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Viper par Red Deff

Fiche de Viper

Titre : Viper (Tome 1 sur 2 – La sinsé gravite au 21)
Auteur : Red Deff
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Viper

« — Vous savez que ce livre représente près d’un an de loyer ? voulut m’épater le gérant.

Il referma avec précaution l’édition originale de Tintin au pays des Soviets avant de la replacer dans la crypte portable NT, puis tourna vers moi son visage inexpressif.

Je me fendis d’un sourire entendu. Tout le monde considérait les Xawors comme des maniaques, dont l’échelle de valeurs ne correspondait à celle d’aucun peuple connu. Là où les Qîmks ou les Ssellnoorrs exigeaient des lingots d’uranium enrichi ou du minerai de tungstène, les pointilleux Xawors aux ocelles pédonculés demandaient de vieux albums de bandes dessinées. Naguère, leur préférence allait aux splendides bas-reliefs des lents artistes nemquars, à qui il fallait mille ans pour chaque œuvre, mais l’accession de la Terre au rang de Puissance Radiante leur avait permis de découvrir la BD – dont ils étaient aussitôt devenus des inconditionnels.

De doux dingues que l’on aimait bien, en dépit de la condescendance, voire de l’irritation que l’on se surprenait à éprouver devant leur manies. Après tout, on prend plus de plaisir à lire une antique BD qu’à contempler une tonne de plutonium… »

Extrait de : Red Deff. « Viper – La sinsé gravite au 21. »

L’autoroute de l’aube par Roland C. Wagner

Fiche de L’autoroute de l’aube

Titre : L’autoroute de l’aube (Tome 2 sur 2 – Images rémanentes)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’autoroute de l’aube

« Quand ils s’arrêtèrent, au terme de quinze heures de marche, ils avaient traversé, au bas mot, plusieurs milliers d’univers.
Elric jeta un coup d’œil circulaire. Ils se trouvaient au creux d’une dépression assez vaste, cernée de falaises d’un rouge un peu ocre. Une végétation maigrelette parsemait le sol dur, raviné de crevasses sinueuses. Il faisait à peine quatre ou cinq degrés au-dessus de zéro. Le soleil, plus orange que celui sous lequel était né le disquaire, déclinait à l’horizon. Pas la moindre trace d’une quelconque présence humaine.
Il se tourna vers Maggie, qui grelottait malgré l’épais blouson fourré qu’il lui avait donné, à des univers de là, quelque part à la lisière du Bleu et de l’Indigo. La jeune femme, croisant son regard, se força à sourire puis secoua sa chevelure de flamme, comme pour se donner du courage. Elle avait l’habitude du froid ; le monde d’où elle venait vivait dans une misère totale – et ce, depuis des générations, suite à l’effondrement de l’économie mondiale à la fin du XIXe siècle. »

Extrait de : R.C Wagner. « L’Autoroute de l’aube – Images rémanentes. »

Le rêveur des terres agglutinées par Roland C. Wagner

Fiche de Le rêveur des terres agglutinées

Titre : Le rêveur des terres agglutinées (Tome 1 sur 2 – Images rémanentes)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le rêveur des terres agglutinées

« — Tu me donnes du feu ? demanda le chien jaune en posant une patte amicale sur la cuisse blanche de Suzy.
La jeune femme considéra de son regard changeant le court brûle-gueule coincé entre les crocs acérés, puis fouilla dans son sac et en tira un briquet jetable, avec lequel elle embrasa le tabac tassé dans le fourneau noirci par l’usage.
— Merci, dit le chien en recrachant un épais nuage de fumée. Ça faisait un sacré bout de temps que je ne m’étais pas fumé une bonne pipe de gris !
Maggie cessa un instant de démêler sa crinière rousse pour émettre un ricanement qui se voulait méprisant. L’animal lui lança un regard noir et posa sur les genoux de Suzy sa grosse tête carrée de corniaud, qu’une main fine ne tarda pas à venir caresser. »

Extrait de : R.C Wagner. « Le rêveur des terres agglutinées – Images rémanentes. »

Les derniers jours de mai par Roland C. Wagner

Fiche de Les derniers jours de mai

Titre : Les derniers jours de mai (Tome 3 sur 3 – Futur Proche)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 2014
Editeur : Les moutons électriques

Première page de Les derniers jours de mai

« Alors sont arrivés les derniers jours de mai…

Et tout le reste, tout ce qui avait pu se passer auparavant, toutes ces années d’angoisse et de désespoir, toutes ces choses qui m’attendaient, tapies dans l’ombre visqueuse de la nuit rouge – tout le reste s’est effacé derrière moi, englouti par la bouche béante de l’oubli.

