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Shagan et Junia – intégrale par Serge Brussolo

Fiche de Shagan et Junia

Titre : Shagan et Junia – intégrale
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2014
Editeur : Bragelonne

Sommaire de Shagan et Junia

  • Le Roi squelette
  • Les ombres du Roi squelette

Première page de Le Roi squelette

« Une silhouette monstrueuse courait entre les dunes aplaties, à la lisière de la lande. À contre-jour, dans la lumière rouge du soleil mourant, on avait l’impression de voir s’approcher un géant à quatre bras, et dont le ventre s’ornait de pesantes mamelles, rebondissant au rythme de sa course. L’être mesurait trois mètres de haut, et chacun de ses pas laissait une profonde empreinte dans la terre sablonneuse du chemin. Depuis le matin, nombre de paysans avaient pris la fuite en voyant s’avancer ce colosse difforme. Désertant les champs, ils avaient filé ventre à terre pour se dissimuler derrière un arbre ou une meule de foin. S’ils avaient été moins couards, ils se seraient rendu compte que le géant aux bras multiples était en réalité composé de deux personnes. Une grosse femme et un cul-de-jatte, la première portant le second sur ses épaules tel un enfant qui chevauche la nuque de son père pour suivre un défilé militaire que sa petite taille, et la foule compacte se pressant aux barrières, lui interdiraient de voir. »

Extrait de : S. Brussolo. « Shagan et Junia – Intégrale. »

Le roi Squelette – intégrale par Serge Brussolo

Fiche de Le roi Squelette – intégrale

Titre : Le roi Squelette – intégrale
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 2014
Editeur : Bragelonne

Première page de Le roi Squelette – intégrale

« Une silhouette monstrueuse courait entre les dunes aplaties, à la lisière de la lande. À contre-jour, dans la lumière rouge du soleil mourant, on avait l’impression de voir s’approcher un géant à quatre bras, et dont le ventre s’ornait de pesantes mamelles, rebondissant au rythme de sa course. L’être mesurait trois mètres de haut, et chacun de ses pas laissait une profonde empreinte dans la terre sablonneuse du chemin. Depuis le matin, nombre de paysans avaient pris la fuite en voyant s’avancer ce colosse difforme. Désertant les champs, ils avaient filé ventre à terre pour se dissimuler derrière un arbre ou une meule de foin. S’ils avaient été moins couards, ils se seraient rendu compte que le géant aux bras multiples était en réalité composé de deux personnes. Une grosse femme et un cul-de-jatte, la première portant le second sur ses épaules tel un enfant qui chevauche la nuque de son père pour suivre un défilé militaire que sa petite taille, et la foule compacte se pressant aux barrières, lui interdiraient de voir. »

Extrait de : S. Brussolo. « Le Roi Squelette – INTEGRALE. »

La planète des ouragans – intégrale par Serge Brussolo

Fiche de La planète des ouragans

Titre : La planète des ouragans – intégrale
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1987
Editeur : Gallimard

Sommaire de La planète des ouragans

  • Rempart des naufrageurs
  • La petite fille et le doberman
  • Naufrage sur une chaise électrique

Première page de La planète des ouragans

« Le vent se leva au moment même où l’astronef posait son train d’atterrissage sur la piste bétonnée de l’aéroport.
À l’instant précis où les grosses ventouses métalliques montées sur vérin entraient en contact avec le sol – agrandissant le réseau de lézardes sillonnant l’aire de stationnement –, le souffle déferla sur les bâtiments, fouettant les lignes sans grâce d’une architecture presque uniquement composée de dômes joufflus percés de meurtrières. La secousse ébranla le gros cargo, et les membrures du fuselage émirent une note creuse qui réveilla David. Tout de suite après une nuée de détritus envahit l’espace. Des journaux détrempés, portés par la tourmente, mais aussi des cartons d’emballage, des sacs de plastique ou de cellophane, de la paille et des débris de cageots…
Ces ordures palpitaient dans le vent comme de gros oiseaux flasques. Les journaux, les revues, battaient des pages tels des volatiles à ailes multiples ; des sachets arborant les noms et les emblèmes de divers supermarchés montaient vers le ciel comme des montgolfières boursouflées. Cet essaim gifla l’astronef, se plaquant contre ses flancs avec une rage étrange. »

Extrait de : S. Brussolo. « La planète des ouragans – Intégrale. »

La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond – intégrale par Serge Brussolo

Fiche de La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond

Titre : La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond – intégrale
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1982
Editeur : Le livre de poche

Première page de La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond

« D’abord il y a la fissure qui s’ouvre dans le plafond de la station. Cric-crac-criiic-criiic… Personne ne l’entend, bien sûr, avec le vacarme des rames. À peine un couinement de souris à qui l’on marche sur la queue. Et puis la voûte est si haute. En outre, qui, dans le métro, aurait l’idée de lever la tête pour regarder ce qui se passe là-haut ? Qui, à part un clochard, peut-être, allongé sur le quai. Mais qui l’écouterait s’il poussait, tout à coup, un cri d’alarme ?

