Catégorie : Livres
Le pacte de sang par Michel Honaker

Fiche de Le pacte de sang
Titre : Le pacte de sang (Tome 3 sur 5 – Rocambole)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2004
Editeur : Gallimard
Première page de Le pacte de sang
« — Père, quand arriverons-nous à la frontière ?
Tiré de ses préoccupations, Karol Milewsky considéra son fils avec tendresse.
— Bientôt, mon enfant !
Andrej était un bel adolescent de quinze ans aux traits réguliers et francs, au menton volontaire et au regard encore innocent. Il était le portrait de sa défunte mère. Le grand poète polonais se demanda encore par quelle folie il avait entraîné son fils unique dans cette dangereuse aventure. Chaque fois que cette question lui venait à l’esprit, la réponse s’imposait, implacable : s’il avait laissé Andrej derrière lui à Varsovie, ses ennemis l’auraient probablement capturé pour exercer sur lui le plus monstrueux des chantages.
Milewsky soupira. Le deuil récent de sa femme autant que le sort misérable de ses compatriotes l’avaient prématurément vieilli. À quarante-cinq ans, il n’était plus qu’un vieillard aux joues creuses encadrées de longs cheveux gris, et ses petits yeux noirs reflétaient une expression morose et fataliste. »
Extrait de : M. Honaker. « Rocambole et le Pacte de Sang. »
Les marionnettes de la mort par Michel Honaker

Fiche de Les marionnettes de la mort
Titre : Les marionnettes de la mort (Tome 2 sur 5 – Rocambole)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2003
Editeur : Gallimard
Première page de Les marionnettes de la mort
« La diligence talonnée par l’orage émergea de la forêt comme si elle avait le diable à ses trousses. Le cocher donnait du fouet sans relâche, engoncé dans ses longs vêtements de cuir, le visage abrité sous l’auvent d’un antique tricorne. Les quatre chevaux soulevaient des gerbes de boue et la voiture brinquebalait en tous sens sur cette route détrempée.
L’unique passager pressa son gros nez sur la vitre vérolée de pluie et s’effraya des nuages noirs qui avaient enseveli le ciel de cette fin d’après-midi. Marius Aubain était un marchand de bétail qui revenait des foires du Nord où il avait vendu son cheptel à bon prix. Il s’en retournait à présent vers son Berry natal, fortune faite, et n’entendait pas musarder en chemin. Toutefois, le grondement insistant de l’orage commençait à le convaincre qu’une halte serait la bienvenue. Aussi cogna-t-il au plafond avec le pommeau de sa canne pour attirer l’attention du conducteur. Celui-ci ouvrit la lucarne de séparation, laissant deviner un nez long et osseux, une bouche petite mais ferme, mais non pas le visage en son entier, abandonné à l’ombre du feutre. »
Extrait de : M. Honaker. « Rocambole et les marionnettes de la mort. »
Le spectre de Kerloven par Michel Honaker

Fiche de Le spectre de Kerloven
Titre : Le spectre de Kerloven (Tome 1 sur 5 – Rocambole)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2002
Editeur : Gallimard
Première page de Le spectre de Kerloven
« — Tout le monde dort ! Paix et silence ! Allons, endormez-vous !
La voix de sœur Lucie – que les enfants surnommaient en cachette « la Luciole » – s’éteignit dans les couloirs lugubres de l’orphelinat pour filles de l’Enfant-Roi. Chaque soir, la sévère religieuse faisait ainsi le tour des dortoirs pour s’assurer que le calme régnait, silhouette inquiétante surmontée d’une cornette aux allures de galion. D’ordinaire, aucune des pensionnaires n’osait plus remuer un cil après son passage… Ce soir-là pourtant, dès que la Luciole eut disparu, une téméraire rejeta vivement ses draps rugueux et se pelotonna au pied de son lit.
Fauvette avait à peine treize ans – elle n’en savait trop rien elle-même. Son corps trop maigre flottait dans sa chemise de toile grossière et n’avait pas grandi comme il aurait dû par la faute des privations. Ses grands yeux vifs, un brin effrontés, mangeaient son visage étréci aux joues mal lavées. Elle ramena ses longs cheveux raides couleur noisette dans son cou, puis prenant son élan, courut se mettre à l’abri dans l’ombre d’un pilier. Elle attendit là un instant pour s’assurer que personne ne l’avait vue. »
Extrait de : M. Honaker. « Rocambole et le spectre de Kerloven. »
La guerre des dieux par Michel Honaker

