Étiquette : Collon
O nation sans pudeur par P. K. Dick
Fiche d’O nation sans pudeur
Titre : O nation sans pudeur
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1994
Traduction : H. Collon
Editeur : J’ai lu
Première page d’O nation sans pudeur
« C’était le début de l’été et la journée s’achevait. L’après-midi avait été doux, mais le soleil se couchait, et maintenant le froid s’installait. Carl Fitter descendit les marches du perron, laissant derrière lui la résidence des hommes ; il portait une valise pesante et un petit paquet ficelé.
Il marqua une pause au pied de l’escalier en bois brut, dont la laque grise était tout écaillée par le temps. Ces marches avaient été peintes bien longtemps avant qu’il ne vienne travailler pour la Compagnie. Il se retourna vers la porte d’entrée du bâtiment. Elle coulissait lentement. Elle finit par se refermer avec un claquement sonore. Carl posa sa valise et s’assura que son portefeuille, bien en sécurité dans sa poche boutonnée, ne risquait pas de tomber.
— C’est la dernière fois que je descends cet escalier, fit-il tout bas. La dernière fois. Quel bonheur de revoir les États-Unis après tout ce temps !
Derrière les fenêtres, on avait tiré les stores. Les rideaux n’étaient déjà plus là. Sans doute emballés dans un carton quelque part. Il n’était pas le dernier à partir ; il fallait encore tout verrouiller. »
Extrait de : P. K. Dick. « Ô nation sans pudeur. »
Le roi des elfes par P. K. Dick
Fiche de Le roi des elfes
Titre : Le roi des elfes
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1982
Traduction : B. Martin, F.-M. Watkins, D. Hersant, M. Deutsch, H. Collon
Edition : Gallimard
Sommaire de Le roi des elfes
- Le constructeur
- Le roi des elfes
- La dame aux biscuits
- L’homme doré
- Si Benny Cemoli n’existait pas …
- Projet Argyronète
- La guerre contre les Fnouls
- La sortie mène à l’intérieur
- Chaînes d’air, réseau d’éther
Première page de Le constructeur
« E.J. Elwood ! fit Liz, d’un ton inquiet. Tu n’écoutes rien de ce que nous disons. Et tu ne manges rien non plus. Mais enfin, qu’est-ce que tu as ? Parfois, je ne te comprends vraiment pas. »
Ernest Elwood resta un long moment sans réagir. Il continuait de regarder le crépuscule par la fenêtre, comme s’ils n’existaient pas, comme s’il entendait quelque chose qu’ils ne pouvaient percevoir. Finalement il poussa un soupir en se redressant sur sa chaise, peut-être pour dire quelque chose. Mais à ce moment, il heurta du coude sa tasse de café et se tourna pour la retenir en essuyant le café qui s’était répandu sur le côté. « Je te demande pardon, dit-il. Tu disais ?
— Mange, chéri », répondit sa femme. Elle jeta un coup d’œil aux deux garçons pour voir s’ils s’étaient également arrêtés de manger. « Tu sais, je me donne beaucoup de mal pour préparer tes repas. »
Bob, l’aîné, n’avait pas cessé de manger. Il coupait avec soin son foie et son bacon en petits morceaux. Mais évidemment, le petit Toddy avait posé couteau et fourchette en même temps que son père, et restait lui aussi silencieux, les yeux fixés sur son assiette. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le roi des elfes. »
Dernière conversation avant les étoiles par P. K. Dick
Fiche de Dernière conversation avant les étoiles
Titre : Dernière conversation avant les étoiles
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 2000
Traduction : H. Collon
Editeur : Editions de l’éclat
Première page de Dernière conversation avant les étoiles
« Blade Runner – Première partie
10 janvier 1982
G.L. Dis donc, saligaud, arrête de te payer ma tête, hein !
P.K.D. C’est à ce truc que tu parles ou à moi ?
G.L. (Elle rit) À toi, évidemment !
P.K.D. Tu sais, Gwen, je profite de cet enregistrement pour te dire que j’ai toujours été amoureux de toi.
G.L. Eh bien moi aussi.
P.K.D. Alors on n’a qu’à arrêter le magnéto et passer à l’acte. (Il rit) Qu’est-ce que tu en dis ?
G.L. Euh… Mais Willie va me tuer.
