Catégorie : Livres

 

Nouchka et la caverne aux mille secrets par Serge Brussolo

Fiche de Nouchka et la caverne aux mille secrets

Titre : Nouchka et la caverne aux mille secrets (Tome 3 sur 3 – Nouchka)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2007
Editeur : Baam !

Première page de Nouchka et la caverne aux mille secrets

« Tout a commencé quand je suis tombée de mon lit en dormant. Ça m’a paru bizarre parce
que d’habitude je ne gigote pas tellement pendant mon sommeil.

Je me suis recouchée, et puis, pof, une heure plus tard, je me suis de nouveau réveillée le nez sur le tapis, les côtes endolories. J’étais encore tombée du matelas…

J’ai pensé : « Est-ce que le lit serait devenu vivant, et qu’il s’amuserait à me flanquer par terre pendant que je dors ? »

Avec les objets, c’est vrai, on ne peut pas savoir, surtout quand on habite comme moi dans un pays enchanté.

Je me suis relevée, je lui ai donné un coup de pied et j’ai crié :

« Lit, es-tu vivant ? »

Bon, j’avais l’air idiote. Il n’a pas répondu. De toute manière, s’il l’avait fait, est-ce que j’aurais compris ? Ça parle quelle langue, un lit ?

C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que toute la maison penchait. »

Extrait de : S. Brussolo. « Nouchka et la caverne aux mille secrets. »

Nouchka et la couronne maudite par Serge Brussolo

Fiche de Nouchka et la couronne maudite

Titre : Nouchka et la couronne maudite (Tome 2 sur 3 – Nouchka)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2007
Editeur : Baam !

Première page de Nouchka et la couronne maudite

« La valise magique m’a réveillée dans la nuit. Une voix nasillarde en sortait, bredouillant des mots incompréhensibles. Je me suis assise en grognant. J’ai tendu l’oreille.

— Tu dois te mettre en route, vite ! a marmonné la mallette. Quelqu’un a besoin de ton aide… La princesse Amandine est en danger. Toi seule peux la secourir.

J’ai dit :

— Qui ? Je ne connais pas de princesse Amandine. C’est quoi ce délire ?

— De l’autre côté de la forêt s’étend le royaume des sortilèges, gouverné par le roi Anagatos VI, a repris la valise. Amandine est sa fille. Si tu ne l’aides pas, elle mourra assassinée. À ta place j’éviterais de me rendormir, le temps presse.

La valise est assez crispante, mais elle a souvent raison. Je ne sais pas si je l’aime ou si je la déteste. Parfois j’ai envie de la jeter au fond d’un puits, mais à d’autres moments je me dis que je ne supporterais pas son absence. Allez y comprendre quelque chose !

Je suis allée voir ma copine Poppie pour lui demander si elle voulait m’accompagner. »

Extrait de : S. Brussolo. « Nouchka et la couronne maudite. »

Nouchka et les géants par Serge Brussolo

Fiche de Nouchka et les géants

Titre : Nouchka et les géants (Tome 1 sur 3 – Nouchka)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2007
Editeur : Baam !

Première page de Nouchka et les géants

« Tout a débuté avec la valise tombée du ciel…

Oui, s’il faut un commencement à cette histoire, c’est bien avec la valise mystérieuse que tout a débuté. Cette valise qui parlait d’une petite voix nasillarde. Cette valise qui chuchotait…

Mais je ne me suis pas présentée. Je m’appelle Nastaszia, ça se prononce Natacha, mais quand j’étais petite, je n’arrivais pas à le dire, alors ma mère m’a surnommée Nouchka. Ça m’est resté. J’ai 12 ans. Je suis une fille, évidemment.

J’ai les cheveux rouges – certains disent : carotte – et trois millions de taches de rousseur sur la figure. Bon, ça suffit pour les descriptions, c’est casse-pieds les descriptions, non ?

(Tout de même, je crois que je ne suis pas trop moche… enfin, je ne sais pas. Des fois, je me plais bien dans le miroir, d’autres fois, pas du tout. Ça vous fait ça ?) »

Extrait de : S. Brussolo. « Nouchka et les géants. »

La captive de l’hiver par Serge Brussolo

Fiche de La captive de l’hiver

Titre : La captive de l’hiver (Tome 2 sur 2 – Marion des Pierre)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2001
Editeur : Le livre de poche

Première page de La captive de l’hiver

« Le pressentiment l’avait assaillie tout l’après-midi, lui coupant parfois la respiration. Elle ne savait d’où venait cette peur étrange, cet étouffement qui lui avait fait, à plusieurs reprises, rejeter la tête en arrière pour aspirer un surplus d’air.
Il y avait eu des signes néfastes, depuis le matin. Trois corbeaux perchés sur la statue du saint patron de l’ordre, dans la cour de l’abbaye. Trois corbeaux curieusement sûrs d’eux, et que rien n’avait effrayés, ni les claquements de paumes, ni les cailloux lancés par les frères convers. Indifférents aux menaces, ils étaient restés là, hostiles, entêtés, couvant la population du moutier d’un œil ironique qui semblait dire : « Vous ne savez pas ce qui vous attend ! »
Leur présence avait d’abord agacé, puis inquiété. Marion, elle-même, avait à plusieurs reprises interrompu sa tâche pour regarder par-dessus son épaule. Chaque fois, elle espérait que les sinistres volatiles auraient disparu, chaque fois elle avait été déçue. Au bout d’un moment, elle avait même eu l’impression que les corbeaux la regardaient, elle, tout particulièrement. Étaient-ils venus là pour la surveiller ? Mais pourquoi ?
C’était absurde. »