Fiche de La guerre des dieux
Titre : La guerre des dieux (Tome 4 sur 4 – Odyssée)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2007
Editeur : Flammarion
Première page de La guerre des dieux
« Les cavaliers arrivaient par le sud, sanglés dans leurs cuirasses lustrées que surmontaient de glorieux casques à cimier blanc. Ils franchirent au galop la rivière Altios dont les rives étaient encore engluées par la neige hivernale. À leur approche, une volée de perdrix effarouchées s’enfuit à tire-d’aile en direction du village aux maisons de pierre, qui flanquait le cours d’eau. En apparence, c’était bien la seule population que recelait cet endroit pourtant réputé pour ses troupeaux et ses pâtures, ses artisans habiles et sa joie de vivre.
À la tête de ses hommes, le général Gordios s’enfonça dans la ruelle boueuse qui veinait le bourg, considérant avec suspicion les portes béantes, les marmites abandonnées au-dessus des feux dépéris et les corvées de linge inachevées, autant d’indices de la panique qui paraissait avoir brutalement saisi les habitants. »
Extrait de : M. Honaker. « La guerre des dieux – Odyssée. »
Le sortilège des ombres par Michel Honaker

Fiche de Le sortilège des ombres
Titre : Le sortilège des ombres (Tome 3 sur 4 – Odyssée)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2007
Editeur : Flammarion
Première page de Le sortilège des ombres
« Ulysse grimaça dans l’obscurité de son manteau durci par le sel. Il s’étonna d’entendre encore un souffle s’échapper de ses lèvres craquelées. Des courbatures mâchonnaient ses muscles, la soif desséchait sa gorge, mais ces sensations douloureuses témoignaient qu’il était toujours en vie et cette constatation amère lui tira un gémissement. Quel miracle lui avait épargné la noyade et l’errance de son âme dans le royaume d’Hadès ? Ou plutôt, quel infâme et tortueux supplice ? Lorsque sa galère assaillie par les murailles d’eau avait menacé de sombrer, il s’était résigné à la défaite, à l’idée de retrouver dans la mort ses ancêtres achéens et tant de ses compagnons tombés au champ de bataille, tant de guerriers loyaux et courageux dont il avait dressé les bûchers funéraires de ses propres mains. Et même, il s’était réjoui d’arriver au terme de sa lutte, d’abréger une vie dévastée par les deuils, les séparations et les trahisons… »
Extrait de : M Honaker. « Le sortilège des ombres – Odyssée. »
Les naufragés de Poséidon par Michel Honaker

Fiche de Les naufragés de Poséidon
Titre : Les naufragés de Poséidon (Tome 2 sur 4 – Odyssée)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2006
Editeur : Flammarion
Première page de Les naufragés de Poséidon
« Le navire aux voiles noires s’extirpa du brouillard tel un papillon de sa chrysalide. Posté à la proue, Télémaque éprouva un ravissement inexprimable à la découverte de l’étendue moutonneuse de la haute mer. À dix-sept ans, il n’avait jamais connu qu’Ithaque, son île natale et tout au plus ne s’en était-il éloigné que de quelques encablures en nageant dans ses criques. Pas un jour ne s’était écoulé sans qu’il eût rêvé de voyager sur le dos de ces vagues ténébreuses. Bientôt, le monde extérieur s’ouvrirait à lui, avec ses montagnes déchiquetées, ses plaines poussiéreuses et ses fières cités, dont il n’avait entendu parler qu’au travers du chant des aèdes ou des récits des marchands de passage.
À l’idée de découvrir autant de splendeurs, le fils d’Ulysse bondit dans les agrès et se balança en savourant jusqu’au sel qui picotait ses lèvres fines et durcissait sa barbe indécise. C’était donc cela la liberté : survoler cette mer infinie dont le puissant navire repoussait les franges d’écume, ce ciel poivré de nuages et ces sifflements du vent entre les filins. »
Extrait de : M. Honaker. « Les naufragés de Poséidon – Odyssée. »
La malédiction des pierres noires par Michel Honaker

