Étiquette : Le livre de poche
L’effet Lazare par F. Herbert et B. Ransom
Fiche de L’effet Lazare
Titre : L’effet Lazare (Tome 3 sur 4 – Programme conscience)
Auteur : F. Herbert et B. Ransom
Date de parution : 1983
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’effet Lazare
« Duque perçut une odeur de chair brûlée et de cheveux roussis. Il fronça les narines, huma l’air puis gémit. Son bon oeil larmoyait et lui fit mal quand il voulut le forcer à s’ouvrir du coin du pouce. Sa mère était dehors. « Dehors »… Une des paroles qu’il savait à peu près prononcer, comme « M’man » ou « brûlant ». Mais il eût été incapable de définir la nature ou la forme de ce « dehors ». Il savait seulement vaguement qu’il habitait sur un radeau de clone ancré à un piton de roche noire, dernier vestige des anciennes terres émergées de Pandore.
L’odeur de brûlé était de plus en plus forte. Cela l’effrayait. Il se demandait s’il aurait fallu dire quelque chose. La plupart du temps, Duque ne parlait pas. Ce n’était pas pratique, avec son nez. Mais il pouvait siffler par le nez, et sa mère le comprenait. Elle lui répondait de la même manière. A eux deux, ils connaissaient plus d’une centaine de mots siffles. »
Extrait de : F. Herbert et B. Ransom. « Programme conscience – L’effet Lazare. »
Le problème de Turing par H. Harrison et M. Minsky
Fiche de Le problème de Turing
Titre : Le problème de Turing
Auteur : H. Harrison et M. Minsky
Date de publication : 1992
Traduction : B. Sigaud
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le problème de Turing
« Ocotillo Wells, Californie
8 février 2023
J.J. Beckworth, président-directeur général de Megalobe Industries, était troublé, mais des années de retenue empêchaient toute manifestation extérieure de cette préoccupation. Il n’était pas inquiet, n’avait pas peur : il était troublé, tout simplement. Il se retourna dans son fauteuil pour regarder le coucher de soleil spectaculaire au-dessus du désert. Le ciel embrasé derrière la cordillère de San Ysidro à l’ouest projetait une lumière roussâtre sur les monts Santa Rosa qui s’étiraient à l’horizon nord. Sous ses yeux, les ombres vespérales des ocotillos et des cactus traçaient de longues lignes sur les sables gris du désert. En temps normal, la beauté brute de ce spectacle l’aurait calmé et détendu. Mais pas aujourd’hui. Le léger ping ! de l’interphone coupa court à ses réflexions.
— Qu’est-ce que c’est ? »
Extrait de : H. Harrison et M. Minsky. « Le problème de Turing. »
L’homme qui a perdu la mer par Theodore Sturgeon
Fiche de L’homme qui a perdu la mer
Titre : L’homme qui a perdu la mer
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1978
Traduction : A. Rosenblum, F. Straschitz, P. Billon, J. Polanis, M. Boissier, P. J. Izabelle, R. Lathière
Editeur : Le livre de poche
Sommaire de L’homme qui a perdu la mer :
- Ça
- Dieu microcosmique
- Et la foudre et les roses
- La merveilleuse aventure du bébé Hurkle
- Le contact de ta main
- L’éveil de Drusilla Strange
- L’homme qui a perdu la mer
- Epitaphe
Première page de Ça
« Ça marchait dans les bois. Ce n’était pas né. Ça existait. Sous les aiguilles de pin les feux couvent, foyers ardents qui se consument sans fumée dans la terre. La chaleur, l’obscurité, la décomposition provoquent la croissance. La vie est une chose, la croissance une autre. Ça grandissait mais ce n’était pas vivant. Ça marchait sans respirer à travers bois et ça pensait, voyait, c’était hideux et fort mais ce n’était pas né et ne vivait pas. Ça grandissait et se déplaçait sans vivre.
