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Des souris et des robots par C. D. Simak

Fiche de Des souris et des robots
Titre : Des souris et des robots
Auteur : C. D. Simak
Date de parution : 1981
Traduction : F. Mondolini, M.Deutsch, J. de Tersac
Editeur : Jean-Claude Lattès
Sommaire de Des souris et des robots
- La maison des grands pingouins
- L’arbre à dollars
- La vermine de l’espace
- La barrière
- Mirage
- Evolution rétrograde
- Les réponses
- Une mort dans la maison
Première page de La maison des grands pingouins
« David Latimer s’était perdu quand il tomba sur la maison. Il était parti en direction de Wyalusing, dont il avait entendu parler, mais où il n’était encore jamais allé, et, apparemment, il n’avait pas pris la bonne route. Il avait traversé deux petits villages, Exelsior et Navarre, et à en croire les panneaux indicateurs, il ne lui restait plus que quelques kilomètres à faire pour arriver à Montfort. Là, il espérait que quelqu’un lui indiquerait le bon chemin.
La route était une sorte de départementale, tortueuse et étroite, sans grande circulation. Elle zigzaguait, bordée de bouleaux et de plantes grasses, parmi les caps accidentés du littoral, avec en bruit de fond le fracas étouffé des vagues sur les rochers épars de la grève. »
Extrait de : C. D. Simak. « Des souris et des robots. »
Au carrefour des étoiles par C. D. Simak

Fiche d’Au carrefour des étoiles
Titre : Au carrefour des étoiles
Auteur : C. D. Simak
Date de parution : 1963
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu
Première page d’Au carrefour des étoiles
« Le vacarme avait maintenant pris fin.
Des volutes de fumée grise, semblables à de minces écharpes de brume, s’élevant de la terre torturée, planaient au-dessus des palissades déchiquetées, des pêchers que l’artillerie avait réduits à l’état de cure-dents. Le silence, sinon la paix, était retombé sur ces quelques kilomètres carrés de terre où les hommes s’étaient battus.
Là, pendant un temps interminable, d’un horizon à l’autre, le tonnerre avait régné en maître. Des geysers de poussière avaient jailli vers le ciel. Aux hennissements des chevaux se mêlaient les cris gutturaux des hommes, le sifflement des projectiles ponctué de sourdes conflagrations quand ils arrivaient au terme de leur trajectoire. L’éclat meurtrier des rafales se mariait au scintillement de l’acier tandis que, dans le vent, claquaient les bannières multicolores. »
Extrait de : C. D. Simak. « Au carrefour des étoiles. »
Le grand livre de Mars de L. Brackett

Fiche de Le grand livre de Mars
Titre : Le grand livre de Mars
Auteur : L. Brackett
Date de parution : 2008
Traduction : P. Aubignan, A. Audiberti, M. Deutsch, J. Laustenne, P.-P. Durastanti, O. Girard
Editeur : Bélial
Sommaire de Le grand livre de Mars
- L’épée de Rhiannon
- Le secret de Sinharat
- Le peuple du talisman
- Les terriens arrivent
Première page de L’épée de Rhiannon
« La porte de l’infini
Matt Carse, à sa sortie de chez Madame Kan, s’aperçut tout de suite qu’on le suivait. Le rire des petites femmes brunes avait beau résonner encore à ses oreilles, le doux et chaud brouillard de la fumée de thil monté encore devant ses yeux, rien de tout cela n’étouffait le tapotis de sandales qu’il percevait derrière lui, dans la froide nuit martienne.
Il dégaina tranquillement son pistolet protonique et, plutôt que de tenter d’échapper à son suiveur, il traversa Jekkara sans ralentir ni presser le pas.
La vieille ville, pensa-t-il. Ce sera un meilleur endroit. Par ici, il y a trop de monde.
Jekkara ne dormait pas, malgré l’heure tardive. »
Extrait de : L. Brackett. « Le grand livre de Mars – l’intégrale. »
Le roi des elfes par P. K. Dick