Les derniers jours de mai ! !

C’était comme une frontière que je m’apprêtais à franchir. Je me suis levé de mon cercueil de verre gradué et j’ai sauté dans le premier train, sans me préoccuper de sa destination. Il s’est trouvé qu’il allait à Paris, mais cela n’avait aucune importance à mes yeux. Je ne songeais qu’à fuir. Fuir cette existence misérable, cette drogue pulvérulente qui avait creusé des cernes violacés sous mes yeux sans éclat et constellé mes avant-bras d’essaims de croûtes brunâtres.

Le long convoi vert-de-gris s’est ébranlé, quittant avec une lenteur théâtrale la gare centrale d’Amsterdam – ce port qui, tout comme Aigues-Mortes, se retrouve aujourd’hui enfermé à l’intérieur des terres. »

Extrait de : R.C Wagner. « Les derniers jours de mai – Futur Proche. »

Le paysage déchiré par Roland C. Wagner

Fiche de Le paysage déchiré

Titre : Le paysage déchiré (Tome 2 sur 3 – Futur Proche)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le paysage déchiré

« Il reprit conscience.

Il gisait dans un lit aux montants de fer. Un lit blanc d’hôpital qui semblait perdu au milieu d’une chambre sans porte ni fenêtre que baignait la lumière bleutée d’une veilleuse.

Il regarda autour de lui avec des yeux d’enfant. Des sangles de plastimétal froid maintenaient ses membres. Un liquide sans couleur suintait goutte à goutte dans son réseau sanguin par l’intermédiaire d’un drain planté dans la veine palpitante qui saillait au creux de son coude. La table de nuit supportait plusieurs flacons opaques dépourvus d’étiquette et un pistoinjecteur. Une lézarde presque invisible sillonnait le plafond à la verticale de son regard. Une minuscule tache de sang maculait la blancheur du drap.

Il enregistra ces détails sans émotion ; nulle image ne naquit de cette vision. Son cerveau était vide, aussi vide que cette pièce anonyme.

Cette situation était nouvelle pour lui ; toutes les situations l’étaient. Sa mémoire ne recelait que le strict nécessaire : un langage articulé nommé français et les concepts illustrés par les vocables de celui-ci. »

Extrait de : R.C Wagner. « Le paysage déchiré – Futur Proche. »

Le serpent d’angoisse par Roland C. Wagner

Fiche de Le serpent d’angoisse

Titre : Le serpent d’angoisse (Tome 1 sur 3 – Futur Proche)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le serpent d’angoisse

« Le soir tombait sur Salmirande, teintant de sang et d’or coupoles et minarets. A l’horizon, le soleil disparaissait derrière les courbes douces de lointaines collines. L’azur du jour cédait la place au mauve du crépuscule ; bientôt apparaîtraient les premières étoiles, agencées en constellations bien différentes de celles visibles de la Terre.
Guthar allait et venait, les mains derrière le dos, ne cessant de consulter la clepsydre – bien qu’il n’en eût pas besoin pour s’informer du retard des combattants. Sans doute Mareuil Dunbar avait-il quelque peine à revêtir son armure, à moins que la compagnie des deux odalisques fournies par Guthar ne lui eût ôté la conscience du temps.
Une demi-douzaine de silhouettes apparurent au sommet de la colline voisine, à l’instant précis où l’ultime fragment du soleil sanglant s’engloutissait au fond d’une vallée herbeuse. Guthar soupira. Il était temps ! Encore dix minutes et ce serait la nuit sans lune. Le combat ne pouvait en aucun cas avoir lieu à la clarté des étoiles. »

Extrait de : R.C Wagner. « Le serpent d’angoisse – Futur Proche. »

Roland C. Wagner

Présentation de Roland C. Wagner :

Roland Charles Wagner, né le 6 septembre 1960 à Bab El Oued (Algérie française) et mort le 5 août 2012 dans un accident de la route en France, était l’un des auteurs de science-fiction les plus prolifiques et les plus primés de sa génération. Écrivain, traducteur, critique et parolier, il a marqué la « SF » française par son humour, son érudition et son amour pour la culture rock.

