Étiquette : Gallimard
Le jardin de Suldrun par Jack Vance
Fiche de Le jardin de Suldrun
Titre : Le jardin de Suldrun (Tome 1 sur 3 – Cycle de Lyonesse)
Auteur : Jack Vance
Date de parution : 1983
Traduction : A. Rosenblum
Editeur : Gallimard
Première page de Le jardin de Suldrun
« Par un triste jour d’hiver, où la pluie tombait à verse sur la ville de Lyonesse, la reine Sollace ressentit les premières douleurs de l’enfantement. Elle fut conduite à la salle de travail et prise en charge par deux sages-femmes, quatre servantes, le médecin Balhamel et la vieille toute ridée nommée Dyldra, qui possédait une grande science des herbes et que d’aucuns tenaient pour sorcière. Dyldra était là par la volonté de la reine Sollace, qui trouvait plus de réconfort dans la foi que dans la logique.
Le roi Casmir fit son apparition. Les soupirs plaintifs de Sollace devinrent des gémissements et elle planta ses doigts crispés dans son épaisse chevelure blonde. Casmir regardait depuis l’autre bout de la pièce. Il portait un simple bliaud écarlate avec une large ceinture violette ; une couronne d’or ceignait ses cheveux blond-roux. Il s’adressa à Balhamel. « Quels sont les signes ?
— Sire, il n’y en a pas encore.
— Il n’existe pas de moyen de deviner le sexe ?
— À ma connaissance, aucun. »
Extrait de : J. Vance. « Cycle de Lyonesse – Le jardin de Suldrun. »
Légendes et glossaire du futur par C. Smith
Fiche de Légendes et glossaire du futur
Titre : Légendes et glossaire du futur (Tome 4 sur 4 – Les seigneurs de l’instrumentalité)
Auteur : C. Smith et A. Lewis
Date de publication : 1993
Traduction : S. Hilling, P.-P. Durastanti
Editeur : Gallimard
Sommaire de Légendes et glossaire du futur
- La guerre n°81-Q (version originale)
- La science occidentale, quelle merveille !
- Nancy
- Le fifre de Bodhidharma
- Angerhelm
- Les bons amis
- glossaire
Première page de La guerre n°81-Q
« On en vint à la guerre.
Le Tibet et l’Amérique, qui réclamaient l’un et l’autre le Monopole de la Chaleur Radiante, demandèrent un Permis de guerre en 2127 après J.-C.
Le Conseil de Guerre Universel le leur accorda, sous certaines conditions, bien sûr. Après quelques compromis et amendements, les deux nations belligérantes les acceptèrent.
Telles étaient les conditions :
a) Cinq aéronefs de 22 000 tonnes, mélanges d’avion et de dirigeable, seraient les seuls combattants.
b) Ils ne devaient être armés que de mitrailleuses tirant des balles non explosives. »
Extrait de : C. Smith. « Les seigneurs de l’instrumentalité – Légendes et glossaire du futur. »
Norstralie par C. Smith
Fiche de Norstralie
Titre : Norstralie (Tome 3 sur 4 – Les seigneurs de l’instrumentalité)
Auteur : C. Smith
Date de parution : 1993
Traduction : S. Hilling, P.-P. Durastanti
Editeur : Gallimard
Première page de Norstralie
« Thème et prologue
Intrigue, lieu et temps : tels sont les éléments essentiels.
1
L’intrigue est simple. Il était une fois un adolescent qui acheta la planète Terre. Cela nous le savons, à nos dépens. Cela n’arriva qu’une fois, et nous avons veillé à ce que cela ne puisse jamais se reproduire. Il vint sur la Terre, obtint ce qu’il désirait, et repartit en vie, après une série d’aventures remarquables. Telle est l’intrigue. »
Extrait de : C. Smith. « Les seigneurs de l’instrumentalité – Norstralie. »
La planète Shayol par C. Smith
Fiche de La planète Shayol
Titre : La planète Shayol (Tome 2 sur 4 – Les seigneurs de l’instrumentalité)
Auteur : C. Smith
Date de parution : 1993
Traduction : M. Demuth, M. Deutsch, D. Hersant, S. Hilling, P.-P. Durastanti
Editeur : Gallimard
Sommaire de La planète Shayol
- Le bateau ivre
- La mère Hitton et ses chatons
- Boulevard Alpha Ralpha
- La ballade de C’mel
- La planète Shayol
- Sur la planète aux gemmes
- Sur la planète des tempêtes
- Sur la planète des sables
- Une étoile pour trois
- Jusqu’à une mer sans soleil
Première page de Le bateau ivre
« Peut-être s’agit-il de l’anecdote la plus triste, la plus folle, la plus démentielle de toute l’histoire de l’espace. Il est vrai que personne n’avait jamais rien fait de pareil auparavant — voyager à de telles distances, à de telles vitesses et par de tels moyens. Son héros avait l’air d’un homme si ordinaire — au premier regard. Ensuite… Ah !… c’était différent !
