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La mort en cage par Ian Watson

Fiche de La mort en cage

Titre : La mort en cage
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1981
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Calmann Lévy

Première page de La mort en cage

« L’unique voiture du monorail de Gracchus laissa brusquement derrière elle l’obscurité du dernier tunnel et fut nimbée par la clarté chaude et dorée de la vallée. Jim Todhunter découvrait Egremont et ce qu’il voyait le comblait de bonheur.
La vallée et la communauté qui y vivait paraissaient aussi idylliques que le voulait leur réputation. Et si Jim regrettait Gracchus et les recherches sur la mort qu’il avait effectuées dans cette ville, il ne pouvait considérer le fait d’être muté à Egremont comme une sanction. Un tel transfert évoquait plutôt un prix de consolation.
Jim déplia la carte que Noël Resnick, le Maître du Mouroir d’Egremont, lui avait fait parvenir juste avant son départ. Pendant que le monorail descendait en soupirant vers les faubourgs, il tenta de faire correspondre les tracés de ce plan avec les détails de la scène qui s’offrait à lui. »

Extrait de : I. Watson. « La Mort en cage. »

L’inca de Mars par Ian Watson

Fiche de L’inca de Mars

Titre : L’inca de Mars
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1977
Traduction : D. Neumann
Editeur : Calmann Lévy

Première page de L’inca de Mars

« A trente mille kilomètres de la terre, la sonde Zayits fonçait pour effectuer sa rentrée dans l’atmosphère. Le robot « Lièvre » allait se poser en douceur sur les champs de neige du Kazakhstan. Ses parachutes de freinage s’ouvriraient à six mille mètres. A quatre mille mètres, le parachute principal, de couleur orange, s’ouvrirait à son tour. Sa corolle déployée trancherait sur la neige, qui, bien que le plus fort de l’hiver fût déjà passé, recouvrait encore le sol russe d’un duvet blanc et craquant.

Du flanc du robot « Lièvre » fusa un léger panache d’oxygène et de minuscules débris de métal. Au centre de contrôle de Tyuratam les observateurs aux télémètres, désespérés, annoncèrent l’échec de la dernière et principale correction de trajectoire. Le « Lièvre » était blessé. Ils n’avaient aucun moyen de redresser la course du vaisseau. Ironie du sort : l’angle de plongée était resté le même. L’engin pouvait toujours effectuer sa rentrée dans l’atmosphère sans être totalement carbonisé. Pourtant le « Lièvre » fonçait vers une zone de l’atmosphère à quelques degrés au sud de l’Équateur et se trompait de pays.

Le parachute principal devait toujours s’ouvrir automatiquement à quatre mille mètres. Mais les Andes culminaient plus haut. Et le haut plateau habité – l’Altiplano bolivien – qu’elles entourent s’élève à cette hauteur, dans l’air raréfié, comme un faubourg de l’espace… »

Extrait de : I. Watson. « L’Inca De Mars. »

L’enchâssement par Ian Watson

Fiche de L’enchâssement

Titre : L’enchâssement
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1973
Traduction : D. Pemerle
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’enchâssement

« CHRIS SOLE s’habillait rapidement. Eileen l’avait déjà appelé une première fois. La seconde fois, le facteur venait de passer.
« Il y a une lettre du Brésil ! cria-t-elle du bas de l’escalier. Une lettre de Pierre…»
De Pierre ? Dans quel but écrivait-il ? Il appréhendait d’avoir de ses nouvelles. Depuis la naissance de leur enfant, Eileen était si distante, si indifférente, accaparée par ses problèmes personnels, par Peter et par ses souvenirs. Et, face à cette indifférence, Chris ne se sentait plus de taille à lutter. Disons, pour être franc, qu’il avait baissé les bras. Quel effet aurait donc sur elle la lettre de son ancien amant ? Surtout, qu’elle ne fasse pas trop de vagues, espéra-t-il.
La porte-fenêtre lui résuma le spectacle habituel de champs noirs, des autres maisons du personnel et de l’hôpital qui, à moins d’un kilomètre de là, portait à son sommet l’anxiété matinale dont il était souvent, au détour des collines, la proie. Il y jeta un rapide coup d’œil. Il se réveillait et il allait se rendre à l’hôpital. Pour ces deux raisons, il frissonna. »

Extrait de : I. Watson. « L’enchâssement. »

Chronomachine lente par Ian Watson

Fiche de Chronomachine lente

Titre : Chronomachine lente
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1979
Traduction : E. Vonaburg
Editeur : Editions J. C. Lattès

Sommaire de Chronomachine lente

  • Ton sang, tel du lait
  • Sur un tabouret en bois d’étoile
  • Agoraphobie, an 2000
  • Une histoire d’amour programmée
  • La fille qui était de l’art
  • La belle convergence de nos amours géodésiques
  • Rêves d’immunité
  • Mon âme à la nage dans un bocal à poisson rouge
  • Les réfugiés de Roentgen
  • Nos rêves renversés
  • De la cuisson du héros-prime au printemps
  • L’horizon événementiel
  • La machine à voyager très lentement dans le temps