P.K.D. Aie… Bon, alors dans ce cas…
G.L. C’est lui qui m’a dit de venir.
P.K.D. Oui, mais j’ai pensé à tout. J’ai pensé à tout. En fait, c’est moi qui vais tuer Willie. (Il rit) À cet instant précis quelqu’un doit sonner à sa porte. Avec un fusil. Attends, J’avais calculé le moment précis. Voyons, quelle heure il est ? Sept heures moins vingt-cinq ? Eh bien, vers sept heures… »
Extrait de : P. K. Dick. « Dernière conversation avant les étoiles. »
Ce que disent les morts par P. K. Dick
Fiche de Ce que disent les morts
Titre : Ce que disent les morts
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1964
Traduction : H. Collon
Editeur : Gallimard
Première page de Ce que disent les morts
« Il y avait une semaine que le corps de Louis Sarapis était exposé, dans un cercueil de plastique transparent sécurit, à la curiosité d’un public qui ne cessait de défiler. C’était la succession habituelle de reniflements, de visages tirés, de vieilles dames éplorées en habits de deuil.
Dans un coin de la vaste salle, Johnny Barefoot s’impatientait. Mais il n’était pas là pour voir le cadavre ; son rôle, stipulé en détail dans le testament de Sarapis, était tout autre. En tant que directeur du service de relations publiques du défunt, il lui incombait – tout simplement – de ramener Louis Sarapis à la vie.
« Bon Dieu », murmura-t-il en consultant sa montre. Encore deux heures avant la fermeture de la salle. Il avait faim. Et le froid qui émanait du système de réfrigération entourant le cercueil augmentait son inconfort. »
Extrait de : P. K. Dick. « Ce que disent les morts. »
Nouvelles 2 par P. K. Dick
Fiche de Nouvelles 2
Titre : Nouvelles 2 (1953-1981) (Tome 2 sur 2 – Nouvelles)
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1987
Traduction : H. Collon
Editeur : Denoël
Sommaire de Nouvelles 2
- Première époque 1953-1963
- Foster, vous êtes mort !
- Copies non conformes
- L’ancien combattant
- Là où il y a de l’hygiène …
- Question de méthode
- Un monde de talents
- Consultation externe
- Autofab
- Visite d’entretien
- Marché captif
- A l’image de Yancy
- Rapport minoritaire
- Phobie or not phobie
- Machination
- Le retour des explorateurs
- Un jeu guerrier
- Si Benny Cemoli n’existait pas
- Un numéro inédit
- Projet Argyronète
- Ce que disent les morts
- L’Orphée aux pieds d’argile
- Deuxième époque 1963-1981
- Au temps de Poupée Pat
- Le suppléant
- Que faire de Ragland Park ?
- Ah, être un Gélate …
- La petite boîte noire
- La guerre contre les Fnouls
- Qui perd gagne
- Un précieux artefact
- Le retour du refoulé
- Une odyssée terrienne
- Rendez-vous hier matin
- Guerre sainte
- Souvenirs à vendre
- Ne pas se fier à la couverture
- Match retour
- La foi de nos pères
- L’histoire qui met fin à toutes les histoires
- La fourmi électrique
- Cadbury, le castor en manque
- Au revoir, Vincent
- Un p’tit quelque chose pour nous, les temponautes !