Et l’héroïne. Petite, oui, elle l’était, et blond cendré, intelligente, espiègle, vulnérable. Vulnérable, c’est le mot. Elle semblait toujours avoir besoin d’aide ou de réconfort, même quand elle allait bien. Les hommes se sentaient plus virils en sa présence. Elle se prénommait Élisabeth.
Qui aurait jamais imaginé que son nom résonnerait haut et clair dans le néant sauvage et nauséeux de l’Espace ?
Il prit une vieille, très vieille fusée, d’un très ancien modèle. Grâce à elle, il vola plus loin, fila plus loin, sauta plus loin que toutes les machines qui avaient existé avant elle. On aurait presque pu penser qu’il était allé si vite qu’il en avait percuté les grandes voûtes des cieux, et que l’antique poème n’avait été écrit que pour lui seul. « J’ai vu des archipels sidéraux et des îles dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur. »
Pour voyager, certes, il voyagea, si vite, si loin que d’abord les gens n’y crurent pas. Ils pensèrent que c’était une plaisanterie, une farce propagée par la rumeur publique, une histoire démentielle destinée à tuer le temps par un après-midi d’été. »
Extrait de : C. Smith. « Les seigneurs de l’instrumentalité – La Planete Shayol. »
Les sondeurs vivent en vain par C. Smith
Fiche de Les sondeurs vivent en vain
Titre : Les sondeurs vivent en vain (Tome 1 sur 4 – Les seigneurs de l’instrumentalité)
Auteur : C. Smith
Date de parution : 1993
Traduction : M. Demuth, A. Dorémieux, D. Hersant, Y. Hersant, S. Hilling, P.-P. Durastanti
Editeur : Gallimard
Sommaire de Les sondeurs vivent en vain
- Non, non, pas Rogov !
- La guerre n°81-Q
- Mark Elf
- La reine de l’après-midi
- Les sondeurs vivent en vain
- La dame aux étoiles
- Le jour de la pluie humaine
- Pensez bleu, comptez deux
- Le colonel revient du grand néant
- Le jeu du rat et du dragon
- Le cerveau brule
- La planète de Gustible
- Lui-même en Anachron
- Le crime et la gloire du commandant Suzdal
- Le vaisseau d’or
- La dame défunte de la ville des gueux
- Sous la vieille terre
Première page de Non, non, pas Rogov !
« La forme dorée sur les marches d’or tremblait et voltigeait comme un oiseau devenu fou – comme un oiseau doué d’un intellect et d’une âme, et pourtant poussé à la folie par des extases et des terreurs au-delà de l’humaine compréhension – des extases incarnées momentanément dans la réalité par l’exécution d’un art superlatif. Un millier de mondes regardaient.
L’ancien calendrier eût-il été encore en usage que cela se serait passé en l’an 13 582 après J.-C. Après la défaite, après la désillusion, après la ruine et la reconstruction, l’humanité avait bondi au milieu des étoiles.
Par la rencontre avec un art non humain, par la confrontation avec des danses non humaines, l’humanité avait fait un superbe effort esthétique et bondi sur la scène de tous les mondes.
Les marches d’or vacillaient devant les yeux. Certains yeux avaient des rétines. Certains avaient des cônes cristallins. Mais tous les regards se fixaient sur la forme dorée qui interprétait LA GLOIRE ET L’AFFIRMATION DE L’HOMME au Festival de Danse Inter-Mondes de ce qui aurait pu être l’an 13 582 après J.-C.
Une fois encore, l’humanité remportait le concours. La musique et la danse étaient hypnotiques par-delà les limites des systèmes, stimu- »
Extrait de: C. Smith. « Les seigneurs de l’instrumentalité – Les Sondeurs Vivent en Vain. »
Mil neuf cent quatre-vingt-quatre par George Orwell
Fiche de Mil neuf cent quatre-vingt-quatre
Titre : Mil neuf cent quatre-vingt-quatre
Auteur : George Orwell
Date de parution : 1949
Traduction : P. Jaworski
Editeur : Gallimard
Première page de Mil neuf centre quatre-vingt-quatre
« C’était une belle et froide journée d’avril, et les horloges sonnaient 13 001. Le menton enfoncé dans la poitrine pour tenter d’échapper au vent mauvais, Winston Smith s’engouffra rapidement par la porte vitrée à l’intérieur de la résidence de la Victoire2, pas assez vite, cependant, pour empêcher un tourbillon de grains de poussière de s’y introduire derrière lui.