Des débuts précoces et une œuvre foisonnante

Rapatrié d’Algérie en 1962, il grandit en France et commence à publier des nouvelles dès l’âge de 15 ans dans des fanzines. Sa carrière professionnelle décolle dans les années 1980. Très vite, son style se distingue par une capacité à mêler une science-fiction rigoureuse (le space opera) à une approche plus légère, souvent teintée de psychédélisme et d’ironie.

Il se fait connaître du grand public avec le cycle des Futurs Mystères de Paris, entamé en 1996. Cette série met en scène Tem, un détective privé doté du pouvoir d’invisibilité, évoluant dans un Paris futuriste après une catastrophe appelée « la Grande Coupure ».

La psychohistoire et les grands cycles

Inspiré par l’œuvre d’Isaac Asimov mais s’en distanciant par une approche plus sociologique et humaine, Wagner développe son propre concept de « psychohistoire ». Ses récits explorent souvent la manière dont les mythes et les idées façonnent le destin de l’humanité.

Le chef-d’œuvre : « Rêves de Gloire »

En 2011, il publie Rêves de Gloire, considéré comme son testament littéraire et son œuvre la plus aboutie. Ce roman uchronique monumental imagine une Algérie où la guerre d’indépendance a pris une tournure différente, intégrant des éléments de culture hippie, de rock et de politique-fiction.

L’ouvrage connaît un succès critique et public exceptionnel, raflant la quasi-totalité des récompenses du genre l’année suivante : le prix Rosny aîné, le Grand Prix de l’Imaginaire, le prix Julia-Verlanger et le prix ActuSF de l’uchronie.

Un homme de culture et de musique

Au-delà de ses romans, Roland C. Wagner était un traducteur reconnu (notamment de Jack Vance, Norman Spinrad ou Catherine Asaro) et un membre actif de la communauté de la science-fiction. Grand amateur de rock, il était le parolier et le chanteur du groupe Brain Damage, illustrant son désir constant de créer des ponts entre la littérature et les autres formes d’art.

Postérité

Sa disparition brutale en 2012 a laissé un grand vide dans le paysage littéraire français. Roland C. Wagner laisse derrière lui une œuvre caractérisée par une profonde humanité, une méfiance envers les dogmes et une imagination sans cesse renouvelée. Il reste l’un des rares auteurs français à avoir su concilier l’exigence intellectuelle de la science-fiction dite « à idées » avec une verve narrative populaire et accessible.

Livres de Roland C. Wagner :

Futur proche :

Images rémanentes :

La singé gravite au 21 :

Les derniers jours de mai :

Les futurs mystères de Paris :

Poupée aux yeux morts :

Rêves de gloire :

Intégrales :

Aventurier des étoiles (2014)
Ce qui n’est pas nommé (2019)
Celui qui bave et qui glougloute (1999)
Cette crédille qui nous ronge (1991)
Chroniques du désespoir (1991)
H.P.L. 1890-1991 (1995)
L. G. M. (2010)
La chanson de Jimmy (2003)
La dernière charge de la morve d’or (1989)
La saison de la sorcière (2003)
Le chant du cosmos (1999)
Le nombril du monde (1997)
Le pacte des esclavagistes (2000)
Le temps du voyage (2005)
Les étoiles solitaires (2024)
Les psychopompes de Klash (1990)
Musique de l’énergie (2000)
Par la noirceur des étoiles brisées (2011)
Pax Americana (2005)
Un ange s’est pendu (1988)

Pour en savoir plus sur Roland C. Wagner :

La page Wikipédia sur R. C. Wagner
La page Noosfere sur R. C. Wagner
La page isfdb de R. C. Wagner

L’intégrale 3 par Karl Edward Wagner

Fiche de L’intégrale 3

Titre : L’intégrale 3 (Tome 3 sur 3 – Kane)
Auteur : Karl Edward Wagner
Date de parution : 2003
Traduction : P. Marcel
Editeur : Denoël

Sommaire de L’intégrale 3 :

  • Le nid du corbeau
  • Réflexions pour l’hiver de mon âme
  • La froide lumière
  • Mirage
  • L’autre
  • La touche gothique
  • Le soleil de minuit
  • Lacunes
  • Dans les tréfonds de l’entrepôt Acme
  • Tout d’abord, juste un spectre
  • Le trésor de Lynortis
  • Dans le sillage de la nuit

Première page de L’intégrale 3

« Voici donc le troisième et dernier volume Lunes d’encre de l’intégrale des aventures de Kane – le personnage le plus célèbre de l’écrivain américain Karl Edward Wagner.

