Catégorie : Livres
Mars blanche par Brian W. Aldiss et Roger Penrose
Fiche de Mars blanche
Titre : Mars blanche ou La libération de l’esprit, utopie du 21e siècle
Auteur : Brian W. Aldiss et Roger Penrose
Date de parution : 1999
Traduction : D. Lemoine
Editeur : Métailié
Première page de Mars blanche
« Mémoire de Moreton Dennett, secrétaire de Léo Anstruther, relatif aux événements du 23 juin 2041
Ce jour-là, Léo Anstruther a décidé de gagner le jetport à pied, parce qu’il aimait se montrer imprévisible. Je l’ai accompagné, portant sa serviette. Deux gardes du corps nous suivaient à faible distance.
Nous avons pris par les petites rues étroites. Anstruther marchait les mains croisées dans le dos, apparemment plongé dans ses pensées. C’était une partie de son île où il se rendait rarement ; il lui trouvait peu de charme. C’était le quartier pauvre. On avait subdivisé les maisons étroites en de nombreux logements, si bien que leurs occupants débordaient, exerçaient leur activité dans la rue. Vulcanisateurs, fabricants de jouets, cordonniers, »
Extrait de : B. W. Aldiss. « Mars Blanche ou La Liberation De L’Esprit. »
Le monde vert par B. W. Aldiss
Fiche de Le monde vert
Titre : Le monde vert
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 1962
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu
Première page de Le monde vert
« Obéissant à une loi inéluctable, toutes choses croissaient, se développaient dans le désordre et l’étrangeté. La chaleur, la lumière, l’humidité étaient constantes. Elles l’étaient depuis… personne ne savait depuis combien de temps. « Depuis quand… ? » « Pourquoi… ? » C’étaient là des questions que nul n’avait plus l’idée de poser. Réfléchir n’avait plus de sens. Dans ce monde, un seul problème se posait : croître. C’était le règne du végétal. C’était un monde qui ressemblait à une serre.
Quelques enfants sortirent pour jouer dans l’ombre verte. Ils coururent le long de la branche, s’interpellant à mi-voix. Ils étaient attentifs à ne pas se laisser surprendre par l’ennemi. Un fouet- »
Extrait de : B. W. Aldiss. « Le monde vert. »
Le livre d’or par B. W. Aldiss
Fiche de Le livre d’or
Titre : Le livre d’or de la science fiction
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 1982
Traduction : M. Jakubowski
Editeur : Pocket
Sommaire de Le livre d’or
- Judas dansait
- Homme sur le pont
- Homme en son temps
- Trajectoires immobiles
- Le théorème du firmament
- Si loin de Prague
- Sobres bruits du matin dans une contrée marginale
- Un vaisseau cher et délicat
- Un dollar ça vaut combien ?
- Voyage au coeur du rêve
- Une optique chinoise
Première page de Judas dansait
« Ce n’était pas un jugement équitable.
Vous comprendrez que je n’étais pas disposé à écouter convenablement, mais ce n’était pas un jugement équitable. On sentait une hâte furtive et méfiante. Juge, avocat et jury s’appliquaient tous à être aussi brefs et explicites que possible. Je ne disais mot, mais je savais pourquoi : ils voulaient tous regagner les danses.
Le juge, donc, eut vite fait de se lever pour prononcer la sentence.
— Alexandre Abel Ybo, la cour vous déclare coupable d’avoir tué Parowen Scryban pour la seconde fois.
J’eus peine à ne pas éclater de rire.
Le juge poursuivit :
— En conséquence vous êtes condamné, pour la seconde fois, à la peine de mort par strangulation, et la sentence sera exécutoire d’ici à la fin de la semaine prochaine. »
Extrait de : B. W. Aldiss. « Le livre d’or de Brian Aldiss. »
La tour des damnés par B. W. Aldiss
Fiche de La tour des damnés
Titre : La tour des damnés
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 1972
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le passager clandestin
Première page de La tour des damnés
« Quel est donc ce poème, demanda Thomas Dixit, où il est question de “cavernes aux profondeurs à jamais insondables par l’homme” ? » Mais sa voix résonna dans l’enfilade des cavernes et la question resta sans réponse. Quelques pas plus loin, perdu dans ses propres pensées, Peter Crawley le suivait sans mot dire.