Extrait de : S. Brussolo. « La Captive de l’Hiver – Marion des Pierre. »

Pèlerins des ténèbres par Serge Brussolo

Fiche de Pèlerins des ténèbres

Titre : Pèlerins des ténèbres (Tome 1 sur 2 – Marion des Pierre)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2000
Editeur : Le livre de poche

Première page de Pèlerins des ténèbres

« Frère Guillaume fuyait dans la nuit, et l’enfer tout entier courait sur ses talons.

Depuis une semaine qu’il errait dans la montagne, vivant comme une bête aux abois, il avait déchiré son froc de bure et allait presque nu, le corps couvert d’estafilades.

Il dormait le jour et se mettait en marche dès le coucher du soleil, car il aurait été trop dangereux pour lui de s’abandonner au sommeil à l’heure où le Malin règne en maître et s’insinue dans les rêves. Les légions du diable étaient à ses trousses. On ne voulait pas qu’il puisse dire ce qu’il avait vu, là-bas, au-delà des défilés, au bout du labyrinthe des chemins tortueux serpentant à flanc d’abîme. Il était le dernier témoin, le survivant. Il avait contemplé l’horreur… et il avait eu la chance de pouvoir s’échapper. Hélas, les démons avaient retrouvé sa trace, depuis ils ne le lâchaient plus et le traquaient sans relâche, meute infatigable qui prenait la piste dès que la lune hissait son disque farineux dans le ciel obscurci. Jusque-là, frère Guillaume avait réussi à leur glisser entre les griffes, mais cela ne durerait pas, car l’épuisement le gagnait. »

Extrait de : S. Brussolo. « Pèlerins des ténèbres – Marion des Pierre. »

Le chemin maléfique par Serge Brussolo

Fiche de Le chemin maléfique

Titre : Le chemin maléfique (Tome 2 sur 2 – Lina et la forêt des sortilèges)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2013
Editeur : Michel Lafon

Première page de Le chemin maléfique

« J’étais fatiguée et je mourais de faim. Voilà deux semaines que nous traînions la savate au milieu de terres caillouteuses où ne poussait pas le moindre brin d’herbe, ceci afin d’échapper à la vengeance du seigneur de la Forêt. Toddy m’avait en effet expliqué que les pouvoirs de ce sinistre personnage ne pouvaient s’exercer dans les endroits dépourvus de végétation, car il avait besoin de la sève des plantes pour transmettre sa magie.
Le subterfuge avait fonctionné, mais nous avions eu le plus grand mal à nous nourrir puisque les cailloux, même cuits pendant des heures, restent durs sous la dent.
Aujourd’hui, il nous fallait absolument dénicher de quoi manger car nos jambes ne nous portaient plus.
Par ailleurs, dès que nous avions quitté la zone désertique, nous avions été accueillis par de gros champignons-dénonciateurs à qui l’on avait donné pour mission d’espionner nos allées et venues. Ils s’étaient mis à brailler :
— Elle est là ! Elle est là ! Lina la traîtresse ! Vite, vite, venez la capturer !
Toddy et Kanzo s’étaient empressés de les piétiner pour les faire taire. »

Extrait de : S. Brussolo. « Le chemin maléfique – Lina et la forêt des sortilèges. »

La tombola des démons par Serge Brussolo

Fiche de La tombola des démons

Titre : La tombola des démons (Tome 1 sur 2 – Lina et la forêt des sortilèges)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2013
Editeur : Michel Lafon

Première page de La tombola des démons

« Je m’appelle Lina, j’ai quinze ans. Je ne suis ni belle ni laide. Normale, quoi. J’ai les cheveux noirs et les yeux verts. Bon, rien d’extraordinaire. Au collège, je n’ai jamais été populaire. Je lisais beaucoup et passais mon temps libre à soigner les animaux abandonnés. C’est sans doute ce qui m’a poussée à entreprendre des études d’infirmière vétérinaire. Je suis née à Almoha, un royaume où la magie est autorisée sous certaines conditions. Les gens y sont tellement habitués qu’ils n’y font plus attention. Chez nous, les sorciers sont l’équivalent des plombiers dans votre monde, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas considérés comme des personnages exceptionnels. On voit en eux des dépanneurs, pas davantage.

