Étiquette : Le livre de poche

 

En souvenir du futur par P. Curval

Fiche de En souvenir du futur

Titre : En souvenir du futur (Tome 3 sur 3 – Marcom)
Auteur : P. Curval
Date de parution : 1983
Editeur : Le livre de poche

Première page de En souvenir du futur

« Cobà, le 27 décembre 2029

Quillan était parti avec une bande de chicleros pour surveiller l’avance d’une patrouille de reconnaissance américaine ; ce que l’état-major de la résistance mexicaine redoutait le plus venait de se produire : en parachutant des troupes et du matériel au cœur du Quintana Roo, l’ennemi voulait prendre à revers les armées qui se battaient dans le Tabasco et sur la côte Pacifique.

En compagnie des Mayas, la forêt paraît toute simple ; l’océan vert se parcourt sans risque grâce au sextant de l’intuition. Pourquoi ne pas retirer ses bottes et parcourir pieds nus les mystérieux sentiers que repèrent les Indiens ? En regardant leurs orteils carrés, leurs plantes cornées, leurs talons noueux, il est facile de comprendre leur aisance. Les petits prospecteurs de gomme ont encore des racines avec les terres secrètes de la jungle ; en tâtant l’humus, les mousses, les débris végétaux, en reconnaissant les essences, en flairant les parfums, en analysant les pistes du gibier furtif, ils comprennent le territoire et détectent les chemins. »

Extrait de : P. Curval. « Marcom – En souvenir du futur. »

Le temps incertain par M. Jeury

Fiche de Le temps incertain

Titre : Le temps incertain (Tome 1 sur 3 – Chronolyse)
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1973
Editeur : Le livre de poche

Première page de Le temps incertain

« Robert Holzach se leva et le décor de la chambre commença à vivre, pareil à un tranquille paysage d’autrefois. Une vache rousse paissait éternellement dans un pré vert. Au-dessus, on lisait un koan zen : après quatre mille jours de marche, la vache arrive au bout de l’univers, que fait-elle ? À l’Hôpital, chacun avait son idée sur cette importante question, sauf les hépatiques et les cartésiens qui prétendaient que l’univers n’a pas de bout. La vache décide de rentrer chez elle, pensait Rob. Mais quatre mille jours, ça fait plus de dix ans, et autant pour revenir… Elle mourra sans doute sur le chemin du retour. Nous ferons comme elle. À quoi bon partir ? Cependant, il se préparait pour un long, un très long voyage…

Il s’approcha du panneau mural pour observer une taupe en train de soulever un petit tas de terre brisée. Le monticule bougeait, grossissait, mais la minuscule tête grise et aveugle refusait toujours d’apparaître. La vache se retourna et regarda gravement le docteur Holzach. »

Extrait de : M. Jeury. « Chronolyse – Le temps incertain. »

L’enfant tombé des étoiles par R. A. Heinlein

Fiche de L’enfant tombé des étoiles

Titre : L’enfant tombé des étoiles
Auteur : R. A. Heinlein
Date de parution : 1954
Traduction : R. Vivier, P.-P. Durastanti
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’enfant tombé des étoiles

« Lummox s’ennuyait et il avait faim. Ce dernier état n’avait rien que de très normal ; les créatures de l’espèce de Lummox étaient toujours disponibles pour une collation, même à la suite d’un repas copieux. S’ennuyer était moins courant, et découlait du fait que son copain et complice, John Thomas Stuart, ne s’était pas montré de la journée, ayant préféré s’éclipser en compagnie de sa petite amie Betty.

Un simple après-midi est vite passé ; Lummox savait prendre sa solitude en patience. Mais les symptômes et leur signification lui étaient bien connus : John Thomas avait atteint l’âge où il consacrerait de plus en plus de temps à Betty – ou toute autre personne du même sexe – et de moins en moins à Lummox ; puis viendrait une longue période pendant laquelle il se ferait presque absent ; enfin surgirait un John Thomas tout nouveau qui, peu à peu, grandirait suffisamment pour devenir un compagnon de jeu appréciable. »

Extrait de : R. A. Heinlein. « L’Enfant tombé des étoiles. »

La vie à reculons par Gudule

Fiche de La vie à reculons

Titre : La vie à reculons
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1994
Editeur : Le livre de poche

Première page de La vie à reculons

«  Encore merci de votre compréhension », dit la jeune femme en s’apprêtant à sortir du bureau du principal au bras de son mari.