Fiche de Le roi des elfes
Titre : Le roi des elfes
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1982
Traduction : B. Martin, F.-M. Watkins, D. Hersant, M. Deutsch, H. Collon
Edition : Gallimard
Sommaire de Le roi des elfes
- Le constructeur
- Le roi des elfes
- La dame aux biscuits
- L’homme doré
- Si Benny Cemoli n’existait pas …
- Projet Argyronète
- La guerre contre les Fnouls
- La sortie mène à l’intérieur
- Chaînes d’air, réseau d’éther
Première page de Le constructeur
« E.J. Elwood ! fit Liz, d’un ton inquiet. Tu n’écoutes rien de ce que nous disons. Et tu ne manges rien non plus. Mais enfin, qu’est-ce que tu as ? Parfois, je ne te comprends vraiment pas. »
Ernest Elwood resta un long moment sans réagir. Il continuait de regarder le crépuscule par la fenêtre, comme s’ils n’existaient pas, comme s’il entendait quelque chose qu’ils ne pouvaient percevoir. Finalement il poussa un soupir en se redressant sur sa chaise, peut-être pour dire quelque chose. Mais à ce moment, il heurta du coude sa tasse de café et se tourna pour la retenir en essuyant le café qui s’était répandu sur le côté. « Je te demande pardon, dit-il. Tu disais ?
— Mange, chéri », répondit sa femme. Elle jeta un coup d’œil aux deux garçons pour voir s’ils s’étaient également arrêtés de manger. « Tu sais, je me donne beaucoup de mal pour préparer tes repas. »
Bob, l’aîné, n’avait pas cessé de manger. Il coupait avec soin son foie et son bacon en petits morceaux. Mais évidemment, le petit Toddy avait posé couteau et fourchette en même temps que son père, et restait lui aussi silencieux, les yeux fixés sur son assiette. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le roi des elfes. »
Le prisme du néant par P. K. Dick

Fiche de Le prisme du néant
Titre : Le prisme du néant
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1974
Traduction : M. Deutsch, I. Delord
Edition : Le Masque
Première page de Le prisme du néant
« Le mardi 11 octobre 1988, le show Jason Taverner fut trop court de trente secondes. Le technicien posté derrière la vitre de plastique de la régie stoppa le générique de fin sur l’écran vidéo, puis fit signe à Jason Taverner qui, déjà, se préparait à quitter le plateau. Il tapota son poignet et montra sa bouche.
— Continuez à nous envoyer vos cartes et vos lettres d’encouragement, les amis, dit mielleusement Jason dans le micro. Et maintenant restez à l’antenne pour Les aventures de Scotty, le chien extraordinaire.
Le technicien sourit, Jason lui rendit son sourire. Après un déclic, l’image et le son furent coupés. Leur programme d’une heure de variétés, qui arrivait en deuxième position à l’indice d’écoute des meilleures émissions télévisées de l’année, était achevé. Tout s’était bien passé.
— Où avons-nous perdu une demi-minute ? demanda Jason à son invitée spéciale de la soirée, Heather Hart.
Cela l’intriguait. Il aimait chronométrer lui-même ses shows.
— Minou, ce n’est pas grave. »
Extrait de : P. K Dick. « Le prisme du néant. »
En attendant l’année dernière par P. K. Dick

Fiche d’En attendant l’année dernière
Titre : En attendant l’année dernière
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1966
Traduction : M. Deutsch
Editeur : Le livre de poche
Première page d’En attendant l’année dernière
« De l’édifice familier en forme d’aptéryx, s’irradia et comme à l’accoutumée une luminescence grise et vaporeuse. Éric Sweetscent replia son mobilo et réussit à le ranger dans le box minuscule qui lui était affecté. Huit heures du matin, songeait-il avec accablement. Déjà, son patron Virgil L. Ackerman avait ouvert les bureaux de la F.C.T. Penser que c’était à huit heures du matin que le cerveau de cet homme fonctionnait avec le plus de lucidité ! Voilà qui est en contradiction formelle avec les commandements clairement exprimé par Dieu, songeait le docteur Sweetscent. Le joli monde qu’ils nous fabriquent là ! La guerre excuse tous les égarements humains, y compris ceux du vieux.
Il se dirigea vers le couloir roulant et s’arrêta net en s’entendant héler : « Hé ! Mr. Sweetscent, un instant, s’il vous plaît ! » Le timbre nasillard – profondément antipathique – était celui d’un rob. Éric s’immobilisa à contrecœur et la chose arriva à sa hauteur, balançant bras et jambes. »
Extrait de : P. K. Dick. « En attendant l’année dernière. »
Coulez mes larmes, dit le policier par P. K. Dick

