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La maîtresse des délires par Tanith Lee

Fiche de La maîtresse des délires

Titre : La maîtresse des délires (Tome 4 sur 5 – Le dit de la terre plate)
Auteur : Tanith Lee
Date de parution : 1986
Traduction : E. C. L. Meistermann
Editeur : Presses Pocket

Première page de La maîtresse des délires

« Il faisait nuit, et le jeune homme qui était assis sur le toit en terrasse garda un moment les yeux levés sur le grand dôme du ciel. Puis il lut dans son livre à voix haute :

— Bleu comme les yeux bleu foncé de ma bien-aimée, le crépuscule emplit les cieux. Les étoiles mettent leurs robes d’argent et, si elles sont belles, aucune ne l’est autant qu’elle.

Ses compagnons étaient allongés, appuyés sur les coudes, et le considérèrent d’un air intrigué. Il referma le livre et déclara :

— L’amour aussi est une simple folie.

Ce commentaire provoqua chez eux de frénétiques gestes de dénégation.

— L’amour n’existe pas. L’amour est le nom que donnent les femmes et leurs malheureux pères au  »

Extrait de : T. Lee. « Le dit de la terre plate – La Maitresse Des Délires. »

Le maître des illusions par Tanith Lee

Fiche de Le maître des illusions

Titre : Le maître des illusions (Tome 3 sur 5 – Le dit de la terre plate)
Auteur : Tanith Lee
Date de parution : 1981
Traduction : E. C. L. Meistermann
Editeur : Presse pocket

Première page de Le maître des illusions

« À un mille des murs de la ville, tout couverts d’émaux, là où le désert brasillait comme du verre doré, une femme d’une grande beauté était assise dans un donjon de pierres et jouait avec un os.
— Viendra-t-il me voir aujourd’hui ? demanda-t-elle à l’os en le berçant dans ses bras comme un enfant. Ou viendra-t-il me chercher cette nuit ? Toutes les étoiles brilleront, mais il brillera plus fort encore. Assurément, il n’osera venir dans la journée, car son éclat l’emporterait sur celui du soleil. Le soleil mourrait de honte et le monde sombrerait dans les ténèbres. Mais tu viendras, ô Nemdur, mon seigneur, fit la femme très belle.
Elle s’appelait Djasrin ; Nemdur était le roi dont la ville s’élevait un mille à l’est. Naguère, il était son mari, mais le temps avait passé.
Lorsque le jour commença à disparaître en s’enveloppant dans ses robes et en se glissant silencieusement hors du désert, Djasrin appela ses femmes. Elles n’étaient plus que deux, l’une très vieille, l’autre très jeune. Toutes deux éprouvaient pour elle de la pitié, mais elle ne leur prêtait que peu d’attention. Elle ne remarquait pas davantage leur aversion derrière cette pitié. À la porte du rez-de-chaussée, des hommes musculeux armés d’épées et de haches montaient la garde ; ils étaient chargés d’empêcher le danger d’entrer, ou de sortir. Des palmiers aux frondaisons d’un vert d’airain cernaient la tour et un petit étang reposait là, comme tombé du ciel. Au »

Extrait de : T. Lee. « Le dit de la terre plate – Le maître des illusions. »

Le maître de la mort par Tanith Lee

Fiche de Le maître de la mort

Titre : Le maître de la mort (Tome 2 sur 5 – Le dit de la terre plate)
Auteur : Tanith Lee
Date de parution : 1979
Traduction : E. C. L. Meistermann
Editeur : Presses Pocket

Première page de Le maître de la mort

« Narasen, la reine-léopard de Merh, se tenait à sa fenêtre et regardait Dame Calamité qui arpentait les rues de la cité. Dame Calamité portait sa robe jaune, car la maladie était une fièvre jaunâtre, jaune comme la poussière qui s’élevait en tourbillons des plaines, masquait la ville de Merh et l’étouffait, jaune comme la boue puante qu’était devenu le large fleuve de Merh. Et Narasen, impuissante et furieuse, demanda en elle-même à la Calamité : « Que dois-je faire pour me débarrasser de toi ? », et la femme jaune confusément distincte montra ses dents en une grimace qui semblait lui répondre : « Tu le sais, mais ne peux l’accomplir. » La tempête de sable l’enveloppa alors et Narasen referma en les faisant claquer les volets de la fenêtre.
Telle était la chambre à coucher de la reine de Merh : des armes de chasse et de guerre polies pendues aux murs qui étaient décorés de scènes de chasse et de guerre. Le plancher était couvert de tapis de peaux tachetées et rayées des bêtes que  »

Extrait de : T. Lee. « Le dit de la terre plate – Le maître de la mort. »

Le maître des ténèbres par Tanith Lee

Fiche de Le maître des ténèbres

Titre : Le maître des ténèbres (Tome 1 sur 5 – Le dit de la terre plate)
Auteur : Tanith Lee
Date de parution : 1978
Traduction : E. C. L. Meistermann
Editeur : Presses Pocket