Elle a les yeux d’un bleu intense, lumineux, couleur fonds sous-marins. Le fin treillis de rides qui les souligne précocement détonne dans son visage encore juvénile. Ces yeux-là ont beaucoup pleuré. Ils sont restés ouverts dans le noir durant des nuits et des nuits d’insomnie, à ressasser leur angoisse, leur révolte, des questions auxquelles rien ni personne ne peut répondre : pourquoi lui ? pourquoi MON enfant ?

« Ne vous tracassez pas, répond doucement le principal, je préviendrai ses professeurs ce soir, en réunion. Et vous pouvez leur faire confiance, le secret sera bien gardé. »

La mère a un sourire de reconnaissance navrée :

« Nous avons beaucoup réfléchi, son père et moi, avant de prendre cette décision. Elle est le fruit de douloureuses expériences. Jouer la carte de la transparence, plus jamais ! Vous n’avez pas idée de ce que cet enfant a enduré ! »

Extrait de : Gudule. « La vie à reculons. »

Ne vous disputez jamais avec un spectre par Gudule

Fiche de Ne vous disputez jamais avec un spectre

Titre : Ne vous disputez jamais avec un spectre
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1997
Editeur : Le livre de poche

Première page de Ne vous disputez jamais avec un spectre

« On déménage ! 

Déménager, je trouve ça génial. Surtout que là où on vit, c’est vraiment pas la joie. Imaginez une H.L.M. aux trois quarts déglinguée, dans une cité pourrie. On habite au huitième étage, et la moitié du temps, l’ascenseur tombe en panne. L’autre moitié, c’est la colonne du videordures qui se bouche. Résultat : quand on n’a pas une demi-heure d’escalade pour arriver chez soi, on est envahis par les ordures des voisins, qui atterrissent dans notre cuisine.

Mais le pire de tout, c’est la bande à Manu. Une dizaine de loustics complètement cinglés. Ils ont beau être à peine plus vieux que moi, ils font la loi dans la cité, et fichent la trouille même aux adultes. 

Tout le monde, ici, rêve d’aller vivre ailleurs. Mais personne ne peut, à cause du prix des loyers. Aussi, quand papa est arrivé, un soir, en brandissant la lettre du notaire, on s’est dit que, nous, on avait une sacrée veine ! »

Extrait de : Gudule. « Ne vous disputez jamais avec un spectre. »

La bibliothécaire par Gudule

Fiche de La bibliothécaire

Titre : La bibliothécaire
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1995
Editeur : Le livre de poche

Première page de La bibliothécaire

«  Guillaume ? »

Pas de réponse. Affalé sur sa table, la tête posée sur ses bras repliés, Guillaume dort comme un bébé.

« Guillaume ! Je te signale que tu ronfles ! »

Toute la classe éclate de rire, ce qui tire le ronfleur en question de sa somnolence. Il sursaute, ouvre les yeux, se redresse, regarde autour de lui d’un air stupide. Et se retrouve nez à nez avec M. Pennac, son prof de français.

« Je vois avec plaisir que tu reviens parmi nous », commente ce dernier, le sourire moqueur.

Puis, s’adressant aux autres :

« Si nous demandions à ce jeune homme, qui s’est sûrement couché trop tard hier, de nous raconter les rêves qu’il vient de faire ? Je suis sûr que c’est très intéressant ! »

Brouhaha approbateur. Les élèves de cinquième apprécient, de toute évidence, l’humour narquois de leur professeur.

« Mais… monsieur…, bredouille l’intéressé. »

Extrait de : Gudule. « La bibliothécaire. »

L’ultime fléau par F. Pohl

Fiche de L’ultime fléau

Titre : L’ultime fléau
Auteur : F. Pohl
Date de parution : 1962
Traduction : J. Gil
Editeur : Le livre de poche

