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Les expériences siriennes par Doris Lessing

Fiche de Les expériences siriennes

Titre : Les expériences siriennes (Tome 3 sur 5 – Canopus dans Argo)
Auteur : Doris Lessing
Date de parution : 1981
Traduction : S. Guillot
Editeur : La Volte

Première page de Les expériences siriennes

« Je suis Ambien II, membre des Cinq.

Je me suis engagée à rédiger un compte-rendu de nos expériences sur Rohanda, connue à cette époque sur Canopus sous le nom de Shikasta.

Je vais employer les divisions temporelles communément admises tant par nous-mêmes que par l’Empire de Canopus :

(1) La période courant jusqu’au premier pic de radiations en provenance d’Andar.
(2) Celle qui s’étend entre le premier et le deuxième pic de radiations – à nouveau en provenance d’Andar.
(3) De la seconde irradiation jusqu’à l’échec de l’Alliance Canopus-Rohanda, aussi connue sous le nom de Catastrophe. On qualifie parfois cette troisième période d’Âge d’Or.
(4) La période de déclin ultérieur – dont traitera l’essentiel de mon rapport.

Je me bornerai simplement à mentionner les expériences menées avant la première irradiation – elles sont dûment documentées dans la rubrique Zoologie Inférieure. »

Extrait de : D. Lessing. « Les Expériences Siriennes – Canopus dans Argo. »

Les mariages entre les zones trois, quatre et cinq par Doris Lessing

Fiche de Les mariages entre les zones trois, quatre et cinq

Titre : Les mariages entre les zones trois, quatre et cinq (Tome 2 sur 5 – Canopus dans Argo)
Auteur : Doris Lessing
Date de parution : 1980
Traduction : S. Guillot
Editeur : La Volte

Première page de Les mariages entre les zones trois, quatre et cinq

« Plus encore que des ragots, les rumeurs engendrent des chansons. Nous autres, Chroniqueurs et compositeurs de notre Zone, déclarons qu’avant même que les conjoints de cet exemplaire mariage n’aient pris conscience de ce que les nouvelles directives signifiaient pour eux, les chansons nous avaient déjà envahis, et se diffusaient d’un bout à l’autre de la Zone Trois. Et, bien sûr, il en était de même dans la Zone Quatre.

Du Grand au Petit
Du Haut vers le Bas
De Quatre à Trois
Je ne puis aller.

C’était là une comptine d’enfants. Le lendemain du jour où j’avais appris la nouvelle, je les regardais l’interpréter depuis mes fenêtres. Et l’un d’eux se rua sur moi dans la rue avec une « énigme » qu’il tenait de ses parents : si l’on accouple un cygne et un jars, qui prendra le dessus ? »

Extrait de : D. Lessing. « Les mariages entre les zones trois, quatre et cinq – Canopus dans Argo. »

Shikasta par Doris Lessing

Fiche de Shikasta

Titre : Shikasta (Tome 1 sur 5 – Canopus dans Argo)
Auteur : Doris Lessing
Date de parution : 1979
Traduction : P. Guivarc’h
Editeur : La Volte

Première page de Shikasta

« J’ai été envoyé en mission sur de nombreuses planètes colonisées par nous. Je suis habitué aux crises de toutes sortes. Je me suis trouvé au cœur de situations critiques menaçant l’existence d’espèces entières ou de programmes spécifiques soigneusement mis au point. J’ai su plus d’une fois ce que c’était que d’accepter l’échec, final et irréversible, d’une tentative ou d’une expérience portant sur des créatures possédant le potentiel de développement rêvé, attendu. Et puis plus rien, point final, les roulements de tambour s’espacent et se taisent. Silence…

Mais l’aptitude à faire la part du feu exige une détermination bien différente de la patience têtue nécessaire pour résister à l’usure, à la perte insidieuse de substance sur des siècles et des millénaires, avec, au bout du tunnel, une pauvre petite lueur d’espoir.

Le désarroi présente différents degrés et qualités. À mon humble avis, tous ne sont pas inutiles, et il me semble que la disposition d’esprit d’un simple employé mérite d’être consignée. »

Extrait de : D. Lessing. « Shikasta – Canopus dans Argo. »

Vermilion sands par J. G. Ballard

Fiche de Vermilion sands

Titre : Vermilion sands
Auteur : J. G. Ballard
Date de parution : 1971
Traduction : L. Casseau, P. Alpérine, A. Rosenblum, L. Massun, Y. Hersant, A. Le Bussy, A. Dorémieux
Editeur : Opta

Sommaire de Vermilion sands

  • Prima Belladonna
  • Les milles rêves de Stellavista
  • Cri d’espoir, cri de fureur
  • Le sourire de Vénus
  • Atelier 5, les étoiles
  • Les sculpteurs de nuages de Corail D
  • Dites au revoir au vent
  • Le jeu des écrans

Première page de Prima Belladonna

« Je rencontrai Jane Ciraclydes pendant la Récession, cette période d’oisiveté, d’ennui léthargique et de chaleur, qui nous valut dix années inoubliables. Ces circonstances particulières ont probablement joué leur rôle dans l’histoire de nos relations. Je ne peux pas croire que je me rendrais aussi ridicule aujourd’hui. Mais il se peut aussi que ce soit tout simplement Jane elle-même qui m’ait fait perdre la tête.

