Étiquette : Le livre de poche
Les royaumes du mur par R. Silverberg
Fiche de Les royaumes du mur
Titre : Les royaumes du mur
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1992
Traduction : P. Berthon
Editeur : Le livre de poche
Première page de Les royaumes du mur
« Voici le livre de Poilar Bancroche, qui a atteint le toit du Monde, au faîte du Mur, qui a vu les dieux étranges et déconcertants qui y ont établi leur demeure, qui les a affrontés et s’en est revenu, riche du savoir des mystères de la vie et de la mort. Voici le récit de ce que j’ai vécu, voici ce que j’ai appris et que je dois vous enseigner pour le bien de votre âme. Écoutez et souvenez-vous.
Si vous êtes de mon village, vous me connaissez. Mais je souhaite que l’histoire que je m’apprête à conter soit entendue et comprise bien au-delà des limites de notre village. Sachez donc que mon père s’appelait Gabrian, fils de Drok, que ma Maison est la Maison du Mur et que, dans cette Maison, mon clan est le clan du Mur. Je suis, comme vous le voyez, de noble ascendance.
Les souvenirs que j’ai gardés de mon père sont très lointains, car il est parti pour le Pèlerinage quand je n’étais encore qu’un petit garçon et n’en est jamais revenu. Les seules images qu’il m’a laissées »
Extrait de : R. Silverberg. « Les Royaumes du Mur. »
Les profondeurs de la terre par R. Silverberg
Fiche de Les profondeurs de la terre
Titre : Les profondeurs de la terre
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1971
Traduction : J. Guiod
Editeur : Le livre de poche
Première page de Les profondeurs de la terre
« Il était finalement sur la Terre de Holman. Il ne savait d’ailleurs pas trop pourquoi. Peut-être à cause d’une attirance irrésistible ; peut-être par sentimentalité ; ou peut-être même sur un coup de tête. Gundersen n’avait jamais envisagé de revenir sur cette planète. Et pourtant, il était là, debout devant l’écran panoramique, attendant l’atterrissage, contemplant la sphère qui était assez proche pour qu’il pût la prendre et l’écraser dans sa main. Un monde légèrement plus gros que la Terre, un monde qui lui avait pris les dix plus belles années de sa vie, un monde où il avait appris sur lui-même des choses qu’il aurait préféré ne pas connaître. Les lampes rouges du promenoir s’étaient mises à clignoter. Le vaisseau allait se poser. En dépit de tout, Gundersen était de retour.
Il vit les voiles de brume qui couvraient les zones tempérées, les immenses calottes polaires et la ceinture bleu-noir des tropiques embrasés. Il se souvint d’avoir traversé la Mer de Poussière aux lueurs du crépuscule ardent ; il se souvint d’avoir descendu, en un voyage sinistre et silencieux, une rivière que recouvrait une voûte de feuilles frissonnantes, effilées comme des poignards. »
Extrait de : R. Silverberg. « Les profondeurs de la terre. »
Les monades urbaines par R. Silverberg
Fiche de Les monades urbaines
Titre : Les monades urbaines
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1971
Traduction : M. Rivelin
Editeur : Le livre de poche
Première page de Les monades urbaines
« Une radieuse journée de 2381 commence. Le soleil matinal est déjà assez haut pour illuminer les cinquante derniers étages de Monade Urbaine 116. Bientôt, toute la façade orientale étincellera comme la surface de la mer au point du jour.
Activée par les photons des premiers rayons, la fenêtre de Charles Mattern se déopacifie. Il se tourne. Dieu soit loué, pense-t-il. Son épouse bâille et s’étire. Ses quatre enfants, qui sont réveillés depuis des heures, peuvent enfin commencer officiellement leur journée.
Dieu soit loué, dieu soit loué, dieu soit loué !
Dieu bénisse chacun de nous !
Dieu bénisse Papo, dieu bénisse Mamo,
[ dieu bénisse toi et moi !