Cela faisait plus d’un an que Dixit avait effectué ici son séjour forcé. Il s’était octroyé quelques jours de congé, à la réserve où il travaillait, pour venir accomplir ce dernier pèlerinage avant la démolition totale. Il régnait encore une certaine activité dans ce qui restait des immenses structures de béton. Des techniciens, hindous pour la plupart, munis parfois de projecteurs individuels, transportaient des instruments. Des câbles traînaient un peu partout. Mais l’impression générale de désolation provenait surtout de l’usure prolongée visible sur toutes les surfaces. Partout des flots de population étaient passés, comme un torrent dans une caverne souterraine ; et partout, comme un torrent, leur vie s’était enfuie, oubliée, loin des regards du monde. »
Extrait de : B. W. Aldiss. « La tour des damnés. »
La mamelle de Némésis par B. W. Aldiss
Fiche de La mamelle de Némésis
Titre : La mamelle de Némésis
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 2000
Traduction : G. Leibrich
Editeur : Métailié
Première page de La mamelle de Némésis
« Quelle barbe ! » me suis-je dit à moi-même, de ma façon démodée. « Quelle sacrée barbe ! »
Je me tenais là, sur un bout de montagne dont j’ignorais le nom, en plein soleil, coiffé d’un chapeau acheté au village. J’étais bien en vacances, non ? Retraité – ou presque – à demi-mort, portant beau, seul, modérément heureux. Sans aucun souci, pourriez-vous dire. En fait, je savourais l’isolement de cet endroit au milieu d’une oliveraie déserte, après trois kilomètres d’un sentier qui partait d’une route sans destination très précise.
Devant moi se dressait une construction en pierre sans caractère particulier, ressemblant assez à une étable, et dont la façade se relevait pour former un triangle au-dessus du toit, ce qui marquait sa fonction de lieu sacré. Ce mur surélevé était percé d’une ouverture où était suspendue une petite cloche »
Extrait de : B. W. Aldiss. « La Mamelle De Némésis. »
L’interprète par B. W. Aldiss
Fiche de L’interprète
Titre : L’interprète
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 1969
Traduction : C. et L. Meistermann
Editeur : Opta
Première page de L’interprète
« La pensée. La pensée : champ de forces qu’il reste encore à analyser. La pensée : aussi inséparable d’une créature supérieure que la gravité d’une planète. Elle m’enveloppe, tandis que mes sens effectuent leur interminable œuvre de transformation du monde extérieur en symboles. Je ne puis connaître nul objet extérieur sans le toucher (peut-être sans le transformer de quelque façon inimaginable) par ma pensée.
Les vilenies que j’ai vu mon propre peuple, les nuls, infliger à la planète Terre, étaient-elles réelles ou le résultat d’une erreur d’interprétation de mon esprit ?
Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle et en ce lieu, sans le sou et loin de ma patrie, il me faut préférer les questions d’ordre pratique. Mon regard doit »
Extrait de : B. W. Aldiss. « L’interprète. »
L’instant de l’éclipse par B. W. Aldiss
Fiche de L’instant de l’éclipse
Titre : L’instant de l’éclipse
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 1970
Traduction : B. Martin
Editeur : Denoël
Sommaire de L’instant de l’éclipse
- L’instant de l’éclipse
- Le jour de l’embarquement pour Cythère…
- L’orgie des vivants et des mourants
- Des jouets pour l’été
- Le filou du village
- En redescendant la spirale
- Entre l’art et la vie
- Confluence
- Les écrits secrets de Harad IV
- La circulation sanguine …
- … et l’inertie du coeur
- Le ver qui vole
- Sur les chantiers
- Astronavals
- Svastika !
Première page de L’instant de l’éclipse
« Les femmes belles, à la nature corrompue… Celles-là ont toujours été mon objectif dans la vie. Il faut qu’elles aient dans le regard du charme mais aussi de la tristesse : ainsi seulement puis-je espérer l’instant mêlé.
L’instant mêlé… qui renferme à la fois terreur et beauté. Je sais bien que ces deux émotions se situent pour la plupart des gens à des pôles opposés. Pour moi elles sont ou peuvent devenir une émotion unique. Quand cela se produit, quand elles coïncident, ah ! c’est alors que la joie m’envahit ! Et en Christiania je lus la promesse d’une quantité de ces instants.