Ça émergea en rampant de la pénombre et du terreau humide et chaud dans la fraîcheur d’un matin. C’était énorme. C’était tout couvert de bosses et croûtes faites de sa propre horrible substance, et des fragments s’en détachaient à mesure que ça avançait, tombaient à terre et se tordaient, puis s’immobilisaient et s’enfonçaient tout pourrissants dans l’humus forestier. »
Extrait de : T. Sturgeon. « L’homme qui a perdu la mer. »
Mon nom est Vance, Jack Vance par Jack Vance
Fiche de Mon nom est Vance, Jack Vance
Titre : Mon nom est Vance, Jack Vance
Auteur : Jack Vance
Date de parution : 2013
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Le livre de poche
Première page de Mon nom est Vance, Jack Vance
« Je suis né à San Francisco dans le quartier connu sous le nom de Pacific Heights, à mi-hauteur sur les collines qui bordent le nord de la ville et qui surplombent la baie. À cette époque – c’était l’an 1916 –, San Francisco était célèbre dans le monde entier pour sa grâce, son charme, sa dignité, ses magnifiques paysages, ses excellents restaurants, et même pour sa respectabilité.
J’étais le troisième d’une famille de cinq enfants : deux frères plus âgés (Albert et Louis), un jeune frère (David) et une sœur (Patricia). Ma mère, Edith Vance (née Hoefler), jouait un rôle important dans la bonne société de San Francisco. Elle avait fréquenté la Miss Hamlin School, un établissement huppé, dans la même classe que Lurline Matson, la fille du célèbre armateur. »
Extrait de : J. Vance. « Mon nom est Vance, Jack Vance. »
Et quand je vous fais ça, vous sentez quelque chose ? par R. Sheckley
Fiche d’Et quand je vous fais ça, vous sentez quelque chose ?
Titre : Et quand je vous fais ça, vous sentez quelque chose ?
Auteur : R. Sheckley
Date de parution : 1974
Traduction : B. Zimet
Editeur : Le livre de poche
Sommaire d’Et quand je vous fais ça, vous sentez quelque chose ?
- Et quand je vous fais ça, vous sentez quelque chose ?
- Au royaume des carottes, les oignons sont rois
- Le monde pétrifié
- Jeu : première schématique
- Le docteur Zombi et ses copains à poil
- Cruelles équations
- La même chose pour toi, en double
- Histoire de gratter
- Le mnémone
- Les vacances de monsieur Papazian
- Remarques sur la perception de différences imaginaires
- Supertrip du tube digestif au cosmos via mantra, tantra et super-cocktail maison
- Le pas de trois du chef, du garçon et du client
- Aperçus sur Langranak
- Circuit pestilentiel
- Voués au désastre
Dramoclès par R. Sheckley
Fiche de Dramoclès
Titre : Dramoclès
Auteur : R. Sheckley
Date de parution : 1983
Traduction : W. Desmond
Editeur : Le livre de poche
Première page de Dramoclès
« SA Majesté Dramoclès, roi de Glorm, s’éveilla, regarda autour d’elle et fut incapable de se rappeler où elle se trouvait. Ce qui lui arrivait fréquemment, étant donné son habitude de dormir, selon que la fantaisie lui en prenait, dans l’une ou l’autre des chambres de son palais.
Le palais d’Ultragnolle était la construction humaine la plus vaste de Glorm, et peut-être même de la galaxie. Il avait de telles proportions qu’il comportait un système de transport intérieur qui lui était propre. Dans les limites de cette structure colossale, Dramoclès disposait de quarante-sept chambres à coucher personnelles. Sans parler d’une soixantaine de pièces où il avait fait installer des canapés, des lits pliants, des sofas convertibles, des matelas gonflables et autres systèmes semblables, en prévision d’un besoin impulsif de sommeil. Cela étant, se coucher était l’aventure du soir et se lever le mystère du matin.
Après s’être assis et avoir promené un œil vague sur la pièce, Dramoclès découvrit qu’il avait passé la nuit sur une pile de coussins dans »
Extrait de : R. Sheckley. « Dramoclès. »
La trahison des dieux par M. Zimmer Bradley
Fiche de La trahison des dieux
Titre : La trahison des dieux
Auteur : M. Zimmer Bradley
Date de parution : 1987
Traduction : H. Tézenas
Editeur : Le livre de poche
Première page de La trahison des dieux
« À cette époque de l’année, la journée semblait ne pas devoir finir. Les derniers rayons de soleil venaient de s’éteindre à regret à l’horizon ; la brume s’élevait lentement au-dessus de la mer.
