Étiquette : J'ai lu
Killdozer et Le viol cosmique par Theodore Sturgeon
Fiche de Killdozer et Le viol cosmique
Titre : Killdozer
Titre : Le viol cosmique
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1972
Traduction : G. H. Gallet
Editeur : J’ai lu
Première page de Killdozer
« Avant la race humaine, il y eut le déluge, et avant le déluge, une autre race, dont l’humanité ne peut comprendre la nature. Elle n’était pas surnaturelle ni étrangère, car cette terre était sienne et c’était sa patrie.
Il y eut une guerre entre cette race, qui était une grande race, et une autre. Celle-ci était vraiment étrangère : une forme nuageuse douée de conscience, un groupement intelligent d’électrons tangibles. Elle prit naissance dans de prodigieuses machines par quelque accident d’une science au-delà de notre conception primitive de la technologie. Et ces machines, servantes de nos prédécesseurs, en devinrent alors les rivales. Les batailles qui s’ensuivirent furent gigantesques. »
Extrait de : T. Sturgeon. « Killdozer – Le viol cosmique. »
Première page de Le viol cosmique
« — Je te casserai la gueule, Al, dit Gurlick, je te romprai les reins. Je ferai sauter ta boîte et toi avec, et tout ton tord-boyaux, dont personne ne veut ! Tu m’entends, Al ?
Al ne l’entendait pas. Al était derrière le bar de son saloon, à trois blocs de maisons de là, probablement encore cramoisi d’indignation, sa longue tête chauve encore tendue vers la porte vide par laquelle Gurlick avait fui, et répétant encore ce dont tous ses clients venaient d’être témoins : Gurlick, venu du froid aigre de la nuit, qui se glissait dans le saloon, faisait des bassesses devant Al, élargissait sa face mal rasée en un sourire ébréché, penchait la tête, fermait à moitié ses yeux glauques, au »
Extrait de : T. Sturgeon. « Killdozer – Le viol cosmique. »
Cristal qui songe par Theodore Sturgeon
Fiche de Cristal qui songe
Titre : Cristal qui songe
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1950
Traduction : A. Glatigny
Editeur : J’ai lu
Première page de Cristal qui songe
« L’enfant s’était fait surprendre dans un coin du stade scolaire, alors qu’il se livrait à un acte répugnant ; on l’avait renvoyé chez lui en l’expulsant ignominieusement de l’école. À cette époque, il avait huit ans ; cela faisait plusieurs années déjà qu’il pratiquait ce vice.
En un sens, c’était dommage. Il était gentil ce gosse ; il était même plutôt beau, quoiqu’il n’eût rien d’extraordinaire. Il y avait d’autres enfants, et même certains professeurs, auxquels il était plutôt sympathique, mais il y en avait aussi qui ne l’aimaient guère. En tout cas, lorsque son forfait fut connu, tout le monde se ligua contre lui. Il s’appelait Horty (ou plus exactement Horton) ; Horty Bluett. Il devait bien s’attendre à se faire recevoir plutôt fraîchement en rentrant chez lui.
Il ouvrit la porte le plus doucement qu’il put, mais ils l’entendirent quand même. Ils l’empoignèrent »
Extrait de : T. Sturgeon. « Cristal qui songe. »
Une rose pour l’ecclésiaste par R. Zelazny
Fiche d’Une rose pour l’ecclésiaste
Titre : Une rose pour l’ecclésiaste
Auteur : R. Zelazny
Date de parution : 1967
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu
Sommaire d’Une rose pour l’ecclésiaste :
- Les furies
- Le coeur funéraire
- Les portes de son visage, les lampes de sa bouche
- Une rose pour l’ecclésiaste
Première page de Les furies
« Il arrive quelquefois que la nature, comme prise de remords, jette en aumône un os à ronger à ceux qu’elle mutile, à ses laissés-pour-compte. Souvent sous forme d’un talent, en général inutile, ou de cette malédiction : l’intelligence.
