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Mardi gras par Mélanie Fazi

Fiche de Mardi gras

Titre : Mardi gras
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2008
Editeur : Bragelonne

Première page de Mardi gras

« Une chanson me tourne dans la tête depuis mon retour : America, de Simon & Garfunkel. « Michigan seems like a dream to me now… » Mais c’est la Louisiane qui me fait l’effet d’un rêve.

Éblouissement des premières heures : l’euphorie d’arpenter ces rues dont j’ai absorbé le nom malgré moi dans les livres. La Nouvelle-Orléans, je l’avais recréée à ma façon, cité mythique et hors du temps. Depuis mon arrivée, j’emmagasinais images et sensa­tions en cherchant à démêler le réel du cliché. Pas facile quand on a tant rêvé d’un lieu. »

Extrait de : M. Fazi. « Mardi gras. »

Le jardin des silences par Mélanie Fazi

Fiche de Le jardin des silences

Titre : Le jardin des silences
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2014
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Le jardin des silences

  • Swan le bien nommé
  • L’arbre et les corneilles
  • Miroir de porcelaine
  • L’autre route
  • Les soeurs de la Tarasque
  • Le pollen de minuit
  • L’été dans la vallée
  • Le jardin des silences
  • Née du givre
  • Dragon caché
  • Un bal d’hiver
  • Trois renards

Première page de Swan le bien nommé

« Petite, les visites du Ferme-l’Œil m’intimidaient. Perché au bord de mon lit ou sur ma table de chevet, il racontait des histoires aussi prenantes que dérangeantes ou m’entraînait dans des promenades dont je ne savais ensuite si je les avais rêvées. Il les avait peut-être simplement semées dans ma tête en agitant son grand parapluie couvert d’images mouvantes. Au matin, il m’en restait des impressions tenaces. Des visions oniriques, des jeux de langage, des récits où princes et princesses triomphaient d’épreuves insensées.

Ses histoires étaient parfois cruelles. J’ai appris depuis que la vie sait l’être aussi.

Maintenant que les doigts me brûlent et que le silence me blesse la gorge, Ole Ferme-l’Œil est mon seul allié. Quand le monde bascule, c’est si rassurant de pouvoir compter sur quelqu’un qui pratique la logique des rêves et des contes.

Même sans son avertissement, j’aurais fini par quitter la maison. La tension devenait pesante. Quelque chose s’était cassé entre Papa et nous le jour où Marie-Anne s’était installée sous notre toit, prenant la place d’une mère dont nous n’avions pas fini d’apprivoiser l’absence. »

Extrait de : M. Fazi. « Le Jardin des silences. »

Fantômes d’épingles par Mélanie Fazi

Fiche de Fantômes d’épingles

Titre : Fantômes d’épingles
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2008
Editeur : Bragelonne

Première page de Fantômes d’épingles

« Ma mère au téléphone, tout à l’heure. Une ten­sion palpable dès ses premiers mots. L’annonce est tombée très vite pour écourter une attente déjà pénible. Je n’ai pas compris tout de suite ce qu’elle me disait. Le sens, ça oui, mais pas les implications. Trop énormes à digérer d’un coup.

— Mathias est mort.

Je m’attendais à tout sauf à ça. Je n’avais pas pensé à lui depuis longtemps.

Ma mère m’annonçait la nouvelle avec une vibra­tion dans la voix, et moi, je ne savais que répondre. Lèvres scellées, cerveau tournant à vide. L’instant d’avant, je la sentais réticente à parler : tant qu’elle retenait ses mots, ça ne s’était pas encore produit. Ailleurs sans doute, mais pas dans ma bulle. On n’aime jamais prononcer les paroles qui changent la face du monde. »

Extrait de : M. Fazi. « Fantômes d’épingles. »

Arlis des forains par Mélanie Fazi

Fiche de Arlis des forains

Titre : Arlis des forains
Auteur : Mélanie Fazi
Date de parution : 2004
Editeur : Gallimard

Première page de Arlis des forains

« Quand les forains débarquaient en ville, il y avait toujours des gamins de mon âge pour venir traîner autour des caravanes. Le plus souvent, ils se tenaient à l’écart sans oser s’en approcher, comme s’ils craignaient qu’elles soient gardées par des bêtes sauvages. Ou parce que les forains, forcément, devaient être des gens bizarres. Pensez donc, ils n’avaient même pas de toit fixe ! Alors les gamins observaient notre petit manège et s’amusaient à deviner quelles seraient les attractions. Pour l’instant, tout restait possible : on pouvait se prendre à espérer monts et merveilles, de quoi occuper ces après-midi d’été interminables. Mais bientôt la fête serait installée, prête à les accueillir, forcément moins fabuleuse que celle dont ils avaient rêvé. L’arrivée des forains suscitait toujours une excitation unique, car c’était le moment où tout restait à faire. »

Extrait de : M. Fazi. « Arlis des forains. »

Mélanie Fazi

Présentation de Mélanie Fazi :

Née le 29 novembre 1976 à Dunkerque, Mélanie Fazi s’est rapidement imposée comme l’une des figures incontournables de la nouvelle génération d’écrivains de fantasy en France. Son style unique, mêlant poésie et horreur, a séduit un large public et lui a valu de nombreuses récompenses.