Dieu nous bénisse tous, grands et petits,
Et nous donne la fer-til-i-té ! »
Extrait de : R. Silverberg. « Les monades urbaines. »
Les masques du temps par R. Silverberg
Fiche de Les masques du temps
Titre : Les masques du temps
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1969
Traduction : M. Rivelin
Editeur : Le livre de poche
Première page de Les masques du temps
« JE pense qu’un mémoire de ce genre devrait débuter par une notice autobiographique expliquant comment l’auteur s’est trouvé mêlé à l’histoire relatée dans ce récit. Quelque chose comme : « C’était moi ; je me trouvais là ; c’est moi qui ai souffert. »
La vérité est que j’ai bel et bien vécu les événements invraisemblables survenus pendant ces douze derniers mois. J’ai connu l’homme du futur. J’ai suivi avec lui son orbite de cauchemar autour de notre planète. Jusqu’à la fin, je suis resté avec lui.
Pas au début. C’est pourquoi si je veux parler vraiment de lui je dois d’abord me raconter entièrement. Quand Vornan-19 arriva dans notre monde, j’étais tellement étranger aux problèmes de l’actualité que je n’appris son existence que quelques semaines plus tard. Par la suite, je fus entraîné dans le tourbillon qu’il avait créé… comme vous tous, comme chacun de nous… partout dans le monde. »
Extrait de : R. Silverberg. « Les masques du temps. »
Les déportés du Cambrien par R. Silverberg
Fiche de Les déportés du Cambrien
Titre : Les déportés du Cambrien
Auteur : R. SIlverberg
Date de parution : 1968
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche
Première page de Les déportés du Cambrien
« Barrett était un roi sans couronne. Arrivé avant tous les autres, il avait plus souffert et possédait plus de ressources vitales que quiconque à Hawksbill Station. Avant son accident, il aurait pu se mesurer victorieusement à n’importe lequel de ses compagnons d’infortune ; et même à présent, quoique diminué physiquement, il conservait suffisamment de prestige pour que personne ne songeât à lui disputer le commandement. Lorsqu’un problème surgissait, il était immédiatement soumis à Barrett. C’était automatique. Il était leur roi.
Son royaume était considérable. La totalité de la terre, en fait, de pôle à pôle, de méridien en méridien. Le monde entier, pour ce qu’il valait. Et il ne valait pas grand-chose.
Voilà qu’il pleuvait encore. D’un rapide mouvement, désinvolte en apparence, mais qui lui coûtait en réalité d’innombrables souffrances, Barrett se leva et se dirigea en traînant le pied vers l’entrée de sa cabane. »
Extrait de : R. Silverberg. « Les Déportés du Cambrien. »
Le temps des changements par R. Silverberg
Fiche de Le temps des changements
Titre : Le temps des changements
Auteur : R. SIlverberg
Date de parution : 1971
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le temps des changements
« Je m’appelle Kinnal Darival, et je vais tout vous dire à mon sujet.
Cette phrase est si étrange qu’elle a l’air de me hurler à la figure. Je la regarde tracée sur la page ; je reconnais mon écriture – les hautes lettres droites inscrites en rouge sur la feuille grise et rugueuse – et je vois mon nom, et j’entends en esprit l’écho de la pulsion cérébrale qui a fait éclore ces mots. Je m’appelle Kinnal Darival et je vais tout vous dire à mon sujet. Incroyable.
Voici ce que le Terrien Schweiz appellerait une autobiographie. C’est-à-dire un compte rendu qu’on rédige soi-même de ses faits et gestes. C’est là une forme littéraire dont, sur notre monde, nous n’avons pas l’entendement ; il me faut inventer ma méthode personnelle de narration, car je n’ai aucun précédent pour me guider. Mais il doit en être ainsi. Sur cette planète qui est la mienne, je suis seul désormais. En un sens, j’ai inventé un nouveau mode de vie ; je peux sûrement inventer aussi un nouveau genre littéraire. On m’a toujours dit que j’avais le don des mots. »
Extrait de : R. Silverberg. « Le temps des changements. »
Le seigneur des ténèbres par R. Silverberg
Fiche de Le seigneur des ténèbres
Titre : Le seigneur des ténèbres
Auteur : R. SIlverberg
Date de parution : 1983
Traduction : N. Zimmermann
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le seigneur des ténèbres