À la fin de mes études, j’ai choisi de me spécialiser dans le domaine de la monstruosité. Il faut dire qu’il y a beaucoup de monstres chez nous. Ils sont bizarres mais la plupart du temps pacifiques. Le gouvernement les tolère parce qu’ils se chargent des travaux dangereux dont les humains ne veulent surtout pas entendre parler. Leurs écailles, leur carapace les protègent des acides, des flammes, des explosions, c’est bien commode pour ceux qui les emploient. »

Extrait de : S. Brussolo. « La tombola des démons – Lina et la forêt des sortilèges. »

Opération « serrures carnivores » par Serge Brussolo

Fiche de Opération « serrures carnivores »

Titre : Opération « serrures carnivores » (Tome 4 sur 4 – Les soldats de goudron)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Opération « serrures carnivores »

« L’homme était vêtu comme un clergyman, d’un costume noir verdi par l’usure. Il portait aux pieds des Rangers de l’armée et ses mains étaient gantées de cuir. Il avait un visage osseux, dur, aux sourcils rasés, et ses cheveux tirés en arrière se nouaient sur sa nuque en chignon de toréador.
Pour l’heure, il faisait tournoyer au-dessus de sa tête un interminable chapelet formé de boules de chrome reliées entre elles par une corde à piano. L’arme sifflait comme une chaîne de vélo maniée par un voyou en pleine baston. 
— Vivez-vous dans la crainte du Seigneur ? vociférait l’homme.
— Oui ! hurlaient les badauds rassemblés, dans la crainte du dieu inflexible qui nous punit pour notre bien !
Le chapelet de billes d’acier s’abattait alors sur leurs têtes et leurs épaules, leur faisant éclater les arcades sourcilières, les lèvres ou les joues. Sanglants, hagards, le visage constellé d’hématomes virant au noir, ils se dandinaient d’un pied sur l’autre sans chercher à esquiver les coups. Avec leurs figures martelées, ils ressemblaient à des boxeurs entamant la quinzième reprise d’un match particulièrement violent. »

Extrait de : S. Brussolo. « Opération serrures carnivores – Les soldats de goudron. »

Le rire du lance-flammes par Serge Brussolo

Fiche de Le rire du lance-flammes

Titre : Le rire du lance-flammes (Tome 3 sur 4 – Les soldats de goudron)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le rire du lance-flammes

« Le feu s’ébroue, boule de lumière aux prolongements aciculaires, hérisson de chaleur qui apprend à faire le gros dos. Les flammes ne crépitent pas encore. Elles ont des grignotements de dentier dévorant des gaufrettes, des piétinements d’insecte montant à l’assaut d’une feuille de papier. Cela bruit comme une charge de cafards fouaillant une étendue de limaille. C’est presque imperceptible, négligeable.

En fermant les yeux on croirait entendre gémir un billet de banque dans une main impatiente, fétichiste ou sacrilège (?). Oui, c’est exactement ça… Le feu a des plaintes de papier-monnaie qu’on froisse avec
lenteur jusqu’à lui faire perdre son amidon filigrané.

Tout à l’heure il sera plus ambitieux. Il craquera avec insolence, émettant des protestations de squelette savamment torturé par des bourreaux armés de casse-noisettes, et dont les phalanges éclatent une à une telles des cacahuètes martyrisées.

Plus tard, beaucoup plus tard, il ronflera, haletant sourdement comme un troupeau de locomotives chargeant flanc contre flanc, et qui roule en une transhumance ponctuée de coups de sifflet ou de hurlements de soupape congestionnée. »

Extrait de : S. Brussolo. « Le rire du lance flamme – Les soldats de goudron. »

Ambulance-cannibale non identifiée par Serge Brussolo

Fiche de Ambulance-cannibale non identifiée

Titre : Ambulance-cannibale non identifiée (Tome 2 sur 4 – Les soldats de goudron)
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Ambulance-cannibale non identifiée

« La ville rendait le son creux que les pas du promeneur soulèvent habituellement en traversant un décor ou un champ de mines.

La cité faisait songer à ces bêtes empaillées, baudruches de cuir et de poils, simulacres de vie cousus sur un rembourrage, et qui prennent racine sur un socle de bois.

Jane ressentait tout cela en remontant le boulevard désert. De part et d’autre de la chaussée, les boutiques n’étaient plus que des cubes d’obscurité reflétant le paysage de la rue comme de gros aquariums emplis d’encre noire.

Du coin de l’œil, la jeune femme y suivait le déplacement de son image, s’observant comme on observe un suiveur dont on ne parvient pas encore à percer les intentions.

L’image avançait avec son visage boudeur au front haut, bombé, couronné de cheveux blonds taillés en brosse rêche. Le tricot de corps fatigué ne dissimulait rien du balancement des seins aux pointes érigées par le frottement continu du coton imprégné d’huile et de cambouis. Une inscription le barrait sur toute sa largeur : « Fédération Nationale des Chauffeurs d’Immeubles-Paquebots ». Jane eut un sourire amer. Tout cela appartenait déjà au passé. »

Extrait de : S. Brussolo. « Ambulance cannibale non identifiée – Les soldats de goudron. »