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La chute des tours – l’intégrale par Samuel R. Delany

Fiche de La chute des tours – l’intégrale

Titre : La chute des tours – l’intégrale
Auteur : Samuel R. Delany
Date de parution : 1971
Traduction : M. Demuth
Editeur : Opta

Sommaire de La chute des tours – l’intégrale

  • Prisonniers de la flamme
  • Les tours de Toron
  • La cité des mille soleils

Première page de Prisonniers de la flamme

« Depuis soixante années, silencieux comme le serpent qui dort, il reliait le cœur de Telphar au Palais Royal de Toromon. Des cendres de la cité morte à la capitale de l’île, il unissait les deux villes qui avaient autrefois dominé Toromon et dont une seule subsistait maintenant.
Dans Telphar, il se dressait au-dessus des scories et des voies effondrées. Il escaladait la nuit.
Kilomètre après kilomètre, la frange des ténèbres pâlissait devant le matin et, dans l’ombre imprécise du ruban de transfert, près d’un champ de lave, entre les hautes fougères bruissantes, se déployaient des rangées de cabanes basses et mornes, non loin des mines de tétron.
La pluie fine s’était interrompue un instant auparavant. Les dernières gouttes glissaient au long des colonnes qui soutenaient le ruban de transfert, noir dans la nuit qui s’achevait.
Six hommes d’une taille exceptionnelle apparurent à l’orée de la jungle. Les quatre premiers portaient deux corps inertes. Les deux hommes restés en arrière prirent encore quelque recul pour converser.
« L’autre n’ira pas loin. »
— « S’il réussit, il sera le premier à échapper aux gardes forestiers depuis douze ans. »
— « Peu m’importe qu’il s’échappe. Mais je me demande pourquoi les tentatives deviennent si fréquentes depuis[…] »

Extrait de : S. R. Delany. « La chute des tours – Prisonniers de la flamme. »

Première page de Les tours de Toron

« Sur le carton lisse, les caractères inclinés étaient comme les danseurs minuscules d’un ballet figé :
 
À Sa Grâce la Duchesse de Petra :
« Nous avons un ennemi au-delà de la Barrière »
Vous êtes Invitée à honorer de votre
présence le bal que donnera à l’aube
Son Altesse Royale Uske
pour fêter notre imminente victoire
dans la guerre qui nous oppose à Ketrall
 
Dans cette invitation, deux détails retenaient l’attention : tout d’abord, le carton était lisse et satiné, à l’exception d’une petite surface, tout autour du mot Ketrall, comme si quelque autre nom avait été gratté à cet endroit pour être remplacé par celui-ci. Ensuite, un filament de cuivre était fixé dans le coin inférieur droit. »

Extrait de : S. R. Delany. « La chute des tours – Les tours de Toron. »

Première page de La cité des mille soleils

« Qu’est-ce qu’une cité ?
Il s’en trouve une sur la planète Terre. Une cité isolée entre des mers redoutables, sur une île, non loin d’un continent baigné de radiations mortelles et dont seule une étroite frange a été reconquise. Les plaines d’eau et de terre, silencieuses et figées, composent un empire, l’empire de Toromon, dont la cité de Toron est la capitale.
Au milieu de l’univers, dans une galaxie isolée, il est une autre cité.
Une dent de rocher jaillit du sable sur lequel le soleil double dessine deux ombres. Le ciel est bleu et blanc, le sable, blanc d’écume, avec des ondulations qui, parfois, changent au souffle du vent. Des strates nuageuses s’esquissent au bord de l’horizon. Au bas du versant abrupt d’une dune poudreuse, il y a la cité.
Qu’est-ce que la cité ?
C’est une surface de sable dans laquelle les cris- »

Extrait de : S. R. Delany. « La chute des tours – La cité des mille soleils. »

La ballade de Bêta – 2 par Samuel R. Delany

Fiche de La ballade de Bêta – 2

Titre : La ballade de Bêta – 2
Titre : Empire star
Auteur : Samuel R. Delany
Date de parution : 1965
Traduction : E. Chedaille
Editeur : Le livre de poche

