Étiquette : Les futurs mystères de Paris
Mine de rien par Roland C. Wagner
Fiche de Mine de rien
Titre : Mine de rien (Tome 9 sur 9 – Les futurs mystères de Paris)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 2006
Editeur : L’Atalante
Première page de Mine de rien
« Savez-vous ce qu’est un transparent ? demanda sans préambule le docteur Hipdeath en étudiant son interlocuteur par-dessus ses lunettes ovales.
L’homme réfléchit un instant.
— C’est un genre de mutant, n’est-ce pas ?
Le médecin lui adressa un sourire satisfait.
— Oui. Le transparent se glisse telle une ombre à travers le corps social. D’une manière générale, on ne lui prête aucune attention. S’il lui arrive d’avoir des relations avec d’autres personnes, celles-ci ne tardent pas à l’oublier pour la plupart. (Nouveau coup d’œil inquisiteur.) Peut-être en avez-vous déjà rencontré un, mais vous ne vous en souvenez pas.
— C’est aussi valable pour vous, non ?
Le docteur se rengorgea.
— Eh bien, non : pour une raison que j’ignore, et que j’aimerais d’ailleurs bien découvrir, je suis en partie immunisé contre les pouvoirs du groupe des Fascinants. (Il remonta ses lunettes sur son nez avant de considérer son interlocuteur d’un regard sans chaleur.) Je me souviens d’une rencontre avec un transparent. Peu de gens peuvent en dire autant.
— Très intéressant, commenta l’homme. »
Extrait de : R.C Wagner. « Mine de rien – Les futurs mystères de Paris. »
Kali Yuga par Roland C. Wagner
Fiche de Kali Yuga
Titre : Kali Yuga (Tome 8 sur 9 – Les futurs mystères de Paris)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 2003
Editeur : L’Atalante
Première page de Kali Yuga
« Tarik s’arrêta devant le miroir de l’entrée, levant instinctivement la main pour lisser sa banane d’un noir brillant, mais il n’y avait rien à rectifier dans la coiffure traditionnelle de sa tribu. Encore heureux, vu que la moitié du pot de gomina y était passée. Son teddy rouge et crème tombait de la bonne manière sur ses hanches serrées par une large ceinture de cuir naturel à la boucle en forme de Gibson LesPaul. Par contre, les revers de son jean neuf n’étaient pas retournés sur la même longueur ; il s’agenouilla pour rectifier cette fâcheuse dysharmonie et en profita pour donner un dernier coup de mouchoir sur ses tiags écarlates.
Puis, se redressant, il s’adressa un clin d’œil ravi, lâcha un « yeah ! » approbateur avec un fort accent de la banlieue sud de Paris et sortit de l’immeuble d’un pas conquérant.
En arrivant à la station de RER, il y trouva Ulrich qui somnolait sur un banc, la banane défaite et le col de son perfecto de travers. Sa chemise rouge n’avait pas l’air très propre non plus et Tarik aurait parié qu’il n’avait pas changé de slip depuis plusieurs jours. »
Extrait de : R.C Wagner. « Kali Yuga – Les futurs mystères de Paris. »
Babaluma par Roland C. Wagner

Fiche de Babaluma
Titre : Babaluma (Tome 7 sur 9 – Les futurs mystères de Paris)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 2002
Editeur : L’Atalante
Première page de Babaluma
« Même s’il ne mesurait pas plus de vingt centimètres de haut, le Ganesh qui se manifesta ce jour-là à Richard Montaigu présentait toutes les caractéristiques symboliques du dieu à tête d’éléphant. La souris qui était son véhicule, elle, avait une taille normale – ce qui, au goût du vieil écrivain, déséquilibrait fâcheusement l’image archétypale.
Ils apparurent tous deux au-dessus du moniteur vidéo bidi aux environs de dix-sept heures, dans la tiédeur d’un après-midi d’été finissant. Montaigu se repassait non sans nostalgie un épisode de Happy Days, une sitcom du temps de son adolescence. Il leva les yeux de l’écran où un Fonzy depuis bien longtemps assagi allumait une fois de plus la lumière d’un coup de poing dans le mur.