La fissure progresse. Les vibrations se propageant dans les parois du tunnel l’y aident. Chaque nouvelle rame y va de son coup de pouce. Criiiic-criiic.

Sur les quais, c’est la foule ; la bataille sans cesse recommencée de la sortie des bureaux. Les wagons pris d’assaut, les corps en sueur, les odeurs d’aisselles moites, le slip qui vous rentre dans la raie, les chaussettes visqueuses au fond des godasses. Dans un moment tout ce beau monde recevra la plus belle douche de sa vie. La dernière, également. »

Extrait de : S. Brussolo. « La mélancolie des sirènes par trente mètres de fond – intégrale. »

L’épave – intégrale par Serge Brussolo

Fiche de L’épave

Titre : L’épave – intégrale
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1990
Editeur : Plon

Première page de L’épave

« L’enseigne représentait quelque chose comme deux clystères entrecroisés. Koekje, l’apothicaire, mon patron, en était très fier, car elle avait été forgée selon des plans qu’il avait lui-même dessinés. Pour ma part je la trouvais ridicule. Deux clystères ! Pourquoi pas deux poires à injections vaginales, ou deux bidets, ou…
Mais Koekje était un imbécile.
L’enseigne s’était très vite couverte de rouille. Elle grinçait dans le vent incessant, soufflant de la mer, que le lacis des ruelles ne parvenait pas à endiguer. Les deux clystères se balançaient, produisant un crissement régulier qui finissait par vous porter sur les nerfs.
Mon jeune âge et mes fonctions de commis ne me donnaient même pas accès à la boutique. J’étais moins qu’un esclave, même les trois benêts montés en graine faisant office de préparateurs avaient le droit de se moquer de moi. Koekje paradait au milieu des rangées de bocaux multicolores, se dandinant entre les pots de faïence agrémentés de noms latins qu’il mettait un point d’honneur à connaître par cœur. C’était un vieillard précoce de cinquante ans, rongé par l’étude, la macération, et les préparations douteuses qu’il avait pendant longtemps essayées sur lui-même. »

Extrait de : S. Brussolo. « L’épave – intégrale. »

L’Enfer, c’est à quel étage ? – intégrale par Serge Brussolo

Fiche de L’Enfer, c’est à quel étage ?

Titre : L’Enfer, c’est à quel étage ? – intégrale
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1986
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’Enfer, c’est à quel étage ?

« Les tigres vont et viennent. Chaque fois que leur queue fouette les barreaux, une note sourde et vibrante s’élève dans la nuit. Le jardin zoologique est désert, mais, de cage en cage, la nouvelle s’est répandue, éveillant les bêtes prisonnières qui gémissent en se pelotonnant les unes contre les autres. Déjà, les singes ne forment plus qu’une masse velue, frissonnante. Les oiseaux se cachent la tête sous l’aile ; seuls les charognards se dandinent encore sur leur branche en claquant du bec.

Quelque chose est tombé du ciel. Une proie, un gibier.

C’est inhabituel. Rien ne vient jamais d’en haut.

Les fauves s’énervent. L’objet s’est empalé à la pointe des barreaux. Maintenant le sang coule le long des tiges de fer rouillées. Les tigres se battent pour le lécher. Ils grognent, montrent les crocs, s’envoient des coups de patte.

Les gardiens ne se sont rendu compte de rien. Ils sont loin, claquemurés dans le poste de garde, à siroter des grogs au vin chaud. On est en novembre, il fait froid. La fourrure des animaux a commencé à s’épaissir en prévision de la mauvaise saison. »

Extrait de : S. Brussolo. « L’Enfer, c’est à quel étage ? – intégrale. »

Enfer vertical – intégrale – par Serge Brussolo

Fiche de Enfer vertical

Titre : Enfer vertical – intégrale
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1985
Editeur : Vauvenargues

Première page de Enfer vertical

« Les prisonniers chuchotaient dans un angle de la cour. David, assis, le dos à la muraille, les écoutait d’une oreille distraite. Personne ne prêtait attention à sa présence. Son statut de « cinglé, de « tueur fou » faisait qu’on l’ignorait volontairement depuis le premier jour de son incarcération, il y avait de cela… des siècles. 
La population carcérale se méfiait de ce qu’elle englobait sous l’appellation générique, de « psycos ». De David, on disait souvent « qu’il n’aurait pas dû se trouver là, au milieu d’honnêtes truands » que « sa place était chez les dingues ». Cette crainte diffuse lui avait valu de vivre sa détention en paix. On avait peur de lui, de son regard fixe, de ses absences, de ses manies incompréhensibles. Des légendes innombrables couraient sur son compte. On racontait qu’il ne dormait jamais, qu’il lisait dans les pensées, qu’il portait malheur. Pour cette dernière raison, il fallait se garder de le toucher, voire de le regarder dans les yeux. 
D’une voix à peine audible, on évoquait ses crimes : il avait détourné un bus scolaire pour y mettre le feu, brûlant vifs une trentaine de gamins ; puis il était monté dans l’épave carbonisée pour dévorer les cadavres croustillants… »

Extrait de : S. Brussolo. « Enfer Vertical – intégrale. »