Sommaire de La ballade de beta – 2

  • La ballade de Beta – 2
  • Empire star

Première page de La ballade de Beta – 2

«  LA réponse est TOUT SIMPLEMENT : parce qu’ils sont là ! »
Une lumière laiteuse provenant de la structure hélicoïdale venait jouer sur le visage anguleux du professeur.
« Mais… commença Joneny.
— Il n’y a pas de mais, interrompit le professeur. (Ils étaient seuls dans son bureau.) Ce n’est pas aussi simple que cela, vous savez. À une certaine époque, ils ont été nombreux et ont accompli quelque chose qui n’avait jamais été fait auparavant, qui ne sera jamais refait ; de plus, ils n’ont pas entièrement disparu. C’est pourquoi vous devez leur consacrer une étude.
— Mais ce n’est pas ce que j’ai demandé, persista Joneny. Je voudrais être exempté d’un travail de recherche sur cette unité. Je suis prêt à voir toutes les questions d’examen sur le Peuple Astral ; mais, comme je suis en dernière année, je demande à sau- »

Extrait de : S. R. Delany. « La ballade de Bêta 2. »

Première page d’Empire star

« REPRÉSENTEZ-VOUS :
une tresse de cheveux blonds jusqu’à la ceinture ;
un corps mince et hâlé qui ressemblait, disait-on, à celui d’un chat lorsqu’il sommeillait, pelotonné à la lueur du feu de veille, pendant le Cycle Nouveau ;
un ocarina ;
une paire de bottes noires et une paire de gants noirs qui lui permettaient de grimper aux murs et de marcher aux plafonds ;
des yeux gris trop grands pour ce petit visage lunaire ;
des griffes d’airain à la patte gauche grâce auxquelles il avait tué, à ce jour, trois qépards sauvages qui s’étaient faufilés par une brèche de la clôture électrifiée pendant son tour de garde du Cycle Nouveau (il avait également tué un autre garçon, Billy James, au cours d’une bagarre amicale qui avait dégénéré à cause d’un coup porté trop brutalement ;  »

Extrait de : S. R. Delany. « Empire Star. »

Babel 17 par Samuel R. Delany

Fiche de Babel 17

Titre : Babel 17
Auteur : Samuel R. Delany
Date de parution : 1966
Traduction : M. Perrin
Editeur : J’ai lu

Première page de Babel 17

« Une cité portuaire…
… au ciel corrodé par des vapeurs couleur de rouille, pensait le général. C’était l’heure de la grisaille crépusculaire que les fumées d’usines fardaient d’une touche d’orange, de rose saumon et de violet à dominante rouge, tandis qu’à l’ouest les navettes avec leur cargaison à destination des centres stellaires et des satellites lacéraient les nuages de leur incessant va-et-vient. Une cité qui suintait aussi la misère par tous ses pores, songeait-il encore en tournant un coin de rue jonché d’ordures.
Depuis l’invasion, six embargos désastreux de plusieurs mois chacun avaient étranglé cette cité dont le commerce interstellaire représentait le fluide vital. Emmurée de la sorte, la ville avait-elle seulement un moyen de survivre ? Six fois en vingt ans, la  »

Extrait de : S. R. Delany. « Babel 17. »

L’intersection Einstein par Samuel R. Delany

Fiche de L’intersection Einstein

Titre : L’intersection Einstein
Auteur : Samuel R. Delany
Date de parution : 1967
Traduction : J. Polanis
Editeur : Opta

Première page de L’intersection Einstein

« De la garde à la pointe de ma machette, il y a un tube creux percé de trous. Quand je souffle dans l’embouchure de la poignée, je fais de la musique avec ma lame. Si tous les trous sont bouchés, le son est triste, aussi âpre que peut l’être un son tout en gardant sa douceur. Si tous les trous sont ouverts, le son cascade alentour du métal écrasé, apportant à l’œil comme des flocons de soleil sur l’eau. Il y a vingt trous. Et depuis que je joue de la musique, on m’a traité de fou d’un tas de façons différentes – plus souvent qu’on ne m’a appelé Lobey, qui est mon nom.

À quoi je ressemble ?

Laid, et grimaçant un sourire la plupart du temps. Avec un gros nez, des yeux gris et une grande bouche entassés dans un petit visage brun qui conviendrait à un renard. Et griffonné tout autour de cuivre entortillé en guise de cheveux. J’en taille la plus grande partie tous les deux mois environ avec ma machette. Ça repousse vite. Ce qui est bizarre, car j’ai vingt-trois ans et pas encore de barbe. J’ai la silhouette d’une quille, avec les cuisses, les mollets et les pieds d’un homme (d’un gorille ?) qui serait deux fois plus grand que moi (je mesure à peu près un mètre soixante-quinze) et des hanches en proportion. Il y a eu l’année de ma naissance une éclosion d’hermaphrodites, et les docteurs pensaient que j’en étais peut-être un. Mais j’en doute. »