Fiche de La malédiction des pierres noires
Titre : La malédiction des pierres noires (Tome 1 sur 4 – Odyssée)
Auteur : Michel Honaker
Date de parution : 2006
Editeur : Flammarion
Première page de La malédiction des pierres noires
« Le crépuscule glissait sur la plaine de Troie, poussant le vent de sable jusqu’au pied des puissantes murailles de la ville assiégée. Les catapultes et les tourelles d’assaut, formidables machines de guerre dressées par l’envahisseur grec, s’estompèrent peu à peu dans ce nuage ambré, insectes géants figés dans l’attente. Le dernier assaut des Achéens avait reflué comme la marée, aussi vain que les précédents, remportant ses agonisants. Depuis neuf ans, l’armée de l’Alliance campait au pied de la redoutable cité sans parvenir à l’abattre. Les deux camps s’affrontaient en un combat sans merci, se blessant mutuellement à mort. Ce soir, comme les autres soirs, la mort avait tiré son linceul de silence et d’horreur sur ces cadavres emmêlés, déjà oubliés, inutiles. Troie la Magnifique, phare de la mer Noire, n’était plus qu’une forteresse branlante et lézardée, vacillant sur la mer. Au-dessus des créneaux acérés, les flambeaux vacillaient dans le clair-obscur, révélant furtivement les armures des sentinelles perpétuellement aux aguets… »
Extrait de : M. Honaker. « La malédiction des pierres noires – Odyssée. »
L’I.A. et son double par Scott Westerfeld

Fiche de L’I.A. et son double
Titre : L’I.A. et son double
Auteur : Scott Westerfeld
Date de parution : 2000
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : J’ai lu
Première page de L’I.A. et son double
« Tout a commencé sur ce monde gelé, parmi les silhouettes de pierre en animation presque suspendue.
L’esprit du vaisseau regardait par les yeux de la jeune fille, leurs iris pareils à deux lunes saumon sous un front blanc lumineux, fissures dans l’univers des règles, de la logique. Tout en observant la scène à travers le prisme de leur émerveillement, il entama sa transformation.
Elle scruta la statue une minute entière sans ciller. Des larmes de protestation se massaient, brouillant sa
vision, mais Pasque continua de fixer l’objet de son attention. »
Extrait de : S. Westerfeld. « L’I.A. et son double. »
Afterworlds par Scott Westerfeld

Fiche de Afterworlds
Titre : Afterworlds
Auteur : Scott Westerfeld
Date de parution : 2015
Traduction : G. Fournier
Editeur : Pocket
Première page de Afterworlds
« L’E-MAIL LE PLUS IMPORTANT QUE DARCY PATEL AIT JAMAIS RÉDIGÉ tenait en trois paragraphes.
Le premier concernait Darcy elle-même. Sans parler de détails, comme ses cheveux teints en bleu-noir ou la boucle en or dans sa narine gauche, il commençait par un sombre secret que ses parents ne lui avaient jamais transmis. À l’époque où la mère de Darcy n’avait que onze ans, sa meilleure amie avait été assassinée par un inconnu. Cette découverte, faite à l’occasion d’une banale recherche sur le web, avait choqué Darcy, tout en clarifiant certaines choses à propos de sa mèremère. Elle l’avait aussi inspirée pour écrire.
Le deuxième paragraphe de son e-mail concernait le roman que Darcy venait d’achever. Il ne précisait pas, bien sûr, qu’elle avait écrit les soixante mille mots d’Afterworlds en trente jours seulement. L’agence littéraire Underbridge n’avait pas besoin de le savoir. »
Extrait de : S Westerfeld. « Afterworlds. »
Extras par Scott Westerfeld

Fiche de Extras
Titre : Extras (tome 4 sur 5 – Uglies)
Auteur : Scott Westerfeld
Date de parution : 2007
Traduction : G. Fournier
Editeur : Pocket
Première page de Extras
« Vous dites que vous avez besoin de nous. Sans doute est-ce vrai, mais pas pour vous venir en aide. Vous êtes suffisamment nombreux, avec ces millions de nouveaux esprits intenses sur le point de vous rejoindre, avec l’ensemble des villes qui se réveillent enfin.
Vous tous êtes capables de changer le monde, sans nous.
Désormais, David et moi serons là, prêts à croiser votre route.
Car, vous savez, la liberté a le pouvoir de détruire certaines choses. »
Tally Youngblood »
Extrait de : S. Westerfeld. « Extras – Uglies. »