Captain Suicide – intégrale – par Serge Brussolo

Fiche de Captain Suicide

Titre : Captain Suicide – intégrale
Auteur : Serge Brussolo
Date de parution : 1992
Editeur : Vauvenargues

Première page de Captain Suicide

« Du voyage, il ne conserva que des images incohérentes, faites de lumière et de nuit, d’éclairs et de scintillements mouillés. Des bruits aussi : le fracas de l’averse martelant les tôles, allant et revenant sans cesse, en vagues de plus en plus serrées. L’illusion d’être emporté dans les airs au creux d’un tonnelet de fer, de rouler en aveugle au fond d’une barrique dévalant une pente de plus en plus vive… C’était un vieil avion propulsé par quatre moteurs à hélices. Une antiquité de métal inoxydable au fuselage couvert de bosses et d’éraflures. Sur les ailes et la queue on distinguait encore les traces d’anciennes peintures militaires. Des symboles et des numéros. Une étoile jaune inscrite dans un cercle bleu, ou quelque chose d’approchant. Les gros moteurs accrochés aux ailes faisaient vibrer la tôle, communiquant leurs secousses à toute la carcasse. David, depuis le départ, avait l’impression d’avoir élu domicile à l’intérieur d’un ventilateur. Dès qu’on tendait l’oreille, on ne pouvait manquer de percevoir le chant cristallin des boulons jouant dans leur logement, et se dévissant au fil des heures. Ce n’était pas très rassurant. »

Extrait de : S. Brussolo. « Captain Suicide – intégrale. »

Khanaor – l’intégrale par Francis Berthelot

Fiche de Khanaor

Titre : Khanaor – intégrale
Auteur : Francis Berthelot
Date de parution : 2010
Editeur : Gallimard

Sommaire de Khanaor

  • Solstice de fer
  • Equinoxe de cendre

Première page de Solstice de fer

« En l’an 584 de l’ère chrétienne, Chilpéric, roi de Soissons, périt assassiné sur l’ordre de son épouse Frédégonde, dernier crime de cette servante pour accéder au trône, flaque de sang perdue parmi l’éternité féroce des pouvoirs…

Sur l’île de Khanaor, battue par les lames de l’Atlantique, mais assez éloignée des continents pour jouir d’un isolement farouche, ce drame demeura ignoré. Eût-il même été clamé par les bardes, les tensions grondant depuis la fin de l’hiver lui auraient enlevé tout écho. En ces temps troublés, chacun affrontait sa propre barbarie sans prendre en compte l’ordre global du monde.

À quoi bon, d’ailleurs, évoquer le christianisme à propos d’une contrée où la croyance en Dieu s’était scindée entre l’art des magiciens, le culte des mânes et la hantise de Throg ? Où l’année, de la lune du cygne à celle du renne, se divisait parfois en douze, parfois en treize ? Comment même parler de contrée devant cette terre fragmentée en quatre régions, où le coût du pain, l’architecture des fermes, le sens de la divinité à craindre, différaient du tout au tout ? Khanaor, né des croisements hasardeux de l’histoire, en gardait les contrastes. »

Extrait de : F. Berthelot. « Khanaor – intégrale. »

Les aventures d’Allan Quatermain par H. Rider Haggard

Fiche de Les aventures d’Allan Quatermain

Titre : Les aventures d’Allan Quatermain – l’intégrale
Auteur : H. Rider Haggard
Date de parution : 2014
Traduction : R. Castel, R. Lécuyer, J. Finné
Editeur : Omnibus

Sommaire de Les aventures d’Allan Quatermain

  • L’épouse d’Allan
  • Les mines du roi Salomon
  • Allan Quatermain

Première page de L’épouse d’Allan

« Peut-être se souviendra-t-on que dans les dernières pages de son journal, écrites juste avant sa mort, Allan Quatermain fait allusion à son épouse morte depuis longtemps, affirmant qu’il a amplement parlé d’elle ailleurs.

Quand on eut connaissance de sa mort ses papiers me furent remis, à moi, son exécuteur littéraire. Parmi ceux-ci je trouvai deux manuscrits ; celui qui suit est l’un d’eux. L’autre est simplement le récit d’événements auxquels Mr Quatermain ne fut pas personnellement mêlé, un roman zoulou dont l’histoire lui fut contée par le héros bien des années après que se fut produite la tragédie. Mais pour l’heure nous n’avons rien à faire de celui-ci. 

J’ai souvent songé (ainsi commence le manuscrit de Mr Quatermain) à consigner sur le papier les événements en rapport avec mon mariage, et la perte de ma très chère épouse. Bien des années ont maintenant passé depuis cet événement et le temps a dans une certaine mesure atténué l’ancienne douleur ; le ciel sait pourtant qu’elle est encore assez vive. En deux ou trois occasions j’ai même commencé ce récit. Une première fois je l’ai abandonné parce que le mettre par écrit m’accablait au-delà du supportable, une deuxième parce que je fus brusquement obligé de m’absenter pour un voyage, et la troisième parce qu’un boy cafre trouva mon manuscrit à sa convenance pour allumer le feu à la cuisine. »

Extrait de : H.R Haggard. « Les aventures d’Allan Quatermain. »