L’entrée exhalait des relents de chou bouilli et de carpettes fatiguées. À l’une de ses extrémités, une affiche en couleurs, bien trop grande pour un intérieur, était clouée au mur. Elle ne montrait qu’un visage immense de plus d’un mètre de large — le visage d’un homme de quarante-cinq ans environ, à la beauté fruste, »
Extrait de : G. Orwell. « Mil neuf cent quatre-vingt-quatre. »
1984 – George Orwell
Fiche de 1984
Titre : 1984
Auteur : George Orwell
Date de publication : 2018
Traduction : J. Kamoun
Editeur : Gallimard
Première page de 1984
« C’est un jour d’avril froid et lumineux et les pendules sonnent 13:00. Winston Smith, qui rentre le cou dans les épaules pour échapper au vent aigre, se glisse à toute vitesse par les portes vitrées de la Résidence de la Victoire, pas assez vite tout de même pour empêcher une bourrasque de poussière gravillonneuse de s’engouffrer avec lui.
Le hall sent le chou bouilli et le vieux paillasson. Sur le mur du fond, on a punaisé une affiche en couleur trop grande pour l’intérieur. Elle ne représente qu’un énorme visage de plus d’un mètre de large, celui d’un bel homme de quarante-cinq ans environ, à l’épaisse moustache noire et aux traits virils. Winston se dirige vers l’escalier. Il est inutile de chercher à prendre l’ascenseur, qui fonctionne rarement, même en période faste, et en ce moment le courant est coupé en plein jour par mesure d’économie à l’approche de la Semaine de la Haine. L’appartement est au septième et Winston, qui a trente-neuf ans et un ulcère variqueux au-dessus de la cheville droite, monte lente- »
Extrait de : G. Orwell. « 1984. »
Retour à O par S. Wul
Fiche de Retour à O
Titre : Retour à O
Auteur : S. Wul
Date de parution : 1956
Editeur : Gallimard
Première page de Retour à O
« Le juge se leva. Sa robe de lamé pourpre le faisait paraître plus grand que nature. Il lâcha les accoudoirs de son fauteuil de plasticor et tendit la main vers un assesseur. Le large pectoral décoré aux armes de la justice terrienne scintilla sur sa poitrine. L’assesseur lui tendit une feuille. Le juge s’en saisit et lut d’une voix grave :
— Attendu que le citoyen Jâ Benal est à l’origine de la catastrophe qui anéantit le quart de la cité de Lepolvi ; attendu que ses négligences de service ont motivé cette catastrophe qui a coûté la vie à des milliers d’hommes ; attendu qu’il ne bénéficie d’aucune circonstance atténuante,
« Par ces motifs, nous, Juge Suprême de la Haute Cour Mondiale, condamnons le citoyen Jâ Benal à la peine capitale. »
Au banc des accusés, Jâ Benal s’étonna de ne ressentir aucune émotion particulière. Il soutint un instant le regard du juge, et jeta les yeux sur la salle.
La foule bariolée restait muette. Jâ Benal distingua des visages hostiles, d’autres effrayés. Une tache rose attira son attention. C’était la tunique d’une »
Extrait de : S. Wul. « Retour à O. »
Niourk par S. Wul
Fiche de Niourk
Titre : Niourk
Auteur : S. Wul
Date de parution : 1949
Editeur : Gallimard
Première page de Niourk
« La tribu avait élu domicile dans la vaste dépression située entre la chaîne Cuba au Nord, les monts Haït à l’Est et les lointains contreforts du massif Jamaï. L’herbe y était toujours verte et le gibier abondait.
Les hommes se mettaient à plusieurs pour traquer les meutes errantes, qui se voyaient rabattues vers les marécages et criblées d’éclats de corail. Puis ils dépeçaient les chiens sauvages et revenaient chargés de viande.
Vers le soir, ils arrivaient en vue du village de tentes… Ils jetaient leur chasse au milieu du brasier préparé par les femmes et la viande grésillait dans les flammes.
Ensuite, Thôz piquait les morceaux du bout de sa lance de chef et distribuait la pitance. Chacun mastiquait lentement sa part de chair mal cuite et de cendres craquantes.
Quand les hommes avaient assez mangé, ils se retiraient et, assis à la porte des tentes, riaient grassement au spectacle des femmes et des enfants se »
Extrait de : S. Wul. « Niourk. »
L’homme invisible – H. G. Wells
Fiche de L’homme invisible
Titre : L’homme invisible
Auteur : H. G. Wells
Date de parution : 1897
Traduction : P. Jaworski
Editeur : Gallimard
Première page de L’homme invisible
« ARRIVÉE DU MYSTÉRIEUX ÉTRANGER
L’étranger arriva au début de février, sous un vent particulièrement mordant et des tourbillons de neige, la dernière tempête de neige de l’année. Il venait de la dune, avait fait, à pied semblait-il, le chemin depuis la gare de Bramblehurst, et tenait une petite valise noire dans une main protégée d’un gant épais. Il était emmitouflé jusqu’aux oreilles, et le bord de son chapeau de feutre mou lui cachait tout le visage à l’exception du bout luisant de son nez. La neige s’était accumulée sur ses épaules et sa poitrine, et ajoutait une crête blanche au bagage qu’il portait. Il entra en chancelant dans l’auberge du Relais de poste, plus mort »
Extrait de : H. G. Wells. « L’Homme invisible (Nouvelle traduction). »