À quatre ans, Sandor Sandor était capable de réciter intégralement la liste des cent quarante-neuf mondes habités de la galaxie. À cinq ans, il pouvait nommer les principaux continents de chaque planète et en tracer sommairement les contours à la craie sur des globes muets. À sept ans, il connaissait toutes les provinces, tous les États, tous les pays et toutes les grandes villes de tous les continents des cent quarante-neuf mondes habités de la galaxie. Il passait le plus clair de ses journées plongé dans des ouvrages de landographie, d’histoire et de landologie, il lisait des guides touristiques, étudiait cartes et enregistrements à l’usage des voyageurs. On eût dit qu’il avait une caméra derrière les yeux car, quand il atteignit l’âge de dix ans, il n’y avait pas dans la galaxie une seule cité dont on lançait le nom au hasard sur laquelle il n’eût pas quelque lumière. »
Extrait de : R. Zelazny. « Une rose pour l’ecclésiaste. »
Le troqueur d’âmes par A. Bester et R. Zelazny
Fiche de Le troqueur d’âmes
Titre : Le troqueur d’âmes
Auteur : A. Bester et R. Zelazny
Date de parution : 1988
Traduction : B. Emerich, P. Bayart
Editeur : J’ai lu
Première page de Le troqueur d’âmes
« LE COURTIER EN PSY
Affolé, je fouillais mon bureau quand mon patron pointa la tête par la porte et me demanda de son doux accent de Virginie :
— Je peux entrer, Alf ?
— Sûr, sûr, répondis-je sans interrompre mes recherches.
Le boss s’installa sur un coin de ma grande table de travail (je déteste les bureaux) et m’observa.
— T’as perdu quelque chose ?
— Mon foutu passeport.
— T’as fait les poches, l’imper, le sac de voyage ?
— Trois fois.
Il entreprit de trier le foutoir qui régnait sur ma table, s’arrêta tout à coup, puis s’approcha, nonchalant, des étagères situées sous la fenêtre. Il souleva mon casque de motard british. Le passeport était là. »
Extrait de : A. Bester et R. Zelazny. « Le Troqueur d’ames. »
Le trône noir par R. Zelazny et F. Saberhagen
Fiche de Le trône noir
Titre : Le trône noir
Auteur : R. Zelazny et F. Saberhagen
Date de parution : 1990
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : J’ai lu
Première page de Le trône noir
« Elle superposait son chant à celui de la mer, et il l’entendait.
La matinée était chaude et grisâtre, et le petit garçon s’aventurait toujours plus loin dans la blancheur immaculée, visqueuse, de la brume qui ensevelissait le monde. Tous les sons étaient étouffés, comme par un manteau ou un linceul. Il marchait d’un pas décidé, accompagné par la mélodie sans paroles qui résonnait dans son esprit et par des silhouettes voilées qui dansaient autour de lui. Il évitait les cailloux et les branches du chemin qui coupait à travers bois derrière l’école, étrange fragment d’un lieu autrefois familier, mystère qui enchâssait la chrysalide de son âme pendant une période vitale, singulière, personnelle, et dessinait un passage comparable à une balafre ou un tatouage sur sa vie et sur l’éternité. »
Extrait de : R. Zelazny et F. Saberhagen. « Le trône noir. »
Le songe d’une nuit d’octobre par R. Zelazny
Fiche de Le songe d’une nuit d’octobre
Titre : Le songe d’une nuit d’octobre
Auteur : R. Zelazny
Date de parution : 1993
Traduction : A. Desmarais
Editeur : J’ai lu
Première page de Le songe d’une nuit d’octobre
« Je suis un chien de garde. Mon nom est Snuff. Je vis avec mon maître Jack dans les faubourgs de Londres. J’aime beaucoup Soho la nuit avec ses brumes odorantes et ses rues sombres. Tout y est silencieux et nous faisons de longues promenades. Jack est sous le coup d’une malédiction depuis très longtemps et doit faire l’essentiel de son travail la nuit pour éviter le pire. Je monte la garde pendant qu’il s’active. Si quelqu’un approche, je hurle.
Nous sommes les gardiens de plusieurs malédictions et notre travail est très important. Je dois surveiller la Chose dans le Cercle, la Chose dans l’Armoire et la Chose dans la Malle de voyage — sans parler des Choses dans le Miroir. Quand elles essaient de sortir, je gronde comme cent diables. Elles ont peur de moi. Je ne sais pas comment je ferais si elles tentaient de sortir toutes en même temps. Quoi qu’il en soit, ça me permet de prendre de l’exercice et je m’y entends pour grogner.
De temps en temps, je vais chercher des trucs pour Jack — sa baguette magique, son grand couteau avec les vieilles inscriptions sur les côtés. Je »
Extrait de : R. Zelazny. « Le songe d’une nuit d’octobre. »
Le masque de Loki par R. Zelazny et T. T. Thomas
Fiche de Le masque de Loki
Titre : Le masque de Loki
Auteur : R. Zelazny et T. T. Thomas
Date de parution : 1990
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : J’ai lu
Première page de Le masque de Loki
« La chaleur intense que dégageait la boîte à feu lui brûla la peau du front et du cou. Elle grimaça, les lèvres retroussées. Son rouge à lèvres s’était brusquement desséché et craquelé.