Léda, reine de Sparte, se leva du lit où Tyndare, son compagnon, dormait paisiblement. Après l’amour, il sombrait toujours dans un profond sommeil. Sans l’éveiller, elle se drapa d’une étoffe légère et s’esquiva vers la cour du gynécée.
« Devoir vivre dans le quartier des femmes, songea amèrement la reine, alors que ce palais est à moi, à moi seule. À croire que l’intrus n’est pas lui, mais moi. À croire qu’il est le souverain légitime de Sparte…, lui, dont la Mère Éternelle, Gaïa, ne connaît même pas le nom ! »
Certes, elle ne l’avait pas repoussé lorsqu’il était venu lui demander sa main, envahisseur hirsute du nord, bardé d’odieuses armures de fer, adorateur du tonnerre et des Dieux de l’Olympe. Et maintenant, les siens étaient partout, imposant leurs propres lois du mariage, comme si leurs Dieux avaient jeté à bas de son trône céleste la Déesse qui régnait sur la terre, les récoltes et les peuples. Bien plus, il avait fallu, comme toute épouse aujourd’hui, jurer fidélité à son mari et se convertir au culte de ses Dieux ! »
Extrait de : M. Zimmer Bradley. « La trahison des dieux. »
La princesse de la nuit par M. Zimmer Bradley
Fiche de La princesse de la nuit
Titre : La princesse de la nuit
Auteur : M. Zimmer Bradley
Date de parution : 1985
Traduction : M.-L. Navarro
Editeur : Le livre de poche
Première page de La princesse de la nuit
« L’homme qui n’en était pas un
À travers l’étrange clairière, le prince Tamino vit la forme d’un homme, à peine plus qu’une ombre noire, enveloppée d’une cape chatoyante. La silhouette était haute et droite, et il entrevit un visage qui disparut aussitôt. Mais était-ce bien un homme ? Ici, dans ce pays, ce pouvait être n’importe quoi.
Il appela, mais seul le silence lui répondit. Pas le moindre bruit, le moindre froissement de feuilles aux alentours. Où l’homme avait-il pu passer… en admettant, bien sûr, que ce fût là un homme ?
Soudain, il entendit un cri ressemblant à un rugissement discordant et un souffle brûlant passa au-dessus de sa tête. Levant les yeux, Tamino, horrifié, vit un dragon dressé au-dessus de lui, énorme, avec de grandes ailes recouvertes d’écailles. Tremblant de tous ses membres, il recula maladroitement, voulut saisir son arc.
Alors le dragon fondit sur lui et un bec cruel le frappa à la tête. »
Extrait de : M. Zimmer Bradley. « La Princesse de la nuit. »
Le Trillium céleste par Marion Zimmer Bradley et Julian May
Fiche de Le Trillium céleste
Titre : Le Trillium céleste (Tome 5 sur 5 – Cycle de Trillium)
Auteur : Julian May
Date de parution : 1997
Traduction : T. de Chérisey
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le Trillium céleste
« Affalé sur la table au milieu des vestiges du repas, le vieux fou avait enfin sombré dans l’inconscience. Le prisonnier abaissa sa lame de verre étincelante pour effleurer de sa pointe la peau sombre et ridée de l’Archimage, juste au niveau du cou.
Un coup. Un simple geste, et c’en serait fini.
Vas-y !
Pourtant le prisonnier se retint. En proie aux émotions les plus contradictoires, il maudit ses sentiments qui l’incitaient à la lâcheté. Denby avait lâché la coupe de vin empoisonnée. Elle gisait renversée à côté de sa main brune et flasque. La lie répandue sur la table en gonda ternissait lentement le brillant de ce bois précieux. Cette sublime table, vieille de plus de douze mille ans, serait sans doute irrécupérable, mais son propriétaire à l’esprit dérangé survivrait. Debout, au-dessus de cette forme abandonnée et sans défense qu’était l’Archimage du Firmament, le »
Extrait de : J. May. « Cycle de Trillium – Le Trillium céleste. »