Des débuts prometteurs dans la nouvelle

Après des études d’anglais et un DESS de traduction, Mélanie Fazi se tourne vers l’écriture. Elle commence par traduire des nouvelles pour la revue Ténèbres avant de se lancer dans la création. Ses premières nouvelles sont rapidement remarquées par les critiques et le public, qui apprécient leur originalité et leur atmosphère envoûtante.

Une reconnaissance méritée

Le talent de Mélanie Fazi ne s’est pas fait attendre. Ses recueils de nouvelles, tels que Serpentine (Grand prix de l’Imaginaire en 2005) ou encore Notre-Dame aux Écailles, ont été salués par la critique et ont rapidement trouvé leur public. Ses histoires, souvent oniriques et perturbantes, explorent les thèmes de l’identité, de la monstruosité et de la folie avec une grande finesse.

Une œuvre riche et variée

Au-delà de la nouvelle, Mélanie Fazi s’est également essayée au roman avec succès. Ses romans, comme Arlis des forains ou Villa Rosalie, témoignent de sa capacité à créer des univers complexes et fascinants. Elle s’est également illustrée dans la traduction, notamment en remportant le Grand prix de l’Imaginaire en 2007 pour sa traduction du roman Lignes de vie de Graham Joyce.

Une auteure engagée

Mélanie Fazi est une auteure engagée, qui n’hésite pas à aborder des sujets difficiles dans ses œuvres. Elle s’intéresse particulièrement aux questions de genre, de marginalité et de pouvoir. Son écriture, souvent subversive, invite à une réflexion profonde sur notre société.

En résumé, Mélanie Fazi est une auteure talentueuse et prometteuse, dont l’œuvre est déjà riche et variée. Son univers singulier, à la fois poétique et horrifique, séduit un large public et lui assure une place de choix dans le paysage de la littérature fantastique française.

Livres de Mélanie Fazi :

Arlis des forains (2004)
Fantômes d’épingles (2008)
Le jardin des silences (2014)
Mardi gras (2008)
Matilda (2001)
Miroir de porcelaine (2009)
Noces d’écume (2008)
Notre-Dame aux écailles (2008)
Nous qui n’existons pas (2018)
Serpentine (2004)
Villa Rosalie (2006)

Pour en savoir plus sur Mélanie Fazi :

La page Wikipédia de M. Fazi
La page Noosfere de M. Fazi
La page isfdb de M. Fazi

Le métal perdu par Brandon Sanderson

Fiche de Le métal perdu

Titre : Le métal perdu (Tome 7 sur 7 – Fils des Brumes)
Auteur : Brandon Sanderson
Date de parution : 2022
Traduction : M. Fazi
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le métal perdu

« Wayne avait entendu parler des lits. Les autres gamins du village de Poids-d’Étain en avaient. Ça paraissait carrément plus agréable qu’une natte à même le sol – surtout si on devait la partager avec sa mère quand les nuits étaient froides, vu qu’ils n’avaient pas de charbon.

Sans compter qu’il y avait des monstres sous les lits.

Ouais, il avait entendu des histoires sur les spectres des brumes. Ils se cachaient sous votre lit et volaient le visage des gens que vous connaissiez. Ça voulait dire que les lits étaient moelleux au-dessus, avec quelqu’un à qui causer en dessous. Ça devait être génial. »

Extrait de : B. Sanderson. « Le métal perdu – Fils des Brumes. »

Bardes et sirènes par L. Davoust et S. Miller

Fiche de Bardes et sirènes

Titre : Bardes et sirènes
Auteur : Lionel Davoust et Sylvie Miller
Date de parution : 2014
Editeur : Mnémos

Sommaire de Bardes et sirènes

  • La boîte à musique par C. Rozenfeld
  • Plaie étoilée par S. Bailly
  • Tant que nous demeurons ensemble par Y. de Saint-Rat
  • La tête de singe par E. Faye
  • Au bar de sirènes par F. Petitjean
  • La mise en pièces par M. Mazaurette
  • Tant qu’il y aura des sirènes par R. Goddyn
  • Le chant des autres par M. Fazi
  • Le chant du solstice par P. Bordage
  • Ci-gît mon coeur par A. Fakhouri
  • Le guetteur de nuages par T. Geha

Première page de La boîte à musique

« LA PLUIE QUI BATTAIT AVEC VIOLENCE CONTRE LES FENÊTRES et sur les tuiles du toit isolait la salle de l’auberge du reste du monde. La buée blanche posée sur les carreaux dessinait comme un rideau devant les ténèbres de la nuit.
Le feu craquait dans l’immense cheminée. Ses flammèches incandescentes lançaient des éclats dorés sur les visages des personnes assises au premier rang. Des enfants, pour la plupart, installés devant pour profiter au mieux du spectacle. Les autres soirs, ils seraient déjà au lit, bien au chaud sous leurs épais duvets de plume. Mais quand Oldaric venait chanter, le temps suspendait son vol. On oubliait l’heure et l’hiver. Tous les regards restaient rivés sur l’homme dont l’ombre projetée sur le mur de pierres dansait au gré du tremblement des flammes, et suivaient le mouvement gracile de ses doigts sur la mandoline. »