Extrait de : S. R. Delany. « L’intersection Einstein. »

Et pour toujours Gomorrhe par Samuel R. Delany

Fiche d’Et pour toujours Gomorrhe

Titre : … Et pour toujours Gomorrhe
Auteur : Samuel R. Delany
Date de parution : 1967
Traduction : R. Lathière, A. Dorémieux, J.-C. Dunyach, T. Clegg
Editeur : Bragelonne

Première page d’Et pour toujours Gomorrhe

« Et on est descendus sur Paris. Où on a fait la course d’un bout à l’autre de la rue de Médicis, Bo, Lou et Muse de l’autre côté des grilles, Kelly et moi sur le trottoir, en faisant des grimaces à travers les barreaux, en produisant un boucan à tout casser, en réveillant les jardins du Luxembourg à 2 heures du matin. Ensuite escalade des grilles et chahut jusqu’à la place Saint-Sulpice où Bo essaya de me balancer dans une fontaine.

Alors Kelly a vu ce qui se passait dans le coin et, ramassant un couvercle de poubelle, a foncé dans la pissotière en cognant l’instrument contre les murs. Cinq types ont jailli de l’édicule ; même une grande pissotière n’en reçoit normalement que quatre.

Un jeunot tout blond a mis la main sur mon bras en souriant.

— Hé, spatial, tu ne crois pas que… vous feriez mieux de partir ?

J’ai regardé ses doigts sur mon uniforme bleu.

— Tu es un frelk ?

Il a haussé les sourcils, puis secoué la tête.

— Non. Pas moi. C’est dommage. On dirait qu’au début tu étais un homme. Mais maintenant… (Nouveau sourire.) Tu n’as plus rien à m’offrir. La police… »

Extrait de : S. R. Delany. « … Et pour toujours Gomorrhe. »

Terrassement par B. W. Aldiss

Fiche de Terrassement

Titre : Terrassement
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 1965
Traduction : F. Maillet
Editeur : Le Masque

Première page de Terrassement

« Le mort dérivait doucement sous la brise. Il marchait avec raideur sur ses pattes de derrière, pareil à une chèvre savante, comme il l’avait fait de son vivant. Avec bienséance, et plus éloigné de toute idéologie, toute nationalité, toute fatigue, toute inspiration, qu’il ne l’avait jamais été dans sa vie. Quelques mouches de belle taille l’accompagnaient, bien qu’il fût loin de la terre, se mouvant rapidement sur la surface lisse de l’Atlantique Sud. La frange à pompons de son pantalon de soie blanche – il avait été riche, quand la richesse comptait – se mouillant parfois d’écume.
Il arrivait d’Afrique, et se dirigeait droit vers moi.
Avec les morts, je suis en bons termes. Bien qu’il n’y ait plus de place pour eux en terre selon l’ancienne coutume, dans ma tête, j’en conserve plusieurs, je veux dire, dans ma mémoire. Mercator est là, et le vieux Thunderpeck, et Jess, qui continue de vivre hors de mon crâne, en brave légendaire, et bien sûr mon très cher March Jordill. Dans ce livre, je vais les ensevelir une seconde fois. »

Extrait de : B. W. Aldiss. « Terrassement. »

Supertoys par B. W. Aldiss

Fiche de Supertoys

Titre : Supertoys, Intelligence Artificielle et autres histoires du futur
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 2001
Traduction : C. de Léobardy
Editeur : Métailié

Première page de Supertoys

« POUR TENTER DE PLAIRE
(Une histoire pour Stanley Kubrick)

 
« Les Supertoys durent tout l’été » est l’histoire d’un petit garçon qui, malgré ses efforts, ne parvient jamais à plaire à sa mère. Il est déconcerté et ne comprend pas qu’il est un androïde, une construction habile de l’intelligence artificielle, comme son unique compagnon, son ours en peluche.
Cette histoire avait beaucoup touché Stanley Kubrick qui s’était montré désireux d’en faire un film. Après quelques discussions, je lui ai vendu les droits cinématographiques. J’ai travaillé quelque temps avec lui sur un scénario possible.
De manière peu surprenante, je l’ai trouvé génial mais exigeant. Après tout, son indépendance était chèrement gagnée. Stanley exigeait de lui-même autant que des autres.
J’ai vu un exemple de cette indépendance quand l’état-major de Warner Brothers a souhaité rencontrer Kubrick. Sous prétexte qu’il détestait les voyages en avion, Kubrick a obligé les directeurs, du  »

