle vers le large. Signe qu’ici, au port, l’après-midi est dégagée.
Les griffes du chien couché à terre raclent les planches. »
Extrait de : S. R. Delany. « Vice Versa. »
Triton par Samuel R. Delany
Fiche de Triton
Titre : Triton
Auteur : Samuel R. Delany
Date de parution : 1976
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Presses Pocket
Première page de Triton
« PROBLÈMES SUR TRITON OU DER SATZ
Il n’en est pas deux parmi nous qui apprennent notre langue de la même façon et, d’une certaine manière, il n’en est pas un seul qui achève de l’apprendre durant sa vie.
WILLARD VAN ORMAN QUINE
Word and object.
IL vivait depuis six mois dans la coop masculine (La Maison du Serpent). Et il s’était bien adapté. Aussi, à quatre heures juste, lorsqu’il quitta le vestibule du centre d’informatique pour sortir sur la Place de la Lumière où se trouvait une foule nombreuse (le trente-septième jour du quinzième paramois de la deuxième année N, précisaient les cadrans lumineux situés tout autour de la Place – sur Terre et sur Mars, cela aurait été un jour ou l’autre du printemps 2112, comme ce devait être indiqué sur un bon nombre de documents officiels, même ici, quelles que fussent les inepties politiques en vigueur), il décida de rentrer chez lui à pied.
Il pensa : Je suis un homme raisonnablement heureux. »
Extrait de : S. R. Delany. « Triton. »
Nova par Samuel R. Delany
Fiche de Nova
Titre : Nova
Auteur : Samuel R. Delany
Date de parution : 1968
Traduction : M. Deutsch
Editeur : Le livre de poche
Première page de Nova
« — Eh, la Souris, joue-nous quelque chose ! lança l’un des mécaniques installés au bar.
— T’as donc pas encore signé pour une traversée ? fit l’autre, gouailleur. Ta douille vertébrale va rouiller. Allez ! passe-nous un morceau !
La Souris cessa de promener son doigt sur le bord de son verre. Résolu à dire « non », il amorça un « oui ». Et fronça les sourcils.
Les mécaniques froncèrent aussi les leurs.
C’était un vieil homme.
Un homme vigoureux.
Comme la Souris empoignait le rebord de la table, le gueux s’avança en chaloupant. Sa hanche fit résonner le comptoir. Ses orteils allongés heurtèrent un pied de chaise : la chaise oscilla sur les dalles.
Vieux. Vigoureux. Troisième détail que remarqua la Souris : aveugle. »
Extrait de : S. R. Delany. « Nova. »
Les joyaux d’Aptor par Samuel R. Delany
Fiche de Les joyaux d’Aptor
Titre : Les joyaux d’Aptor
Auteur : Samuel R. Delany
Date de parution : 1968
Traduction : A. Rosenblum
Editeur : Opta
Sommaire de Les joyaux d’Aptor
- Les joyaux d’Aptor par Samuel R. Delany
- Combler un océan par J. F. Bone
Première page de Les joyaux d’Aptor
« ENSUITE, elle fut conduite au bord de la mer.
Comme elle ne se sentait pas très bien, elle s’assit sur un rocher et enfonça la pointe de ses pieds dans le sable humide qui crissait. Elle regarda l’eau, se voûta légèrement : « Je trouve que c’était vraiment affreux ! Je trouve que c’était terrible ! Pourquoi me l’avez-vous montré ? Ce garçon était tout jeune. Quelle raison pouvait-on avoir de lui faire ça ? »
— « Il ne s’agit que d’un film. Nous te l’avons montré pour que tu t’instruises. »
— « Mais c’était le film de quelque chose qui est arrivé réellement ! »
— « Il y a plusieurs années, à plusieurs centaines de kilomètres d’ici. »
— « Mais c’est arrivé ! Vous avez utilisé un faisceau de lumière cohérente pour les espionner et quand l’image est apparue sur l’écran vous l’avez filmée, et… Pourquoi m’avez-vous montré ça ? »
— « Que t’avons-nous enseigné ? »
Mais elle était incapable de réfléchir : il n’y avait dans son cerveau que le film, des gestes violents, des »
Extrait de : S. R. Delany. « Les joyaux d’Aptor. »
Les contes de Neveryon par Samuel R. Delany
Fiche de Les contes de Neverÿon
Titre : Les contes de Neverÿon
Auteur : Samuel R. Delany
Date de parution : 1979
Traduction : E. Chédaille
Editeur : J. C. Lattès
Première page de Les contes de Neveryon
« Sa mère arguait parfois d’un lien de parenté avec une des grandes familles de pêcheuses des Îles Ulvayn : elle possédait leurs yeux, mais non pas leur chevelure. Son père avait été marin, mais une blessure à la hanche l’avait contraint à se fixer à Kolhari où un riche importateur l’employait comme subrécargue sur le port. Ainsi Gorgik grandit-il dans le plus grand port de Neverÿon ; son enfance fut considérablement plus turbulente que ses parents ne l’auraient souhaité, et ponctuée de plus d’ennuis qu’ils ne pensaient pouvoir supporter – elle fut toutefois moins turbulente et tourmentée que celle de certains de ses camarades : jamais il ne fut tué par accident ni arrêté.
La vie d’un enfant à Kolhari ? Soldats et marins de Neverÿon déambulaient en vociférant au long du Vieux Pavé ; les négociants et leurs épouses flânaient sur l’Avenue Noire, ainsi nommée parce que son revêtement s’amollissait sous les sandales, les jours de grande chaleur ; voyageurs et marchands »
Extrait de : S. R. Delany. « Les contes de Neverÿon. »
La fosse aux étoiles par Samuel R. Delany
Fiche de La fosse aux étoiles
Titre : La fosse aux étoiles
Auteur : Samuel R. Delany
Date de parution : 1966
Traduction : W. Desmond
Editeur : Denoël
Sommaire de La fosse aux étoiles
- La fosse aux étoiles par Samuel R. Delany
- Aztèques par Vonda N. McIntyre
Première page de La fosse aux étoiles
« Deux panneaux vitrés, de la boue au milieu, et de minuscules tunnels allant de cellule en cellule : enfant, j’avais possédé une fourmilière.
Et puis un jour, quelques-uns de nos petits de quatre à six ans construisirent un écologarium avec des panneaux de plastique de près de deux mètres, renforcés aux angles de cornières en aluminium strié. Ils le disposèrent dehors, sur le sable.
Une flaque boueuse était placée contre l’une des parois et permettait de voir ce qui se passait sous l’eau. Parfois, des vers annelés venaient heurter les bords, en progressant dans la terre rouge, et l’on pouvait voir l’intérieur de leur tunnel sur quelques centimètres. Par temps chaud, la vapeur d’eau se déposait en gouttelettes et en buée sur le plastique. Les petites feuilles rondes des plantes grimpantes passaient du bleu au rose lorsque des nuages traver »
Extrait de : S. R. Delany. « La Fosse aux étoiles. »