Toutefois le moment particulier dont je dois parler, où la douleur et le ravissement s’interpénétrèrent comme deux hermaphrodites, vint m’anéantir non pas alors que je tenais entre mes bras une chère et lascive créature, mais alors que je m’immobilisais – après une longue poursuite ! – au seuil »
Extrait de : B. W. Aldiss. « L’instant de l’éclipse. »
L’heure de quatre-vingts minutes par B. W. Aldiss
Fiche de L’heure de 80 minutes
Titre : L’heure de quatre-vingts minutes
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 1974
Traduction : B. De Lesseps
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de L’heure de 80 minutes
« QUATRE choses que l’on remarque particulièrement après toute guerre d’envergure respectable : préparatifs pour la prochaine, conviction que c’en est bien fini des conflits armés, famine, et réjouissances. D’abord, prenons un décor romantique.
Dans l’imperturbable château de Slavonski Brod, le soir où le déterminisme me force à commencer cette histoire, c’est de réjouissances qu’il s’agissait. Au-delà du domaine, par-delà les murs, outre-mer – partout – de bien plus terribles rumeurs roulaient comme des nuages. Pendant quelques heures, elles étaient restées à bonne distance, principalement grâce au rempart créé par les personnalités présentes à cette fiesta, par la nonchalance provocante et la nature chaleureuse de Mike Surinat, à qui le château appartenait désormais (ses parents étant morts au cours de la guerre) ; par la beauté et la douce sensibilité de Becky Hornbeck, qui vivait désormais au château »
Extrait de : B. W. Aldiss. « L’Heure De 80 Minutes. »
L’espace, le temps et Nathanaël par B. W. Aldiss
Fiche de L’espace, le temps et Nathanaël
Titre : L’espace, le temps et Nathanaël
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 1957
Traduction : M. Deutsch
Editeur : Denoël
Sommaire de L’espace, le temps et Nathanaël
- T
- Fleur de terre
- Psychlope
- Procès
- A perpétuité
- Pour battre les Shubshubs
- Archives criminelles
- Le peuple de l’échec
- Supercité
- Le mascaret
- Pogsmith
- Hors les murs
- Reflets
- Mimodrame
Première page de T
« T avait déjà dix ans quand sa machine atteignit les frontières de cette galaxie. T n’était pas son nom – le laboratoire n’avait jamais eu l’idée de le baptiser – mais le symbole inscrit sur la coque de l’engin. Ce sera toutefois une désignation suffisante. Répétons-le : il n’était pas la machine ; dire qu’il en faisait partie serait plus conforme à la vérité. Il ne pouvait se prévaloir, ni du rôle glorieux de pilote ni même de l’état, plus modeste, de passager : il était un objet destiné à fonctionner pendant quelques secondes, dans deux cents ans.
Comme un ver au milieu d’une pomme, il était tapi au cœur de la machine qui filait à travers l’espace et le temps. Il ne bougeait pas ; aucune impulsion motrice ne le stimulait jamais. En tout état de cause, il eût d’ailleurs été incapable de répondre à une telle sollicitation : parce qu’il avait été, d’une part, créé sans jambes, un bras constituant l’unique membre dont il était muni ; ensuite, parce que la machine l’enserrait de partout. Elle l’alimentait par l’entremise de tubulures véhiculant un courant ténu de vitamines et de protéines, faisait circuler son »
Extrait de : B. W. Aldiss. « L’Espace, le temps et Nathanaël. »
L’autre île du Docteur Moreau par B. W. Aldiss
Fiche de L’autre île du Docteur Moreau
Titre : L’autre île du Docteur Moreau
Auteur : B. W. Aldiss
Date de parution : 1980
Traduction : J. Chambon
Editeur : J’ai lu
Première page de L’autre île du Docteur Moreau
« SEUL DANS LE PACIFIQUE
En temps de paix, la chute d’une navette spatiale dans l’océan Pacifique aurait fourni assez de matière dramatique pour que l’information eût atteint presque toutes les oreilles à l’heure du déjeuner. Durant les premiers mois de guerre en 1996, l’incident passa presque inaperçu, se réduisant à l’annonce qu’un sous-secrétaire d’État était porté disparu.
Il n’est pas dans mon intention de faire ici le compte rendu détaillé de cette catastrophe. Elle ne fait pas vraiment partie de l’horrible histoire que j’ai à raconter. Il suffit de dire que mon secrétaire et moi-même étions les seuls passagers, et que l’équipage ne comportait que deux membres, James Fan Toy et José Galveston. La navette sombra dans le »
Extrait de : B. W. Aldiss. « L’autre île du Dr Moreau. »