- Les pré-personnes
- L’oeil de la Sibylle
- Le jour où Monsieur Ordinateur perdit les pédales
- La sortie mène à l’Intérieur
- Chaînes d’air, réseau d’éther
- Etranges souvenirs de mort
- Le voyage gelé
- Le cas Rautavaara
- L’Autremental
- Le hibou ébloui
Nouvelles 1 par P. K. Dick
Fiche de Nouvelles 1
Titre : Nouvelles 1 (1947-1953) (Tome 1 sur 2 – Nouvelles)
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1987
Traduction : H. Collon
Editeur : Denoël
Sommaire de Nouvelles 1
- Première époque 1947-1952
- Stabilité
- Roug
- La révolte des jouets
- L’heure du wub
- Le canon
- Le crâne
- Le défenseur
- Monsieur le Vaisseau
- Les joueurs de flûte
- Les Infinis
- La machine à préserver
- L’homme sacrifié
- L’homme-variable
- L’infatigable grenouille
- La crypte de cristal
- La vie courte et heureuse du soulier animé
- Le constructeur
- Interférence
- La clause du salaire
- Le grand O
- Dans le jardin
- Le roi des elfes
- Colonie
- Le vaisseau arraisonné
- Nanny
- La dame aux biscuits
- Derrière la porte
- Nouveau modèle
- Le monde de Jon
- Les braconniers du cosmos
- Progéniture
- Deuxième époque 1952-1953
- Tant qu’il y a de la vie …
- Des nuées de Martiens
- Le banlieusard
- Le monde qu’elle voulait
- Expédition en surface
- Projet : Terre
- Le problème des bulles
- Petit déjeuner au crépuscule
- Un cadeau pour Pat
- Chasse aux capuchons
- Des pommes ridées
- Etre humain, c’est …
- Rajustement
- La planète impossible
- L’imposteur
- James P. Crow
- Planète pour hôtes de passage
- Une petite ville
- Souvenir
- Mission d’exploration
- Un auteur éminent
- Une proie rêvée
- L’inconnu du réverbère
- A vue d’oeil
- L’homme doré
- La tour de roue
- Le dernier des maîtres
- Le père truqué
- Etrange Eden
- Tony et les « bêtes »
- Non-O
- Au service du Maître
- Reconstitution historique
- Les rampeurs
- Service avant achat
- Les assiégés
- Sur la terre sans joie
L’oeil de la sibylle par P. K. Dick
Fiche de L’oeil de la sibylle
Titre : L’oeil de la sibylle (Tome 8 sur 8 – Les inédits)
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1991
Traduction : H. Collon
Editeur : Denoël
Sommaire de L’oeil de la sibylle
- Stabilité
- L’Orphée aux pieds d’argile
- Une odyssée terrienne
- Cadbury, le castor en manque
- Au revoir, Vincent
- L’oeil de la sibylle
- Le jour où Monsieur Ordinateur perdit les pédales
- Etranges souvenirs de la mort
Première page de Stabilité
« Robert Benton déploya lentement ses ailes, les fit battre à plusieurs reprises et plongea majestueusement du toit pour s’enfoncer dans les ténèbres.
La nuit l’engloutit aussitôt. Au-dessous de lui, des centaines de petits points lumineux signalaient d’autres toits, d’où s’envolaient d’autres personnes. Une tache violette se rapprocha de lui avant de se perdre dans le noir. Mais Benton n’était pas d’humeur, la course nocturne ne lui disait rien. La tache violette revint à la charge et se mit à onduler en signe d’invite. Benton déclina son offre et prit de l’altitude.
Au bout d’un moment, il se stabilisa et se laissa porter par les courants aériens qui montaient de la ville en dessous, la Cité de Légèreté. Une sensation merveilleuse, enivrante, s’empara de lui. Il fit claquer ses grandes ailes blanches l’une contre l’autre, se jeta avec une joie frénétique dans les petits nuages qui passaient par là, piqua vers l’invisible fond de l’immense cuvette noire dans laquelle il volait, et descendit enfin vers les lumières de la ville : son temps de divertissement touchait à sa fin. »
Extrait de : P. K. Dick. « L’oeil de la Sibylle. »
Le voyage gelé par P. K. Dick
Fiche de Le voyage gelé
Titre : Le voyage gelé (Tome 7 sur 8 – Les inédits)
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1990
Traduction : H. Collon
Editeur : Denoël
Sommaire de Le voyage gelé
- Non-O
- Le retour des explorateurs
- Une proie rêvée
- Que faire de Ragland Park ?
- Un numéro inédit
- L’histoire pour mettre fin à toutes les histoires
- Le cas Rautavaara
- Le voyage gelé
- L’autremental
Première page de Non-O
« Tendu, Lemuel se plaqua contre le mur de sa chambre obscure et prêta l’oreille. Un courant d’air agitait les rideaux de dentelle. La lueur jaune des réverbères tombait sur le lit, la commode, les livres, les jouets et les vêtements.
Dans la pièce voisine s’élevaient des murmures.
« Jean, il faut faire quelque chose », fit une voix masculine. Un hoquet étranglé. « Ralph, s’il te plaît, ne lui fais pas de mal. Contrôle-toi. Je ne te laisserai pas lui faire de mal.