Cette visitation ne lui fit ni chaud ni froid car c’était loin d’être la première ; Ganesh s’intéressait à lui depuis des lustres – depuis la Grande Terreur primitive, qui remontait à plus de quarante ans. »
Extrait de : R.C Wagner. « Babaluma – Les futurs mystères de Paris. »
Toons par Roland C. Wagner

Fiche de Toons
Titre : Toons (Tome 6 sur 9 – Les futurs mystères de Paris)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 2000
Editeur : Fleuve noir
Première page de Toons
« Gédéon Geai avait éprouvé dès sa plus tendre enfance une fascination incontrôlable pour tout ce qui ressemblait à un écran. Sa mère, qui l’élevait seule, n ‘avait guère que son rémini pour survivre, et le vieux moniteur plat du foyer était resté accroché au mur bien après l’arrêt définitif des émissions, au milieu des années 40. Toutefois, au lieu de se lamenter comme certains de ses copains, qui regardaient avec une envie non dissimulée les socles tridi flambant neufs – et, surtout, les fameuses visions volumiques vantées par les publicités –, Gédéon était aussitôt parti en quête d’une nouvelle source d’images télévisuelles.
Il savait depuis longtemps, comme tout un chacun, que les databases reliées au wèbe recelaient des trésors, mais jamais il n’aurait pensé qu’elles se révéleraient si riches en matière d’audiovisuel bidi. Sa dépendance à l’égard des écrans ne fit dès lors que s’intensifier ; il se mit à passer des nuits entières devant de vieux films plats, parfois en noir et blanc, voire muets, dont bon nombre n’avaient pas été visionnés depuis des lustres. Il traquait tout particulièrement ceux qui ne l’avaient jamais été car c’était parmi ces œuvres oubliées de tous que l’on trouvait les choses les plus intéressantes. »
Extrait de : R.C Wagner. « Toons – Les futurs mystères de Paris. »
Tekrock par Roland C. Wagner

Fiche de Tekrock
Titre : Tekrock (Tome 5 sur 9 – Les futurs mystères de Paris)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1999
Editeur : Fleuve noir
Sommaire de Tekrock
- Tekrock
- Pot smokers from Outer Space
Première page de Tekrok
« Il avait toujours trouvé que la rentrée des classes avait quelque chose d’angoissant, mais il n’aurait su dire à quoi cela tenait exactement. En tout cas, aussi loin que remontait sa mémoire, il avait ressenti de l’anxiété à la pensée d’entamer une nouvelle année scolaire – et celle qui commençait ce matin-là ne faisait pas exception à la règle.
Il considéra avec méfiance la façade ondulée de l’institut de prospective appliquée. Il n’avait pas plus confiance dans cette boîte privée que dans les dix ou quinze autres par où il était passé. À tous les coups, il allait comme d’habitude se faire virer au bout de quinze jours pour quelque peccadille insignifiante que l’on monterait en épingle afin de se débarrasser de lui. Dès qu’ils le voyaient, les directeurs des établissements où l’inscrivait son géniteur n’avaient pas d’autre idée que d’inventer un prétexte pour l’expulser.
Il faisait décidément trop mauvais genre. »
Extrait de : R.C Wagner. « Tekrock – Les futurs mystères de Paris. »
L’aube incertaine par Roland C. Wagner
Fiche de L’aube incertaine
Titre : L’aube incertaine (Tome 4 sur 9 – Les futurs mystères de Paris)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1997
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’aube incertaine
« Quelqu’un se tenait au bord de la mémoire du colonel Fischer. Un individu vêtu de couleurs vives, coiffé d’un turban noir où était épinglé…
Le vieil homme secoua la tête d’un air déçu. Ce n’était pas la première fois qu’il éprouvait une sensation analogue – celle qu’un souvenir enfoui cherchait à se manifester –, mais jamais elle n’avait été si intense.
Le poids de son corps, un instant oublié, revint à la charge. Par défi, il leva une main avec peine, la contempla d’un œil hagard. Il avait du mal à admettre que cet appendice tavelé de taches brunes pût lui appartenir ; néanmoins, il lui fallait bien se rendre à l’évidence : cette main qui lui semblait si étrangère se trouvait à l’extrémité de son bras, et elle répondait aux injonctions envoyées par son cerveau ; elle était donc bien à lui.
Cette fois, ce fut le poids de son âge qui fondit sur lui, et il ne fut plus qu’un vieillard à demi assoupi, sur la poitrine de qui était assis un invisible pachyderme. »
Extrait de : R.C Wagner. « L’aube incertaine – Les futurs mystères de Paris. »
L’odyssée de l’espèce par Roland C. Wagner

Fiche de L’odyssée de l’espèce
Titre : L’odyssée de l’espèce (Tome 3 sur 9 – Les futurs mystères de Paris)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1997
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’odyssée de l’espèce
« Déclaré à l’état civil sous le nom d’André Ganèche, rebaptisé Gurdjieff Erickson Ganesh à l’âge de six ans, puis Billy Jean Jones Jackson au début de son adolescence, il avait longtemps porté le surnom de Croche-Patte, mais il se faisait désormais appeler Snakefingers et espérait bien qu’à la fin de la nuit il aurait obtenu le droit de porter le patronyme glorieux de Doigts-de-Fée Ganesh.