Quoi qu’on ait dit sur son compte, tout le monde s’accordait à reconnaître qu’elle était belle, même si ses antécédents génétiques laissaient quelque peu à désirer. Les médisants à Vermilion Sands avaient décidé qu’elle devait faire partie des mutants, en raison de la patine somptueuse de sa peau dorée, et de ses yeux qui ressemblaient à des insectes. »

Extrait de : J. G. Ballard. « Vermilion sands ou le paysage intérieur. »

Super-Cannes par J. G. Ballard

Fiche de Super-Cannes

Titre : Super-Cannes
Auteur : J. G. Ballard
Date de parution : 2000
Traduction : P. Delamare
Editeur : Fayard

Première page de Super-Cannes

« La première personne que j’aie rencontrée à Éden-Olympia était un psychiatre, et à bien des égards il était on ne peut plus approprié qu’un spécialiste des troubles mentaux ait été chargé de m’initier à cette cité « intelligente » sur les hauteurs de Cannes. Je comprends maintenant qu’une sorte de folie larvée, comme un état de guerre non déclarée, hantait les immeubles du parc d’activités. Pour la plupart d’entre nous, le docteur Wilder Penrose était un aimable Prospero, le psychopompe qui guidait vers la lumière nos rêves les plus sombres. Je me rappelle son sourire décidé quand nous nous saluâmes, et son regard fuyant qui me fit me méfier de sa main tendue. Ce n’est qu’après avoir appris à admirer ce dangereux détraqué que j’ai pu envisager de le tuer.
 
Plutôt que de prendre l’avion entre Londres et Nice, voyage aussi fugitif qu’un plateau-repas, nous décidâmes, Jane et moi, de descendre sur la côte d’Azur en voiture pour dérober quelques derniers jours de liberté avant de nous enfermer dans Éden-Olympia et dans le mode de vie discipliné des nouveaux cadres européens. »

Extrait de : J. G. Ballard. « Super-Cannes. »

Sècheresse par J. G. Ballard

Fiche de Sècheresse

Titre : Sècheresse
Auteur : J. G. Ballard
Date de parution : 1965
Traduction : C. Darner
Editeur : Le livre de poche

Première page de Sècheresse

« À MIDI, lorsque le docteur Charles Ransom amarra le bateau sur lequel il vivait à l’entrée du fleuve, il aperçut Quilter – le fils idiot de la vieille femme habitant la péniche délabrée mouillée en dehors du port des yachts – qui se tenait sur un éperon rocheux nettement saillant de la rive opposée, et souriait aux oiseaux morts flottant sur l’eau en dessous de lui. Le reflet de sa tête bombée nageait comme un nimbus déformé parmi le plumage flasque. La rive couverte de boue collante était émaillée de morceaux de papier et de bois flotté, et la silhouette de Quilter, son visage de rêve évoquaient pour Ransom un faune dément se mêlant aux feuilles comme s’il portait le deuil de l’esprit perdu du fleuve.
Ransom fixa les amarres avant et arrière à la jetée, tout en estimant que la comparaison ne convenait guère. »

Extrait de : J. G. Ballard. « Sécheresse. »

Sauvagerie par J. G. Ballard

Fiche de Sauvagerie

Titre : Sauvagerie
Auteur : J. G. Ballard
Date de parution : 1988
Traduction : R. Louit
Editeur : Tristram

Première page de Sauvagerie

« Extrait du journal médico-légal du Dr Richard Greville, consultant psychiatre adjoint. Police de Londres.

25 août 1988. Par où commencer ? On a déjà tant écrit sur le massacre de Pangbourne, ainsi qu’il est désormais connu dans les tabloïds du monde entier, que j’ai du mal à avoir une vision nette de ce tragique événement. Au cours des deux derniers mois, il y a eu tant d’émissions de télévision à propos des trente-deux habitants assassinés de cette luxueuse résidence à l’ouest de Londres, tant de spéculations concernant l’enlèvement de leurs treize enfants, qu’il ne reste guère de place pour une seule hypothèse nouvelle.

Toutefois, comme le secrétaire général du Home Office me l’a bien fait comprendre ce matin, on ignore à peu près tout des mobiles et de l’identité des assassins. »

Extrait de : J. G. Ballard. « Sauvagerie. »

Salut l’Amérique ! par J. G. Ballard

Fiche de Salut l’Amérique !

Titre : Salut l’Amérique !
Auteur : J. G. Ballard
Date de parution : 1981
Traduction : E. Gille
Editeur : Denoël

Première page de Salut l’Amérique !