Au sommaire, neuf nouvelles (dont sept inédites en français), un poème, une version alternative de « Lynortis », un extrait de roman perdu et un article du créateur sur sa créature.

Puissent ne jamais disparaître les temps de grande aventure ! »

Extrait de : K. E. Wagner. « Kane – L’intégrale 3. »

L’intégrale 2 par Karl Edward Wagner

Fiche de L’intégrale 2

Titre : L’intégrale 2 (Tome 2 sur 3 – Kane)
Auteur : Karl Edward Wagner
Date de parution : 2003
Traduction : P. Marcel
Editeur : Denoël

Sommaire de L’intégrale 2 :

  • Le château d’Outrenuit
  • L’ombre de l’ange de la mort
  • Lame de fond
  • Deux soleils au couchant
  • La muse obscure
  • Le dernier chant de Valdèse
  • Miséricorde
  • Lynortis

Première page de L’intégrale 2

« Voici donc le deuxième et avant-dernier volume Lunes d’encre de l’intégrale des aventures de Kane – le personnage le plus célèbre de l’écrivain américain Karl Edward Wagner.

Au sommaire, un roman, un poème, six nouvelles :

— « Le Château d’outrenuit » (Darkness Weaves), le dernier roman du cycle qui trouve son titre français dans la poésie d’Opyros – poète torturé, au funeste destin, que l’on rencontrera plus loin dans la nouvelle « La muse obscure »

— « L’ombre de l’ange de la mort », le poème

— « Lame de fond », la première des six nouvelles du volume

— « Deux soleils au couchant »

— « La muse obscure »

— « Le dernier chant de Valdèse »

— « Miséricorde »

— « Lynortis »

Le troisième volume bouclera la boucle avec neuf nouvelles (dont sept inédites en français), un poème, un fragment du quatrième roman resté à l’état de projet et une version alternative de « Lynortis : reprise ».

L’édition française de Kane se base (sommaire et texte de référence) sur les deux volumes Night Shade Books : Gods in Darkness, the Complete Novels of Kane (2002) et Midnight Sun, the Complete Stories
of Kane (2003).

Puissent ne jamais disparaître les temps de grande aventure ! »

Extrait de : K. E. Wagner. « Kane – L’intégrale 2. »

L’intégrale 1 par Karl Edward Wagner

Fiche de L’intégrale 1

Titre : L’intégrale 1 (Tome 1 sur 3 – Kane)
Auteur : Karl Edward Wagner
Date de parution : 2002
Traduction : P. Marcel
Editeur : Denoël

Sommaire de L’intégrale 1 :

  • La pierre de sang
  • La croisade des ténèbres

Première page de L’intégrale 1

« Le livre que vous tenez entre les mains est le premier volume de l’édition française des aventures de Kane, barbare, sorcier et érudit à la forte crinière rousse, personnage hommage aux pulps, mais surtout à l’œuvre de Robert E. Howard, le célèbre père de Conan et de Bran Mak Morn, entre autres.

Karl Edward Wagner (1945-1994) a écrit trois romans mettant en scène Kane : La Pierre de sang (Bloodstone, 1975), La Croisade des ténèbres (Dark Crusade, 1976) et Darkness Weaves (1970 pour la version charcutée – Darkness Weaves With Many Shades – et 1978 pour la version intégrale au titre raccourci). Kane apparaît aussi dans quinze nouvelles et deux poèmes.

Au sommaire de ce volume : les deux premiers romans du cycle. Darkness Weaves figurera dans le deuxième tome, en compagnie d’un poème « Death »

« Angel’s Shadow » et de six nouvelles (« Undertow », « Two suns setting », « The Dark
Muse », « Sing a last song of Valdese », « Misericorde », « Lynortis reprise »). Le troisième tome bouclera la boucle avec neuf nouvelles, un poème, un fragment du quatrième roman resté à l’état de projet et une version alternative de « Lynortis reprise ».

L’édition française de Kane (en trois volumes Lunes d’encre) se base (sommaire et textes de référence) sur les deux volumes Night Shade Books : Gods in Darkness, the Complete Novels of Kane (2002) et Midnight Sun, the Complete Stories of Kane (2003).

Préparez-vous à des temps de grande aventure… »

Extrait de : K. E. Wagner. « Kane – L’intégrale 1. »