Grand, plutôt maigre, un incroyable désordre régnant dans ses cheveux blonds coupés court, il possédait des mains d’une longueur exceptionnelle, dont il avait très tôt développé l’habileté. Il aurait été un fabuleux bricoleur s’il avait su réfléchir avant d’agir, mais les choses de l’esprit lui passaient désespérément au-dessus de la tête. Les sectes successives où ses parents l’avaient entraîné ne se souciaient guère de développer chez leurs adeptes une forme quelconque de faculté de raisonnement ; les Jim’s leur dynamitaient la cervelle à l’aide de décoctions de datura, et le Culte de Michael Jackson les abreuvait de musique, mais le résultat était le même dans les deux cas.
Snakefingers ne pouvait plus supporter Michael Jackson. Le datura non plus, d’ailleurs. »
Extrait de : R.C Wagner. « L’odyssée de l’espèce – Les futurs mystères de Paris. »
Les ravisseurs quantiques par Roland C. Wagner
Fiche de Les ravisseurs quantiques
Titre : Les ravisseurs quantiques (Tome 2 sur 9 – Les futurs mystères de Paris)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les ravisseurs quantiques
« Réunis dans la petite grange, les quelque quarante millénaristes que comptait la communauté de Pouveroux se préparaient à la Fusion avec la Psychosphère. La sourde vibration du Aum suprême résonnait sous les poutres de chêne du toit, amplifiée par l’acoustique des lieux. Agenouillés, assis en tailleur ou dans la position du lotus, les mutants mystiques évoquaient autant de yogis ou de bouddhas pauvrement vêtus, que l’odeur de l’encens ne tarderait pas à élever jusqu’au nirvana.
Cette image amena un sourire sur les lèvres de Ludwig La Meurthe. En dépit de la formidable impression… eh bien, spirituelle qui se dégageait de cette scène paisible, le colosse à l’épaisse barbe noire ne pouvait faire abstraction de ses aspects excessifs. À quoi bon s’entourer de toute cette quincaillerie religieuse à dominante orientale, de ces mandalas et de ces brûle-parfum, de ce cérémonial et de ce chant monocorde, de ces statuettes figurant les avatars de dieux indiens et de ces icônes représentant des saints chrétiens ? Ce n’était que du vent, de la poudre aux yeux, du folklore transplanté. »
Extrait de : R.C Wagner. « Les ravisseurs quantiques – Les futurs mystères de Paris. »
La balle du néant par Roland C. Wagner
Fiche de La balle du néant
Titre : La balle du néant (Tome 1 sur 9 – Les futurs mystères de Paris)
Auteur : Roland C. Wagner
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir
Première page de La balle du néant
« Le colonel Fischer possédait la réputation d’être l’homme ayant passé le plus grand nombre d’années dans l’espace, et tout laissait à penser qu’elle était méritée. Pourtant, à la différence des Héros de l’Humanité, ces astronautes légendaires auteurs des premiers vols vers Mars et la Ceinture, il n’avait jamais quitté la proche banlieue terrestre. Et s’il lui était souvent arrivé de séjourner sur la Lune, jamais il n’était redescendu au fond
du puits de gravité de sa planète natale.
Il observa le jeune homme qui se tenait devant lui, debout de l’autre côté du bureau métallique. Grand et mince, l’intrus était vêtu d’une chemise blanche de coupe indienne et d’un incroyable pantalon bouffant taillé dans un tissu à grosses fleurs violettes ; un turban noir, où était piqué un badge portant l’inscription Fuck l’armée en lettres jaunes sur fond mauve, venait compléter ce déguisement. Ses pieds étaient bien entendu chaussés des sandales spéciales que tout le monde portait à bord de la station La Vigilante : constituées d’un polymère fractal où s’ouvraient de multiples trous formant ventouse, leurs semelles étaient capables de s’accrocher sur n’importe quel matériau lisse. Un détail indispensable en un lieu où régnait l’apesanteur. »
Extrait de : R.C Wagner. « La balle du néant – Les futurs mystères de Paris. »