« Dieu Tout-Puissant, je Te rends grâces pour m’avoir délivré des sombres terres d’Afrique. Je Te suis cependant reconnaissant de tout ce que Tu m’as montré en ce pays, et même des souffrances que Tu m’as infligées à cette fin de parfaire mon instruction. Je Te remercie également de m’avoir gardé du courroux des Portugais, qui firent de moi leur esclave, ainsi que d’autres ennemis à la peau sombre et à l’âme plus sombre encore que je dus affronter. Et je Te rends grâces encore pour m’avoir fait goûter les délices d’étranges amours en d’étranges lieux, m’accordant ainsi le privilège de contempler avec joie, durant les dernières années de ma vie, des jouissances que fort peu d’Anglais ont éprouvées. Mais, par-dessus tout, je Te remercie de m’avoir présenté le visage du mal puis de m’avoir permis de revenir indemne, bienheureux et affermi encore dans mon amour pour Toi. »
Extrait de : R. Silverberg. « Le seigneur des ténèbres. »
Le livre des crânes par R. Silverberg
Fiche de Le livre des crânes
Titre : Le livre des crânes
Auteur : R. SIlverberg
Date de parution : 1972
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le livre des crânes
« Nous arrivions à New York, venant du nord par le New England Thruway. Comme d’habitude, c’est Oliver qui conduisait. Décontracté, sa vitre à demi baissée, ses longs cheveux blonds battant au vent glacé. Timothy tassé à côté de lui, assoupi. Deuxième jour de nos vacances de Pâques. Les arbres étaient encore nus, et des plaques de neige noircie enlaidissaient les bas-côtés. En Arizona, nous ne trouverions pas de vieille neige au bord des routes. Ned, assis à côté de moi sur la banquette arrière, griffonnait des pages et des pages dans un carnet à reliure spirale, une lueur démoniaque dans ses petits yeux noirs brillants. Notre mignon Dostoïevski au petit pied. Un camion rugit soudain derrière nous sur la voie de gauche, nous doubla et se rabattit brusquement devant nous. C’est tout juste s’il ne nous toucha pas. Oliver enfonça la pédale du frein dans un crissement plaintif. Nous faillîmes, Ned et moi, être projetés contre le siège avant. Une seconde plus tard, Oliver fit une embardée vers la droite pour éviter d’être embouti par une voiture qui arrivait derrière nous. »
Extrait de : R. Silverberg. « Le livre des crânes. »
Le fils de l’homme par R. Silverberg
Fiche de Le fils de l’homme
Titre : Le fils de l’homme
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1971
Traduction : J. Guiod
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le fils de l’homme
« Il s’éveille. Sous lui, la terre noire est froide et humide. Il est allongé sur le dos dans un champ d’herbes écarlates. Un souffle de vent se lève et agite les feuilles, qui se fondent en un ruisseau de sang. Le ciel est d’un bleu métallique, une couleur d’une transparence si intense qu’elle éveille dans son crâne une clameur aussi brève que désespérée. Il découvre le soleil : bas dans le ciel, plus grand qu’il n’aurait dû être, il a l’air légèrement pâle et fragile et semble aplati aux deux pôles. Des brumes nacrées s’élèvent de la terre et tourbillonnent vers le soleil, créant dans leur ascension des spirales de dentelles bleues, vertes et rouges. Un coussin de silence l’oppresse. Il se sent perdu. Il ne voit pas de cités, il ne relève aucune trace de la présence de l’homme dans cette prairie, sur ces collines et par-delà cette vallée. Lentement, il se lève et se dresse face au soleil.
Son corps est nu. Il le touche et découvre sa peau. Avec une curiosité paisible, il examine sa main, posée sous son menton contre la toison brune de sa poitrine. »
Extrait de : R. Silverberg. « Le Fils de l’homme. »
La guerre du froid par R. Silverberg
Fiche de La guerre du froid
Titre : La guerre du froid
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1964
Traduction : J.-C. Deret
Editeur : Le livre de poche
Première page de La guerre du froid
« LA CITÉ SOUS LA GLACE
Le jour – ou, du moins, ce qui passait pour le jour dans la cité souterraine de New York – était déjà bien avancé. De pâles lumières brillaient dans les couloirs du niveau C. Des silhouettes se déplaçaient lentement le long de l’interminable vestibule. À cette heure-là, la plupart des New Yorkais s’installaient pour une confortable soirée.
Jim Barnes s’arrêta devant une porte épaisse, dans la section résidentielle du niveau C, et frappa vivement de son index replié. Il attendit un bon moment, fourrageant de la main à travers son épaisse chevelure rouge clair. Puis la porte s’ouvrit et un petit homme trapu apparut. C’était Ted Callison, le propriétaire de la chambre. »
Extrait de : R. Silverberg. « La guerre du froid. »