Extrait de : B. W. Aldiss. « SuperToys. »

Super état par B. W. Aldiss

Fiche de Super état

Titre : Super état, l’Union européenne dans quarante ans
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 2002
Traduction : D. Lemoine
Editeur : Métailié

Première page de Super état

« Des nuages noirs se massaient au-dessus des montagnes, au nord. Des éclairs y brillaient. Mais dans la vallée, en cette journée de joie, le soleil était comme de la crème dans un bol.
Les invités arrivaient depuis le début de la matinée. Le moyen de transport le plus répandu consistait à venir de la ville voisine à bord d’un bateau à vapeur de plaisance. On avait, pour l’occasion, construit un imposant débarcadère provisoire. Les passagers des bateaux à vapeur passaient, pour accéder au débarcadère, sous une arche ornée de fleurs. Un orchestre les accueillait, jouait des airs entraînants tels que Some enchanted evening et Cow-cow boogie.
Les invités moins favorisés gagnaient le groupe de pavillons neufs dans des autocars de luxe, qui empruntaient des routes construites spécialement – des routes qui étaient infiniment supérieures au vieux chemin de halage qu’elles recouvraient.
Quelques invités arrivèrent en automobile. Des avions déposèrent d’autres privilégiés, atterrirent sur la piste neuve, brillamment éclairée par des projecteurs et des guirlandes d’ampoules. Mais la façon la plus chic d’arriver consistait à le faire à bord de son hélicoptère personnel. »

Extrait de : B. W. Aldiss. « Super Etat. »

Ruines par B. W. Aldiss

Fiche de Ruines

Titre : Ruines
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 1987
Traduction : M.-F. Cachin
Editeur : Belfond

Première page de Ruines

« Cet après-midi-là, ils se rendirent à Times Square pour voir Ali McGraw dans Love Story qu’Ashley considérait comme le grand film du moment. Puis ils allèrent prendre le thé à l’hôtel Algonquin où se produisait un musicien de jazz qui intéressait Ashley et tombèrent sur quelques vieux amis dont l’un avait connu Hugh Billing du temps où il jouait de la musique. Ils firent tous ensemble la tournée des bars, dînèrent dans le seul restaurant mexicain qu’ils connaissaient et écoutèrent du jazz aux confins de Harlem. Ils regagnèrent tard leur appartement.
Un télégramme annonçant la mort de sa mère attendait Hugh.
— Veux-tu que je t’accompagne ? proposa Ashley. Je ne suis jamais allée en Grande-Bretagne. Nous pourrions visiter Londres et faire un tour à Land’s End. »

Extrait de : B. W. Aldiss. « Ruines. »

Nouveaux venus, vieilles connaissance par B. W. Aldiss

Fiche de Nouveaux venus, vieilles connaissances

Titre : Nouveaux venus, vieilles connaissances
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 1979
Traduction : R. Delouya
Editeur : Denoël

Sommaire de Nouveaux venus, vieilles connaissances

  • Nouveaux venus, vieilles connaissances
  • Les petits galets de Tu Fu
  • Trois voies
  • Amen, terminé
  • Petite diffikulté
  • Douces vicissitudes
  • Non isotropique
  • Rayon de lune
  • L’espace et son reflet
  • Et le silence fut
  • Indifférence
  • L’impossible spectacle de marionnettes

Première page de Nouveaux venus, vieilles connaissances

« C’était une planète calme. Le calme avait régné siècle après siècle. Jusqu’à l’arrivée du vaisseau de Terre.
 
Des êtres ressemblant extérieurement aux humains vivaient sur la planète calme. Leurs hameaux, villages, villes, couvrirent lentement les parties habitables du globe. Tout en se disséminant, lentement, lentement – ils délogèrent l’espèce animale qui occupait le terrain. Mais ce n’étaient pas des animaux féroces : ils vivaient souvent près des habitations humanoïdes dans les haies et les taillis. Ils n’attaquaient pas les humanoïdes pas plus que ceux-ci ne les attaquaient.
Le soleil de la planète calme était ancien bien avant que la première amibe se fût éveillée dans ses océans. Il occupait un cinquième du ciel à midi, mais sa chaleur orange était légère. L’évolution était une lente affaire. La souffrance de la vie, ses joies, étaient amorties. Même la lutte pour l’existence, curieusement.
Les terres recouvraient plus de la moitié de la planète. Les océans étaient petits et peu profonds. Une grande partie des terres n’était pas habitable et  »

Extrait de : B. W. Aldiss. « Nouveaux venus vieilles connaissances. »