Première page de L’ultime fléau

«  Dis donc, Chandler, dit Larry Grantz, le geôlier. Je te parie cinquante contre un que tu seras condamné. Qu’est-ce que t’en penses ?
— Va au diable, dit Chandler.
— Allez, tu peux me mettre dans le coup ! Tu ne garderais pas en réserve une petite surprise pour le juge, par hasard ? »
Chandler ne répondit rien. Il ne regarda même pas le geôlier. Un homme en route pour l’enfer a autre chose à faire que de se soucier de l’opinion des gens.
« Bon, écoute, fit le geôlier, il se pourrait bien que tu aies besoin d’un ou deux copains plus tôt que tu ne penses. Tu ne crois pas ? Tiens, je ne parie plus que cinq contre un si tu plaides coupable. C’est bien ce que tu as l’intention de faire, hein ? »

Extrait de : F. Pohl. « L’ultime fléau. »

Homme plus par F. Pohl

Fiche de Homme plus

Titre : Homme plus
Auteur : F. Pohl
Date de parution : 1976
Traduction : P. Hupp
Editeur : Le livre de poche

Première page de Homme plus

« UN ASTRONAUTE ET SON UNIVERS

Il est nécessaire que nous vous parlions de Roger Torraway. Bien entendu, pris isolément, un être humain ne paraît pas particulièrement important lorsqu’il en vit huit milliards. Disons qu’il n’est guère plus important qu’un microchip dans la mémoire d’un ordinateur, mais un chip peut être d’une importance capitale s’il renferme un bit essentiel, et telle était précisément la position de Torraway.

Il était bel homme, dans son genre. Et célèbre. Du moins, il l’avait été.

À une époque, Roger Torraway avait passé deux mois et trois semaines suspendu dans le ciel en compagnie de cinq autres astronautes. Ils étaient sales, ils s’ennuyaient à mourir, ils rêvaient de femmes. Ce n’était pas cela qui l’avait rendu célèbre : il y avait juste de quoi placer deux phrases »

Extrait de : F. Pohl. « Homme plus. »

Les humanoïdes par J. Williamson

Fiche de Les humanoïdes

Titre : Les humanoïdes
Auteur : J. Williamson
Date de parution : 1949
Traduction : P. Sterne
Editeur : Le livre de poche

Première page de Les humanoïdes

« Le sergent du corps de garde, celui dont les traits paraissaient taillés dans du granit, la découvrit debout devant la haute grille d’acier, levant vers lui des yeux timides et implorants. Une petite épave crasseuse en robe jaune bon marché. Ses pieds nus et brunis traînassaient, mal à l’aise sur l’asphalte brûlant, et il pensa d’abord qu’elle était venue mendier quelque pitance.

« S’il vous plaît, monsieur, c’est ici l’Observatoire Starmont ? »

Elle semblait essoufflée et effrayée.

« Puis-je voir le directeur, s’il vous plaît ? Le docteur Clay Forester ? »

Ses yeux mouillés brillèrent.

« S’il vous plaît, monsieur ! C’est très, très important !  »

Extrait de : J. Williamson. « Les humanoïdes. »

Les vaisseaux du temps par S. Baxter

Fiche de Les vaisseaux du temps

Titre : Les vaisseaux du temps
Auteur : S. Baxter
Date de parution : 1995
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Le livre de poche

Première page de Les vaisseaux du temps

« Au matin du vendredi qui suivit mon retour du futur, je m’éveillai, longtemps après l’aube, du plus profond des sommeils sans rêves.
Je sortis du lit et ouvris brusquement les rideaux. Le soleil, comme à son habitude, s’élevait paresseusement dans le ciel et je me rappelai la manière dont l’astre du jour, sous la perspective accélérée du voyage transtemporel, traversait carrément l’horizon d’un bond ! Mais à présent, semblait-il, j’étais englué une fois de plus dans un temps qui s’écoulait goutte à goutte, tel un insecte dans un suintement d’ambre.
Sous mes fenêtres s’accumulaient les bruits matinaux de Richmond : sabots des chevaux, fracas des roues sur les pavés, portes qu’on claque. Un tramway à vapeur, crachant fumée et étincelles, descendait pesamment Petersham Road et les cris de mouette des marchands des quatre-saisons me parvenaient sur les ailes du vent. Je surpris mes pensées à dériver loin de mes pittoresques aventures transtemporelles et à redescendre sur un plan plus terre à terre : j’examinai le contenu de la Pall Mall Gazette de la veille, pris note des fluctuations bour- »

Extrait de : S. Baxter. « Les Vaisseaux du Temps. »