Première page de Le maître des ténèbres

« Un Mortel en Terre Inférieure
 
Une nuit, Ajrarn, Prince des Démons, Premier des Seigneurs des Ténèbres, revêtit pour s’amuser la forme d’un grand aigle noir. Il vola d’est en ouest et du nord au sud en battant de ses ailes immenses jusqu’aux quatre coins du monde, car en ce temps-là la terre était plate et flottait sur l’océan du chaos. Il regarda les processions d’hommes qui rampaient au-dessous de lui avec des lampes petites comme des étincelles, et les brisures de la mer qui volaient en bourgeons blancs sur les rivages rocheux. Il survola avec un regard méprisant et ironique les hautes tours de pierre et les pylônes des cités, et se percha un moment sur la voile d’une galère impériale, où un roi et une reine festoyaient de rayons de miel et de cailles tandis que les rameurs peinaient aux avirons ; à un moment donné, il replia ses ailes d’encre sur le toit d’un temple et éclata de rire devant les idées qu’ont les hommes à propos des dieux.
Tandis qu’il retournait vers le centre du monde une heure avant le lever du soleil, Ajrarn, Prince des  »

Extrait de : T. Lee. « Le dit de la terre plate – Le maitre des ténèbres. »

Le vin saphir par Tanith Lee

Fiche de Le vin saphir

Titre : Le vin saphir (Tome 2 sur 2 – Le bain des limbes)
Auteur : Tanith Lee
Date de parution : 1976
Traduction : M. Barrière
Editeur : Le masque

Première page de Le vin saphir

« – Hergal, dis-je, si tu répètes ça encore une fois, je te fais passer à travers ce mur !
Hergal me regarda d’un air étonné.
– D’accord, fit-il, et il répéta ce qu’il venait de dire.
Il ne fut donc pas trop surpris que je mette ma menace instantanément à exécution. Peut-être voulait-il simplement me faire plaisir.
Tandis qu’il était là, par terre de l’autre côté du mur, entouré de morceaux de soie-de-cristal pulvérisés, j’ajoutai :
– Je suppose que tu es trop ignare pour savoir ce qui se passe ensuite ?
– Absolument, me répondit Hergal en faisant tomber les éclats de soie-de-cristal de ses longs cheveux orange et en essorant ses manches trempées de vin d’orange.
– Duel à l’aube, dis-je. À l’épée ou au pistolet. Choisis. Comme c’est moi qui te provoque en duel,  »

Extrait de : T. Lee. « Le bain des limbes – Le vin saphir. »

Ne mords pas le soleil par Tanith Lee

Fiche de Ne mords pas le soleil

Titre : Ne mords pas le soleil (Tome 1 sur 2 – Le bain des limbes)
Auteur : Tanith Lee
Date de parution : 1976
Traduction : M. Barrière
Editeur : Le masque

Première page de Ne mords pas le soleil

« Mon ami Hergal s’était encore tué ; c’était la quarantième fois qu’il s’était écrasé avec son ornithoplane sur le Monument de Zeefahr et qu’il avait dû se faire faire un nouveau corps. Lorsque je lui rendis visite aux Limbes je dus attendre un bon moment avant qu’un robot finisse par me le trouver. Il était brun cette fois et mesurait quelque trente centimètres de plus ; il avait des cheveux très longs et une moustache, un corps tout de fibres d’or scintillantes et des ailes ridicules dans le dos et aux chevilles.
– Attlevey, Hergal, le saluai-je.
– Attlevey, fit Hergal en battant des ailes pour bien les mettre en valeur. Elles sont groosh, n’est-ce pas ? Elles ne me servent à rien, naturellement, mais ça fait bien. Il me faut un nouvel ornithoplane si je veux voler à nouveau.
J’appuyai sur un bouton et un aérosiège s’avança pour me permettre de m’asseoir.
– Je m’étais dit que peut-être le Comité aurait annulé ta licence de vol, signalai-je à ce cher Hergal.
– Ha, ha ! Ils n’oseraient pas. »

Extrait de : T. Lee. « Le bain des limbes – Ne mords pas le soleil. »

Caïn l’obscur par Tanith Lee

Fiche de Caïn l’obscur

Titre : Caïn l’obscur (Tome 3 sur 3 – L’opéra de sang)
Auteur : Tanith Lee
Date de parution : 1994
Traduction : T. Arson
Editeur : Pocket