— Mais je ne vais pas lui faire de mal ! » Il y avait de l’anxiété à l’état brut dans la voix contenue de l’homme. « Pourquoi fait-il ces trucs-là ? Pourquoi ne joue-t-il pas au baseball ou à chat perché, comme les gamins normaux ? Pourquoi faut-il qu’il mette le feu aux magasins et qu’il torture des animaux sans défense ? Pourquoi ?
— Il est différent, Ralph. Nous devons essayer de le comprendre.
— On devrait peut-être l’emmener consulter, dit le père. Si ça se trouve, il a je ne sais quel problème hormonal. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le voyage gelé. »
Au service du maître par P. K. Dick
Fiche d’Au service du maître
Titre : Au service du maître (Tome 6 sur 8 – Les inédits)
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1989
Traduction : H. Collon
Editeur : Denoël
Sommaire d’Au service du maître
- Le tour de roue
- L’ancien combattant
- La nanny
- Chasse au capuchons
- Là où il y a de l’hygiène …
- Expédition en surface
- Consultation externe
- Le dernier des maîtres
Première page de Le tour de roue
« Les cultes », dit le barde Chaï d’un air pensif.
Il inspecta le ruban imprimé qui sortait du récepteur, une machine toute rouillée qui aurait eu bien besoin d’un peu d’huile ; elle émettait une plainte perçante accompagnée d’une volute de fumée âcre.
Il l’éteignit au moment où le châssis surchauffé et criblé de trous prenait une vilaine teinte rouge. Il en eut bientôt fini avec le ruban, et l’envoya rejoindre le tas de déchets encombrant l’orifice du videordures.
« Que voulez-vous dire par là ? » s’enquit à mi-voix le barde Sung-wu. Cet homme au visage potelé et au teint olivâtre se reprit avec effort et s’obligea à afficher un sourire d’intérêt. « Je vous demande pardon ?
— Toute société stable vit sous la menace des cultes ; la nôtre ne fait pas exception à la règle. »
Tout en réfléchissant, Chaï frottait l’une contre l’autre ses mains aux doigts effilés. « Certaines castes inférieures sont par définition insatisfaites. Ces gens-là brûlent d’envie face à ceux que la roue a placés au-dessus d’eux ; ils forment en secret des bandes de rebelles fanatiques. »
Extrait de : P. K. Dick. « Au service du maître. »
Souvenir par P. K. Dick
Fiche de Souvenir
Titre : Souvenir (Tome 5 sur 8 – Les inédits)
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1989
Traduction : H. Collon, E. Jouanne
Editeur : Gallimard
Sommaire de Souvenir
- Le nazisme et le Haut Château
- La schizophrénie et le Livre des changements
- Rajustement
- Interférence
- Souvenir
- Progéniture
- Sur la terre sans joie
- Etrange Eden
- Le monde de Jon
Première page de Le nazisme et le Haut Château
« Bien des lunes sont passées depuis la critique par l’homme blanc (c. -à-d. Poul Anderson) de mon livre Le Maître du Haut Château[1] et depuis que les fans (ex. : trop nombreux pour être cités, à une exception près, toutefois, un certain John Boardman) ont émis des commentaires non sur le livre ou sur la critique en soi, mais sur le nazisme – ce qui est bien et adéquat, car c’est le véritable sujet, beaucoup plus que n’importe quel livre ou n’importe quelle critique, et cela ne fait que prouver que j’ai raison : nous avons toujours très peur, et sommes toujours à juste titre très perturbés, et, comme Harry Warner l’a si justement dit, « … nous pourrions nous identifier à la culpabilité de guerre des Allemands parce qu’ils sont tellement similaires à nous… ».
Toutefois, quoique ces commentaires, etc., soient parus en mars, je viens juste de les découvrir, et j’aimerais également faire des commentaires.
John Boardman appelle le Dr Friedrich Fœrster « le plus grand critique moderne de l’Allemagne ». Il n’y a pas un « grand critique moderne », etc., de quoi que ce soit ; c’est juste une façon de dire que l’on accorde foi à sa source, et il est juste que l’on fasse confiance à sa source – toutefois, je contesterai son caractère unique, ou quelque proclamation que ce soit de sa perfection comme une source unique et absolue, comme une idée type de la théorie de Platon. »
Extrait de : P. K. Dick, Philip K,. « Souvenir. »