Première page de Ton sang, tel du lait

« Avez-vous déjà hurlé à votre infirmière de s’en aller, de vous laisser tranquille – l’avez-vous haïe comme vous n’avez jamais haï quelqu’un ? Et l’avez-vous suppliée, comme vous n’avez jamais supplié personne de toute votre fière existence ?
Nous étions dix dans la salle, emprisonnés dans nos réseaux de plastique, mais il n’y en avait que trois qui comptaient vraiment, Shanahan, Grocholski et moi, parce que nous étions trois chefs. Mais c’était un grand coup pour eux, en vérité, trois chefs à la fois ! Avec quelle habileté l’hôpital ne faisait-il pas des distinctions entre les braves ordinaires et nous : la dose supplémentaire de sensibilisateurs neurologiques dans la seringue, l’absence de tout narcotique. Nous étions là, suspendus au bord à vif de la douleur, grinçant des dents tandis qu’on ouvrait les robinets, et parfois, quand nos vaisseaux sanguins brûlaient comme un second système nerveux en flammes dans notre corps, et que nous avions l’impression d’être rôtis sur un gril, de l’intérieur vers l’extérieur – alors nous cédions, nous nous mettions à hurler, alors que les braves, lorsqu’ils se faisaient traire, gémissaient, mais sans aller jusqu’au cri. »

Extrait de : I. Watson. « Chronomachine lente. »

Ambassade de l’espace par Ian Watson

Fiche de Ambassade de l’espace

Titre : Ambassade de l’espace
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1977
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Calmann Levy

Première page de Ambassade de l’espace

«  Entre, Rajit », lança le Professeur ; et le garçon au turban pénétra dans la pièce en suivant l’écho de son claquement de doigts.

(Tout avait dû se passer ainsi…)

Un lézard émeraude se balançait sur l’un des murs de plâtre blanc ; la membrane de sa gorge tremblotait d’une manière convulsive. Sur la table étaient posés une poterie, des livres d’exercices, une statuette en bronze d’un dieu tibétain copulant avec une partenaire remarquablement souple, et une grande boîte. Une persienne entrecoupait les rangées de palmiers et les arbres qui bourgeonnaient à l’extérieur, produisant un effet d’échiquier. Une des deux chaises cannées était occupée par le professeur africain, l’autre par un Chinois dont la tunique vert olive et l’étui typique (contenant ou non un pistolet) indiquaient qu’il s’agissait d’un Dobdob, membre d’un service de police de l’administration des Communications spatiales, le Bardo, qui s’occupait également de toutes les affaires intérieures de la planète.

« J’ai entendu dire que tu voulais être lama quand tu serais plus grand, Rajit ? »

Le garçon acquiesça vivement de la tête. »

Extrait de : I. Watson. « Ambassade de l’espace. »

Ian Watson

Présentation de Ian Watson :

Ian Watson est un écrivain britannique dont l’œuvre, principalement axée sur la science-fiction de réflexion, est reconnue pour son exploration poussée du langage, de la conscience et de la métaphysique.

Né le 20 avril 1943 à Tyneside, en Angleterre, Watson a suivi un parcours académique rigoureux. Il a étudié au Balliol College de l’Université d’Oxford, où il a obtenu un diplôme, puis un doctorat en études littéraires, se penchant notamment sur la littérature anglaise et française du XIXe siècle. Cette formation intellectuelle transparaît fortement dans sa production littéraire ultérieure. Avant de se dévouer entièrement à l’écriture, il a exercé comme enseignant et maître de conférences en littérature dans divers pays, notamment en Tanzanie et à Tokyo, ainsi qu’au Royaume-Uni, expérience qui a enrichi sa perspective sur les cultures et les communications.

Sa carrière littéraire prend un tournant décisif en 1973 avec la publication de son premier roman, L’Enchâssement (The Embedding). Cet ouvrage, qui propose une réflexion complexe sur la manière dont le langage sculpte la réalité, est immédiatement salué par la critique. Le roman a remporté le prestigieux John W. Campbell Memorial Award et le Prix Apollo en France en 1975. Dès lors, et notamment après le succès de son deuxième roman, Le Modèle Jonas (The Jonah kit, 1975), Watson choisit de devenir écrivain à temps plein en 1976. Il s’impose rapidement comme une figure majeure de la science-fiction britannique, souvent associée à la Nouvelle Vague du genre.

L’œuvre de Watson se distingue par son approche intellectuelle et souvent expérimentale. Il explore fréquemment les concepts de réalité altérée, l’impact des psychotropes sur la perception, et l’influence des structures linguistiques sur la pensée humaine. Outre ses romans originaux de science-fiction, il s’est aventuré dans les domaines de la fantasy et de l’horreur, et a contribué à l’univers du jeu Warhammer 40,000.

Une autre facette notable de sa carrière fut sa collaboration avec le cinéaste Stanley Kubrick au début des années 1990. Watson a travaillé avec Kubrick pour développer l’histoire du projet A.I. Intelligence artificielle. Bien que le film ait été réalisé plus tard par Steven Spielberg après la mort de Kubrick, Ian Watson est crédité pour l’histoire du scénario (Screen Story), témoignant de son influence au-delà de la littérature.

Après avoir longtemps résidé dans le Northamptonshire en Angleterre, Ian Watson vit actuellement à Gijón, dans le nord de l’Espagne, où il s’est installé avec sa femme, la traductrice espagnole Cristina Macía. Il continue d’être considéré comme l’un des maîtres de la science-fiction exigeante et cérébrale.

Livres de Ian Watson :

Warhammer 40.000 :

Ambassade de l’espace (1977)
Chronomachine lente (1979)
L’enchâssement (1973)
L’inca de Mars (1977)
La mort en cage (1981)
Le modèle Jonas (1975)
Le monde divin (1979)
Le voyage de Tchekhov (1983)
Les oiseaux lents (1981)
Les visiteurs du miracle (1978)
Orgasmachine (1976)

Pour en savoir plus sur Ian Watson :

La page Wikipédia sur I. Watson
La page Noosfere sur I. Watson
La page isfdb de I. Watson