Extrait de : Lionel Davoust et Sylvie Miller. « Bardes et Sirènes. »

Reines et Dragons par L. Davoust et S. Miller

Fiche de Reines et Dragons

Titre : Reines et Dragons
Auteur : Lionel Davoust et Sylvie Miller
Date de parution : 2012
Editeur : Mnémos

Sommaire de Reines et Dragons

  • Le dit du Drégonjon et de son Elfrie par C. Robillard
  • Chuchoteurs du dragon par T. Geha
  • Ophëa par A. Tomas
  • Au cœur du Dragon par A. Fakhouri
  • La grande déesse de fer de la miséricorde par J. Niogret
  • Morflam par P. Bordage
  • Azr’Khila par C. Bousquet
  • Où vont les Reines par V. Gessler
  • Le monstre de Westerham par É. Wietzel
  • Under a Lilac Tree par M. Gaborit
  • Cet œil brillant qui la fixait par N. Dau
  • Les sœurs de la Tarasque par M. Fazi

Première page de Chuchoteurs du dragon

« À la force des bras, Hiodes rencogna une caisse en bois pleine de fèves contre le mur du cellier. Elle assura son pied sur le couvercle et y grimpa. Sa robe rouge, aux couleurs de l’Esflamme du Dragon, accrocha une écharde dans la cloison ; elle ressentit la légère griffure lui mordre la peau mais n’y prêta que peu d’attention.
Son seul objectif était d’atteindre la petite fenêtre, là-haut, et de guetter le point d’horizon qui s’arrêtait en bas de la montagne. De là viendraient les Chuchoteurs.
Le nez collé aux barreaux en fer, elle ne vit qu’une vingtaine d’hommes, torses nus, tirant un petit bateau sanglé à une longue charrette. Une carriole pleine d’outils et de cordes suivait, tractée par un cheval fatigué. Les esclaves solmwens descendaient le navire à peine achevé vers le port de l’estuaire où il mouillerait bientôt. »

Extrait de : Lionel Davoust et Sylvie Miller. « Reines et dragons. »

Héroïne d’un jour par E. Moon

Fiche de Héroïne d’un jour

Titre : Héroïne d’un jour (Tome 4 sur 4 – Heris Serrano)
Auteur : E. Moon
Date de parution : 1997
Traduction : M. Fazi
Editeur : Bragelonne

Première page de Héroïne d’un jour

« Esmay Suiza s’était décrassée de son mieux avant de se présenter devant l’amiral sur son vaisseau, mais la mutinerie puis la bataille lui avaient laissé peu de temps. Elle s’était douchée et avait nettoyé son uniforme, mais ce n’était pas sa tenue de cérémonie : la bataille à bord du Mépris avait criblé de trous les cloisons intérieures et causé d’innombrables départs de feu, dont l’un avait pris dans le compartiment de rangement des officiers subalternes. Esmay était restée propre, mais n’avait pas dormi correctement depuis le début de cette histoire. Elle savait que ses yeux étaient injectés de sang et irrités par l’épuisement, que ses mains tremblaient. L’impression la tenaillait, contractant son estomac, que faire de son mieux ne suffirait pas.

L’amiral Serrano ressemblait au capitaine Serrano en plus âgée, même charpente svelte et compacte, même peau mate. Ici, les cheveux noirs étaient striés de mèches d’argent et quelques rides marquaient le large front, mais elle dégageait une énergie crépitante tout juste contenue. »

Extrait de : E. Moon. « Héroïne d’un jour – Heris Serrano. »

Couleurs gagnantes par E. Moon

Fiche de Couleurs gagnantes

Titre : Couleurs gagnantes (Tome 3 sur 4 – Heris Serrano)
Auteur : E. Moon
Date de parution : 1995
Traduction : M. Fazi
Editeur : Bragelonne

Première page de Couleurs gagnantes

« Les conspirateurs se divisent en deux parfums de base, songea Ottala. Les Vanille un peu fades, souvent aisés, qui se réunissent dans des salles de conférence ou salles à manger confortablement meublées, dont l’atmosphère respire les parfums hors de prix, les liqueurs et la bonne chère. Les Chocolat plus complexes, souvent pauvres, qui se retrouvent dans les arrière-salles miteuses de commerces en faillite et d’entrepôts lugubres, où l’air charrie des odeurs de moisi, de produits chimiques dangereux et de corps mal lavés. Quand les Vanille juraient, c’était avec l’intuition de prendre un risque, comme si les jurons risquaient de leur éclater dans la bouche en leur blessant la langue, tels des ballons de mauvaise qualité. Les Chocolat juraient sans y penser et leur discours y gagnait en texture, tant les expressions familières y étaient enrobées comme des noisettes dans des friandises. »

Extrait de : E. Moon. « Couleurs gagnantes – Heris Serrano. »