Alexandra Vaele s’écarta de la porte béante de la fournaise. Ce fut une erreur. La chute brutale de la température obligea son corps à compenser sans délai ; des gouttelettes de sueur perlaient à la racine de ses cheveux, sur sa lèvre supérieure et au creux de sa gorge. La soie raide de son corsage blanc se ramollit et se plaqua sur ses avant-bras et sur ses seins. Dans un instant, elle serait couverte de taches de transpiration.
— M. Thornwald ! appela-t-elle dans un rugissement du gaz embrasé. Ivor Thornwald ? »
Extrait de : R. Zelazny et T. T. Thomas. « Le masque de Loki. »
Le sérum de la déesse bleue par R. Zelazny
Fiche de Le sérum de la déesse bleue
Titre : Le sérum de la déesse bleue (Tome 2 sur 2 – Francis Sandow)
Auteur : R. Zelazny
Date de parution : 1973
Traduction : R. Blunden
Editeur : J’ai lu
Première page de Le sérum de la déesse bleue
« La nuit qu’il avait choisie des mois auparavant, Malacar Miles traversa la rue Numéro Sept et passa sous le fluoro-globe qu’il avait endommagé la veille.
Aucune des trois lunes de Blanchen n’apparaissait au-dessus de l’horizon. Le ciel était légèrement couvert et les rares étoiles visibles scintillaient faiblement, ternes et minuscules.
D’un coup d’œil, il s’assura que la rue était vide et aspira tout en marchant une nouvelle bouffée de compensateur respiratoire. Il portait une combinaison noire munie de poches en fente et d’une fermeture scello-statique sur le devant. En traversant, il enfonça ses mains dans ses poches et vérifia qu’il avait librement accès aux side-pacs. Comme il s’était teint le corps tout entier en noir trois jours auparavant, il restait presque invisible tandis qu’il se déplaçait parmi les ombres. »
Extrait de : R. Zelazny. « Francis Sandow – Le sérum de la Déesse Bleue. »
L’île des morts par R. Zelazny
Fiche de L’île des morts
Titre : L’île des morts (Tome 1 sur 2 – Francis Sandow)
Auteur : R. Zelazny
Date de parution : 1970
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : J’ai lu
Première page de L’île des morts
« La vie – si l’on veut bien me permettre une brève digression philosophique avant que j’en vienne au vif du sujet – est une chose qui me rappelle de près les plages de la baie de Tokyo.
Il y a maintenant des siècles que je n’ai vu ces plages et cette baie, et la vision que j’en garde peut dater. Mais on m’a dit que rien n’a tellement changé, sauf en ce qui concerne les condoms, par rapport à mes souvenirs.
Je me rappelle une immense étendue d’eau, peut-être plus propre et plus brillante si on la regarde à distance, mais bourbeuse, fétide et glacée vue de près, comme le Temps qui ronge les objets et les charrie en un perpétuel va-et-vient. La baie de Tokyo, par un jour donné, est susceptible de faire échouer n’importe quoi sur le rivage. »
Extrait de : R. Zelazny. « Francis Sandow – L’île des morts. »
La voie martienne par I. Asimov
Fiche de La voie martienne
Titre : La voie martienne et autres nouvelles
Auteur : I. Asimov
Date de parution : 1955
Traduction : I. Tate
Editeur : J’ai lu
Sommaire de La voie martienne :
- La voie martienne
- Ah ! Jeunesse …
- Les profondeurs
- L’attrape-nigaud
Première page de La voie martienne
« Depuis le seuil du petit couloir qui reliait les deux uniques cabines situées à l’avant du vaisseau, Mario Estéban Rioz observait d’un œil excédé Ted Long qui s’appliquait à mettre au point la vidéo. Long tourna le cadran dans le sens des aiguilles d’une montre, puis dans l’autre sens. L’image était toujours aussi mauvaise.
Elle le resterait, Rioz le savait bien. Ils étaient trop éloignés de la Terre et mal placés par rapport au Soleil. Mais on ne pouvait pas demander à Long d’être au courant. Rioz s’attarda sur le seuil, la tête inclinée pour éviter le linteau, le corps de biais, coincé dans l’étroite ouverture. Puis, tel un bouchon jaillissant d’une bouteille, il se propulsa dans la cuisine.
— Vous cherchez quoi, au juste ?
— Hilder. J’essaie de l’avoir.
Rioz se cala le postérieur sur le coin d’une tablette et prit le berlingot de lait posé sur l’étagère supérieure. Sous la pression de ses doigts, la pointe se souleva. Doucement, il le fit tournoyer en attendant qu’il tiédisse. »
Extrait de : I. Asimov. « La Voie Martienne et autres nouvelles. »