Première page de Caïn l’obscur

« L’enfant sur la tombe.
Un monticule de pierre surmonté de cette silhouette fine à la poitrine plate. Elle était vêtue de façon classique. Pourtant son visage sans expression évoquait pour lui les statues de l’île de Pâques sur les photos, sans qu’il sache pourquoi. Il n’y avait ni nom ni date.
La sépulture se trouvait à la limite de la piste d’aviation, près des barbelés. Au-delà, balayée par un vent sec et froid, la plaine déroulait son arasement extraterrestre jusqu’aux collines lointaines.
Parfois un pilote venait déposer une fleur aux pieds pétrifiés de l’enfant. Certains l’avaient baptisée Santa Blanca. Leurs missions là-bas n’étaient sans doute pas enregistrées, et très certainement illégales… Même ainsi, il ne comprenait pas pourquoi ils éprouvaient le besoin d’apaiser l’enfant de pierre. Lui n’avait jamais laissé une fleur sur la tombe. »

Extrait de : T. Lee. « L’opéra de sang – Caïn l’obscur. »

Le festin des ténèbres par Tanith Lee

Fiche de Le festin des ténèbres

Titre : Le festin des ténèbres (Tome 2 sur 3 – L’opéra de sang)
Auteur : Tanith Lee
Date de parution : 1993
Traducteur : T. Arson
Editeur : Pocket

Première page de Le festin des ténèbres

« La fille, sous la pluie.
Il l’observait depuis déjà une vingtaine de minutes.
Timothy avait eu le projet de laver sa voiture, mais l’averse l’en avait dissuadé. Depuis la fenêtre de la pièce que sa mère appelait le living-room et que son père s’obstinait à nommer le salon, il contemplait l’eau qui inondait la rue. Il ne se demanda pas si le relais de campagne où ses parents passaient le week-end était lui aussi sous la pluie. Il ne pensait à eux que pour se réjouir de leur absence.
Sa Mini Metro luisait, bleue comme du papier aluminium. Et de l’autre côté de la rue, entre les cascades vertes des arbres dégouttant, se tenait la fille.
Elle paraissait grande, mais, à la réflexion, il pensa que c’était sa sveltesse qui créait cette impression. Dans son imper serré à la taille, elle avait une silhouette de rêve. Ses longs cheveux d’un noir profond étaient collés sur son corps, à ses vêtements. Le  »

Extrait de : T. Lee. « L’opéra de sang – Le festin des ténèbres. ».

La danse des ombres par Tanith Lee

Fiche de La danse des ombres

Titre : La danse des ombres (Tome 1 sur 3 – L’opéra de sang)
Auteur : Tanith Lee
Date de parution : 1992
Traduction : T. Arson
Editeur : Pocket

Première page de La danse des ombres

« La femme marchait dans le brouillard.
Elle avançait au cœur d’une prison mouvante, dont les murs de vapeur jaunâtre l’oppressaient. Par intervalles, la silhouette d’un réverbère disparaissait dans les hauteurs tel un arbre trop maigre, ou l’angle d’un mur fendait le fog. Très loin au-dessus d’elle, des fenêtres éclairées jetaient un pâle halo, guettant. Sa mémoire seule la guidait.
Le brouillard sécrétait un parfum de lourde mélancolie qui ouatait toute chose. Il y planait l’impression diffuse d’un poursuivant, l’impression irrationnelle mais omniprésente d’un prédateur aux aguets.
La femme marchait, mince silhouette serrée dans un manteau sombre. Son épaisse chevelure d’un noir profond descendait dans son dos telle une masse de feuilles sur un buisson. Le visage était fin, pâle, les yeux clairs. D’une main elle tenait son col remonté. Ses ongles étaient assez longs, non peints.
Elle tourna dans Lizard Street, longea la haute bâtisse à la façade adornée de lions et pénétra dans la librairie.
— Oh, Rachaela. Encore en retard.
— Oui, dit-elle.
— De vingt minutes… »

Extrait de : T. Lee. « L’opéra de sang – La danse des ombres. »

Anackire par Tanith Lee

Fiche d’Anackire

Titre : Anackire (Tome 2 sur 2 – Guerres de Vis)
Auteur : Tanith Lee
Date de parution : 1983
Traduction : F. Maillet
Editeur : Opta

Première page d’Anackire

« Depuis le commencement, autant qu’on s’en souvînt, les races sombres avaient dominé le plus grand continent de la planète et lui avaient donné leur nom : Vix.
Au nord, à l’ouest et à l’est, s’étendaient les terres vix, gouvernées par des hommes à la peau noire ou cuivrée, des terres cruelles et souvent fascinantes, et un peuple fascinant et souvent cruel, aux divinités nombreuses et variées. Un peuple qui obéissait à l’étrange stimulus érotique de l’Étoile Rouge, Zastis, qui apparaissait chaque année durant plusieurs mois dans ses cieux nocturnes. Un peuple s’enorgueillissant de vivre en paix après une longue histoire guerrière, et mythologiquement unifié sous le règne d’un roi titulaire et absolu – le Seigneur des Tempêtes, souverain de Dorthar et de la cité dragon,  »

Extrait de : T. Lee. « Guerres de Vis – Anackire. »