Fiche de Coulez mes larmes, dit le policier
Titre : Coulez mes larmes, dit le policier
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1974
Traduction : M. Deutsch, I. Delord
Editeur : J’ai lu
Première page de Coulez mes larmes, dit le policier
« Le mardi 11 octobre 1988, le show Jason Taverner fut trop court de trente secondes. Le technicien posté derrière la vitre de plastique de la régie stoppa le générique de fin sur l’écran vidéo, puis fit signe à Jason Taverner qui, déjà, se préparait à quitter le plateau. Il tapota son poignet et montra sa bouche.
— Continuez à nous envoyer vos cartes et vos lettres d’encouragement, les amis, dit mielleusement Jason dans le micro. Et maintenant restez à l’antenne pour Les aventures de Scotty, le chien extraordinaire.
Le technicien sourit, Jason lui rendit son sourire. Après un déclic, l’image et le son furent coupés. Leur programme d’une heure de variétés, qui arrivait en deuxième position à l’indice d’écoute des meilleures émissions télévisées de l’année, était achevé. Tout s’était bien passé.
— Où avons-nous perdu une demi-minute ? demanda Jason à son invitée spéciale de la soirée, Heather Hart.
Cela l’intriguait. Il aimait chronométrer lui-même ses shows. »
Extrait de : P. K. Dick. « Coulez mes larmes, dit le policier. »
A rebrousse-temps par P. K. Dick

Fiche d’A rebrousse-temps
Titre : A rebrousse-temps
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1967
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu
Première page d’A rebrousse-temps
« Comme l’aéroglisseur de patrouille survolait le minuscule cimetière périphérique délabré, cette nuit-là, l’agent Joseph Tinbane perçut le son triste et familier d’une voix. Aussitôt il dirigea son véhicule vers les grilles de l’enceinte, se posa à terre et tendit l’oreille.
— Je m’appelle Mrs Tilly M. Benton, disait la voix, frêle et étouffée. Je veux sortir. Est-ce que quelqu’un m’entend ?
L’agent Tinbane alluma sa torche électrique. La voix montait du sol tapissé d’herbe. C’était bien ce qu’il pensait : Mrs Tilly M. Benton était ensevelie.
Tinbane enclencha sa radio de bord :
— Je suis au cimetière de Forest Knolls – je crois que c’est bien le nom – et j’ai un réveil. Envoyez une ambulance et une équipe de sape. D’après la voix, il y a urgence. »
Extrait de : P. K. Dick. « A rebrousse-temps. »
Un jeu cruel par R. Silverberg

Fiche d’Un jeu cruel
Titre : Un jeu cruel
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1967
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu
Première page d’Un jeu cruel
« LA CHANSON QUE CHANTAIENT LES NEURONES
— La douleur est instructive, haleta Duncan Chalk.
Il gravissait les barreaux de cristal du mur est de son cabinet. Très haut au-dessus de lui trônaient son bureau miroitant et le boîtier d’appel incrusté grâce auquel il contrôlait son empire. Il aurait pu effectuer l’ascension sans la moindre peine grâce à un gravitron porteur. Pourtant, tous les matins, il se contraignait à cette escalade.
Toute une suite l’escortait : Leontes d’Amore aux babines mobiles de chimpanzé, Bart Aoudad, Tom Nikolaides, célèbre par ses épaules, d’autres encore. Pourtant, Chalk, une fois encore attentif aux leçons de la douleur, constituait le centre d’attraction du groupe.
Ses chairs tremblotantes frémissaient. La blanche armature du squelette qui les sous-tendait ployait sous l’effort. Trois cents kilos de viande : voilà à quoi se résumait Duncan Chalk. Son gros cœur racorni battait farouchement, insufflant la vie à ses muscles lourds. »
Extrait de : R. Silverberg. « Un jeu cruel. »
Les ailes de la nuit par R. Silverberg

Fiche de Les ailes de la nuit
Titre : Les ailes de la nuit
Auteur : R. SIlverberg
Date de parution : 1969
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu
Première page de Les ailes de la nuit
« La cité de Roum est édifiée sur sept collines. On dit qu’elle fut une capitale de l’homme dans un cycle antérieur. Cela, je l’ignorais car c’était à la confrérie des Guetteurs, pas à celle des Souvenants, que j’appartenais ; mais en arrivant au crépuscule, venant du sud, quand la ville m’était apparue pour la première fois, j’avais immédiatement vu que son importance avait dû être grande. C’était encore une puissante cité peuplée de milliers d’âmes.
Ses tours anguleuses se découpaient à l’emporte-pièce sur le ciel assombri. Le flamboiement des lumières était somptueux. A ma gauche, le soleil à son déclin embrasait splendidement le firmament. Des oriflammes d’azur, de violet, d’écarlate se déployaient, s’enchevêtraient dans leur danse nocturne, annonciatrice des ténèbres. A droite, l’obscurité s’était déjà installée. Ce fut en vain que j’essayai de distinguer les sept collines. Pourtant, je savais que c’était bien là cette Roum en majesté où mènent toutes les routes et j’éprouvais un profond et respectueux émerveillement à la vue des œuvres de nos aïeux. »
Extrait de : R. Silverberg. « Les ailes de la nuit. »