«  Il y a de l’or, Wayne, de la poudre d’or partout ! Réveillez-vous ! C’est vrai que les rues d’Amérique sont pavées d’or ! »
Par la suite, en aidant à échouer le SS Apollo contre l’antique jetée de la Cunard à l’extrême pointe de Manhattan, Wayne devait se rappeler avec un certain amusement l’excitation de McNair quand il avait fait irruption dans la soute à voiles. Le jeune chef mécanicien, parfois mauvais coucheur mais généralement timide, gesticulait avec frénésie devant Wayne et sa barbe brillait comme une lanterne trop lumineuse.
« Wayne, c’est tout ce qu’on avait rêvé ! Regardez rien qu’une fois, même si ça doit vous aveugler ! »
Il manqua de faire basculer Wayne de son hamac. Se retenant d’une main au plafond de métal, Wayne contempla la barbe enflammée de McNair. Une lumière cuivrée fantasmagorique inondait la soute à voiles, l’environnant de piles de tapis dorés, comme s’ils avaient mis le cap droit dans l’œil d’un ouragan radioactif.
« McNair, attendez ! Allez voir le Dr Ricci ! Vous êtes peut-être… !  »

Extrait de : J. G. Ballard. « Salut l’Amérique !  »

Mythes d’un futur proche par J. G. Ballard

Fiche de Mythes d’un futur proche

Titre : Mythes d’un futur proche
Auteur : J. G. Ballard
Date de parution : 1982
Traduction : J. Chambon
Editeur : Presses Pocket

Sommaire de Mythes d’un futur proche

  • Mythe d’un futur proche
  • La belle vie
  • Hôte de furieux fantasmes
  • Zodiaque 2000
  • Nouvelles du soleil
  • Théâtre de guerre
  • Le temps mort
  • Le sourire
  • Décor de motel
  • Service de réanimation

Première page de Mythe d’un futur proche

« À la tombée de la nuit Sheppard était toujours assis dans le cockpit de l’avion échoué, indifférent à la marée du soir qui s’avançait vers lui sur la plage. Déjà les premières vagues avaient atteint les roues du Cessna, fouettant le fuselage d’embruns. Inlassablement, les flots sombres lançaient leur écume phosphorescente à l’assaut des côtes de la Floride, comme pour réveiller les occupants fantômes des bars et des motels abandonnés.
Sheppard, lui, était tranquillement installé aux commandes, songeant à sa femme défunte et à toutes les piscines asséchées de Cocoa Beach, ainsi qu’à l’étrange boîte de nuit qu’il avait aperçue l’après-midi même à travers le dais de verdure qui recouvrait désormais l’ancien Centre Spatial. Mi-casino de Las Vegas avec sa flamboyante façade de néons, mi-Petit Trianon un élégant fronton classique soutenait le toit chromé – elle s’était soudain matérialisée au milieu des palmiers et des chênes tropicaux, plus irréelle que n’importe quel décor de cinéma. En la survolant à seulement une quinzaine de mètres de sa toiture réfléchissante, il s’était presque attendu à voir Marie-Antoinette en personne, en costume façon Golden Nugget, jouer les laitières devant un public d’alligators agités. »

Extrait de : J. G. Ballard. « Mythes D’Un Futur Proche. »

Les chasseurs de Vénus par J. G. Ballard

Fiche de Les chasseurs de Vénus

Titre : Les chasseurs de Vénus
Auteur : J. G. Ballard
Date de parution : 1980
Traduction : M. Demuth
Editeur : Denoël

Sommaire de Les chasseurs de Vénus

  • Trois, deux, un, zéro !
  • Les tombes du temps
  • La plage douze
  • Passeport pour l’éternité
  • Perte de temps
  • Temps de passage
  • Les chasseurs de Vénus
  • Comme un souvenir
  • Un après-midi à Utah Beach
  • Le zoom de 60 minutes

Première page de Trois, deux, un, zéro !

« Vous allez sans doute me demander comment je me suis aperçu de l’existence de ce pouvoir fou, fantastique ? Comme au docteur Faust, m’a-t-il été accordé par le Diable lui-même en échange de mon âme ? Ou bien l’ai-je gagné par l’effet de quelque talisman étrange : patte de singe, œil d’idole retrouvé dans un coffre antique ou légué par un vieux marin agonisant ? À moins que je ne l’aie découvert par hasard au cours de mes recherches sur les mystères abominables d’Eleusis et de la messe noire, et que sa puissance horrifique ne me soit apparue dans des nuages d’encens et de vapeurs sulfureuses ?
Non, rien de tout cela. En fait, ce pouvoir m’a été révélé de manière purement fortuite, durant une journée comme les autres. Il m’est venu entre les mains comme l’art du point de dentelle. Et en vérité, il s’est manifesté si discrètement, si graduellement, que je n’en ai pas eu immédiatement conscience. »

Extrait de : J. G. Ballard. « Les chasseurs de Vénus. »